Quelles stratégie et tactiques faut-il adopter face à l’avancée, qui paraît inexorable, du complexe agro-industriel ? Les Soulèvements de la terre et l’Atelier paysan partagent avec nous leurs apprentissages et analyses dans cet entretien.
Quelles stratégie et tactiques faut-il adopter face à l’avancée, qui paraît inexorable, du complexe agro-industriel ? Les Soulèvements de la terre et l’Atelier paysan partagent avec nous leurs apprentissages et analyses dans cet entretien.
L’école Hectar, fondée par le milliardaire Xavier Niel, a ouvert ses portes en septembre 2021 dans la Vallée de Chevreuse (Yvelines). Derrière la façade verte de sa maison pédagogique et sa ferme pilote, Hectar vise à faire percer des start-up liées à l’agriculture et à l’alimentation, qui dessinent un monde où caméras, capteurs, robots et tracteurs connectés remplaceraient les paysan·nes.
Certaines victoires juridiques font figure d’avancées importantes dans la reconnaissance de problèmes, la légitimation de méthodes d’action par le droit. C’est le cas de la décision du tribunal de Perpignan au sujet des OGM en 2020, comme nous l’explique Louis-Dominique Auclair, du collectif Les Faucheurs volontaires.
Seules quelques luttes ont atteint une audience nationale voire internationale. Parmi celles-ci, il était inévitable de nous pencher sur celle du Larzac. Nous avons demandé à José Bové, qui y a été très impliqué, de répondre à quelques questions sur les stratégies gagnantes de ce combat.
Comme nous l’avons exploré dans notre numéro 390 (mai 2011) avec un dossier sur « l’envers de la Toile », internet n’est pas soutenable. L’énergie nécessaire à sa mise en œuvre ne cesse de croître (aujourd’hui, au moins l’équivalent du transport aérien !), les matériaux indispensables à l’industrie numérique (...)
On voit fleurir des ruches dans un nombre grandissant de villes. Sous prétexte de soin apporté à la biodiversité, des entreprises ou collectivités proposent l’installation de ruchers et autres colonies. Intérêt ou niche économique ?
Yves Darricau est ingénieur agronome, consultant, apiculteur et planteur d’arbres. Il a publié Planter des arbres pour les abeilles – l’api-foresterie de demain (Éditions du Terran) pour informer le public sur l’alimentation des abeilles en cette période de réchauffement climatique et d’agriculture plutôt agressive vis-à-vis des abeilles. Entretien avec un défenseur de la pollinisation.
À rebours de l’apiculture conventionnelle qui cherche avant tout à produire du miel, l’apiculture naturelle se propose de reléguer la question de la production au second plan pour se concentrer sur l’autonomie et la liberté des abeilles.
Les citations de cette chronique sont extraites du livre Répertoire des subversions. Art, activisme, méthodes, de Martin Le Chevallier, éd. Zones, 2024.
©Grace Helmer www.gracehelmer.com
Sur l’ardoise, le menu annonce salade d’olives, hachis parmentier végétarien, gâteau à l’orange amère. Les chaudrons doivent être chauds pour que tout soit prêt à temps. Mais, parmi ces appétissantes effluves, où est la résistance ?
Pousse la porte. Entre… … chaque (...)
Nous avons pris l’habitude de vivre dans un monde surveillé à chaque instant par des dispositifs technologiques, au service de puissances politiques ou économiques. Les caméras de surveillance sont une illustration particulièrement parlante de cette dérive. Heureusement, des artistes et des activistes ont imaginé des actions créatives pour critiquer ou déjouer cette surveillance.
Entre Gérald Darmanin qui veut faire payer les personnes emprisonnées et construire 3 000 places de prison supplémentaires en seulement quelques mois, Gabriel Attal qui veut durcir la justice pour les mineur·es et Laurent Wauquiez qui veut envoyer des personnes sous Obligation de quitter le (...)
Il existe peu de constructions plus symboliques que les statues. Celles-ci ont pour objectif même de symboliser des valeurs communes, en commémorant un événement historique, en célébrant une personnalité, etc. Elles sont le reflet du pouvoir et du récit mémoriel dominant. La plupart sont érigées dans l’espace public, à portée de main.
Autant dire que la tentation est grande, pour les groupes activistes contestant des politiques étatiques, ou pour des artistes, d’agir sur les statues pour envoyer un message symbolique fort à l’opinion publique. Les risques de répression peuvent être importants dans certains contextes politiques.
Inès Léraud et Pierre Van Hove
Éd. La Revue dessinée / Delcourt, 2024, 192 p. 23,50 €.
Après des mois et années à refuser les doux noms d’oiseaux dont nous affublent les « destructivistes », de « zadiste » à « khmer vert » en passant par l’incontournable « écoterroriste », que dire du mutisme qui a saisi une grande partie de la classe politique lorsque le secrétaire général de la Coordination rurale, syndicat agricole classé à l’extrême-droite, se laisse aller à affirmer que « Une voiture de l’OFB [Office Français de la Biodiversité] qui entre dans une exploitation sera brûlée sur place » ?
Depuis 2018, Bao Fernandes est installée sur une ferme de 10 hectares dans le Finistère, où légumes et aromates sont produits en combinant agroforesterie, agriculture végan et maraîchage sur sol vivant. D’origine indienne, elle a dû faire face à l’invisibilisation et au marque de reconnaissance de son travail à cause des biais racistes qui imprègnent notre société.
Les Champs des Possibles est une structure coopérative originale dans le monde agricole, pensée pour faciliter l’installation de nouve·lles paysan·nes en Île-de-France. Face au modèle dominant fondé sur l’accumulation de capital et l’engagement dans une ferme à vie, elle défend une forme hybride entre l’entreprenariat, l’association et le salariat, qui rend l’installation, mais aussi le départ, moins coûteux.
Durant 3 semaines en janvier 2025, 13 femmes en majorité paysannes sont allées à la rencontre du Mouvement des Sans Terre, au Brésil. C’est au nom de l’Atelier Paysan, de la Confédération Paysanne et du Réseau Civam qu’elles ont quitté leurs territoires bretons et rhône- alpins pour nous former politiquement auprès de ce mouvement révolutionnaire.
Relier lutte contre la précarité, agroécologie et féminisme, voilà le défi relevé par l’association Terre de Milpa dans une ferme de la commune de Saint-Didier-au-Mont-d’Or, au nord-ouest de Lyon. Reportage.
Dans le monde, entre 60 et 80 % de la production alimentaire est assurée par des femmes. Paradoxalement, l’agriculture française est perçue comme un milieu majoritairement masculin auquel Cyrielle Bignonneau, Philippine Dupé et Clémentine Bourgeois, étudiantes en école d’ingénieurs agronomes, avaient du mal à s’identifier.
Depuis les années 1990, une coopérative du nord-ouest de la Sicile permet à des paysannes et paysans de continuer à travailler sur des petites surfaces agricoles, sans se spécialiser, et de rester maîtres de leurs décisions, tout en s’assurant un revenu juste.
Saad Dagher, Lina Ismail et Mohammed Khoueira, membres du Forum palestinien de l’agroécologie, sont venu·es en France en octobre 2024 pour une rencontre sur les semences paysannes. La radio associative Radio Zinzine en a profité pour faire une entretien avec elleux. En voici quelques extraits.
Frank Sarda, éleveur dans la Loire, partage son témoignage sur l’obligation de pucer les brebis, la résistance à celle-ci et la violence administrative.
Publié le 9 avril 2024, le décret censé encadrer les projets « agrivoltaïques » estime qu’ils permettraient d’« améliorer le bien-être animal » en apportant de l’ombre. Mais l’exposition aux champs magnétiques est-t-elle si bénéfique pour la santé des animaux en-dessous ? Nous dévoilons des résultats inédits.
À l’ouest de Liège, au centre du village de Borlo, dans une grosse ferme carrée, une quinzaine de personnes cherchent à lier vie quotidienne, activités agricoles, artisanales et artistiques, dans un esprit écologique et coopératif.
Plus de 6 000 personnes se sont mobilisées le 11 mai 2024 en Limagne dans le Puy-de-Dôme pour s’opposer au plus gros projet de méga-bassine de France. Elles ont planté de jeunes arbres tout autour d’un des sites prévus et obstrué deux drains pour défendre une alternative : stocker l’eau dans les sols.
À vélo, Isabelle Duval a été interroger 22 maraîch·ères bio de Bretagne (et une à Mayotte !) pour montrer les bonheurs et les difficultés de chacun·e. Beaucoup de temps de travail pour souvent un petit revenu, beaucoup d’expérimentations, parfois de la fatigue et du découragement, que l’on soit enfant de la (...)
L’industrie photovoltaïque se base sur un argument essentiel pour justifier le déploiement des panneaux solaires sur des hectares de terres agricoles : ceux-ci rendraient des services à l’agriculture. Alors que le décret d’application censé encadrer les projets dits « agrivoltaïques » vient d’être publié ce 9 avril, Silence, en collaboration avec le journal L’Empaillé, publie les résultats d’un rapport confidentiel de la société Sun’agri. Il révèle les conséquences désastreuses de leurs installations photovoltaïques sur des vergers.
La ferme Emmaüs Baudonne, dans les Landes, est la première ferme à proposer un aménagement de fin de peine dédiée aux femmes incarcérées en France. Elle leur permet de sortir de prison pour travailler comme salariée dans une ferme de maraîchage bio et de leur redonner ainsi un peu d’autonomie.
Depuis l’annonce de dissolution des Soulèvements de la Terre, 201 comités locaux se sont créés partout en France (et au-delà !). Des militant·es d’horizon divers veulent soutenir le mouvement national, mais aussi appuyer les luttes écolo locales en conservant ce qui fait la force des Soulèvements : le nombre, et le « désarmement » des industries écocides. Silence a mené l’enquête au sein d’un comité de la région parisienne (1).
Alors que la population paysanne disparaît en France, des milliers de personnes étrangères sont exploitées par l’agroindustrie, sans droit et parfois même sans accès à l’eau. Le Collectif de défense des travailleurs et travailleuses étrangères dans l’agriculture (CODETRAS) se bat à leur côté pour défendre leur dignité.
En Cisjordanie, le village de Burin subit les assauts et les destructions des colonies israéliennes illégales qui l’entourent. Cela n’empêche pas ses habitant·es de mettre en place des pratiques d’agroécologie inspirantes, dans un esprit de résistance.
Depuis deux ans, l’association Accueil, Agriculture, Artisanat tisse un réseau d’entraide pour favoriser l’installation de personnes avec ou sans papier en milieu rural, et la formation agricole et artisanale. Entretien avec Habib et Tarik, deux des quatre fondateurs de l’association.
Pas moins de 30 000 personnes ont manifesté le 25 mars à Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres, pour mettre à l’arrêt les chantiers de mégabassines, gigantesques réserves d’eau devenues des symboles de la lutte contre l’agro-industrie. Reportage depuis l’intérieur de cette mobilisation historique.
Une agriculture qui serait fondée sur la nature, pilotée par les besoins de la population et non pas par « l’offre » des marchés : voilà ce que dessine, pour 2050 en France, le travail prospectif de l’association Solagro. Intéressant, même si nous ne sommes pas d’accord sur tous les sujets.
« Regardez, j’ai passé ma ferme en circuit court, monté un atelier de transformation, gagné en autonomie ou converti mes productions à l’agriculture bio… Et je m’en sors ! Elle est là, la solution pour l’agriculture, il suffit que tout le monde fasse comme moi ! » Cette fable n’est plus vraie aujourd’hui. Il est urgent de passer à autre chose.
Aline Mercan est médecin généraliste et phytothérapeute. Elle alerte dans son livre Manuel de phytothérapie écoresponsable sur le fait que certaines plantes médicinales sont menacées de disparition, et donne des clés pour se soigner naturellement de manière responsable.
En 2007, la Noix de Grenoble fait face à l’arrivée destructrice de la mouche du brou, une situation inédite. Espérant l’éradiquer, les autorités contraignent les nucicult·rices à traiter leurs noyeraies avec des pesticides. En vain.
La terre agricole recouvre la moitié du territoire français. Elle fait depuis toujours l’objet de luttes entre agricult·rices, mais pas seulement : aujourd’hui cette ressource est menacée par des industries désireuses de maîtriser les matières agricoles. Assiste-t-on à un accaparement qu’on croyait réservé aux pays de l’hémisphère Sud ?