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Combien sommes-nous à pester devant le manque de
circulation des idées écologistes dans la grande presse
ou leur déformation systématique ?
Mais sommes-nous bien informés nous-mêmes !
On peut en douter quand on voit la faiblesse de la diffusion des revues
d'opinion dans le milieu écologiste. Les quelques tentatives de
revues grand public se soldent jusqu'à maintenant par des trous
financiers importants et des faillites. Force est de constater que la
place entre la revue militante confidentielle (il en existe plusieurs
centaines, mais avec les tirages d'autant plus faibles que
l'informatique permet aujourd'hui à chaque association d'avoir
sa publication) et la revue grand public (qui demande des budgets en
millions de francs), la place est étroite pour développer
une revue indépendante.
C'est pourtant le pari que Silence a fait depuis 1982. Un pari
réussi jusqu'à maintenant avec plus de 280 numéros
parus.
Contrairement à d'autres revues qui ont choisi un créneau
très spécialisé pour se développer
(L'Impatient sur la santé, Alternatives Economiques pour
l'économie...), Silence a fait le pari d'avoir une vision plus
globale, qui essaie de confronter différents critères
nécessaires à une alternative à la fuite en avant
actuelle.
Faire des propositions
alternatives
S'il existe quelques médias de contestation (Charlie-Hebdo par
exemple), l'absence d'une presse de propositions laisse le champ libre
à la presse classique qui nous serine qu'il n'y a pas
d'alternatives à la "pensée unique".
L'absence d'une presse de propositions alternatives permet à ces
mêmes médias toutes les censures et toutes les
déformations possibles.
Tout le monde s'est un jour confronté au miroir déformant
de la presse classique. Nous sommes tous victimes des images simplistes
de l'écolo baba, mangeur de carottes, amis des petits oiseaux ou
s'éclairant à la bougie.
La déontologie de la presse est un cache-sexe misérable :
on parle du même sujet que le concurrent, avec comme objectif non
plus d'informer, mais de gagner des lecteurs et donc de gagner de
l'argent.
L'absence totale de presse d'investigation (avec des journalistes qui
prennent des mois pour traiter un sujet à fond) est une
caractéristique française qui étonne beaucoup les
médias étrangers (seul le Monde Diplomatique s'approche
de cette catégorie, mais avec des sujets bien classiques).
Enfin, il faut rappeler que la presse objective n'existe pas : pas plus
dans les petites revues liées à un certain militantisme
qu'au niveau d'une grande presse contrôlée par des
actionnaires exigeants (qui sait que le Courrier International
appartient au groupe Vivendi (CGE, Havas, UGC, Canal + ...).
Nous ne prétendons pas
être objectifs
Loin de l'hypocrisie de la presse traditionnelle, nous l'affirmons bien
fort : nous ne sommes pas objectifs ! Nous sommes orientés car
nous choisissons - comme tous les autres - les sujets que nous
abordons. Nous choisissons ce qui passera sur plusieurs pages ou qui ne
sera abordé qu'en quelques lignes. Enfin nous choisissons
d'oublier des informations !
Cela n'enlève rien - heureusement - à la qualité
du travail. Ce n'est donc pas un hasard si nous développons les
mésaventures de l'énergie nucléaire : c'est parce
que nous estimons que c'est l'une des menaces majeures de notre
planète. C'est un choix pour nous de développer les
brèves à outrance (jusqu'à la moitié du
numéro) parce que nous voulons justement montrer la
diversité de ce qui bouge. C'est notre choix d'indiquer les
adresses des associations, de citer les sources d'où nous avons
repris une information parce que nous ne trouvons pas normal que, dans
la presse classique, les articles se terminent le plus souvent sans
rien qui permette au lecteur d'aller plus loin. C'est le même
choix qui fait que nos textes sont libres de reproduction car
l'important n'est pas pour nous de vendre de l'information mais de la
faire circuler.
Cette multitude de brèves peut vous donner le tournis. Eh bien,
tant mieux, si l'adrénaline vient faire battre votre coeur, si
certaines informations vous révoltent et si d'autres vous
donnent des envies. Nous n'avons qu'un rêve : que les lecteurs et
les lectrices de la revue deviennent des insoumis de l'actuelle
société, que vous deveniez plus actifs dans votre vie,
que vous ayez envie de stopper la grisaille du
métro-boulot-dodo, que vous appreniez que le bonheur est
à portée de la main, que la "crise" est celle des places
boursières, pas celle de nos sentiments.
Pour une écologie radicale
et sociale
La mode fait que les médias semblent s'intéresser pendant
quelques temps aux méfaits de l'amiante, puis découvrent
qu'il est possible de faire de l'électricité avec le
vent, de se chauffer au soleil, puis s'inquiètent de la
pollution de l'air sans comprendre que l'on peut, simplement, prendre
son pied à pédaler sous la pluie.
Pour nous la question écologique est intimement liée
à la question sociale. C'est la même logique
matérialiste de destruction qui est à l'origine aussi
bien de la déforestation que de l'exode rural, la même
logique qui jette les objets après usage que celle qui jette les
salariés quand on les remplace par des machines, c'est la
même logique qui importe des ressources naturelles des pays du
Sud que celles des marchands de sommeil qui font venir des
immigrés clandestins et qui les renvoient ensuite chez eux,
comme ils renvoient les déchets encombrants.
Nous ne croyons guère au jeu politicien et c'est pour cela que
nous en parlons peu. Le principal intérêt que peut avoir
un relais politique pour l'action des écologistes est la
diffusion des idées, mais, sans mouvement social, le "politique"
n'est rien et la logique électorale conduit au conformisme :
pour continuer à exister, un mouvement politique va devoir sans
cesse gommer sa radicalité. Et de même que les grands
médias finissent tous par se ressembler, tout parti politique
qui commence à avoir des représentants dans les instances
classiques est amené à adopter la même culture, le
même conformisme. L'évolution des Verts est
édifiante : c'est la même que celle des socialistes il y a
un siècle.
Alors nous croyons aux micro-projets, nous croyons aux échanges
d'informations, nous croyons aux réseaux, nous
préférons privilégier tout ce qui est horizontal ;
c'est-à-dire sans hiérarchie, une multitude de petits
groupes, à ce qui est vertical et fige dans un seul grand
mouvement une nouvelle pensée unique. Comme nous l'apprennent
les lois de l'écologie : plus un milieu est complexe, plus il
est capable de s'adapter. Soyons donc complexes, différents,
multiformes et tolérants.
Plus il y a de mouvements (dans les deux sens du terme), plus nous
trouverons des solutions: énergies renouvelables,
médecines douces, agriculture biologique, convivialité,
entraide, temps de vivre, amour de la nature, découverte des
cultures, écoles différentes... et aussi droit à
l'erreur.
Il est important de développer ces attitudes multicolores car si
demain nous continuons à négliger les problèmes
écologiques, les conséquences sociales sont faciles
à deviner : un égoïsme de plus en plus féroce
des riches pour se protéger d'une majorité de gens de
plus en plus pauvres. Quelques îlots de prospérité
dans une masse de misère, avec des mesures très strictes
pour se protéger, ce que nous proposent déjà
l'extrême-droite qui demain peut évoluer vers un
éco-fascisme des plus totalitaires.
Agir un peu pour changer beaucoup
Alors Silence dans tout ça ? Une modeste revue peut-elle changer
le monde ? Le vol d'un papillon peut provoquer une tornade à
l'autre bout du monde. Pourquoi notre grain de sable mensuel ne
provoquerait-il pas quelques changements. Et quelques changements +
quelques changements + ...
Alors si vous aussi vous voulez participer à cet échange
d'informations - parfois contradictoires - n'hésitez plus et
profitez de l'abonnement découverte qui vous permet de recevoir
les 6 premiers numéros pour une somme
minime.
La revue Silence est publiée depuis 1982. Elle se veut un lien
entre tous ceux et celles qui pensent qu'aujourd'hui il est possible de
vivre autrement sans accepter ce que les médias et le pouvoir
nous présente comme une fatalité.
Silence est gérée par une association indépendante
de tout autre mouvement.
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