Menu:

Chronologie d'une catastrophe

Mai 2012

 

1er mai

  • Japon : Le blog http://fukushima.over-blog.fr publie un article bien documenté sur le chiffrage des travaux à réaliser pour sécuriser le site de Fukushima… quand on aura réussi à stopper les réactions nucléaires. Il va falloir non seulement protéger l'air, l'eau, les sols, en construisant des barrages, des sarcophages, des piscines, des usines de conditionnement, mais aussi consolider les piscines de stockage de combustible, en construire de nouvelles (car si tout est là, c'était dans l'attente d'avoir un site de stockage), etc. L'industrie nucléaire japonaise donne de nombreux scénarios possibles… mais ne le chiffre jamais côté finances. Le Japon va devoir débourser des dizaines et des dizaines de milliards d'euros dans les années à venir rien que pour stabiliser le site… et ensuite encore beaucoup d'argent pour le suivi des malades de la radioactivité.
  • Inde : début d'une grève de la faim illimitée en Inde par des militants antinucléaires pour tenter d'obtenir l'arrêt du projet de démarrage d'un réacteur nucléaire d'origine russe à Koodankulam. 

 

2 mai

  • France : à 7h50, un militant de Greenpeace survole la centrale nucléaire de Bugey (Ain) en paramoteur (parachute équipé d'un moteur). Alors que nous sommes théoriquement en alerte maximum contre le terrorisme, il réussit à se poser sur le toit d'un réacteur, y allume des fumigènes, puis redécolle et se pose à l'intérieur du site où il se laisse interpeller. Une nouvelle fois, Greenpeace démontre l'inefficacité de la sécurité de nos centrales nucléaires vis-à-vis d'une volonté d'intrusion terroriste. Greenpeace rappelle également qu'aucun réacteur ne résisterait à la chute d'un avion comme lors des attentats du 11 septembre 2001.
  • Suisse : le conseil fédéral estime à 30 milliards de FS (25 milliards d'euros) le prix des investissements nécessaires pour sortir du nucléaire (40 % de l'électricité actuellement)… soit sensiblement le même prix que s'il fallait construire de nouveaux réacteurs pour remplacer les vieux actuels.
  • Allemagne : publication de statistiques du ministère de l'environnement. Les emplois dans les énergies renouvelables sont en hausse de 4 % en 2011 et atteignent 382 000 emplois dont 111 000 dans le photovoltaïque, 100 000 dans l'éolien, 124 000 dans la biomasse, 14 000 dans le solaire thermique…
  • France : 14h, un militant écologiste est arrêté alors qu'il a réussi à pénétrer sur le site de la centrale de Civaux. Cette fois, il a réussi à se glisser dans un camion qui pénétrait sur le site. Il a fallu déployer 25 gendarmes et des chiens pour arriver à le repérer après qu'il ait annoncé sa présence sur le site par téléphone. Une nouvelle fois, la sécurité est mise en défaut.
  • Japon : Paul Jobin est maître de conférences à l’université Paris Diderot et directeur de l’antenne de Taiwan du Centre d’études français sur la Chine contemporaine. Il travaillait depuis dix ans sur les conditions de travail dans la centrale de Fukushima et sur le déni sanitaire quand l'accident a eu lieu. Dans une conférence du 9 mars 2012 et mise sur internet ce jour, il explique sa rencontre au Japon avec Olivier Isnard, représentant de l'IRSN à l'ambassade de France à Tokyo, en poste dès le 12 mars 2011. Il l'interroge sur la dose que peuvent recevoir les travailleurs, dose passée de 20 à 250 millisieverts par an depuis l'accident. N'est-ce pas trop ? Et Olivier Isnard de répondre que c'est la condition pour pouvoir intervenir correctement sur le site et essayer d'éviter l'effondrement de la piscine de stockage des barres de combustible du réacteur n°4. Si ces dernières fondent, les doses pourraient alors être sur le site de 100 à 1000 sieverts/heure, une dose qui empêcherait toute présence humaine. Paul Robin rappelle alors que Nesterenko, le physicien nucléaire qui avait été directement amené à gérer la catastrophe de Tchernobyl avait dit : si il n’y avait pas eu le sacrifice des liquidateurs, c’est toute l’Europe de l’Ouest qui y serait passée, et serait devenue pratiquement inhabitable. 
  • Le Réseau Sortir du nucléaire diffuse à la presse des documents internes d'EDF sur un défaut générique présent dans le circuit primaire de 31 des 58 réacteurs. Ce défaut devrait logiquement nécessiter l'arrêt des réacteurs pour réparation… ce qu'EDF ne respecte pas. Le Réseau Sortir du nucléaire explique que ce genre de défaut peut provoquer un enchaînement conduisant à une fusion du cœur d'un réacteur sans séisme ni tsunami.
  • France : lors du débat télévisé entre les deux candidats à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy trouve le moyen de mentir d'un bout à l'autre de son intervention sur le nucléaire : selon lui, Fukushima n'est pas un accident nucléaire, mais serait une catastrophe naturelle ; les réacteurs seraient maintenant à l'arrêt ; le chauffage électrique d'origine nucléaire permettrait de se chauffer 30 % moins cher que dans les autres pays… Hollande ne fait pas mieux en affirmant qu'il arrêtera Fessenheim pendant son quinquennat parce que c'est la plus vieille centrale et qu'il finira l'EPR car c'est la voie du futur.
  • Japon : la ville de Koriyama (320 000 habitants), à 50 km de la centrale a annoncé l'arrêt des travaux de décontamination des écoles… du fait de leur inefficacité. La pollution radioactive moyenne de la ville est estimée à 10 milliSieverts/an… Un taux beaucoup plus élevé que celui que l'on a dans la zone interdite de Tchernobyl. 

 

3 mai

  • France : Sortir du nucléaire Savoie s'inquiète d'une possible inondation du site nucléaire de Bugey. Non pas par un tsunami, mais par une vague énorme en cas de rupture d'un barrage en amont de la centrale. Il y a en effet 10 grands barrages en amont : 5 sur le Rhône et cinq sur le fier, un affluent du Rhône. Ces barrages ont tous plus de 50 ans. Le plus important, celui de Vouglans, d'une hauteur de 110 m peut retenir jusqu'à 605 millions de m3 d'eau. Cet ouvrage vieillissant présente des fuites de pression à sa base qu'il n'a pas été possible de réparer. En cas de rupture de ce barrage, les études prévoient une vague de 13 m de haut au niveau de la centrale, largement de quoi noyer les installations… comme à Fukushima. Une possibilité qu'écarte EDF qui prévoit que la vague contournerait la centrale.
  • France : Dernière reculade de Hollande dans Dernières nouvelles d'Alsace où il précise qu'il arrêtera Fessenheim d'ici 2017 !
  • Canada : rupture d'une conduite dans le réacteur de Gentilly-2 (Québec). L'ensemble du personnel est évacué. Seuls deux salariés auraient été exposés à la radioactivité.
  • France : Un parapentiste qui s'approchait de la zone interdite de la centrale nucléaire de Saint-Maurice-Saint-Alban (Isère) a fait l'objet d'une poursuite par un Mirage 2000 de l'armée. Interpelé au sol, le parapentiste a indiqué qu'il n'avait rien à voir avec les actions antinucléaires. On se rattrape comme on peut…

 

5 mai

  • Japon : Manifestations de joie pour fêter l'arrêt du dernier réacteur. Le troisième pays le plus nucléarisé du monde (après les Etats-Unis et la France) vit maintenant sans électricité nucléaire… mais dans la contamination radioactive. Les militants présents sous la tente face au ministère de l'industrie et qui ont résisté à toutes les tentatives d'évacuation, avaient organisé un jeûne tournant depuis le 17 avril, après que le gouvernement ait annoncé sa volonté de redémarrer des réacteurs. Le jeûne est arrêté ce jour pour fêter l'arrêt du dernier réacteur.
  • Japon : A 23h au Japon (16h en France), le réacteur n°3 de la centrale de Tomati, à HokkaIdo, dernier réacteur en activité au Japon, est mis à l'arrêt. D'après un sondage publié par l'agence Kyodo, 60 % des Japonais souhaitent que cet arrêt marque l'abandon définitif de l'énergie nucléaire. Cela fait 42 ans que le Japon n'a pas connu une telle situation. Plusieurs universitaires japonais estiment que si le pays arrive à passer l'été (avec la climatisation) sans coupure de courant, cet arrêt des réacteurs pourrait être définitif.
  • France : selon Claude-Marie Vadrot, dans Politis, EDF aurait réalisé un plan qui prévoit la fermeture de 20 réacteurs nucléaires en France  d'ici 2020… simplement parce que cela coûterait moins cher que de faire les travaux nécessaires pour les maintenir en activité. Parmi les réacteurs fermés, il y aurait ceux de Fessenheim (2), Dampierre (4) et Civaux (2).

 

6 mai

  • France : le candidat pronucléaire l'emporte sur le candidat toutnucléaire.

 

7 mai

  • Italie : Roberto Adinolfi, patron de l'entreprise d'ingéniérie nucléaire Ansaldo Nucleare est victime d'un attentat à Gènes : un individu casqué lui a tiré dans les jambes… La cellule Olga de la Fédération anarchiste informelle-Front révolutionnaire international revendique l'attentat.
  • Japon : 85 fois Tchernobyl ? Selon les calculs présentés sur une chaîne de télévision japonaise et diffusé ensuite sur internet, l'effondrement des cuves de combustibles du réacteur n°4 pourrait provoquer un nuage radioactif équivalent à 85 fois celui de Tchernobyl ! TEPCO  répond à cela qu'elle espère pouvoir sortir les barres de combustible pendant l'année 2013 et qu'il faudra attendre 2025 pour que l'ensemble des piscines soient sécurisées. Le principal risque est maintenant qu'un séisme provoque l'accident majeur.
  • Japon : à Okinawa, une île située à l'extrême sud-ouest du Japon et à plus de 1800 km de Fukushima, une alerte à la radioactivité a été lancée après que des malaises aient été constatés. L'enquête a montré qu'une pizzeria avait utilisé du bois pour faire cuire ses pizzas, bois importé provenant de la préfecture de Fukushima et dégageant plus de 9000 bq/kg de radioactivité.

 

8 mai

  • Japon : le quotidien Jiji press révèle qu'un jeune homme de 17 ans travaille parmi les liquidateurs de Fukushima. Si l'âge légal est officiellement de 18 ans (et que le jeune a triché sur sa date de naissance), le quotidien rappelle que TEPCO avait annoncé qu'il ne ferait pas travailler les jeunes et les femmes plus sensibles à la radioactivité.
  • France : Fessenheim n°2 à l'arrêt après un test raté.  Un "essai d'îlotage" a été tenté sur le réacteur n°2. Cela consiste à couper l'alimentation électrique extérieure et à vérifier que la centrale peut s'auto-alimenter toute seule. Cela n'a pas fonctionné et vers 16h10, le réacteur a dû être arrêté. Rappelons que le plus célèbre "essai d'îlotage" a eu lieu le 26 avril 1986 dans le réacteur n°4 de Tchernobyl.
  • France : l'ASN nous informe que le 11 avril dernier, pendant 4h, le circuit de refroidissement de la piscine de stockage de combustible de la centrale de Cruas-Meysse (Ardèche) a été interrompu. L'eau de la piscine a eu le temps de monter de 10°C avant que l'incident ne soit découvert. Reste à savoir pourquoi l'information ne sort qu'un mois après.

 

9 mai

  • France : Marie-Hélène Aubert, ancienne députée verte, aujourd'hui conseillère environnement de François Hollande annonce qu'un débat sur la transition énergétique aura lieu au deuxième semestre 2012.
  • Japon : le gouvernement annonce le lancement de la procédure de nationalisation de TEPCO. De fait l'Etat a déjà prêté 16 milliards d'euros à TEPCO depuis l'accident. Parallèlement, TEPCO s'est engagé sur un plan de rigueur prévoyant d'économiser 32 milliards d'euros en dix ans.
  • Japon : selon un reportage publié sur Actu-environnement.fr, le syndicat agricole Nouminrem, membre de Via Campesina (dont proche de la Confédération paysanne) a mis en place un laboratoire pour mesurer en continu la radioactivité des produits commercialisés par son réseau de coopérative. Il a bénéficié d'un appel financier lancé au niveau international… auquel a participé la CGT en France ! La société coopérative Daichi Wo Mamoru Kai qui distribue des produits bio en a fait de même. 12 000 sociétaires ont aidé au financement. Progressivement les magasins coopératifs mettent en place un affichage des taux de radioactivité dans tout le pays.
  • France : EDF annonce la poursuite des travaux à Fessenheim malgré la promesse de fermeture de François Hollande.
  • France : Le Canard enchaîné révèle que si 37 gendarmes sont affectés à la surveillance de chaque centrale nucléaire, il n'y en a pas pour surveiller le centre de retraitement Areva à La Hague (Manche) alors que c'est le site le plus dangereux de France.
  • Pologne : le gouvernement n'entend pas remettre en cause l'appel d'offres pour la construction d'une première centrale nucléaire.
  • Lituanie : le gouvernement adopte une loi qui ouvre la possibilité de construire un nouveau réacteur dans le pays.

 

10 mai

  • Japon : pour compenser le manque de production électrique du nucléaire, les importations de gaz ont augmenté selon le gouvernement de 37 %, de pétrole de 20 %, de charbon de 16 %. Le gouvernement japonais oublie de dire qu'en échange les importations d'uranium ont baissé de 100 %. Il annonce sa volonté d'atteindre 20 % d'électricité à base de renouvelables d'ici 2020 contre 9,6 % aujourd'hui (essentiellement d'origine hydraulique pour le moment).
  • Japon : la Commission du nucléaire civil estime que le redémarrage des centrales nucléaires, après réalisation de tests, coûterait actuellement 18 milliards d'euros. Une somme difficile à financer dans un contexte où l'Etat doit déjà fournir des milliards pour empêcher TEPCO de faire faillite. En 2011, pour la première fois, le pays est en déficit au niveau du commerce extérieur, une première depuis 1980.
  • Japon : 80 % des Japonais sont contre le redémarrage des réacteurs et demandent d'investir dans les économies d'énergie et les énergies renouvelables.
  • France : l'ACRO remet un rapport sur les initiatives citoyennes au Japon suite à la catastrophe de Fukushima. Une étude financée par l'ASN ! Cette étude montre que les médecins ont eu des réactions diamétralement opposées : certains ont fui la zone contaminé, d'autres ont ouvert des consultations gratuites, certains se sont regroupés en association pour combattre les limites de doses revues à la hausse par le gouvernement. Une cinquantaine d'avocats regroupent les plaintes des victimes pour demander des indemnités à TEPCO. Des laboratoires indépendants de mesure de la radioactivité, notamment dans la nourriture, ont vu le jour. Des associations opposées à la reprise du nucléaire se sont évidemment constitué un peu partout… totalement ignorées du gouvernement.
  • Allemagne : un train transportant 450 tonnes de déchets d'uranium appauvri en provenance de l'usine de Gronau et à destination de Pierrelatte (Drôme) a été bloqué pendant huit heures avant la gare de Munster suite à la présence de six manifestants perchés sur des câbles au-dessus de la voie ferrée. Ils entendaient protester contre la poursuite de l'enrichissement de l'uranium à Gronau alors que le gouvernement a officiellement engagé le pays dans la voie de la sortie du nucléaire : 97 % de la production de l'usine est destinée à l'exportation. Un train par mois fait ce trajet traversant des villes comme Metz et Lyon.
  • France : grève à la centrale de Creys-Malville. Le personnel demande une revalorisation de leur salaire au vue de la technicité des taches en cours : la neutralisation du sodium est extrêmement difficile et dangereuse. Rappelons que la centrale est officiellement arrêté depuis 1997 et que 15 ans après, on n'a toujours pas fini de vider le circuit primaire rempli de sodium radioactif : on a construit le réacteur en ignorant totalement comment il faudrait procéder !

 

11 mai

  • Suisse : à Genève se tient un important colloque international à l'initiative d'Indepedant Who et d'autres groupes qui dénoncent les silences de l'OMS tenue de se taire sur le sujet du nucléaire, suite à un accord passé avec l'AIEA en 1959. Cette rencontre a le soutien de nombreuses communes et organisations suisses. Des médecins viennent présenter des travaux et rappeler que les chiffres de l'OMS sont totalement faux concernant les maladies et les morts autour de Tchernobyl et que le mensonge est déjà en place concernant les conséquences de Fukushima. A cette occasion, des organisations de femmes japonaises viennent rapporter que le gouvernement japonais a refusé pour le moment d'engager une étude épidémiologique prétextant que les radiations n'ont rien à voir en importance avec celles de Tchernobyl. Un médecin vient témoigner qu'avant Tchernobyl, le taux d'enfants ukrainiens en bonne santé dépassait 80 %. Il est aujourd'hui inférieur à 25 %.

 

13 mai

  • Japon : le gouvernement lance une campagne d'incitation aux économies d'énergie et annonce un objectif de 20 % de consommation en moins pendant les périodes de pointe (en été, du fait de la climatisation). De fait, c'est l'aveu que le gouvernement renonce pour le moment à redémarrer des réacteurs.
  • France : malgré le désengagement du Japon, Areva annonce vouloir toujours construire l'usine Georges-Besse 2 au Tricastin (Drôme), usine destinée à enrichir l'uranium. L'investissement est de l'ordre de 3 milliards d'euros… ce qui évidemment est en totale contradiction avec l'idée d'un arrêt du nucléaire : cette usine est annoncée pour pouvoir fonctionner pendant 40 ans à partir de 2016.

 

14 mai

  • Japon : TEPCO annonce 7,5 milliards d'euros de pertes entre mars 2011 et mars 2012. L'année précédente, il était de 11 milliards d'euros. Une partie du déficit serait imputable aux importations de pétrole et de gaz… en oubliant de dire que l'uranium, au Japon, comme en France, est 100 % importé.
  • Japon : Les Echos annoncent que les élus de la commune de Ohi, 8800 habitants en bord de mer, ont voté pour donner leur autorisation de redémarrage aux deux réacteurs présents sur son territoire. Le budget de la commune est fortement lié au versement de taxes qui sont proportionnelles à la production électrique et la commune est en difficulté depuis l'arrêt des réacteurs… ce qui explique le vote. Cette première est présentée comme une victoire pour le gouvernement… qui doit encore convaincre d'autres échelons administratifs avant de pouvoir passer à une phase de redémarrage. Le quotidien japonais Asahi rappelle que sur les 11 communes consultées autour de Ohi, 8 se sont déjà prononcées contre le redémarrage. Greenpeace Japon continue à faire la promotion sur place de plans alternatifs avec création d'emplois dans les énergies renouvelables, montrant que cela est plus durable et moins dangereux que le redémarrage des réacteurs.
  • Japon : selon le quotidien Mainichi Japan, le gouverneur de la région de Fukushima annonce que les soins médicaux pour les moins de 18 ans sont désormais gratuits. Le coût de cette mesure estimée à 470 millions d'euros par an sera pris en charge par l'Etat.
  • Japon : selon la chaîne de télévision NHK des mesures faites sur les rats montrent que ceux-ci sont contaminés par le césium à haute dose : plus de 3000 bq/kg à 30 km du réacteur, plus de 800 bq/kg à 70 km du réacteur.
  • Roumanie : le gouvernement annonce maintenir sa volonté de construire deux réacteurs nucléaires.

 

15 mai

  • Japon : TEPCO avait annoncé le 1er mars que les rejets des réacteurs de Fukushima étaient descendus à 10 millions de becquerels par heure. Or dans un article du Monde de ce jour, le correspondant à Tokyo parle de 70 millions de becquerels par heure… soit le taux annoncé en janvier 2012. Qui dit vrai ?

 

16 mai

  • Japon : le gouvernement est dans le mensonge le plus éhonté. Il abroge l'interdiction de se rendre dans trois des onze communes de la zone interdite. 16 000 personnes peuvent théoriquement entrer dans la zone, mais avec l'interdiction d'y dormir. Cela laisserait supposer que la situation est devenue moins dangereuse. Des journalistes qui se rendent sur place pour faire des mesures constatent des taux de radioactivité bien plus importants que ce qui a été annoncé comme servant à délimiter la zone interdite : jusqu'à l'équivalent de 50 millisieverts par an, alors qu'avant l'accident la limite à ne pas dépasser était de 1 (rehaussé à 20). Cette décision est totalement irresponsable car du fait des vents, ces villages sont régulièrement victimes des retombées des nuages radioactifs qui sortent de Fukushima. Les associations de citoyens dénoncent ces décisions qui sont prises pour donner l'impression que l'on va vers une sortie de la crise.

 

17 mai

  • Japon : la baie de Tokyo, à 230 km de Fukushima, baie ouverte sur la mer par le sud et donc relativement protégée des courants maritimes, présente une contamination au césium en hausse constante. Ce seraient les eaux de pluie qui en lessivant les sols finiraient par provoquer cette accumulation de radioactivité.
  • Japon : un collectif de 72 ONG japonaises lance un appel auprès de l'ONU pour qu'une mobilisation internationale soit lancée pour éviter l'effondrement des piscines de combustible du réacteur n°4.
  • Japon : Tepco indique que pour le moment, les cuves sont maintenues à des températures comprises entre 100 et 120°C par injection de 7 tonnes d'eau à l'heure. Le risque est qu'un séisme précipite tout cela à l'air libre. Une inspection est en cours pour vérifier l'horizontalité des cuves.

 

18 mai

  • Japon : le gouvernement annonce un plan précis d'économie d'électricité pendant l'été. Selon ses prévisions, la période de plus grande consommation sera entre le 2 juillet et le 7 septembre, entre 9h et 20h. Sont particulièrement recommandés le renoncement à la climatisation, grosse consommatrice pendant cette période. Le gouvernement n'a pas fixé d'obligation, ni de sanction… ce qui veut dire qu'il sera toujours possible de faire face par le recours aux centrales thermiques.
  • Allemagne : après sa défaite aux élections régionales de Rhénanie-du-Nord Westphalie, Norbert Röttgen, ministre de l'environnement est démis de ses fonctions. C'est lui qui avait en charge le dossier de la sortie du nucléaire. Il est remplacé par Peter Altmaier, élu de Bavière. Les Socialistes et les Verts ont estimé ce départ regrettable, Norbert Röttgen ayant clairement pris position contre le nucléaire.

 

19 mai

  • Etats-Unis : Albert N. Stubblebine, général à la retraite, publie un communiqué pour alerter les autorités. Selon lui, l'effondrement des piscines du réacteur n°4 est plus que probable et tout l'hémisphère nord de la planète devrait alors faire face à un nuage radioactif extrêmement puissant. Pour rappel, ces piscines contiennent quatre fois plus de radioactivité qu'un réacteur normal.

 

20 mai

  • Italie : tremblement de terre meurtrier dont l'épicentre est à Ferrare (magnitude 5,9, 7 morts, 5000 personnes sans abri). Ferrare est situé sur la même faille séismique que… Fessenheim en France.

 

21 mai

  • Etats-Unis : le directeur de la sécurité nucléaire, Gregory Jaczko, est poussé à la démission. Ceci intervient trois mois après un vote sur la possibilité de construire de nouveaux réacteurs aux Etats-Unis. Il avait été le seul à voter contre. Il estimait qu'il fallait, avant cela, exiger de demander aux industriels de prouver qu'ils avaient remédié aux failles constatées sur les réacteurs à l'occasion de l'accident nucléaire de Fukushima et non pas les croire sur parole quand ils s'engageaient à le faire.
  • Japon : une nouvelle carte de la contamination radioactive est publiée (voir www.scoop.it/t/fukushima-informations). Elle montre qu'il y a maintenant des "points chauds" dans presque tout le pays… à des taux quand même relativement bas au sud de Tokyo. Mais la capitale présente des points chauds ayant des valeurs inquiétantes.
  • Japon : sept séismes de magnitude entre 4,5 et 5,3 pour cette seule journée.

 

22 mai

  • Grande-Bretagne : EDF se félicite que le gouvernement s'apprête à déposer une loi visant à autoriser les aides publiques dans le secteur du nucléaire. EDF affirme que cela permettra aux consommateurs britanniques de disposer d'une électricité à prix compétitif. Comme en France où si l'on paie notre électricité moins cher sur notre facture, c'est parce que nous en payons autant de manière invisible via nos impôts. Si le gouvernement britannique libéral veut être cohérent avec sa doctrine, il doit laisser les électriciens en libre concurrence… ce qui favorisera le gaz et l'éolien.

 

23 mai

  • Japon : selon Les Echos, la Commission japonaise pour l'énergie atomique connaît actuellement de vifs débats sur la question des déchets. L'usine de retraitement de Rokkasho, en construction depuis les années 1990, sur le modèle de l'usine Areva de La Hague (France), n'est toujours pas fonctionnelle… ce qui explique l'accumulation des barres de combustible usagé dans les piscines des réacteurs (et avec les dangers que cela comprend comme on le mesure aujourd'hui dans le réacteur n°4 de Fukushima). L'usine devait "vitrifier" les déchets de haute activité, mais les essais réalisés depuis maintenant plus de vingt ans ne marchent pas et les scientifiques avouent n'avoir fait aucun progrès. Il y a déjà 3344 tonnes de déchets en attente de traitement dans les piscines de Rokkasho… lesquelles sont maintenant pleines ! Refaire fonctionner les réacteurs, c'est augmenter de mille tonnes de plus chaque année cette montagne de déchets. En plus, l'accident de Fukushima contamine de nombreux autres matériaux qu'il faudrait aussi stocker. Les essais d'incinération ont stoppé car cela redisperse la radioactivité dans l'air et rend les incinérateurs rapidement hors-service, ceux-ci devenant trop radioactifs. Comme les comités de citoyens autour des sites sont vigilants pour empêcher toute nouvelle construction de piscines, actuellement, les électriciens n'ont plus de solutions pour stocker leurs déchets. Une raison de plus pour ne pas redémarrer les réacteurs.
  • Japon : l'OMS, Organisation mondial de la santé, soumise au contrôle de l'AIEA, agence de promotion du nucléaire, annonce dans un rapport que l'augmentation de radioactivité restait inférieure au niveau critique "dans la grande majorité du territoire"… Dans le détail, l'étude porte sur des points de mesure en dehors de la zone interdite de 20 km de rayon (et non sur la totalité de la surface). Selon l'OMS, seuls les enfants habitant les communes de Namie et IItate risquent de développer des cancers de la thyroïde. Alors que ce rapport est totalement lénifiant, le gouvernement japonais proteste en estimant que les doses indiquées sont surestimées ! Selon RFI, les associations antinucléaires japonaises ont tout de suite protesté : l'OMS estime qu'en dessous de 100 millisieverts par an, il n'y a pas de conséquence sur la santé… alors que la limite d'exposition était de 1 mSv par an avant l'accident et 20 aujourd'hui.
  • Japon : selon Mainichi Japan, la police démantèle un réseau mafieux d'exploitation de travailleurs… réseau qui fournissait notamment de la main-d'œuvre sur le site de Fukushima.

 

24 mai

  • Japon : TEPCO revoit à la hausse ses estimations de relâchement de radioactivité à Fukushima. Pour l'année 2011, ce serait, dans l'air, 500 millions de milliards de béquerels d'iode 131, autant de gaz noble, 50 millions de milliards de becquerels de Césium 134 et autant de Césium 137. Dans l'eau, 11 millions de milliards de becquerels d'iode 131, 3,5 millions de milliards de becquerels de Césium 134 et autant de Césium 137. L'iode a une période assez courte… mais le Césium a une demi-vie d'une trentaine d'années. TEPCO reconnaît que ces chiffres sont des estimations, notamment car 80 % du panache radioactif dans l'air est parti du côté de l'océan Pacifique et qu'il n'est pas possible de mesurer les retombées à la surface de l'eau. C'est 2,5 fois plus important que sa dernière estimation.
  • Japon : The Japan Times rapportent que TEPCO vient de s'apercevoir, en descendant une caméra, que le niveau d'eau dans le réacteur n°1 n'est plus qu'à 40 cm au dessus du cœur au lieu de 1,90 m estimé, ce qui a sans doute contribué à laisser de la radioactivité s'échapper en plus grande quantité. Une fuite a ensuite été mise en évidence.
  • Japon : The Japan Times annonce que finalement une seule autre commune voisine de Oi, sur 11 consultées, s'est prononcée en faveur des réacteurs nucléaires d'Oi. Cette autre commune abrite également une centrale nucléaire… et ses finances dépendent en grande part des taxes sur la production d'électricité.
  • France : en assemblée générale d'EDF, Henri Proglio, PDG, a annoncé qu'en 2020, la production d'électricité en France sera à 50 % nucléaire, 25 % renouvelables et 25 % thermique… entérinant l'engagement de François Hollande de descendre la dépendance au nucléaire. Par contre, rien n'a été précisé sur comment atteindre cet objectif.

 

25 mai

  • Japon : Michel Fernex, médecin, spécialiste du suivi des maladies après l'accident de Tchernobyl, est à Tokyo où il rencontre différentes organisations non-gouvernementales… et leur annonce ce qui va se produire dans les années à venir.
  • Japon : dans son éditorial, le quotidien Asahi rappelle que les réacteurs de Fukushima ne sont toujours pas sous contrôle et que l'on est toujours dans l'improvisation pour seulement maintenir les réacteurs à des températures pas trop élevées… et que la radioactivité continue à s'échapper du site jour après jour. En conséquence, vouloir parler de l'après-Fukushima est pour le moins prématuré.

 

26 mai

  • Japon : le ministre japonais de l'environnement, Goshi Hosano, s'est rendu sur le site du réacteur n°4 de Fukushima pour rassurer la population annonçant que tout était fait pour organiser le retrait des barres de combustible des piscines fragilisées… qui devrait pouvoir commencer en 2013. Il a affirmait devant des journalistes de la presse internationale "Je ne pense pas que la situation soit instable". La presse nord-américaine met la pression sur le sujet, de nombreux experts nucléaires estimant que l'effondrement des piscines provoquerait un accident encore pire que l'actuel.

 

27 mai

  • Japon : selon Médiapart, Arnold Gundersenn spécialiste du nucléaire aux Etats-Unis, est venu faire des prélèvements d'échantillons de terre dans les rues de Tokyo a plusieurs endroitts de la ville. Il a ensuite analysé ces prélèvements : selon la législation en vigueur aux Etats-Unis, le taux de contamination est tel que ces échantillons sont classés comme "déchets nucléaires". Il s'étonne que le gouvernement japonais ne prenne aucune mesure pour informer et protéger les 37 millions d'habitants de la capitale.

 

28 mai

  • Japon : Selon un sondage repris dans 20 minutes, 18 % du patronat se prononce pour l'abandon sans condition du nucléaire, 55 % pour l'abandon à condition que le gouvernement mette en place un plan énergtique à base de renouvelable performant, 27 % souhaitent le redémarrage des réacteurs.
  • Japon : Selon TV5Monde, l'ex-premier ministre japonais, Naoto Kan, entendu ce jour par une commission d'enquête parlementaire, a reconnu la responsabilité de l'Etat concernant le manque d'anticipation des risques à Fukushima et des cafouillages pendant les premiers jours de la gestion de l'accident. Il a notamment du se justifier sur le retard de ventilation qui a provoqué l'explosion des réacteurs, sur l'injection d'eau de mer, le refus de l'aide technique proposée par les Etats-Unis. Il rappelle qu'il a interdit à la direction de TEPCO l'évacuation du site envisagée un moment. Naoto Kan a relevé les différences d'appréciation des experts, ce qui a rendu les décisions souvent difficiles à prendre. Il a conclut en expliquant avoir complètement changé d'avis sur le nucléaire, estimant qu'aujourd'hui, 'il faut se défaire de l'énergie nucléaire".
  • Japon : environ 80 % des piscines scolaires du département de Fukushima devraient rouvrir cet été selon la chaîne de télévision NHK. Les parents qui ne souhaitent pas que leurs enfants participent à des activités en extérieur dans ces piscines pourront toutefois demander des dérogations.

 

29 mai

  • Etats-Unis : les contrôles effectués sur des thons pêchés près des côtes nord-américaines montrent que le taux de césium dans leur chair est mesurable : 4 bq/kg pour le césium 137 et 6,3 bq/kg pour le césium  134. Des taux faibles mais prouvant une contamination à large échelle.
  • Afrique du sud : le gouvernement organise une conférence sur le nucléaire pendant laquelle il annonce vouloir construire de nouveaux réacteurs (il n'y en a que deux de 920 MW pour le moment à  Koeberg, 9 % de la production électrique du pays). A l'extérieur, une manifestation de Greenpeace est violemment réprimée. 
 
> Suite (juin)