1994 : Silence plus énergique que jamais

Face à la finance internationale, au nucléaire, aux pollutions par les métaux lourds, faut-il choisir entre écologie sociale et écologie profonde ?

L’énergie de l’espoir

Alors que la revue rentre dans sa 12e année, les Européens contre Superphénix lancent une vaste campagne et une marche, de Malville à Paris, est organisée pendant 5 semaines (9 avril au 8 mai) par Michel Bernard et André Larivière contre le redémarrage de la centrale nucléaire de Superphénix. Des cartespostales-pétitions, des affiches sont diffusées un peu partout. Maloin, administrateur de Silence, est embauché pour assurer la diffusion de ce matériel sur la marche. Cette année, Silence consacre quatre dossiers à l’énergie : le n° 175 de mars, sur l’éolien, l’édito annonce que pour la première fois en Europe, la puissance installée en éolien a dépassé celle installée en nucléaire. Dans le n° 176, un dossier est réalisé sur Superphénix pour annoncer la marche. Dans les numéros 181 et 182 de septembre et octobre, un gros dossier montre le potentiel des renouvelables pour les pays du Sud. Nous diffusons également une BD, Le nucléaire détrôné, dont nous publions des extraits en feuilleton depuis le printemps.

Écologie sociale ou écologie profonde ?

Le n° 177, de mai, présente le livre Quelle écologie radicale, co-édité avec les Ateliers de création libertaire, la traduction d’un débat qui a eu lieu trois ans plus tôt aux États-Unis entre Murray Bookchin (écologie sociale) et Dave Foreman (écologie profonde). Silence donne la parole à deux fidèles de la revue : Alain-Claude Galtié (libertaire, proche de l’écologie sociale) et Jacques Grinevald (philosophe, plus sensible à l’écologie profonde). De fait, cette distinction entre deux approches se maintient avec le temps. Alors qu’aux États-Unis, l’écologie profonde correspond à un militantisme de terrain (Earth first), en Europe, cela reste plus théorique.

Des articles et des livres

L’année est aussi marquée par une série d’articles sur les dangers des métaux lourds rédigés par André Picot, écotoxicologue. Le n° 174, de février, présente une étude sur l’alternative ferroviaire possible en vallée d’Aspe, réalisée par l’association Bulle Bleue. Cette étude est reprise sous forme d’un tiré à part de 12 pages de la revue qui sera largement diffusé par Bulle Bleue.
Dans plusieurs numéros sont encartés des dépliants d’Ecoropa qui mène campagne contre le manque de démocratie dans la finance internationale (GATT, FMI, Banque mondiale). Cela s’accompagne d’un dossier dans le n° 184 de décembre.
On peut relever quelques brèves cette année sur les luttes des employé·es de MacDo. Cela va prendre de l’ampleur dans les années qui suivent (une page dans le n° 206, été 1996) et déboucher sur une nouvelle grosse campagne de Silence en 1998.
En 1992, à Montréal, se sont lancées les éditions Écosociété. Pour être diffusées en Europe, elles prennent contact avec Silence. Nous faisons connaissance avec Serge Mongeau, l’initiateur de cette maison d’édition, de passage en France. La revue commence la diffusion certains de leurs livres. Quatre premiers ouvrages apparaissent dans le n° 181 de septembre : Pour un pays sans armée, Pour que demain soit, L’écosophie ou la sagesse de la nature, Deux roues : un avenir. MB