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A Roubaix, les jardins familiaux rendent la ville de plus en plus verte

Fanny Magdelaine

La ville de Roubaix investit dans l’agriculture urbaine en encourageant la multiplication des jardins partagés ou familiaux. Le succès populaire est au rendez-vous.

Le Jardin de traverse. Un joli nom pour ce jardin partagé adossé au centre-ville. Moncef Bentaziri, coordinateur du jardin, guide les visiteu·ses. "Ici, vous avez les carrés pota- gers cultivés par les enfants et la cabane qu’ils ont construite ; là, ce sont les toilettes sèches et, plus loin, vous apercevez des nichoirs que les mésanges sont en train de s’approprier".

L’association Jardin de traverse gère aujourd’hui trois sites à Roubaix, dont deux jardins partagés. Elle compte 60 foyers adhérents et propose des formations : troc de plantes, ateliers de jardinage, vente de légumes bio en lien avec une association d’insertion par le travail...

La métamorphose d’une ville industrielle

Avec une dizaine de jardins partagés et 26 jardins familiaux, Rou- baix l’industrielle se métamorphose peu à peu en ville verte. Depuis l’automne 2017, la ville développe une stratégie de ville nourricière grâce à ces jardins, qui totalisent près de 15 hectares à cultiver.

Deux tiers de ces parcelles appartiennent à la ville, le reste étant propriété de bailleurs privés ou du diocèse de Lille. La municipalité en confie la gestion à l’une des 15 structures de proximité, associations ou comités de quartier. Charge à elles ensuite de mettre à disposition des particuliers les jardins familiaux, en échange d’une petite cotisation.
La liste d’attente, en mairie, ne désemplit pas : 200 personnes attendent patiemment leur tour pour profiter d’une parcelle à cultiver. Les jardins comptent de 8 à 40 parcelles, avec une superficie moyenne de 80 à 100 m2.
Roubaix, ville nourricière au moins en légumes ? "Nous n’en sommes qu’au tout début, précise Sandrine Varlet, chargée de mission au service Développement durable de la ville de Roubaix, mais l’objectif est bien d’augmenter la part de consommation des légumes autoproduits sur le territoire et d’arriver à 10 % de ce qu’on consomme à Roubaix ».
Quels sont les freins au développement agricole de la commune ? "La disponibilité foncière, surtout pour les grandes parcelles, répond la chargée de mission. La qualité des sols également".

Aller vers une transition globale de la ville

Pour la municipalité de Roubaix, ville parmi les plus pauvres de France, cette politique de dédensification du territoire est menée par conviction, dans la suite logique de la politique du zéro déchets dont elle est pionnière en France depuis 2014. Mais, du côté des porteu·ses de projets, associations en tête, on voit bien plus loin que cette valorisation des sols en terres à cultiver.
Au sein du Comité des jardins, lieu d’échange et de réflexion présidé par l’adjoint délégué au développement durable et à la résilience, les associations gestionnaires militent pour une transition globale de la ville. Elles expérimentent ce mouvement transversal un peu plus loin, dans une ferme urbaine circulaire, la ferme du Trichon : "Nous voulons créer du maraîchage collaboratif mais aussi de l’habitat partagé et d’autres projets de transition dans ce quartier populaire", explique Vincent Boutry, président de l’Université populaire et citoyenne (UPC) de Roubaix.

Article initialement paru sur Reporterre : https://reporterre.net/A-Roubaix-les-jardins-familiaux-rendent-la-ville-de-plus-en-plus-verte

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