Numéro 340 - novembre 2006


Pour des innovations frugales

dossier réalisé par François Schneider

Vers une société utopique soutenable
L’innovation frugale

Alternatives

Rencontre des amis-e-s de Silence (de Gregg West)

Culture

Le Café du soleil (de Michel Bernard)

Non-violence

Réfractaires à la guerre d’Algérie (d’Elsa Joyeux-Bouillon)

Alternatives

OK Chorale (de Christophe Goby)

Ecologie, paix, femmes, non-violence

Solange Fernex (de René Hamm)

Paix

Inspection citoyenne dans les Landes (de Francis Vergier)

Paris - Femmes

La maison des Femmes (de Camille Clochon)

Adresses

Brèves

Alternatives
Société
Politique
Paix
Energies
Nucléaire
Nord-Sud
Environnement
Femmes
Santé
Annonces
Courrier
Livres

Editorial

Donner du sens à la recherche

A voir les scandales qui se multiplient dans les sciences appliquées, on pourrait arriver à douter de la nécessité de “sauver la recherche”, et ceci d’autant plus que les chercheurs que l’on entend le plus pour demander de l’argent, public ou privé, se trouvent impliqués dans des secteurs aussi réjouissant que nucléaire, OGM, nanotechnologies, applications militaires, conquête spatiale…
Le débat sur la recherche est sérieusement pollué par le pouvoir de l’argent. Un argent qui vient de plus en plus du privé, mais aussi de l’armée (1).
Le mythe de la croissance est là pour nous entraîner dans les paris les plus fous, la multiplication de nouvelles molécules dont on ignore les effets défavorables (2), la multiplication des expériences à risques (ITER, OGM en plein champ, nouvelles armes en Irak ou au Liban…).
Faut-il pour autant renoncer à la recherche ? Plutôt que de baisser les bras, il faut mieux redéfinir ce que peut être l’objectif de cette recherche. Au lieu de chercher le toujours plus de destruction de la planète, nous pouvons au contraire chercher comment l’économiser au maximum ; au lieu de produire toujours plus pour soi-disant satisfaire nos besoins, nous pouvons essayer de définir des limites ; au lieu de produire toujours plus d’exclusion, nous pouvons privilégier le lien social…
Cela suppose un certain nombre de préalables pour redéfinir le champ utile de la recherche. C’est ce que nous propose d’explorer l’étude passionnante de François Schneider dans les pages qui suivent.

Michel Bernard

(1) Au lieu de financer directement une recherche désintéressée, l’Etat préfère donner l’argent ­aux directions de la recherche militaire qui ensuite pervertiront une recherche qui se croit encore civile.
(2) Selon le Parlement européen, environ 350 000 molécules sont vendues en Europe…
dont seul 9 à 10 % ont fait l’objet d’une étude sérieuse sur ses possibles conséquences
sur l’environnement et la santé.