Pollution de l’air : prendre la mesure du problème

« Aujourd’hui, aucun médecin n’annonce aux familles ‘votre proche est mort de la pollution de l’air’. Pourtant, derrière des infarctus, cancers ou encore arrêts cardiaques se cache parfois la 3e cause de mortalité en France : la pollution de l’air » affirme France Nature Environnement. Souvent invisibles, les sources de pollution, de plus en plus plus nombreuses, ne sont pas toujours localisées, et les effets des polluants, une fois relâchés dans l’atmosphère, peu documentés. Il n’empêche qu’au niveau individuel, collectif et parfois législatif, des tentatives sont faites pour lutter contre la pollution de l’air. Ce dossier propose une double approche du problème : par l’analyse scientifique et par l’action citoyenne.
Les alertes scientifiques et les condamnations juridiques se multiplient (1), sans que la pollution de l’air diminue pour autant. Comment se mobiliser ? D’abord en rendant visible cette pollution et en la mesurant. Ensuite et surtout, en luttant contre les causes de cette pollution que sont le trafic automobile, certains produits chimiques utilisés dans la vie quotidienne, les pollutions industrielles, etc. Tout en ayant en tête qu’une large partie de la pollution de l’air due à nos modes de vie a été externalisée dans les pays producteurs industrialisés tels que la Chine.
Les mobilisations citoyennes comme le développement de travaux de recherche sont un signe d’espoir. La lutte contre la pollution de l’air est riche en enseignements, mais pointe aussi des difficultés d’actions et de réappropriation du problème, en particulier car les mesures des pollutions réalisées nécessitent souvent des technologies qui ne sont disponibles que rarement. Pour inverser la tendance, ce n’est pas uniquement lors des pics de pollution qu’il faut alerter, mais bien quotidiennement, et urgemment.

(1) La Commission européenne a annoncé vendredi 30 octobre 2020 qu’elle traduisait la France devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour non-respect des valeurs limites fixées par la directive sur la qualité de l’air ambiant en ce qui concerne les particules PM10, alors que l’exécutif européen avait poursuivi et condamné la France en octobre 2019 pour des niveaux de pollution de l’air au dioxyde d’azote (NO2).