Chronique Chronique Jai Jagat 2020 Jai Jagat Paix et non-violence

Trajectoires de femmes

Marcher pendant un an, de Delhi à Genève, pour la justice et la paix, constitue un véritable enseignement sur la route. La marche accueille régulièrement de nouveaux membres qui s’associent au mouvement Jai Jagat. Ils et elles nous rejoignent d’autres régions, pays ou continents. Par solidarité, par engagement. Ce sont souvent des femmes, déterminées, en lutte pour plus de justice.

Les droits des femmes : une lutte internationale

En novembre 2019, Lupita et Sonia, activistes mexicaines, ont marché quelques jours avec nous sur les routes du Madhya Pradesh. Pour défendre les droits humains. L’une, indigène Yaqui, se démène pour sa communauté discriminée. Leur territoire est menacé. L’autre, universitaire gandhienne italo-mexicaine, lutte sans relâche aux côtés des migrant·es, à Tijuana. Ce poste frontière, entre le Mexique et les États-Unis, est le théâtre quotidien de violences multiples à l’encontre des plus vulnérables.
Hier encore, un groupe de douze népalaises en tête du cortège, clamait des slogans pour le droit des femmes et l’accès à la terre. Au Népal, pays voisin de l’Inde, des villageois·es voient leurs maisons détruites au bulldozer ou brûlées par les autorités locales. Nepal Mahila Ekata Samaj (1), association conduite par ces femmes, se concentre sur les communautés sans terre et le renforcement du pouvoir des femmes au sein de la société. Ainsi, récemment, la première équipe de football féminine a été créée au Népal, à destination des adolescentes. Cela permet notamment une transformation de leur regard sur elles-mêmes et une évolution de celui des hommes.
Toutes ces marcheuses apportent leur culture, leurs expériences, leurs chants. Leur confiance aussi qu’elles puisent dans la force de leur groupe. Car la lutte est rude. Leur force, le dialogue. Point de lutte sans non-violence. On se découvre, on échange, on s’écoute. On rit, on se soutient dans la marche. On se trouve des points communs et on apprend de l’autre. Pour elles, c’est une respiration dans leur quotidien d’activistes. Et puis c’est aussi l’occasion de rencontres avec les militantes indiennes de la marche. Elles luttent elles aussi, pour les droits des femmes. En 2017, Kasturi, Shoba et Saraswati ont pris la route dans différents états indiens pendant plusieurs mois. À la rencontre des femmes, pour leur clamer leurs droits et les inciter à les défendre. Les expériences partagées sont un creuset de savoirs précieux et une ressource d’outils pour renforcer les organisations et la lutte non-violente.

S’inspirer et partager

Durant ces jours de marche, le lien se crée, se développe, se renforce. Les problématiques, d’un pays à l’autre, se répondent. On comprend mutuellement que l’on doit faire face à de nombreuses injustices similaires. Les solutions alors s’inspirent les unes des autres. On apprend et l’on sait que ces enseignements seront insufflés localement. Avant de se séparer, on entame avec chaleur un chant venu d’ailleurs appris la veille. On s’étreint, avec la certitude que les pas que l’on a fait ensemble ne sont pas les derniers. Pour que le mouvement s’étende.

Isaline et Véronique

(1) www.mahilaekata.org

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