Numéro 343 - février 2007


Changeons la recherche !

Pourquoi j’ai quitté le CEA (d’Antoine Fernandes)
Scientifique défroqué en post-soixante-huitard attardé (de Pierre Péguin)
Changeons la recherche (de Vincent Peyret)
L’ACRO  : 20 ans de surveillance des installations nucléaires (de David Boilley)
Hybrider la recherche (du groupe recherche action)
Le Centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits
L’Institut de recherche sur la résolution non violente des conflits
Autres laboratoires

Politique

Paul Ariès, révolution et décroissance (de Christophe Goby)

Non-violence

Echange interculturel pour l’éducation à la non-violence (de Sylvie Cremer)

Paix

Parole et démocratie participative (d’Yvette Bailly)

Var et Alpes-Maritimes

Environnement

Domaine des Courmettes (de Michel Bernard)

Adresses

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Politique
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Editorial

Vive la recherche !* A bas les obscurantistes !

Aujourd’hui, nul ne peut contester le rôle primordial de la recherche dans le formidable développement que connaissent nos sociétés occidentales modernes. La dernière université d’automne du mouvement “Sauvons la recherche” en est une preuve évidente  : le 30 septembre et 1er octobre derniers, un grand nombre de présidentiables sont venus rendre visite aux «  chercheurs en colère  », marquant ainsi l’importance de ce thème dans la prochaine campagne présidentielle. D’Olivier Besancenot à François Bayrou, tous ont justement souligné “les manques de moyens”, “la précarité du métier” ou “notre retard par rapport aux Etats-Unis”. Heureusement, quasiment personne ne s’est interrogé sur les finalités et le sens des recherches, car là n’est pas l’important. L’important, c’est de chercher, de 14h à midi, et surtout sans se poser trop de questions.
Qui pourrait contester la nécessité de nouveaux gadgets, de nouvelles armes ou outils de contrôle social  ? Qui pourrait douter de notre capacité à guérir les dégâts causés par les résultats des précédentes recherches  ? Qui oserait dire que la recherche actuelle sert exclusivement à conforter les intérêts industriels et militaires, qu’elle est complètement déconnectée des véritables besoins ?
Il est évident que personne ne se laissera convaincre par les arguments de ceux qui, pour d’obscures raisons (“ras-le-bol”, “conscience personnelle”, “dégoût”), ont déserté les centres de recherche institutionnels. Leur lâcheté n’a d’égale que celle de ceux qui, sous prétexte de transparence, osent divulguer des informations sur les soi-disant malfaisances de nos laboratoires.
Quant aux expériences que mènent ici ou là des centres de recherches “indépendants”, elles sont assurément vouées, au mieux au ridicule, au pire à l’échec. Est-il raisonnable de faire de la recherche sans argent public et sans débouchés commerciaux  ? Pourquoi faudrait-il s’occuper de domaines qui ne rapportent rien, comme l’études des retombées sanitaires ou environnementales des technologies à risques  ? N’est-elle pas un peu dépassée, cette logique qui inciterait à “réfléchir d’abord à nos besoins et à chercher ensuite”  ?

Claude Triste

(*) Nous avons reçu cette proposition d’éditorial adressé à Silence & Vie. Il s’agit sans doute d’une erreur.