Le Salon International de l’Agriculture se tiendra à Paris fin février, réunissant les plus gros lobbys de l’agro-industrie, sous le feu des projecteurs médiatiques. On entendra sûrement moins parler des rencontres inter-collectifs, qui se tiendront une semaine plus tard dans le village de Corps, en Isère, pour imaginer un autre modèle agricole1.
Suicides des paysan·nes, exploitation des travaill·euses étrang·ères, effondrement de la paysannerie et de la biodiversité, explosion des cancers et des maladies chroniques, accaparement de l’eau et de la terre : les ravages du complexe agro-industriel sont connus. Face à ces constats, de plus en plus de collectifs se forment pour reprendre des terres, les partager et expérimenter d’autres manières de produire. Rendre l’installation paysanne plus accessible, mutualiser l’investissement initial et le travail, se partager les astreintes de l’élevage, se dégager du temps libre, sortir l’agriculture d’un modèle capitaliste : nombreuses sont les raisons qui poussent des paysan·nes à s’installer en collectif.
Alors que les fermes deviennent quasiment inaccessibles et qu’un quart des agricult· rices va partir à la retraite d’ici 2030, nous avons voulu mettre en lumière cette constellation d’initiatives paysannes, souvent méconnues. C’est pourquoi nous publions ce mois-ci un nouveau livre aux éditions Le Passager clandestin, intitulé « Terres partagées, des fermes collectives pour sortir de l’agro-industrie ». Ce dossier vous dévoile en exclusivité quelques exemples de collectifs inspirants, en espérant qu’il ouvre de nouveaux imaginaires paysans et solidaires…

Illustration : ©Yuyuan Ma
