Éditorial Alternatives Santé

Dominations médicales, réponses horizontales

Martha Gilson

Le système de santé en France n’est pas satisfaisant. L’accès à des soins décents est inégal selon le quartier où l’on habite, ses capacités financières ou son genre. La prise en charge médicale elle-même est trop souvent le lieu d’exercice du pouvoir du médecin. Si des professionnel·les du secteur médical peuvent tendre vers une prise en charge globale et égalitaire des patient·es, les suppressions de postes et de financements leur font obstacle. Résultat : personnel en souffrance, malades délaissé·es.
Ces dysfonctionnements ne remettent pas en cause la nécessité d’un système de soin public, mais poussent un certain nombre de personnes à faire un pas de côté pour se réapproprier les savoirs médicaux, pour explorer de façon plus horizontale le rapport que chacun·e entretient à son corps et ses expériences sensorielles. Les alternatives ne se réduisent pas à d’autres horizons médicaux (homéopathie, phytothérapie, etc.), qui peuvent connaître les mêmes travers libéraux et individualistes que la médecine dominante.
La santé est, selon l’OMS, « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Le « prendre soin » doit donc être global. Des collectifs choisissent de s’organiser de façon autonome, d’autres investissent le corps médical, d’autres enfin allient savoirs médicaux et sociaux pour une approche renouvelée du parcours de soin. Autant de pistes pour se panser ensemble.

Martha Gilson

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