Numéro 443 - mars 2016


Nucléaire : faut-il que ça pète pour qu’on l’arrête ?

Faut-il un accident nucléaire majeur sur le territoire français, pour que nos dirigeants acceptent enfin d’adopter un scénario de sortie du nucléaire rapide ? Ce dossier aborde les différentes causes possibles d’accident nucléaire actuellement en France, les failles énormes des plans prévus pour gérer les accidents, et aboutit à une exigence brûlante : il est nécessaire de faire l’impossible pour arrêter le nucléaire avant qu’un accident de type Fukushima ou Tchernobyl n’éclate en France.

• Dossier

Nucléaire :

faut-il que ça pète pour qu’on l’arrête ?

Le pire est malheureusement possible

Dans les ministères français, on étudie les scénarios d’accidents nucléaires, et plus personne aujourd’hui ne doute qu’une catastrophe soit envisageable. Présentation de quelques scénarios possibles.

Quand il sera trop tard…

Les autorités multiplient les plans pour gérer un accident. On s’y prépare et ce qui s’est passé à Tchernobyl en 1986 et à Fukushima en 2011 ne laisse augurer rien de bon.

Sortir du nucléaire avant l’accident

Faut-il un accident nucléaire majeur sur le territoire français pour que nos dirigeants acceptent enfin d’adopter un scénario de sortie du nucléaire rapide ?

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• Éditorial

Minitel ou Concorde ?

La recherche française a conçu dans les années 1970 de brillantes innovations : l’avion supersonique Concorde et le Minitel, ancêtre du réseau Internet.

Lorsqu’Internet est arrivé, le Minitel, qui ne s’était déployé qu’en France, a été dépassé et progressivement abandonné. Cela s’est fait sans heurt, les gains en emplois et en finance de l’un compensant les pertes de l’autre.

Dans le cas du Concorde, la suppression a été plus douloureuse. Du fait de son temps de conception, cet avion est arrivé après le premier choc pétrolier de 1973, et était un gouffre énergétique. Il a été maintenu envers et contre tout par la France et la Grande-Bretagne, alors qu’Airbus et Boeing développaient des avions moins gourmands. Il a fallu qu’un Concorde s’écrase au démarrage, en région parisienne, pour que les vols soient enfin suspendus définitivement.

Concernant le nucléaire, nous avons donc le choix. Aujourd’hui, les alternatives existent. Plusieurs millions de personnes dans le monde travaillent déjà dans le solaire, l’éolien et d’autres sources d’énergie renouvelables. Les prix ont chuté de manière considérable, rendant ces nouvelles formes d’énergie extrêmement compétitives.

La logique voudrait que l’on choisisse un scénario Minitel, en cherchant à reconvertir au plus vite les compétences, les emplois et les finances du nucléaire dans les énergies renouvelables. C’est ce qui se passe dans quelques pays comme l’Allemagne, l’Espagne…(1)

Mais le jusqu’au-boutisme de la caste nucléaire française (soutenue par l’armée, qui y trouve les matières fissiles qui maintiennent des armes nucléaires illégales), risque de nous entraîner vers un scénario Concorde.

A l’occasion du trentième anniversaire du début de l’accident de Tchernobyl (26 avril 1986) et du cinquième anniversaire du début de la catastrophe de Fukushima (11 mars 2011) (2), nous vous présentons dans ce dossier ce qui pourrait déboucher sur un accident en France, et les conséquences qui pourraient en découler.

Michel Bernard

(1) D’autres pays qui n’ont jamais opté pour le nucléaire figurent parmi les plus performants aujourd’hui dans le renouvelable (Danemark, Autriche…).

(2) Il s’agit bien du début car, trente ans après, le réacteur de Tchernobyl continue à relâcher de la radioactivité, tout comme les trois réacteurs accidentés de Fukushima. Les conséquences sanitaires seront sensibles pendant… des siècles.