Ligne éditoriale

100% indépendante, la revue Silence explore les alternatives avec un regard non-violent et écologiste. Chaque mois depuis 1982, des infos pratiques, des réflexions critiques et des pistes positives !
Silence, c’est aussi une revue participative dans laquelle les lect·rices sont invité·es à s’impliquer.

Le regard de Silence

Ecologie
Prendre l’écologie au sens large : c’est-à-dire les relations de l’humain avec son environnement global, autant naturel que social.

Alternatives
Découvrir d’autres modes de vie, de façons de penser, donner la parole à ceux et celles qui les expérimentent.

Non-violence
Prendre conscience des dominations et violences, apprendre à s’en affranchir et à développer d’autres rapports.

Nous ne prétendons pas être neutres

Loin de l’hypocrisie d’une certaine presse, nous l’affirmons bien fort : nous ne sommes pas neutres ! Nous sommes orienté·es car nous choisissons - comme tous les autres - les sujets que nous abordons. Nous choisissons ce qui passera sur plusieurs pages, ou ne sera abordé qu’en quelques lignes. Enfin nous choisissons d’oublier des informations !
Ce n’est donc pas un hasard si nous développons, par exemple, les mésaventures de l’énergie nucléaire : c’est parce que nous estimons que c’est l’une des menaces majeures pour notre planète. Et tant mieux si certaines informations vous révoltent et si d’autres vous donnent des envies !
C’est également notre choix d’indiquer les adresses des associations, de citer les sources desquelles nous avons repris une information, afin de permettre au lecteur d’aller plus loin. C’est pour les mêmes raisons que nos textes sont libres de reproduction : l’important n’est pas pour nous de vendre de l’information mais de la faire circuler.

Pour une écologie radicale et sociale

Pour nous la question écologique est intimement liée à la question sociale. C’est la même logique matérialiste de destruction qui est à l’origine aussi bien de la déforestation que de l’exode rural, la même logique qui jette les objets après usage que celle qui jette les salariés quand on les remplace par des machines, c’est la même logique qui importe des ressources naturelles des pays du Sud que celle qui exploite des immigrés clandestins et les renvoie ensuite chez eux, comme on renvoie les déchets encombrants.
Nous ne croyons guère au jeu politicien et c’est pour cela que nous en parlons peu.
Par contre nous croyons aux micro-projets, nous croyons aux échanges d’informations, nous croyons aux réseaux, nous privilégions tout ce qui est horizontal - c’est-à-dire sans hiérarchie, une multitude de petits groupes-, à ce qui est vertical et fige dans un seul grand mouvement une nouvelle pensée unique. Comme nous l’apprennent les lois de l’écologie : plus un milieu est complexe, plus il est capable de s’adapter. Soyons donc complexes, différents, multiformes et tolérants.
Plus il y a de mouvements (dans les deux sens du terme), plus nous trouverons des solutions : énergies renouvelables, médecines douces, agriculture biologique, convivialité, entraide, temps de vivre, amour de la nature, découverte des cultures, écoles différentes... et aussi droit à l’erreur.
Il est important de développer ces attitudes multicolores car si demain nous continuons à négliger les problèmes écologiques, les conséquences sociales sont faciles à deviner : un égoïsme de plus en plus féroce des riches pour se protéger d’une majorité de gens de plus en plus pauvres. Quelques îlots de prospérité dans une masse de misère, avec des mesures très strictes pour se protéger, ce que nous propose déjà l’extrême droite qui demain peut évoluer vers un éco-fascisme des plus totalitaires.
 

Agir un peu pour changer beaucoup

Alors S!lence dans tout ça ? Une modeste revue peut-elle changer le monde ? Il paraît que le vol d’un papillon peut provoquer une tornade à l’autre bout du monde. Pourquoi notre grain de sable mensuel ne provoquerait-il pas quelques changements ? Et quelques changements + quelques changements + ...
Alors si vous aussi vous voulez participer à cet échange d’informations - parfois contradictoires - n’hésitez plus ! Et profitez de l’abonnement découverte qui vous permet de recevoir les 6 premiers numéros pour une somme minime.

On parle de Silence

« Continuer à faire entendre d’autres voix, et ouvrir d’autres voies »

Michel Bernard, co-fondateur de la revue et rédacteur

« Les grands médias, propriétés des multinationales et des marchands d’armes, essayent de nous convaincre qu’il n’est pas possible de faire autrement. Il existe pourtant de nombreuses alternatives, souvent partielles et locales. Il est important de les mettre en avant, de les aider à se rencontrer et de faire ainsi progresser un mouvement de bas en haut. Agir localement et penser globalement contre toutes les formes de destruction de la planète, dialoguer par des entretiens, des débats, raconter par des reportages pour enrichir nos relations humaines, c’est le but d’une revue comme Silence. Continuer à faire entendre d’autres voix et ouvrir d’autres voies, cela demande beaucoup de travail et cela a un coût. Pour garantir l’indépendance d’une revue, celle-ci doit bénéficier de démarches actives : aide à la diffusion, aide à la rédaction... C’est que j’ai fait bénévolement pendant les dix premières années de la revue, puis comme salarié pendant 25 ans, puis de nouveau comme bénévole. »

« Une union des luttes avec délicatesse »

Pinar Selek, militante et sociologue de Turquie, exilée en France, auteure entre autres de Parce qu’ils sont Arméniens et du roman La maison du Bosphore.

« Silence, c’est l’union du féminisme, de la non-violence et de l’écologie sociale. Je ne vois pas un autre groupe qui réunit avec la même délicatesse les luttes qui me sont chères. C’est aussi une association anti-système, qui essaie de ne pas reproduire, dans son fonctionnement et dans son mode de diffusion, la destruction de la nature ou le sexisme qu’elle dénonce dans ses pages. »

« Un rôle irremplaçable et fédérateur dans le paysage écologique »

Serge Latouche, économiste, professeur émérite de l’université Paris-Sud, et auteur notamment de Le pari de la décroissance et de Vers une société d’abondance frugale.

« La revue Silence, dont l’un des titres de gloire, et non des moindres, est d’avoir été à l’origine du mouvement porteur du projet de la décroissance, devenu aujourd’hui un sujet de débat au niveau international, joue un rôle irremplaçable et fédérateur dans le paysage écologique. A côté des revues L’écologiste et Nature et Progrès ou du site Reporterre, elle maintient fidèlement la tradition de l’écologie politique tout en constituant une source d’information précieuse sur une foule d’initiatives concrètes. »

« Une culture politique »

Geneviève Azam, économiste, Conseil scientifique d’Attac, auteure notamment de Osons rester humain. Les impasses de la toute-puissance, et avec Françoise Valon, de Simone Weil, l’expérience de la nécessité (Les précurseurs de la décroissance).

Avec ténacité, la revue Silence rend visible une approche écologique du monde et de la Terre. Elle m’accompagne depuis sa création et suite à un abonnement de notre département d’économie à l’université Toulouse-Mirail, elle a nourri des générations d’étudiants. On y trouve à la fois une approche sensible du monde et de notre relation à la Terre, avec des récits foisonnants d’engagements dans des expériences alternatives, et les débats théoriques qui traversent l’écologie politique. Loin d’une écologie technicienne et des illusions du verdissement de la croissance, elle fait de l’écologie et de l’approche écologique une culture politique.