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Chronologie d'une catastrophe

1er octobre

  • Japon : Un morceau du village de Kawauchi, dans le périmètre des 20 km évacués, est rouvert pour le retour. Potentiellement 275 personnes de 139 foyers peuvent revenir chez elles, mais seules 54 de 18 foyers se sont déclarées intéressées. L'aide financière pour ses foyers s'arrêtera dans un an, que les gens rentrent ou pas.
  • Japon : 5 compagnies électriques annoncent qu'elles ne signeront plus de contrats avec des producteurs d'énergies renouvelables à partir de ce jour. Le prétexte est la faiblesse de leur réseau et la difficulté à suivre les variations de production. La réalité est que le développement des énergies renouvelables ne fait pas partie de leur stratégie commerciale.
  • Japon : plusieurs communes situées dans un rayon de 30 km autour de la centrale de Sendaï demande à avoir le droit de donner leur feu vert ou non concernant le redémarrage de ces réacteurs. En effet, actuellement, seules la province et la commune d'implantation doivent être consultées, les deux seules collectivités qui touchent de l'argent de la centrale. Deux conseils municipaux, Ichikikushikino et Hioki, ont déjà voté contre le redémarrage. Le gouvernement répond que ce n'est pas obligatoire... donc qu'il préfère se limiter aux communes qui sont forcément d'accord pour des raisons financières. Corruption légale.
  • Japon : nouveau record de contamination dans les eaux souterraines : 1 100 000 Bq/l. (la limite pour le rejet en mer est de 5 Bq/l).
  • Japon : alors que pendant plus de 3 ans, TEPCO mettait en ligne les statistiques d'exposition aux radiations du personnel travaillant sur le site, cela fait plusieurs mois maintenant qu'il ne publie plus rien.

2 octobre

  • Japon : publication d'une enquête sur les habitudes alimentaires de la population. Selon un sondage de grande ampleur (5176 personnes), 19,6 % des consommateurs disent éviter les produits en provenance de Fukushima. Un chiffre en hausse par rapport aux sondages précédents. 70 % disent lire l'information sur les produits pour vérifier leur provenance, chiffre aussi en augmentation. 22,5 % demandent que les limites autorisées pour la radioactivité soient revues à la baisse. 47 % souhaitent pouvoir manger des produits non contaminés. Une défiance de plus en plus grande qui montre que le discours du gouvernement ne passe pas du tout.
  • Japon : les décrets de la loi sur le secret ont été publiés et la loi va entrer en application le 10 décembre 2014.
  • Japon : reportage sur la chaîne publique NTV : une station de mesure de la radioactivité, située à 5 km des réacteurs accidentés, a enregistré les taux pendant les premiers jours. Ces données n'avaient jamais été rendues publiques. Elles montrent que la radioactivité a augmenté extrêmement rapidement juste après le tremblement de terre. Le 12 mars 2011, cette station a enregistré des taux de 4,5 millisieverts par heure. Autrement dit : il suffisait de vivre là seulement 15 minutes pour dépasser la dose limite annuelle autorisée. Petit rappel : les populations ont commencé à être évacuées seulement le 14 mars.
 

3 octobre

  • Japon : lors d'une conférence de presse, le président de l'Autorité de régulation nucléaire (ARN) japonais, Shunichi Tanaka, a déclaré à propos des réactions à l'éruption du Mont Ontake : "Une éruption explosive ou colossale ne surviendra pas dans les trente ou quarante prochaines années, et il est déraisonnable de considérer que la société doit s'arrêter à cause des cataclysmes naturels imprévisibles". C'est imprévisible, mais pas avant trente ou quarante années ? Une déclaration ridicule et inquiétante venant de celui qui peut autoriser ou non le redémarrage des réacteurs nucléaires.
  • Niger : du fait de la baisse de la demande en uranium au niveau mondial, les prix sont en chute libre et cela provoque un ralentissement de l'exploitation des mines. 21 entreprises sous-traitantes d'Areva annoncent 1180 licenciements en cette fin d'année.
  • Japon : la NRA a demandé à TEPCO de faire un scénario en cas de nouveau séisme et tsunami importants sur le site de la centrale accidentée. TEPCO estime pouvoir résister à un séisme de 900 gals (c'était 675 le 11 mars 2011) et à une vague de 14 m (c'était 15,5 m au moment de la catastrophe). En cas de submersion du site, TEPCO estime qu'un tiers de la radioactivité présente sur le site pourrait partir en mer... soit 100 milliards de milliards de becquerels de césium 137 (100 TBq).
  • Japon : Le gouvernement a approuvé le projet de loi concernant l'entreposage, pour 30 ans, des déchets radioactifs issus de la décontamination à Ôkuma et Futaba, contre l'avis des deux communes.
  • Japon : la décontamination de 4 écoles de Yokohama est à refaire : les nouveaux revêtements de sol utilisés se sont avérés trop radioactifs.
  • États-Unis : le porte-avion USS Reagan patrouillait au large de Fukushima, au lendemain de l'explosion des réacteurs, en mars 2011. Aujourd'hui, 225 personnes se trouvant sur le navire sont malades. Ils avaient entre 21 et 25 ans à l'époque. L'armée américaine annonce avoir reconstitué le trajet du nuage radioactif et estime que les militaires ont reçu des doses de 20 milliards de becquerels par seconde ! L'armée dit observer les mêmes problèmes de santé chez eux que chez les liquidateurs les plus exposés à Tchernobyl.

 

4 octobre

  • Japon : lors d'un symposium de l'Université médicale de Fukushima, le Pr. Ohira a affirmé que des dysfonctionnements hépatiques, de l'hypertension et d'autres maladies sont en augmentation chez les habitants. Il anticipe que les infarctus du myocarde et les accidents vasculaires cérébraux vont sans doute augmenter à partir de maintenant et a insisté sur l'importance de collecter des données sur l'état de santé des habitants. Le précédent de Tchernobyl a montré que le risque d'infarctus est augmenté du fait de l'accumulation dans le cœur de césium 134 et 137. La direction de l'Université a repris l'impudent en affirmant que ces augmentations étaient le fait du mode de vie des gens... exactement comme le disaient au début les autorités soviétiques à Tchernobyl.
  • Japon : après les écoles de Yokohoma, c'est la municipalité de Sagamihara qui découvre que le sable utilisé pour refaire les sols de 419 bâtiments municipaux était trop radioactif.

 

5 octobre

  • Japon : deux enfants opérés pour des cancers de la thyroïde s'avèrent présenter des métastases pulmonaires. Cette nouvelle confirme malheureusement l'ampleur des dégâts sur la santé : les cancers apparaissent plus vite, plus nombreux et plus graves que lors de l'accident de Tchernobyl.
  • Japon : le chiffre d'affaires d'Areva dans le pays est passé de 1 milliard d'euros en 2010 à moins de 200 millions aujourd'hui.

 

6 octobre

  • Japon : un typhon, le 18e de l'année, traverse le pays et provoque d'intenses pluies sur le site de Fukushima. TEPCO annonce que de l'eau de pluie a pénétré dans les réacteurs n°1 et 3, malgré toutes les précautions prises. TEPCO ose affirmer qu'heureusement cette eau n'est pas ressortie... alors que les fuites sont permanentes.
  • Japon : la culture des champignons shiitaké, très prisés au Japon, ne se fait plus dans la région de Fukushima car les champignons concentrent fortement la radioactivité. Pourtant, à l'autre bout du pays, des champignons ont été contrôlés avec de forts taux de radioactivité. La cause : le bois de chêne sur lequel ont été cultivés les champignons venait de la région de Fukushima et personne n'avait pensé à contrôler ces branches ! 300 000 bûches ont été exportées en 2012 de la région de Fukushima. Les contrôles montrent une contamination dans le bois souvent inférieure à 50 Bq/kg, mais les champignons concentrent cela et dépassent ensuite la limite de commercialisation à 100 Bq/kg.
  • Japon : TEPCO annonce avoir retiré 1276 assemblages sur 1533 de la piscine du réacteur n°4. Soit seulement 22 lors du dernier mois. Un rythme qui se ralentit car les opérations ont d'abord enlevé les assemblages les moins émissifs.

 

7 octobre

  • France : le réacteur de fusion ITER fonctionnera-t-il un jour ? Officiellement, la première expérience de fusion programmée pour 2016 a déjà été reportée à 2020. Mais dans les couloirs, les ingénieurs misent déjà plutôt sur 2022 ou 2023... Comme pour l'EPR, rien ne se passe comme prévu et le chantier enchaîne les retards. Alors que pour tout le monde, il faut se serrer la ceinture, là, les milliards ne manquent pas.
  • Japon : Reuters a demandé à 37 ouvriers intervenant sur le site de Fukushima où ils en sont concernant le doublement de la prime de risque promise il y a un an. Une seule personne a déclaré l'avoir reçue totalement, plusieurs ne savaient pas qu'ils devaient toucher une prime supplémentaire, la majorité a bien vu une augmentation de sa prime, mais bien loin d'un doublement. Certains racontent qu'on a dit que cette prime était proportionnelle aux doses reçues ! Les 6000 personnes présentent sur le site sont payées par plus de 800 entreprises de sous-traitance, ce qui laisse beaucoup de flou dans la transmission des engagements financiers.

 

8 octobre

  • Grande-Bretagne : la Commission européenne donne son feu vert au projet de construction de deux réacteurs EPR en Grande-Bretagne, ne voyant pas de violations des règles communautaires. L'Autriche a immédiatement déposé un recours : pour elle, sans subventions étatiques, aucun réacteur nucléaire n'est rentable aujourd'hui.
  • Mer du Nord : incendie à bord d'un navire danois transportant des déchets radioactifs au large de la Belgique. Une plate-forme pétrolière située à proximité est par précaution évacuée. Le feu est rapidement circonscrit, mais les moteurs sont détruits. Le bateau à la dérive pendant un temps, a été remorqué dans un port d'Écosse. 52 personnes étaient à bord. L'autorité belge de démantèlement nucléaire annonce que les fûts radioactifs n'ont pas été touchés par l'incendie.
  • Inde : fusillade entre gardiens de la centrale de Kalpakkam, dans l'État du Tamil Nadu. Trois morts.
  • Japon : chaque pays nucléarisé se doit d'avoir un logiciel météorologique qui peut prédire les zones de retombées radioactives en cas d'accident. Celui du Japon, dénommé Speedi, n'a pas fonctionné correctement et des personnes ont été déplacées... vers des zones plus touchées qu'initialement. L'autorité de sûreté, la NRA, annonce ce jour l'abandon de ce logiciel, mais n'en annonce aucun en remplacement.
  • Japon : les plans d'évacuation dans un rayon de 30 km autour des réacteurs ne sont toujours pas assurés dans 40 % des communes concernées. Sont particulièrement compliqués les cas des réacteurs de Tôkai (près d'un million de personnes à évacuer) et Hamaoka (740 000). On peut se demander ce qu'il en serait pour des réacteurs européens : Bugey (1 255 000), Fessenheim (1 030 000), Cattenom (876 000), Saint-Alban (723 000), Marcoule (553 000)... (voir : http://www.metropolitiques.eu/Le-risque-d-accident-nucleaire-une.html)

 

9 octobre

  • Japon : dans un nouveau rapport, l'Autorité de sûreté nucléaire, la NRA, affirme maintenant que c'est le tsunami et non le tremblement de terre qui a provoqué l'accident de Fukushima. De nombreux scientifiques contestent cette affirmation. Un rapport parlementaire avait conclu en 2012 que l'accident avait commencé lors du séisme. Même l'IRSN française affirme que les circuits primaires des réacteurs étaient déjà rompus avant l'arrivée de l'eau sur le site. Comme les tsunamis sont moins nombreux que les séismes, ce rapport arrange bien les exploitants qui veulent redémarrer leurs réacteurs à moindre frais.
  • Japon : dans le cadre des autorisations pour le redémarrage de la centrale de Sendaï, le gouvernement a organisé une réunion publique localement. Plus de 1000 personnes, dont le gouverneur de la province et le maire, y ont assisté dont une très grande majorité hostile au redémarrage.
  • Japon : dans le dossier remis par l'électricien pour le redémarrage de la centrale de Sendaï figure les mesures à prendre en cas d'irruption volcanique proche. Les médias relèvent qu'il est prévu l'arrêt des réacteurs (c'est bien le minimum) et l'évacuation du combustible. Léger problème : ce dernier point nécessiterait un délai de 5 ans !
  • Japon : il y a six candidats pour l'élection au poste de gouverneur de la région de Fukushima. Point commun : ils sont tous pour la fermeture définitive de la centrale de Fukushima-Daïni, autre centrale présente dans la province.
  • Norvège : la viande de centaines de rennes n'a pas pu être commercialisée, car le niveau de radioactivité reste trop élevé en césium 137 (jusqu'à 8200 Bq/kg). La Norvège a été contaminée par le nuage radioactif de Tchernobyl, il y a 28 ans.

 

10 octobre

  • Japon : la compagnie Hokkaïdô Electric annonce une hausse de ses tarifs de 15 % d'ici avril 2015. Depuis 2011, il y avait déjà eu une hausse de 7,7 %. L'électricité augmente fortement car même si les réacteurs sont à l'arrêt, il faut continuer à les entretenir... pendant que la production se fait ailleurs, principalement dans des centrales thermiques.

 

12 octobre

  • Japon : un nouveau typhon traverse le pays du sud au nord, en s'affaiblissant progressivement. Au-dessus de la centrale accidentée, le vent a quand même atteint 144 km/h. Les travaux sur le site ont été provisoirement arrêtés du fait des pluies diluviennes. Dans un premier temps, TEPCO annonce qu'il n'y a aucune conséquence... puis se ravise le lendemain après avoir mesuré de l'eau dans les puits de contrôle : pour un puits de contrôle près du réacteur n°2, le taux de tritium a été multiplié par dix depuis le 2 octobre (atteignant 2 100 000 Bq/l), pour d'autres, c'est le taux de strontium qui a grimpé en flèche (1 200 000 Bq/l dans un puits près de l'océan).
  • Japon : Le site japonais Fukushima Diary qui suit la contamination fait le bilan suivant : depuis le début de l'année, la radioactivité bêta a été multipliée par 100 000 dans les eaux souterraines qui sont passées sous le réacteur n°2. TEPCO ne donne aucune explication à cette hausse, mais on peut penser que le cœur du réacteur est maintenant directement dans la nappe d'eau souterraine.
  • Japon : un contrôle de la NRA au réacteur surgénérateur de Monju, révèle qu'un tiers des 180 caméras de surveillance des circuits de sodium sont en panne. L'exploitant a justifié leur non-renouvellement par le fait que ces caméras ne sont plus commercialisées.

 

13 octobre

  • Japon : interrogées par le quotidien Mainichi, 46 des 47 communes ont répondu à une demande pour localiser les stocks de déchets radioactifs provenant des opérations de décontamination en cours. Il ressort de cette enquête qu'il y a au moins 859 sites d'entreposage pour 3,2 millions de m3 recensés fin juillet 2014. En 2011, le gouvernement s'était engagé à reprendre ces déchets dans un délai de 3 ans et les mairies ont souvent loué des terrains seulement pour trois ans. Or les déchets ne sont pas évacués et pour au moins 104 sites le bail arrive à sa fin  fin janvier 2015. Les communes négocient une prolongation de bail et font pression sur le gouvernement pour que celui évacue les déchets.
  • Japon : TEPCO demande à la NRA l'autorisation d'aménager une nouvelle zone de stockage de l'eau contaminée.
  • Japon : nouveau record de contamination dans le sous-sol de la centrale : 7,8 millions de bq/l dans le puits de contrôle 1-6.

 

14 octobre

  • Japon : le gouvernement annonce la fin des réunions avec les propriétaires des terrains concernés par les futurs centres de stockage des déchets radioactifs. 901 personnes ont assisté à une des douze réunions sur 1269 contactées par les autorités. Il y a 2365 parcelles concernées avec de nombreuses inconnues : transmissions non effectuées, héritiers non identifiés… Les envoyés du gouvernement ont surtout débattu du montant des indemnisations pour l'expropriation. Plusieurs propriétaires estiment que le montant d'achat doit leur permettre de déménager.
  • Japon : des décrets concernant la loi sur le secret qui entrera en vigueur le 10 décembre 2014 sont publiés. Entre autres, la loi met fin au secret des sources pour les journalistes. Quatre grands domaines sont concernés : la défense, les affaires étrangères, le contre-espionnage et le terrorisme. 19 ministères et agences nationales auront la possibilité de classer secrets des documents, dont l’Agence de Régulation Nucléaire, la NRA. Elles pourront détruire les documents 30 ans après les avoir classifiés, sur accord du 1er ministre. De nombreux débats animent les médias.
  • Japon : le gouvernement porte plainte devant l'OMC, Organisation mondiale du commerce, contre la Corée du Sud, car cette dernière maintient son interdiction de produits marins en provenance des provinces proches de Fukushima. La radioactivité ne peut nuire à la liberté du commerce ?
  • Japon : des mesures dans un parc public de Chiba, ville à l'est de Tokyo, indiquent une radioactivité de 101 000 Bq/kg (soit 1010 fois la limite alimentaire autorisée). Cette ville de près d'un million d'habitants est connue pour avoir été copieusement irradiée par la pluie au moment de l'accident.

 

15 octobre

  • Monde : Selon un rapport d'Enerdata, la part du nucléaire dans l'électricité a connu son maximum en 1996 avec 17,6 % de la production. La baisse qui a suivi précède donc de plusieurs années l'accident de Fukushima qui n'a fait qu'accélérer la tendance. En 2013, le nucléaire n'a fourni que 10,8 % de l'électricité mondiale (contre 22,1 % pour les énergies renouvelables). Au cours des dix dernières années, il a été installé 32 GW de nucléaires… contre 403 GW de renouvelables. Depuis 1996, les nouvelles installations nucléaires ne compensent plus celles que l'on arrête.
  • Suède : après un changement de gouvernement, la nouvelle majorité (centre-gauche) veut réactiver le processus de sortie du nucléaire. Cette sortie du nucléaire fait suite à un référendum en 1980. Deux réacteurs avaient déjà été arrêtés en 1999 et 2005. Dix restent en fonctionnement. Le précédent gouvernement (centre-droit) avait annulé le processus en février 2009.
  • Japon : des scientifiques contestent la version selon laquelle ce seraient les pluies abondantes qui auraient fait augmenter la radioactivité du sous-sol de la centrale. Pour eux, si la radioactivité n'augmente de manière spectaculaire que dans certaines puits de contrôle, c'est peut-être parce qu'une installation souterraine a cédé. Certains avancent que des tuyaux ont pu être perforés pendant les essais de congélation du sous-sol.

 

16 octobre

  • Japon : 130 conseils municipaux ont voté une motion demandant l'abolition de la loi sur le secret. Un mouvement de défi au gouvernement, rare dans le pays.
  • Japon : le gouverneur de la province de Niigata où TEPCO compte 7 réacteurs à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, demande une nouvelle fois que l'on ne redémarre pas les réacteurs nucléaires tant que l'on ne saura pas exactement ce qui s'est passé au niveau de la fusion des cœurs des réacteurs de Fukushima.

 

17 octobre

  • Japon : alors que le retour est autorisé depuis le 1er octobre sur une partie de la commune de Kawauchi, le gouvernement est obligé d'accepter une nouvelle campagne de décontamination après le refus des habitants de rentrer chez eux.
  • Japon : un sondage indique que plus de la moitié des personnes évacuées autour de la centrale de Fukushima n'envisagent plus de rentrer chez elles.
  • Japon : TEPCO annonce que l'usine ALPS a enfin réussi à fonctionner un mois sans panne. Cette usine permet de récupérer le césium présent dans l'eau… TEPCO annonce la mise en route d'une autre usine qui permettra d'enlever le strontium théoriquement à raison de 500 m3 par jour. Cette deuxième usine a été financée par le gouvernement et a coûté 100 millions d'euros. Césium et strontium sont les éléments radioactifs les plus présents. TEPCO présente l'eau sans strontium et césium comme "purifiée" en oubliant de dire qu'il y a des centaines d'autres radionucléides qui resteront présents dans cette eau. Ces deux usines produisent des déchets radioactifs en quantité car évidemment, on ne détruit pas la radioactivité, on la déplace.
  • Japon : le gouvernement demande aux compagnies d'indiquer les réacteurs qu'elles acceptent de ne jamais redémarrer. Objectif : proposer un compromis à la population : on arrête un gros pourcentage des réacteurs en échange vous acceptez qu'on en redémarre certains. Actuellement, seuls les dossiers pour une vingtaine de réacteurs ont été déposés par les électriciens. Ils ont jusqu'à juillet 2015 pour le faire. Il est possible qu'il n'y en ait pas plus.
  • Japon : TEPCO a publié les contaminations de poissons pêchés au large de la centrale de Fukushima. Selon ces données, la contamination serait en baisse régulière depuis un an.

 

18 octobre

  • Japon : après le passage du typhon Vongfong une semaine plus tôt, il n'y avait dans un premier temps aucune conséquence sur le chantier de la centrale de Fukushima selon TEPCO. Mais la réalité s'avère toute autre : des analyses de l'eau montrent un triplement de la radioactivité dans les eaux souterraines, signe que les pluies violentes ont une nouvelle fois lessivé les sols… sans être retenues par les digues prévues pour cela.
  • Japon : Toshitsugu Fujii, un éminent vulcanologue japonais, explique que l'on ne peut prévoir les éruptions volcaniques qu'avec quelques jours d'avance. Dans ce contexte, rien ne permet d'affirmer qu'un réacteur est à l'abri d'une coulée de lave ou d'une pluie de cendres. Alors que le risque d'une telle pluie de cendres est pris en compte théoriquement dans les dossiers de sûreté, Toshitsugu Fujii estime que c'est insuffisant : les cendres molles empêchent la circulation des véhicules autres que ceux ayant des chenilles et provoquent l'effondrement des lignes électriques.

 

20 octobre

  • Japon : démission de la première femme ministre de l'industrie, suite à une affaire de détournement d'argent public. Elle ne sera restée ministre qu'un mois. Fille d'un ancien premier ministre, elle est remplacée par Yoichi Miyazawa, neveu d'un ancien ministre de l'économie. Le nouveau ministre a tout de suite réaffirmé l'indispensable redémarrage du nucléaire, même si le gouvernement va tout faire pour que les énergies renouvelables se développent rapidement. Il annonce que le nucléaire "sera maintenu à son strict minimum". Quelques médias ironisent en faisant remarquer qu'effectivement, depuis 13 mois, l'ensemble des réacteurs étant à l'arrêt, il est à son "strict minimum".

 

21 octobre

  • Etats-Unis : pour la première fois du césium 234 est mesuré dans l'eau de mer du Pacifique à l'ouest de Vancouver. Comme le césium 134 a une demi-vie de deux ans, c'est probablement une contamination en provenance de Fukushima. La contamination reste à la limite du détectable : 0,0007 Bq/l.
  • Japon : reportage dans le journal Yomiuri, porte-parole du lobby nucléaire, sur les conditions de travail sur le site de Fukushima. Il se confirme qu'il y a un manque de main d'œuvre et que pour maintenir le nombre de personnes nécessaires (plus de 5000 actuellement), n'importe qui est accepté au niveau le plus bas, mais maintenant aussi dans l'encadrement. Sachant que les cadres travaillent depuis leurs bureaux de Tokyo, à 200 km du site, on ne peut qu'être inquiet du manque de compétences sur le terrain.

 

22 octobre

  • Japon : TEPCO annonce le lancement d'un chantier pour démonter la couverture métallique placée autour du réacteur n°1. Il s'agit de faire 48 petites ouvertures pour injecter une substance adhésive chargée de fixer les poussières. Quand ce sera fait, un trou plus grand sera fait et des grues seront chargées de sortir les déchets, ceux-ci étant ensuite conditionnés sur place pour devenir des déchets moins dangereux. TEPCO affirme avoir pris des précautions pour éviter que comme lors d'une opération du même genre sur le réacteur n°3, un nouveau nuage radioactif ne s'échappe du réacteur. Ce démontage durera tout 2015 et le retrait des débris devrait commencer en 2016… et devrait durer au moins deux ans. A partir de 2018, pourrait alors commencer le chantier pour évacuer les assemblages de combustibles présents dans la piscine. Pour les réacteurs 1 et 2, ce sera encore plus tard…
  • Japon : la NRA, après une nouvelle réunion avec l'exploitant, estime que le dossier de Sendaï présente encore des insuffisances sur le plan des séismes et des éruptions volcaniques.
  • Japon : TEPCO reçoit un nouveau prêt de 64 millions d'euros.

 

23 octobre

  • Japon : le volcan Ioyama, situé à 64 km de la centrale de Sendaï, celle dont le redémarrage est envisagé, présente une brusque augmentation d'activité et les spécialistes craignent une éruption. Plusieurs secousses ont été ressenties dont une a duré sept minutes. Le Mont Sakurajima, qui comprend cinq cratères, se trouve encore plus près des réacteurs (entre 40 et 50 km) et pourrait à son tour entrer en activité. Les randonnées y ont été interdites. Cette alerte lancée par l'Agence météorologique du Japon intervient un mois après la déclaration de l'autorité de sûreté, la NRA qui affirmait que le risque volcanique pendant la durée de vie des réacteurs de Sendaï était négligeable. On voit le sérieux de ces experts !
  • Japon : selon le quotidien Maïnichi, il y a 17 centrales au charbon en construction dans le pays alors que trois anciennes centrales au charbon doivent fermer. Cela devrait induire une augmentation de 3,9 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2012. Les autorités japonaises n'ont pas annoncé pour le moment de plan pour compenser cette hausse et semblent avoir renoncé à prendre en compte la menace climatique.
  • Japon : une jeune fille de 21 ans se voit réclamer la somme de 66 000 euros par TEPCO. Cette jeune fille évacuée en mars 2011 est en effet allée faire ses études à Tokyo à partir de juin 2011. TEPCO estime qu'elle avait déjà prévu de partir dans la capitale avant d'être évacuée et qu'elle n'aurait donc pas dû toucher une indemnisation aussi importante (117 000 euros). Sur 80 000 personnes évacuées, on trouve environ un millier de jeunes dans la même situation et il semble que TEPCO tâte le terrain pour essayer de récupérer de l'argent. Les parents estiment que ce n'est pas parce qu'elle travaille maintenant à Tokyo qu'elle n'aurait pas souhaité revenir dans sa commune sans l'accident.

 

24 octobre

  • Japon : le nouveau ministre de l'industrie, Yoichi Miyazawa, reconnaît qu'il possède 600 actions de la compagnie TEPCO. Leur valeur est estimée à moins de 2000 euros du fait de l'effondrement de l'action. Le gouvernement estime qu'il n'y a pas de conflit d'intérêt et qu'il peut confier ses actions à un gérant extérieur. C'est le même Yoichi Miyazawa qui est maintenant chargé de distribuer de l'argent aux communes concernées pour leur faire accepter le principe du redémarrage des réacteurs.
  • Japon : alors que des engins de chantier arrivaient pour commencer des forages pour un futur site de stockage de déchets sur la commune de Kami, une cinquantaine de manifestants, dont le maire, ont bloqué le convoi. Suite à cette action, le gouvernement a annoncé l'ouverture d'une nouvelle phase de négociations et les engins sont rentrés chez eux sur ce site, mais aussi sur les deux autres sites pressentis.
  • Ukraine : les travaux de construction du nouveau sarcophage autour du réacteur accidenté de Tchenrobyl sont à l'arrêt par manque de moyens financiers. Alors qu'il devait être en place en 2015, le nouveau calendrier annonce maintenant 2017. Ce sont Vinci et Bouygues qui sont chargés des travaux.

 

25 octobre

  • Japon : le gouvernement annonce qu'il accepte de ratifier une des conventions internationales en cas d'accident nucléaire. Le sujet est mis à l'ordre du jour du parlement. Cette convention fixe les conditions d'indemnisations transfrontalières en cas d'accident. Les Etats-Unis font le forcing sur le Japon pour qu'il ratifie cet accord.
  • Japon : un exercice d'évacuation est réalisé autour de la centrale de Tomari, avec un millier de personnes évacuées et une distribution de pastilles d'iode. L'occasion de se rendre compte qu'il faut des pastilles différentes en dosage pour les bébés et les femmes enceintes, ce qui n'avait pas été prévu pour cet exercice.
  • Japon : La filière de TEPCO chargée de l'approvisionnement en électricité annonce qu'elle devrait être bénéficiaire cette année du fait de la baisse du prix du pétrole et de la baisse de la demande en électricité pendant l'été.
  • Japon : alors que la veille les travaux de sondage avaient été suspendus, les élus et habitants de Kami bloquent une deuxième fois une colonne d'engins qui cherchent à venir sur le site.
  • Japon : à la suite d'articles dans les médias qui s'étonnent de la forte augmentation de la radioactivité dans deux puits de contrôle des eaux souterraines, TEPCO trouve la solution en arrêtant les pompages d'eau dans ces deux puits. En cas de température élevée, casser le thermomètre !

 

28 octobre

  • Japon : le conseil municipal de Satsumasendai a voté en faveur du redémarrage de la centrale de Sendaï par 19 voix pour, 4 contre et 3 abstentions. La commune de 100 000 habitants bénéficie de larges subsides de la part de la centrale (8,7 millions d'euros par an du gouvernement + 2,9 millions d'euros par an de l'exploitant quand les réacteurs sont en marche). Des communes voisines, mais en dehors des 30 km concernés, ont protesté sur les choix administratifs : "on ne nous demande pas notre avis, mais en cas de nuage radioactif, nous serons tout autant exposés à la catastrophe".
  • Japon : alors que le 22 octobre, TEPCO annonçait avoir pris toutes les précautions, un coup de vent a déséquilibré la flèche d'une grue en train de manœuvrer au-dessus du réacteur n°1. Un trou de 30 cm de diamètre percé dans le toit, fait maintenant un mètre sur deux. Selon TEPCO, aucune augmentation de la radioactivité n'a été constatée… mais les travaux sont suspendus.
  • Japon : le nouveau ministre de l'industrie annonce qu'il vend ses actions de TEPCO et que l'argent récupéré (moins de 2000 euros) est offert à un fonds pour la reconstruction de Fukushima.

 

29 octobre

  • Japon : la commune de Shiova, 12 000 habitants, l'un des trois sites envisagés pour le stockage des déchets radioactifs, rend publique une pétition signée par 173 000 personnes de tout le pays, demandant l'abandon du projet… et le stockage sur le site de la centrale.
  • Japon : imbroglio juridique. La loi autorisant l'ouverture de sites pour le stockage des déchets de décontamination n'ayant été adoptée qu'en 2012, les déchets collectés avant ne peuvent en bénéficier. Comme ce sont les cours d'écoles qui ont été décontaminées en premier, les déchets collectés, souvent encore stockés en bordure des cours, ne peuvent être évacués pour le moment ! Les autorités régionales demandent une évacuation prioritaire.
  • Japon : la centrale d'Oï est la dernière qui a été arrêtée. Pour redémarrer, les exploitants doivent faire des travaux de mises aux normes post-Fukushima. Concernant les séismes, le dossier vient d'être validé par la NRA et nécessite au moins un an de consolidation. La question d'un tsunami n'a pas encore été traitée.
  • Japon : TEPCO annonce l'abandon du projet de pompage de l'eau en amont des réacteurs pour rejet en mer avant contamination par le passage sous les bâtiments : l'eau est déjà trop radioactive en amont du fait du lessivage des sols contaminés par les rejets aériens qui bien sûr se poursuivent.

 

30 octobre

  • Japon : TEPCO publie un nouveau calendrier du démantèlement des réacteurs. Le retrait des assemblages dans la piscine du réacteur n°1 devait commencer en 2017, c'est reporté à 2019. Pour commencer à retirer le cœur fondu du réacteur, c'était envisagé initialement pour 2020, maintenant c'est 2025. Si 4 ans après le début de la catastrophe, on recule le calendrier de 5 ans, on peut en conclure que l'on est loin d'avoir une situation "sous contrôle".
  • Japon : la compagnie KEPCO (région de Kyoto) annonce qu'elle va être en déficit pour la 4e année consécutive.

 

31 octobre

  • Japon : La société Japan Nuclear Fuel (JNFL) annonce le 21e report de la fin prévue des travaux d'une usine de retraitement de déchets nucléaires construite au nord du Japon, à Rokkasho, avec le groupe français Areva. L'usine en construction depuis 1993 doit maintenant se mettre aux nouvelles normes post-Fukushima et la société estime qu'elle en a pour au mois 27 mois.
  • Japon : TEPCO annonce le remplacement de six plaques du chapiteau endommagées le 28 octobre et la reprise des opérations pour fixer les poussières dans le réacteur n°3. Ce réacteur qui était en train de tester un combustible Mox, mélange uranium-plutonium, compte 392 assemblages dans sa piscine dont 70 endommagés.
  • Japon : la NRA estime que l'explication concernant la pollution du riz à plus de 20 km de la centrale en août 2013 ne peut provenir des poussières libérées lors de manipulation sur le réacteur n°3 : pour l'autorité de sûreté, c'est trop loin des réacteurs et il y aurait dû y avoir des retombées entre le riz et la centrale. La NRA n'a pas pris en compte les relevés indépendants qui montrent que des rejets ont bien provoqué des hausses significatives, à plusieurs reprises, et sur l'ensemble de la distance.
  • Japon : KEPCO aurait finalisé sa demande de redémarrage pour les réacteurs 3 et 4 de la centrale de Takahama. Ce pourrait être les réacteurs suivants à redémarrer après les deux de Sendaï. Mais ce ne sera pas avant 2015.
  • Japon : le gouvernement estime que les compagnies d'électricité disposent d'assez de puissance en centrales thermiques pour cet hiver et qu'il n'y a pas lieu de faire une campagne pour inciter les gens à économiser sur leur consommation. 

 
 
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