Numéro 335 - mai 2006


Résistances à la Françafrique

Morte, la Françafrique ? (de Fabrice Tarrit)
Les Négrophobes (de Odile Tobner)
Pour en finir avec les paradis fiscaux (de Samuël Foutoyet)
Les résistances africaines (d’ Ardiouma Sirima)
Françafrique et décroissance (de Jonathan Ludd)

Décroissance

Les châtaigniers du 22e siècle (de Patrice Néel)

Décroissance

Calinorévolution (de Soifito)

Décroissance

Rencontre des Ami-e-s de Silence

Energies

Rouler aux biocarburants, oui mais... (de Dominique Masset)

Energies

Le blé, carburant d’avenir ? (de Daniel Julien)

Grenoble 1er Juin

Nanotechnologies, non merci ! (de Vincent Peyret)

OGM

Bataille à tous les étages (de Francis Vergier)

Capitalisme

Sauver la gratuité ? (de Jean-Pierre Berlan)

Femmes

Le droit des Marseillaises (de Michel Bernard)

Brèves

Nord-Sud
Paix
Alternatives
Energies
Nucléaire
Politique
Santé
Société
Femmes
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Editorial

Ingérence et coffres-forts

En 1998, François-Xavier Verschave, président de l’association Survie, publie La Françafrique, le plus long scandale de la République. Cette enquête dévoile la face cachée des relations franco-africaines : la confiscation des indépendances, le pillage des matières premières, le soutien de dictatures, la complicité de génocide au Rwanda, etc. Assez vite, cet ouvrage devient un best-seller, en France comme en Afrique.

La réaction des médias influents ? Mutisme complet. Pour les “spécialistes officiels” des questions africaines, “la Françafrique n’existe pas”.

Les années ont passé. De nombreuses publications ont étayé La Françafrique (1). Les mobilisations militantes se sont multipliées (Survie compte près de 1800 adhérents). Des artistes ont rejoint la lutte (Tiken Jah Fakoly, Tryo...). Une Commission d’enquête citoyenne a démontré l’implication de la France lors du génocide rwandais (2).

Peu à peu, les médias sont obligés de revoir leur copie. Désormais, pour les mêmes “spécialistes officiels” des questions africaines, “la Françafrique n’existe plus”. Elle existait donc... Mais serait morte ?

Pourtant, les dictatures sont toujours en place, l’armée française toujours ingérente, la misère des peuples africains toujours criante, tandis que l’argent du pétrole remplit les coffres des paradis fiscaux.

Plus que jamais, nous devons dénoncer la politique africaine de la France. Plus que jamais, nous devons soutenir les résistances africaines et bâtir des passerelles avec elles.

Samuël Foutoyet

(1) Une vingtaine d’ouvrages dont Noir Silence (2000), L’Envers de la dette (2001), Noir Chirac (2002), Les Pillards de la forêt (2002), Négrophobies (2005), etc.
(2) L’Horreur qui nous prend au visage, éditions Karthala, 2005.