Éditorial Société

Cause commune

Michel Bernard

L’évolution des partis politiques en général, et celle des partis écolos en particulier, montre qu’une structuration verticale, hiérarchique, conduit, au fil du temps, à un affaiblissement des idées, au renoncement au nom du réalisme, et, finalement, à une coupure d’avec les milieux locaux d’où sont nées les idées reprises (et oubliées) dans les programmes de chacun.
On observe d’autres formes d’agir en politique, de Seattle à Millau, mais même si nous pouvons être des centaines de milliers dans la rue, ce n’est qu’une très faible partie de la population qui s’implique dans ce genre d’actions.
La démocratie est-elle alors une chimère ? L’individualisme démobilisateur prôné à outrance par les médias dominants l’emportera-t-il définitivement laissant la plus grande partie de la population scotchée devant un écran pendant que des élites — parfois vertes — prennent les décisions à leur place ?
Pourtant, sur certains sujets, dans les quartiers ou les petites communes, on assiste à des débats passionnés, à des initiatives locales, parfois en opposition avec les élus. Comment expliquer cette capacité de mobilisation par exemple pour le cadre de vie, pour l’éducation des enfants, pour la sécurité d’un lotissement, et l’absence de débats publics sur les grandes questions politiques — la pauvreté et les inégalités, le pillage de la planète ? Le fonctionnement horizontal dans les petites groupes est-il impraticable dans une société plus large, sur des sujets plus larges ?
Démocratie directe pour les anarchistes, démocratie participative pour les étatistes de tous bords, référendums d’initiative populaire comme en Suisse, forums sur Internet... quelles sont les conséquences de chacun de ces choix ? Avons-nous même besoin d’une « cratie » (autorité) pour vivre ensemble ? Nous espérons pouvoir animer un débat sur ces questions.

Michel Bernard

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