Numéro 341 - décembre 2006


Décroissance et santé

La santé à besoin d’une contre-révolution (d’Eric Ledru)
Sortir de l’industrie de la maladie (de Serge Mongeau)
La place des médecines alternatives (de Cecile B­­audet)
Manque de pérole ? Une chance pour l’humanité (de Dominique Belpomme)

Paris

Alternatives

(reportages de de Camille Clochon)

Le Petit Ney, un café littéraire et populaire parisien
La petite Rockette
Les petits vélos de Maurice

Paix

La non-violence au service de l’accompagnement protecteur (d’Elsa Joyeux-Bouillon)

Commerce équitable

Pratique néo-coloniale ou extension de la mondialisation ? (de Daniel Julien)

Nord/Sud

Déchets-cadeaux (d’Odile Tobner)

Vivre ensemble

Un éco-village dans le Jura suisse (de Michel Bernard)

Brèves

Santé
Alternatives
Environnement
Paix
Nucléaire
Energies
Nord-Sud
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Editorial

La maladie… mais c’est bon pour la croissance  !

L’acupuncture ou l’homéopathie ne cessent d’être décriées par les médecins allopathes ! Ainsi la récente initiative gouvernementale visant à cesser de rembourser l’homéopathie (1) pourrait caractériser à elle seule la bêtise et l’impasse de “notre” approche de la santé.
Pour pallier le trou de la Sécu, l’homéopathie, qui représente 0,8% de la totalité des médicaments remboursés en France — ce qui ne coûte pas cher et prévient de maux plus graves — serait ainsi bannie du système de soins ? Et cette absurdité, même comptable, videra encore un peu plus ce qui reste d’égalité et de liberté face à la maladie et au libre choix des soins.
Il n’est pas surprenant que l’Occident industrialisé se soit progressivement doté d’une médecine marchande et chimique réduisant le corps humain à une machine. Le fait d’en changer des pièces, d’y injecter des produits chimiques permet déjà d’en faire un gigantesque marché où tout le vivant est privatisé, où le Sud est une nouvelle fois spolié et où chaque être humain est, là encore, forcé d’abandonner son corps et son autonomie (2) aux spécialistes et autres marchands. Et, du même coup, l’énorme tromperie d’un tel processus tient en ce que les maladies de l’Homme sont alors coupées de la maladie du monde, de sa dévastation générale jusqu’à sa “marche” absurde.
De toute façon, comme pour une marée noire ou une catastrophe industrielle, c’est économiquement bon. Alors, allons-nous longtemps user d’une politique de maladie appelée politique de santé ?

Matthieu Barbaroux

(1) Le taux de prise en charge de la Sécurité sociale passerait de 65 % à 35 %. Infos et pétition auprès de SNMHF, 79, rue de Tocqueville, 75017 Paris, tél : 01 44 29 01 31, www.snmhf.org.
(2) Le Savoir en herbe : autrefois la plante et l’enfant, Alain Renaux, Presses du Languedoc, 1998.