Numéro 387 - février 2011


Et merde !

Le sujet peut semble incongru, trivial, provocateur, pourtant il n’est rien de moins que fondamental. Renvoyant au cycle de la vie comme à notre organisation sociale et à nos représentations culturelles, la merde est un enjeu pour l’écologie. Une société qui se débarrasse avec écœurement à la fois d’un matériau précieux pour la fertilisation et de quantités d’eau filtrée plus précieuses encore, ne marche-t-elle pas sur la tête ? Comment s’organiser autrement ? Quels changements cela implique-t-il dans nos têtes ?
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la merde sans avoir jamais osé le demander…

De la merde (de Béatrice Blondeau)
De la notion de déchet (de Béatrice Blondeau)
Les toilettes traditionnelles berbères de la vallée du Draâ (de Didier Bourrut-Lacouture)
Les fondements de l’Intestinale - Réseau de l’assainissement écologique (de Mima Galès)
Eloge de la toilette à compost - Pourquoi et comment sortir de l’égout (de Pierre Besse)
Trier nos eaux usées domestiques (de Benjamin Berne)
Les toilettes à compost : mais comment ça fonctionne ? (de Béatrice Blondeau auprès de Label Vert(e))
Une psychologie sociale de la merde - Etes-vous fécophile ou fécophobe ? (de Adam Chesterman)

Bande dessinée

Pendant que la planète flambe - 50 gestes simples pour continuer à nier l’évidence (de Derrick Jensen et Stephanie MCMillan)

Non-violence

Papouasie : qui veut la peau de Viktor Mambor ? (de Guillaume Gamblin)

Energies

Eolien : retour sur une polémique (de Jean Aubin)

Bande dessinée

Biomiamiam #6 : BM s’achète (enfin) un congélo (de JBGG)

Finances solidaires

Le Label FINANSOL est-il crédible ? (de Jean-Pierre Cattelain)

Abécédaire illustré de l’écologie pittoresque

Habitat passif (de Borkowski)

Les Dessinateurs en action

éditorial

Réhabilitons la merde et ses multiples bienfaits

Le sujet peut sembler incongru, vulgaire et/ou sans intérêt voire provocateur.

Il n’en est rien. Comme l’a écrit Antonin Artaud : « Là où ça sent la merde ça sent l’être. »

Cela nous renvoie à notre corps ramené à sa plus simple condition, au cycle de la nourriture et de sa digestion donc à la vie. De ce rapport mystérieux quand on est enfant à ce qui sort de nous, à ce stade où nous apprenons à contrôler notre sphincter, au fait que notre merde donne nombre d’indications sur ce que nous mangeons et sur notre état de santé.

Tous les jours ou presque, parfois même plusieurs fois par jour, nous éprouvons le besoin de vider nos intestins, comment le faisons-nous et où ? Qu’en fait-on ensuite ?

La merde est une matière, une étape d’un cycle, le corps prend ce dont il a besoin et rejette le reste. S’interroger sur comment la réutiliser, c’est aussi s’interroger sur la façon dont nos sociétés l’appréhendent et la gèrent. La question de la merde est donc sociologique et fait appel tout autant au privé qu’au public.

Ce dossier pourrait aussi s’intituler : « tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la merde sans jamais oser le demander ».

Béatrice Blondeau

Dossier coordonné par Béatrice Blondeau avec le concours précieux
du réseau L’Intestinale RAE présenté page 9