Numéro 396 - décembre 2011


Terres collectives

La terre est un bien commun, il est indispensable de la soustraire à la spéculation foncière et de la mettre au service du vivant. Silence a réalisé un dossier en partenariat avec Terre de Liens qui propose d’acheter collectivement des terres cultivables pour faciliter l’installation de jeunes agriculteurs. Reportages et analyses permettent d’éclairer ces pratiques prometteuses.

Terres collectives

Collectives et solidaires, de nouvelles formes d’accès à la terre
Une installation collective sur les Causses (de Marie Joëlle Pouillon)
Rencontre avec Aude et Jérôme, maraîchers engagés (de Marie Joëlle Pouillon)
Une pépinière d’activités à la mode paysanne (de Patrick Dubois et Valérie Devulder)
Conversion en biodynamie au cœur du vignoble jurassien (Entretien avec Céline Gormally par Catherine Etalon)
Savez-vous planter vos sous... (La carte des sites Terres de Liens)

Membres de Terre de Liens qui ont participé à l’élaboration de ce dossier : Marie Joëlle Pouillon, Sophie Le Jeune, Philippe Cacciabue, Lydéric Motte, Majda Bouchanine, Cécile Dubart, Marie-Laëtitia Melliand, Patrick Dubois, Valérie Devulder, Catherine Etalon, Marc Simide, Laurence Quinson, Julie Ruault, Stéphanie Petitcunot.

Transition

Où passent les terres agricoles ? (de Michel Bernard)

Arrachage des vignes transgéniques de Colmar

La recherche « sous cloche » en procès (d’André Croutant)

Vers une recherche pour le vivant (de Christophe Bonneuil, Isabelle Goldringer et Pierre-Henri Gouyon)

Objection de conscience

Femmes et féministes contre l’armée (Entretien avec Idan Halili et Sahar Vardi par Guillaume Gamblin)

Permaculture

L’agriculture de demain s’invente au Bec Hellouin (de Jordan Belgrave)

Sortir du nucléaire

750 milliards ! Le coût tellement dément du démantèlement (de Michel Bernard)

brèves

Alternatives
Environnement
Vélo
Climat
Fukushima
Nucléaire
OGM
Santé
Éloge du « traître » (Léo Sauvage)
Femmes, Hommes, etc.
La sécurité... Avec ou sans ? (Dominique Lalanne)
Société
Politique
Vivent les Zones Textiles Autonomes ! (Christian Araud)
Energie
Education
Agri-bio
Agenda
Annonces
Courrier
Livres

éditorial

On achève bien les pauvres

« Je ne veux pas les misérables secourus, je veux la misère disparue »

Victor Hugo

Dans les années 1980, l’agriculture intensive produit trop de nourriture et l’Europe donne des subventions pour que des terres soient mises en jachère. Puis, les rendements étant au mieux, stables et les surfaces de culture diminuant, à un moment donné, il a fallu remettre les jachères en culture. Aujourd’hui, même en cultivant tout, cela ne suffit plus et l’Union européenne a commencé à acheter de la nourriture à l’extérieur pour maintenir l’aide alimentaire.

Six Etats membres ont saisi l’Union européenne, en septembre 2011, estimant illégal de payer pour acheter de l’alimentation à destination des structures caritatives. Conséquence immédiate : pour la France, les dons de nourriture à ces structures (Banque alimentaire, Restos du cœur, Croix-Rouge, Secours populaire…) sont divisés par quatre. 

Mais pourquoi n’arrive-t-on plus à produire autant ? Il y a d’abord les baisses de rendements : la culture intensive à coups d’engrais et de pesticides a atteint ses limites et les sols sont maintenant de très mauvaise qualité. Il y a aussi le fait que les gros engins ont remplacés les humains, or ils ne peuvent être utilisés que sur de grandes surfaces planes. Les terres en pente ont été abandonnées. Il y a des surfaces agricoles utilisées pour produire des agrocarburants. Enfin, il y a l’étalement urbain (lotissements, routes…) qui chaque année mange des milliers d’hectares(1), généralement les meilleures terres. 

Ainsi aujourd’hui, les plus pauvres sont victimes de la destruction des sols. Les alternatives sont pourtant là : Terre de Liens que nous présentons dans ce numéro propose d’acheter les terres cultivables collectivement pour faciliter l’installation de jeunes agriculteurs. Les groupes de transition(2) sensibilisent les urbains à la nécessité de stopper l’étalement des villes. Les AMAP(3) permettent de refaire du lien entre producteurs et consommateurs. Reste, au sein de ses initiatives, à y faire le lien avec les structures caritatives comme cela se fait déjà avec les Jardins de Cocagne(4).

Michel Bernard

(1) voir article page 33. 
(2) voir www.transitionfrance.fr.
(3) Association pour le maintien de l’agriculture paysanne, www.reseau-amap.org
(4) Réseau Cocagne, 21, rue du Val-de-Grâce, 75005 Paris, tél. : 01 43 26 37 84, www.reseaucocagne.asso.fr.