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Chronologie d'une catastrophe

Mai 2011

1er mai

  • 13h, François Chérèque aborde la question de la sortie du nucléaire à l'issu du défilé du 1er mai. Pour lui, si la sortie du nucléaire n'est pas possible dans l'immédiat, on peut au moins chercher à en diminuer l'importance, cela passe par l'arrêt de la construction de nouveaux réacteurs et la fermeture des réacteurs les plus dangereux.

 

2 mai

  • 4h15, cinquante manifestants de Greenpeace bloquent l'entrée du chantier de l'EPR à Flamanville à l'aide de deux camions placés en travers des portails d'entrée. D'autres manifestants ont réussi à pénétrer sur le site et trois grues sont occupées.
  • 5h, TEPCO annonce la construction d'une digue au large de Fukushima pour éviter les risques de tsunami au moment où les réacteurs ont leur cœur à l'air libre. La digue sera construite d'ici la mi-juin.
  • 7h, TEPCO s'inquiète d'une remontée de la radioactivité en iode 131 (30 % plus haute ce matin que jeudi dernier, craignant l'apparition d'une nouvelle fuite sur le réacteur n°2.
  • 17h, les forces de police ont réussi à aller décrocher les militants de Greenpeace et à libérer les grues du chantier de l'EPR occupées. Quatre militants ont été molestés. 42 placés en garde à vue. Ils sont convoqués au tribunal de Cherbourg le 16 juin.
  • 19h, Suite à une rencontre post-Grenelle, Sarkozy propose un Grenelle de l'efficacité énergétique… sans aborder la question du nucléaire. Greenpeace, FNE et WWF rejettent la proposition. Par contre les associations obtiennent la promesse d'un audit de la Cour des comptes sur les coûts de l'ensemble de la filière nucléaire.

 

3 mai

  • 8h, premier jour de production pour la centrale éolienne Baltic 1 construite en mer au large du nord de l'Allemagne. Cette centrale offshore de 40 MW appartient à Siemens qui communique en se présentant comme "leader dans le domaine de l'éolien". Il y a quelques années, elle était leader dans le domaine du nucléaire. Le vent tourne… Pour le moment, il y a 21 éoliennes, mais il est prévu progressivement de monter à des centaines de machines pour atteindre plusieurs milliers de MW.
  • 10h, TEPCO explique qu'avec le temps qui passe, le site de Fukushima devient de plus en plus radioactif et les zones où les humains ne peuvent pénétrer s'étendent. TEPCO lance donc un appel aux fabricants pour récupérer des robots commandables à distance pour pouvoir effectuer la suite des opérations. L'armée américaine pourrait fournir en partie ce type de matériel, le Japon n'ayant pas de robots programmés pour ce genre d'interventions.
  • 12h, environ 400 petits actionnaires de TEPCO ont déposé une motion pour l'assemblée générale de la société demandant que celle-ci renonce à l'énergie nucléaire. 232 actionnaires ont fait la même demande à la société Tohoku Electric.
  • 14h, le gouvernement japonais a décidé de créer une provision de 33 milliards d'euros pour indemniser les populations déplacées.
  • 17h, Sarkozy en visite à Gravelines, fustige les antinucléaires : "si on arrête le nucléaire, le prix de l'électricité sera multiplié par 4 (…) Il faudrait dépenser 45 milliards d'euros pour fermer le parc nucléaire". Pour le prix, il n'y a qu'à regarder les prix dans les pays sans nucléaire : c'est sensiblement le même qu'en France. Quant au prix pour arrêter le nucléaire, il se trompe également : c'est beaucoup plus car le démantèlement des réacteurs actuels (qu'il faudra bien faire un jour de toute manière) coûtera sans doute entre 100 et 200 milliards. Greenpeace lui répond que maintenir le nucléaire a aussi un prix : remplacer les 58 réacteurs actuels vieillissants coûterait au bas mot 200 milliards… les remplacer par des éoliennes ne coûterait pas aussi cher. Cécile Duflot pour EELV a répondu également : "Nicolas Sarkozy a servi aux Français une soupe caricaturale, mensongère et méprisante au sujet de l’énergie nucléaire (…) Nicolas Sarkozy se comporte aujourd’hui en camelot et débite des poncifs", "le nécessaire débat sur le nucléaire et l’énergie mérite une posture plus digne de la part du président français".

 

4 mai

  • 9h, TEPCO annonce que l'eau de mer, à 15 km de la centrale, présente un taux de radioactivité 600 fois supérieur à la normale : 1400 bq/l de césium 137, 1300 bq/l de césium 134 et 190 bq/l d'iode 131. Les antinucléaires s'inquiètent que les mesures ne soient faites que sur quelques radionucléides alors qu'il y en a des milliers dont certains sont encore plus toxiques (uranium, plutonium, américium…).
  • 12h, polémique autour de la présence de femmes parmi les travailleurs exposés sur le site de Fukushima. TEPCO n'a pas tenu compte de leur plus grande sensibilité aux radiations et plusieurs femmes sont gravement contaminées.
  • 12h, lancement d'un appel international des "Mères pour sauver les enfants des radiations" qui protestent contre le relèvement des taux de radioactivité admissible pour les enfants… au niveau des travailleurs du nucléaire (voir site http://mscr2011.jugem.jp)
  • 12h, le gouvernement estime le coût de l'accident à plus de 4000 milliards de yen (33 milliards d'euros) et demande que TEPCO en paie la moitié, que les huit autres électriciens paient le reste. TEPCO entame un lobbying pour essayer de bloquer tout projet de nouvelle loi qui irait dans ce sens.
  • 16h, huit associations (Greenpeace, WEFC, Hespul, Réseau Sortir du nucléaire, Agir pour l'environnement, Les Amis de la terre, le CLER et le Réseau action climat) ont adressé une fin de non recevoir à Nicolas Sarkozy concernant l'organisation d'un Grenelle de la sobriété énergétique qui ne prendrait pas en compte le nucléaire.
  • 16h, à Besançon, en soutien au mouvement Independent Who (voir ci-après), une exposition des portraits de 270 liquidateurs de Tchernobyl est installée place Pasteur par le collectif antinucléaire bisontin.
  • 18h, après quatre ans de présence devant l'entrée de l'OMS, six militants d'"Independent Who - OMS indépendante" et un représentant de la ville de Genève sont reçus pour la première fois par Margaret Chan, la directrice générale de l'OMS. L'entretien a duré deux heures, mais les promesses concernant la publication des documents disponibles sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl sont restées floues. La directrice s'est retranchée derrière le manque de personnel et d'expertise dans ce domaine, pour justifier le manque d'implication dans le domaine nucléaire. Elle a annoncée la mise en place d'une étude épidémiologique pour le suivi de l'accident de Fukushima, mais ne s'est engagé en rien concernant la publication des données. Elle a refusé toute révision de l'accord entre l'OMS et l'AIEA, estimant que cela ne nuisait pas à l'indépendance de l'OMS.
  • 19h, Christophe de Margerie, P-DG de Total qui a, pour la première fois, pris 8 % dans la capital de l'EPR de Penly (Seine-Maritime) annonce dans un entretien à Challenges que le projet pour ce 2e EPR est stoppé. Eric Besson, pour le gouvernement, a vivement réagi contre cette affirmation. Mais c'est bien Total qui paie, pas Eric Besson ! Dans le même entretien, Christophe de Margerie déclare : "Avant même Fukushima, la situation n'était pas très encourageante. Les Allemands, les Italiens et les Britanniques étaient incertains. Il y avait une envie de faire, mais rien de concret, sauf en Chine, peut-être en Inde et à Abou Dhabi. Depuis l'accident japonais, l'hésitation de l'Allemagne s'est fixée sur le retrait du nucléaire. En Italie, c'est la même chose. Aux Etats-Unis, c'est pareil".
  • 19h, André-Claude Lacoste, président de l'Autorité de Sûreté nucléaire, s'inquiète du calendrier prévu pour faire les tests sur les réacteurs nucléaires : seulement deux mois et demi à la rentrée 2011, cela lui semble insuffisant pour faire correctement les vérifications nécessaires. Il reconnaît qu'il n'est pas possible d'être transparent sur des questions comme les chutes d'avion ou les risques terroristes. Il répond aussi au vœu de l'AIEA que les normes internationales soient contraignantes : pour lui, ce n'est pas possible car plusieurs Etats dont les Etats-Unis, la Chine, la Russie et l'Inde s'y opposent.
  • 20h, le gouvernement autrichien dénonce le laxisme des tests envisagés sur les réacteurs européens. Il demande notamment que soient envisagés des attentats terroristes. Le groupe des Verts au Parlement européen estime que la Grande-Bretagne et la France ont tout fait pour en arriver là. Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung révèle que ces deux pays ont tout fait pour que l'on évite de parler de la chute d'un avion… car aucun réacteur ne pourrait résister à cela et logiquement, il faudrait donc tous les fermer ! Des élus Verts révèlent que la cybercriminalité n'est pas — officiellement du moins — prise en compte… alors que le projet de réacteur iranien a été récemment stoppé par un sabotage informatique.

 

5 mai

  • 7h30, pour la première fois depuis le 11 mars 2011, deux ouvriers ont pénétré dans le réacteur n°1 pour essayer de rebrancher des systèmes de ventilation. Ils sont habillés avec des tenues de protection maximales, le taux de rayonnement, 700 millisieverts par heure, ne permettant de rester que quelques minutes.
  • 8h, le site Altermonde reprend un entretien diffusé le 27 avril sur la chaîne de télévision belge 7sur7. La physicienne australienne Helen Caldicott, experte en armes nucléaires depuis trente ans, y explique pourquoi Fukushima est pire que Tchernobyl : pour elle, si Tchernobyl a déjà tué environ un million de personnes et contaminé 40 % des sols européens, elle estime que Fukushima est encore pire : 6 réacteurs d'un coup et ceci dans une zone très densément peuplée. Il y avait 250 kg de plutonium dans ces six réacteurs et les piscines de stockage. Même si on ne sait pas encore quel pourcentage est parti dans l'atmosphère, elle rappelle que sa toxicité est énorme et pourra contaminer d'autant plus de gens que la contamination circule par les produits alimentaires.
  • 9h, la température du combustible dans le réacteur n°3 est remonté à 143°C soit 33°C de plus en une semaine. TEPCO cherche l'explication et craint un nouvel incendie.
  • 10h, polémique au Japon sur l'état des réacteurs nucléaires. Selon un rapport de la JANTI (Japan Nuclear Technology Institute), un organisme de promotion du nucléaire, les scénarios communiqués par TEPCO et par le gouvernement sont erronés. Pour son directeur, Mishio Ishikawa, ancien conseille de l'AIEA, les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 ont fondu à 100 %.
  • 15h, le gouvernement bulgare annonce que la moitié des gaines de protection du réacteur n°5 de la centrale nucléaire de Kozlodoui sont fissurées, libérant un gaz radioactif (le xénon 133) sans émission hors du réacteur. Cela a été découvert lors d'une opération de maintenance. Les mêmes défauts avaient déjà été trouvés dans le réacteur n°6. Seuls les réacteurs 5 et 6 sont encore en fonctionnement. Les 4 premiers ont été fermés entre 2002 et 2006.
  • 15h, l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire suisse reconnaît que les piscines de combustibles des cinq réacteurs suisses ne résisteraient pas à un fort séisme. Elles ne sont pas non plus sûre en cas de forte inondation. Les exploitants ont jusqu'à fin août pour proposer des solutions.
  • 17h, devant l'Assemblée nationale, Jacques Repussard, directeur général de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, affirme "Il faut accepter de se préparer à des situations complètement inimaginables". Non, merci, vraiment, on préfèrerait se passer du nucléaire.

 

6 mai

  • 7h, environ 10 000 manifestants ont manifesté sous la pluie à Tokyo pour demander une sortie du nucléaire.
  • 8h, manifestation de sous-traitants polonais devant le chantier de l'EPR. Ils dénoncent le non-respect de la législation sur le travail, avec le soutien de la CGT.
  • 13h30, le gouvernement japonais demande à la compagnie Chubu Electric, l'arrêt des réacteurs de la centrale d'Hamaola située à 200 km au sud-ouest de Tokyo. Cette centrale est dans une zone fortement séismique et également proche de la mer. La fermeture serait pour le temps de construire une digue anti-tsunami et une vérification des capacités à résister à un séisme important. La centrale compte 2 réacteurs à l'arrêt et 3 autres en fonctionnement. Cela représente une perte de 3360 MW de puissance supplémentaire (en plus des 11 réacteurs arrêtés le 11 mars et de 3 autres toujours arrêtés depuis le séisme de 2007).
  • 15h, une cinquantaine de manifestants des Jeunes écologistes manifestent à la défense pour — faussement — défendre les groupes industriels victimes des normes vertes liberticides.

 

7 mai

  • 12h, un projet de nouveau rapport du Groupe intergouvernemental d'experts de l'ONU sur l'évolution du climat (Giec) est rendu public par l'AFP. Ce rapport de 1500 pages doit encore être soumis aux Etats avant validation. Dans les données, il y est dit que charbon, pétrole et gaz représentent 85 % de notre consommation énergétique mondiale, les renouvelables 13 % et le nucléaire… 2 %. Le rapport compare 164 scénarios. Selon les choix qui sont faits, la part du renouvelable devrait, d'ici 2050, augmenter de 3 à 20 fois. Le GIEC insiste pour qu'il y ait une modification des subventions en leur direction au détriment des énergies fossiles. Même dans le cas le plus favorable (77 % de renouvelables en 2050), les gaz à effet de serre ne baisseraient que de 30 % ce qui est insuffisant. Evidemment, ce rapport n'envisage pas des situations décroissantes où la consommation d'énergie serait de plus en plus limitée, pourtant la seule manière d'arriver à stabiliser le climat et limiter la destruction de la planète. Ce rapport intermédiaire devrait conduire à un 5e grand rapport en 2014.

 

8 mai

  • 14h, un millier de personnes manifestent à Madrid pour demander la fermeture des derniers réacteurs du pays. Le plus ancien, à Garona, date de 1971 et est de même type que Fukushima.
  • 15h, le gouvernement américain renouvelle sa demande au gouvernement japonais d'étendre à 80 km la zone d'extension de l'évacuation des populations, en particulier dans la direction nord-ouest particulièrement touchée. Le département d'Etat à l'énergie des Etats-Unis a publié une nouvelle carte montrant des taches de radioactivité dans la zone située entre 60 et 80 km du site qui atteignent entre 3 et 14,7 millions de becquerels/m2 en césium 137. Il rappelle qu'au moment de Tchernobyl, les personnes ont été évacuées dans les zones où cette contamination atteignait seulement 0,550 millions de bq/m2. Le problème pour le gouvernement japonais est que pour déjà évacuer à 60 km, il faudrait évacuer plus de 8 millions de personnes.

 

9 mai

  • 9h, le Japon et les Etats-Unis signent un accord pour essayer de convaincre la Mongolie d'ouvrir un site de stockage pour les déchets nucléaires. Sachant la dangerosité des transports, c'est pour le moins une très mauvaise idée… d'autant plus que la Mongolie n'a aucune expérience dans le domaine du nucléaire.
  • 10h, la Chine annonce une révision complète de ses procédures d'urgence et de ses normes en matière de construction : actuellement les 13 centrales du pays sont toutes en bord de mer. Tous les chantiers en cours restent arrêtés en attendant.
  • 15h, l'ASN, Autorité de sûreté nucléaire publie un cahier des charges pour les tests à réaliser sur les réacteurs français. N'y figurent pas les risques terroristes, le risque de chute d'un avion, le facteur humain (première cause d'accident) et oublie les transports où peuvent se concentrer des quantités de radioactivité supérieures à celles d'un réacteur. Pour clore, le manque de sérieux de ces propositions, les tests sont à effectuer par les exploitants eux-mêmes (donc par EDF).
  • 20h, selon une revue automobile, le prochain salon de la voiture de Tokyo a complètement supprimé toute référence à la voiture électrique. Il y a en effet un retournement de situation depuis l'accident nucléaire : alors que jusqu'alors la voiture électrique était perçue comme propre, elle est maintenant associée au nucléaire.
  • 21h, la majorité UMP du conseil général du Haut-Rhin repousse une motion présentée par une élue EELV demandant l'arrêt de la centrale de Fessenheim. 32 élus ont votés contre (UMP), 13 pour (écologistes, socialistes et une indépendante) et 4 abstentions (centristes et indépendants).

 

10 mai

  • 7h, Tepco demande de l'aide au gouvernement japonais. Estimant qu'il ne peut plus suivre financièrement, il justifie cette aide en expliquant que sa faillite provoquerait l'arrêt d'autres centrales (nucléaires ou non) dans le pays et provoquerait une perturbation du réseau électrique de grande ampleur.
  • 8h, Le Frankfurter Rundschau signale qu'outre les sept réacteurs arrêtés après le 11 mars, quatre autres sont actuellement à l'arrêt pour maintenance… et que donc seuls six fonctionnent. Il suggère de les arrêter aussi puisque l'arrêt des 11 premiers ne provoque pas de rupture d'approvisionnement. Contrairement aux déclarations mensongères de Sarkozy ("le prix de l'électricité serait multiplié par quatre si on arrêtait le nucléaire", 3 mai 2011 à Gravelines), le quotidien signale qu'il n'y aucune hausse du prix de l'électricité sur le marché industriel.
  • 8h, La préfecture de Fukushima annonce qu'elle veut procéder à l'enlèvement d'une couche de terre dans les cours d'une dizaine d'écoles où les taux de radioactivité sont trop élevés pour que les enfants puissent jouer dehors.
  • 8h45, Petit tremblement de terre en Normandie, de magnitude 3,2, épicentre au large de La Breche-d'Hermanville (au nord de Caen) ; à mi-chemin entre Penly et Flamanville.
  • 9h, Le Chili qui a annoncé l'arrêt de ses engagements dans le nucléaire après le 11 mars 2011, annonce le lancement d'un projet de cinq barrages en Patagonie pour une puissance de 2750 MW. La croissance de la consommation d'électricité dans le pays est de 6,5 % par an… mais 60 % des Chiliens sont contre la construction de ces barrages dans une zone naturelle.
  • 14h, Le gouvernement japonais annonce l'annulation de son plan énergétique qui prévoyait de monter de 30 % à 50 % le nucléaire dans la production d'électricité. Il annonce ouvrir le débat en souhaitant aller en direction des énergies renouvelables.
  • 14h, Le premier ministre japonais annonce renoncer à son salaire tant que la crise de Fukushima-Daiichi ne serait pas résolue. Huit dirigeants de Tepco suivent le mouvement.
  • 17h, Les autorités russes annoncent avoir maîtrisé un feu de forêt qui s'est tenu en zone contaminée près de l'usine de traitements des déchets de Maïak, dans l'Oural. A chaque fois, ces incendies provoquent une dispersion de cendres radioactives… même si l'accident remonte à 1957 ! Les associations écologistes russes rappellent qu'à cette époque 260 000 personnes ont été évacuées… et qu'elles le sont toujours.
  • 20h, Un pointage fait par des journalistes japonais indique que seuls 15 réacteurs nucléaires sur 53 sont actuellement en fonctionnement dans le pays.
  • 20h, Le commissaire européen à l'énergie, Günter Oettinger, refuse que Bruxelles valide les démarches de tests engagés si ceux-ci n'incluent pas les risques humains et les actes terroristes.
  • 22h, Le gouvernement japonais annonce que l'on a dépassé le cap des 100 000 personnes évacuées, deux mois après le début de l'accident. Il en reste huit millions à reloger ! Il demande aux Japonais de cesser les mesures de discriminations observées contre ces réfugiés… souvent trahis par la plaque d'immatriculation de leur voiture.
  • 22h, Le port de Rotterdam annonce l'interception de 19 conteneurs provenant du Japon présentant un taux de radioactivité trop important.
  • 22h, Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, annonce la tenue d'une conférence internationale sur le nucléaire le 22 septembre 2011 à New-York, au moment de l'assemblée générale des Nations Unies.

 

11 mai

  • 6h, L'empereur du Japon se rend dans un camp de réfugiés dans la préfecture de Fukushima, deux mois après le début de l'accident.
  • 9h, Tepco annonce une prévision de perte de 9 milliards pour 2011. Ce n'est que le début de l'effondrement financier !
  • 10h, le gouvernement japonais annonce une campagne d'abattage pour les animaux d'élevage qui sont restés dans la zone interdite et qui déambulent librement dans les champs. Plus de 10 000 vaches seront abattues.
  • 14h, Inquiétude sur le site : le niveau de radioactivité est remonté autour du réacteur n°1, signalant une probable nouvelle fuite. De l'eau radioactive s'est également déversée en mer, preuve d'une fuite au niveau du réacteur n°3.
  • 14h, Les Philippines ont construit un seul réacteur nucléaire. Celui-ci a été achevé en 1984. Il aurait dû produire 620 MW. Mais après le renversement du dictateur Ferdinand Marcos, la nouvelle présidente Corazon Aquino a refusé de donner le feu vert à sa mise en route, doutant de sa sécurité. Le réacteur est resté ainsi en inactivité depuis. Après l'accident de Fukushima, les autorités ont décidé de l'ouvrir au tourisme pour que les nombreux voyageurs puissent découvrir un réacteur de l'intérieur. Des explications sont données pour expliquer ce qui se passe à Fukushima.
  • 16h, action de Greenpeace devant le siège de la BNP pour dénoncer les investissements de cette banque dans le nucléaire. Avec au moins 13 milliards prêtés entre 2000 et 2009, c'est le premier financeur au monde de ce secteur. Greenpeace dénonce les prêts accordés pour la construction d'EPR en Inde, alors que le site de Jaïtapur est sur une faille séismique et en bord de mer.
  • 19h, le chantier de l'EPR à Flamanville prend du retard pour de nombreuses raisons : difficultés de coordination, difficultés techniques, grèves, vérification de la sécurité suite à l'accident de Fukushima… et le réacteur qui devait démarrer en 2009 est prévu maintenant pour démarrer fin 2014 (5 ans de retard).

 

12 mai

  • 6h30 : des feuilles de thé sont retirées de la vente. Elles contiennent trop de césium. Le problème est qu'elles ont été cueillies dans la préfecture de Kanagawa, au sud-ouest de Tokyo. Fukushima étant au nord-est, ceci prouve à l'évidence que la capitale est lourdement contaminée par le césium !
  • 10h, TEPCO annonce que la fuite en mer à partir du réacteur n°3 est stoppée.
  • 11h, TEPCO annonce que la cuve en inox du réacteur n°1 est percée. TEPCO estime que ce sont des soudures où passent les tuyauteries qui auraient cédé. Le niveau d'eau a baissé de 4 m montrant qu'il y a d'importantes fuites : il faut ajouter 7 tonnes d'eau par heure et cela ne suffit pas. Cela laisse les barres de combustibles hors d'eau. Celles-ci n'ont plus leur forme originale, preuve que le cœur est en train de fondre. La matière fissile s'est concentrée dans le fond de la cuve qui est en train de fondre. L'eau qui sort du réacteur est très radioactive : 18 000 fois supérieure aux limites pour le césium, et cela va vite poser des problèmes de stockage. Le risque est que la cuve s'ouvre maintenant complètement, ce qui ferait que la réaction nucléaire se passerait ensuite à l'air libre. C'est l'un des pires scénarios ! TEPCO indique qu'il va sans doute devoir revoir ses interventions sur le site.
  • 14h, l'Orchestre national de Lyon devait faire une tournée au Japon, dans la région de Tokyo, du 5 au 14 juin. La direction annonce l'annulation des concerts, un nombre important de musiciens refusant de faire le voyage.

 

13 mai

  • 6h, avec seulement une quinzaine de réacteurs en fonctionnement pour cet été, le gouvernement annonce que, malgré l'utilisation maximale des centrales thermiques, le pays va devoir limiter au maximum la climatisation, première cause de la hausse de consommation à cette saison.
  • 8h, TEPCO annonce le lancement d'un chantier pour construire un premier sarcophage autour du réacteur n°1. Celui-ci aura pour but de confiner la radioactivité gazeuse sur place, mais cela pose un problème pour les opérateurs qui de fait devront travailler dans une atmosphère plus radioactive.
  • 10h, publication d'un appel de José Bové, Eva Joly, Nicolas Hulot et Daniel Cohn-Bendit pour demander un référendum : Les Français sont-ils d'accord pour prendre en connaissance de cause, le risque d'une catastrophe nucléaire sur leur territoire ?
  • 19h, Libération publie sur son site la liste des bêtes qui vont être abattues dans la zone interdite : 3400 vaches, 31500 porcs, 630 000 poulets… soit déjà 665 000 morts !
  • 19h, de nouvelles mesures faites sur des feuilles de thé indiquent de nombreux foyers de contamination autour de Tokyo. D'autres analyses réalisées sur l'herbe dans les prés confirment cette contamination.
  • 19h, la commission européenne s'inquiète de certains manquent dans les déclarations recueillis auprès des opérateurs des 143 réacteurs en fonctionnement en Europe. Elle note par exemple que pour 25 réacteurs français la question d'un crash aérien malveillant n'est même pas évoquée.

 

14 mai

  • 8h, un ouvrier est décédé sur le site de Fukushima après un malaise. Il était âgé de 60 ans. Selon TEPCO ceci ne serait pas en lien avec la radioactivité reçue ! C'est bien connue que le nucléaire ne tue pas ! C'est au moins le 3e mort parmi les "liquidateurs" auxquels il faut ajouter au moins 2 morts au moment de l'accident.
  • 11h, polémique sur les doses reçues par les enfants dans la région de Fukushima : alors que le ministre de l'éducation estime que les enfants maintenus dans les villes environnantes ne recevront pas plus de 10 millisieverts par an, soit la moitié de la nouvelle norme autorisée, des scientifiques rappellent que la dose actuelle mesurée dans certaines cours d'école posera sans doute des problèmes de santé d'ici quelques années. De nombreuses associations demandent le retour des anciennes normes et que le maximum soit fait pour protéger les enfants des radiations.
  • 11h, autre polémique : que faire des eaux contaminées ? Le plus simple semble être de les faire évaporer, la radioactivité restant piégée dans les boues. Mais que faire de ces boues hautement radioactives ? Elles devraient être stockées sur place dans un premier temps… mais pas trop prêt de la mer pour éviter des fuites et un risque de nouveau tsunami. A plus long terme, le gouvernement a annoncé qu'elles pourraient être recyclées en étant diluées dans du ciment ou dans d'autres matériaux… ce qui a provoqué une protestation d'association sur le risque de dispersion. La question se pose aussi pour les produits alimentaires contaminés : ils sont actuellement incinérés… en oubliant que cela ne change rien à la quantité de radioactivité : soit celle-ci reste bloquée dans les filtres de l'incinérateur, soit elle s'échappe dans l'atmosphère provoquant une nouvelle pollution. L'espèce humaine sait créer de la radioactivité, mais ne sait pas la détruire !
  • 12h, EDF annonce que sa production hydroélectrique a déjà baissé de 20 %, conséquence de la sécheresse qui touche une bonne partie de l'Europe. Les barrages sont déjà au niveau où ils devraient être en août. Cela pose aussi un problème pour le refroidissement des réacteurs : certains cours d'eau comme la Vienne ont un débit déjà faible, tout comme le Rhin.
  • 12h, TEPCO annonce que probablement les cuves des réacteurs n°2 et n°3 sont également percées. De pire en pire !
  • 13h, une entreprise de collecte du riz a réalisé ses propres mesures sur les rizières de la région pour savoir où elle continuait à se fournir. Résultat : les normes fixées par le gouvernement (qui ont été multipliées par 10 rappelons le : 5000 bq par kilo au lieu de 500) sont dépassées dans certaines rizières à plus de 50 km de la centrale. L'entreprise affirme avoir mesuré de nombreux radionucléides… dont du plutonium !
  • 14h, Europe Ecologie Les Verts annonce que dans ces conditions d'accord avec le PS, il y a deux principes incontournable : se mettre d'accord sur un scénario de sortie du nucléaire et mettre la proportionnelle pour les élections législatives.
  • 14h, inquiétude après la découverte de boues de stations d'épuration de la banlieue de Tokyo présentant des taux de radioactivité énormes. La radioactivité pourrait provenir du nettoyage d"éléments d'incinérateurs, ceux-ci ayant été utilisés pour brûler des objets contaminés.

 

15 mai

  • 16h, NHK, chaîne de télévision japonaise, annonce que c'est le tremblement de terre et non le tsunami qui a provoqué la perte de contrôle des réacteurs de Fukushima : quand le tsunami est arrivé sur le site, les réacteurs étaient déjà hors de contrôle et le taux de radioactivité avait déjà énormément augmenté.
  • 16h, selon les médias japonais, au moins 7800 personnes ont déménagé pendant le week-end de zones situées au nord de la zone des 30 km (pour rappel : jusqu'à 20 km, zone interdite ; entre 20 et 30 km : obligation de déménager avant fin mai). La plupart se retrouvent dans des camps de logement provisoires, faute de trouver à se loger ailleurs… et aussi parce que le gouvernement leur laisse espérer un retour possible. Plus de 100 000 personnes vivent déjà dans des camps.

 

> Suite (du 16 au 31 mai)