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Chronologie d'une catastrophe

Juin 2012

1er juin

  • Japon : un millier de manifestants sont présents devant les bureaux du premier ministre pour demander de respecter le souhait de la grande majorité des Japonais : ne pas redémarrer de réacteurs nucléaires.
  • Japon : le maire d'Osaka, jusque là opposé au redémarrage des réacteurs d'Ohi qui alimentent sa région, change de discours : "si la population n'est pas capable d'économiser au moins 15 % de son électricité, je devrais donner mon aval pour le redémarrage des deux réacteurs d'Ohi au moins pendant l'été".
  • France : Areva arrête son usine Eurodif/Georges-Besse 1 à Tricastin, usine qui produit du combustible pour environ le quart des 400 réacteurs au niveau mondial. Cette fermeture arrive plusieurs mois en avance et alors que l'usine Georges-Besse 2 n'est pas encore en pleine production. Ce décalage est dû, selon Areva, à la baisse de commandes qui a suivi l'accident de Fukushima. Cette baisse d'activité au niveau mondial avait déjà conduit Areva à annuler son projet d'usine similaire aux Etats-Unis, en décembre 2011. Il y a aujourd'hui clairement surproduction du fait de l'espoir d'un nouvel essor du nucléaire… alors que l'on a au contraire un vaste repli. La nouvelle usine n'emploie plus que 400 personnes contre 1200 pour l'ancienne… et consomme près de 50 fois moins, la première consommait à elle seule la production de deux réacteurs nucléaires.

 

2 juin

  • Chine : le gouvernement annonce la mise en place de nouvelles normes de sûreté pour ses futurs réacteurs nucléaires et la fin de l'inspection des réacteurs existants… sans toutefois préciser de date pour une fin du moratoire observé sur les chantiers depuis l'accident de Fukushima.

 

3 juin

  • Japon : selon la télévision Asahi, trois experts chargés de valider ou non le redémarrage du surgénérateur de Monju, réacteur chroniquement en panne depuis ses origines, sont corrompus. Ils ont en effet touché plus de 150 000 euros de la part de l'industrie nucléaire entre 2006 et 2010.

 

4 juin

  • Japon : selon les conclusions d'un rapport de l'Unscear, organisation des Nations unies sur les effets des radiations atomiques, service de l'OMS, dans un article paru dans Nature, "peu de personnes développeront un cancer à la suite de l'accident nucléaire de Fukushima". Pas plus qu'à Tchernobyl sans doute… puisque ce service lié à l'OMS y annonce seulement 4000 morts alors que les autorités ukrainiennes parlent de plus d'un million déjà morts et de 10 millions de morts à terme.

 

5 juin

  • Japon : selon Japon Times, neuf gouvernements locaux de la région de Kansai, les villes de Osaka et de Sakaï, ont réaffirmé conjointement leur opposition actuelle au redémarrage de deux réacteurs d'Ohi. Ils dénoncent les pressions qu'ils subissent de la part du gouvernement japonais et des compagnies électriques. Ils dénoncent les simulations effectuées sur les réacteurs estimant qu'une simulation n'est absolument pas une garantie de sûreté. Ils demandent que des travaux soient réellement faits pour protéger les réacteurs d'un tsunami ou un séisme important avant d'avoir à se prononcer sur un redémarrage des réacteurs.
  • Espagne : des militants de Greenpeace survolent la centrale nucléaire de Garoña, plus vieux réacteur en activité en Espagne. Ils dénoncent une nouvelle fois l'impossibilité de protéger un réacteur contre un attentat aérien.
  • Europe : le ministre de l'économie allemand, dans Le Monde lance un appel à une coordination européenne pour la sortie du nucléaire. Il plaide pour que notamment la France et la Pologne avancent de pair avec l'Allemagne car la gestion des réseaux et l'efficacité énergétique dépendent en partie de l'interconnexion entre les pays. Les réseaux doivent également être modifiés pour tenir compte de l'intermittence de la production à partir des énergies renouvelables.

 

6 juin

  • Japon : environ un tiers des parlementaires du parti au pouvoir, dont plusieurs ministres en exercice, déposent une pétition au premier ministre pour lui demander de ne pas précipiter un redémarrage des réacteurs nucléaires.
  • Japon : Michel Fernex, en voyage au Japon, pour les Enfants de Tchernobyl, s'étonne de ne trouver aucun suivi des rejets de strontium 90 dans les mesures officielles. Selon les spécialistes, il doit pourtant y en avoir des quantités importantes dans les eaux qui ont été rejetées en mer.
  • Japon : une marche contre le redémarrage des réacteurs nucléaires réunit environ 3000 personnes dans les rues de Tokyo. Kenzaburo Oe, prix Nobel de littérature, a pris la parole devant le siège du gouvernement pour relancer la pétition "10 millions de Japonais pour l'abandon du nucléaire". Cette pétition lancée un an auparavant a déjà récolté 7,22 millions de signatures. Dans un pays où la contestation sociale est très discrète, c'est déjà l'une des plus grosses collectes de signatures jamais réalisée.
  • Japon : selon le quotidien Asahi, les autorités religieuses bouddhistes, chrétiennes et autres ont signé un texte commun pour demander l'abandon du nucléaire.
  • Japon : Tepco publie un rapport sur les doses reçues par les travailleurs du site de mars 2011 à mars 2012. Selon ces données, 21 634 personnes ont été contaminées, mais pour 14 214 à des doses peu importantes. 167 seulement auraient été fortement irradiées (plus de 250 millisieverts en un an), les autres étant entre les deux. Il n'y a malheureusement aucun suivi extérieur à Tepco pour valider ou non ces données, ce que demandent en vain les médias japonais.

 

7 juin

  • Japon : 10 femmes de la région de Fukushima obtiennent un rendez-vous au siège du premier ministre. Elles demandent à ce que ne redémarrent pas les réacteurs d'Ohi, dont les conditions de sûreté sont pires que celles de Fukushima avant l'accident. Elles demandent que soit d'abord mis fin aux émissions de radioactivité dans les réacteurs accidentés. Elles rejoignent ensuite une centaine d'autres femmes à l'extérieur et font un sit-in devant le siège du gouvernement. Film en anglais : http://youtu.be/zYQNd2ybiDg

 

8 juin

  • Japon : selon Associated Press, les responsables de la compagnie Kansai Electric Power reconnaissent dans une conférence de presse que les travaux demandés pour protéger la centrale d'Ohi contre un séisme et un tsunami de type de Fukushima n'ont pas pu être réalisés dans un délai aussi court et que si le feu vert est donné pour le redémarrage des réacteurs, cela se fera avec les mêmes risques qu'avant.
  • Japon : Masataka Shimizu, dirigeant de Tepco au moment de l'accident est mis en examen. Il est notamment accusé d'avoir mystérieusement disparu pendant les jours qui ont suivi l'accident en mars 2011.
  • Japon : selon un rapport de l'ASN, Autorité de sûreté nucléaire, Tepco espère pouvoir rénover les thermomètres défaillants du réacteur n°2 d'ici le mois de juillet 2012. Tepco essaie de programmer le déchargement des piscines de stockage du réacteur n°3, mais se heurte à de nombreuses difficultés du fait de la présence de nombreux débris dans les piscines. Tepco construit actuellement une enceinte pour limiter les émissions radioactives en provenance des piscines du réacteur n°4. Ces piscines ont été consolidées sommairement. Tepco cherche comment intervenir pour récupérer les débris tombés dans les piscines, condition préalable avant de pouvoir sortir les barres de combustibles. Reprenant des données de l'IRSN, le rapport précise que la surface où le césium est à plus de 10 000 bq/m² fait 24 000 km² (deux fois la surface de l'Ile-de-France). Il n'est pas indiqué combien de personnes vivent dans cette zone. Ni combien la centrale continue d'émettre de radioactivité jour après jour.

 

9 juin

  • Japon : le site Fukushima Over Blog traduit l'essentiel d'une émission passée sur la télévision Asahi le 25 mai dernier, avec une enquête sur les risques d'effondrement des piscines du réacteur n°4 de Fukushima. Un ingénieur de Toshiba explique "il y a des murs, mais rien ne permet de savoir s'ils sont encore stables"… et de regretter que seul Tepco ait pu faire des mesures, sans aucune contre-expertise. Un directeur d'une entreprise sous-traitante informe que ces piscines sont refroidies avec une installation de fortune qui ne résistera pas à un fort tremblement de terre et interroge le gouvernement pour savoir si un plan a été prévu au cas où les piscines se videraient brutalement. Pour Hiroaki Koide, professeur à l’Institut de Recherche Nucléaire Universitaire de Kyoto, si les piscines s'effondrent, la radioactivité relâchée serait de l'ordre de 5000 fois la bombe sur Hiroshima.
  • Japon : selon l'enquête parlementaire en cours, rapporte Associated press, le manque de connaissances des conseillers du gouvernement a entraîné quantité de réunions d'informations qui ont eu comme conséquences de faire perdre un temps précieux aux experts du nucléaire. Cela a aussi provoqué une très mauvaise diffusion des informations, notamment sur la diffusion de la radioactivité et les processus d'évacuation des populations provoquant une irradiation inutile de ces dernières. 
  • Japon : selon le gouvernement, 18 % des évacués ne devraient pas pouvoir retourner chez eux dans les dix prochaines années. Cette information reprise par les principaux médias du pays masque qu'en fait ce sont des millions de personnes qui devraient être évacués… Nouvel exemple de déni du danger des radiations.

 

11 juin

  • Japon : selon le quotidien Mainichi Japan, une commission locale de sûreté nucléaire s'est réunie près d'Ohi pour étudier les propositions de redémarrage proposées par le gouvernement. Environ 70 personnes manifestent à l'extérieur avec des pancartes "Ne prenez pas de décisions contraires à l'opinion de la population" "Ne pas respecter le peuple est une violence". La commission conclut que tout est parfait.
  • Japon : selon le quotidien Mainichi Japan, 1300 personnes évacuées de la région de Fukushima ont porté plainte contre Tepco et les autorités de sûreté nucléaire pour actes délictueux : sous-estimation sur les conséquences d'un séisme, d'un tsunami, retard dans l'annonce de la contamination radioactive…

 

12 juin

  • Suisse : les compagnies électriques présentent trois scénarios possibles de sortie du nucléaire d'ici 2035. Ces scénarios prévoient un mixte entre un renforcement des barrages hydrauliques et des retenues d'eau pour suivre les variations de production et de consommation, la construction de centrales thermiques gaz et le développement des énergies renouvelables. Les scénarios diffèrent au niveau de la consommation électrique : selon les hypothèses, on va, pour 2050, d'une augmentation de 25 % à une baisse de 7 %. Le scénario qui laisse croître la consommation coûterait 100 milliards d'euros, celui de descente énergétique 125 milliards d'euros.

 

13 juin

  • Allemagne : les compagnies électriques réclament 15 milliards d'euros de dédommagement pour fermer leurs réacteurs nucléaires.
  • Japon : le gouvernement a lancé une campagne "Cool biz" pour inciter les entreprises à stopper leur climatisation… ce qui éviterait les pointes de consommation électrique en été.
  • France : Thierry Charles, directeur de la sûreté des installations nucléaires, et porte-parole de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire reconnaît dans un entretien au site Environnement 2 B qu'à Fukushima "la situation demeure précaire". Les moyens de contrôle se dégradent avec le temps rendant la stabilisation des cœurs plus difficile. "Une grande partie du cœur du réacteur n°1 a fondu et a traversé la cuve. C’est la même chose pour les réacteurs 2 et 3 dont une partie a également traversé la cuve".
  • Japon : les quotidiens japonais révèlent que le gouvernement est en train de réserver des chambres d'hôtel et des salles de conférences sur la commune d'Ohi, en vue d'annoncer le redémarrage des deux réacteurs présents sur la commune.
  • Inde : 22 militants antinucléaires ont été arrêtés suite aux occupations permanentes pour empêcher l'ouverture du chantier de six réacteurs EPR à Jaitapur.

 

14 juin

  • Suisse : le débat sur la sortie du nucléaire permet d'obtenir un chiffre intéressant : la seule consommation d'internet dans le pays représente 4640 gigawatts-heure par an soit plus que la production d'un réacteur nucléaire. En extrapolant à la France, cela ferait donc de l'ordre de sept à huit réacteurs !

 

15 juin

  • France : Christian Holbé (délégué syndical central et délégué du personnel CGT), analyste en sûreté au sein de l'IRSN, dénonce le fait que les stress-tests sur les réacteurs sont censés être faits en six mois, alors qu'il faudrait au moins deux ans et avec des moyens financiers supplémentaires. Il s'étonne aussi de l'absence de contrôle du côté du nucléaire militaire alors que cela relève aussi de l'IRSN.
  • Europe : Greenpeace publie une contre-expertise sur l'état des réacteurs nucléaires. Les experts mandatés concluent que les stress-tests demandés par l'Union européenne sous-estiment les risques mêmes qui ont permis la catastrophe de Fukushima. Plusieurs réacteurs en bord de mer ne résisterait pas à une inondation, nombreux sont ceux qui ne résisteraient pas à un séisme majeur, les chutes d'avion intentionnelles ou non sont ignorées. (en anglais : http://www.greenpeace.org/eu-unit/Global/eu-unit/reports-briefings/2012 pubs/Pubs 2 Apr-Jun/Critical Review of the EU Stress Test.pdf)

 

16 juin

  • Japon : en dépit de l'opposition de 80 % des Japonais, le premier ministre ordonne le redémarrage de deux réacteurs nucléaires à Ohi, réacteur situé sur la côte ouest du Japon, à hauteur d'Osaka (de l'autre côté par rapport à Fukushima). Les réacteurs 3 et 4 d'Ohi pourraient être remis en route d'ici le 21 juin selon la compagnie d'électricité. Ce viol de la démocratie a été obtenu en mettant la pression (notamment économique) sur les élus locaux qui ont progressivement changé d'avis et signé les autorisations nécessaires. Le premier ministre a précisé que d'ici août le gouvernement présenterait un plan énergétique qui prévoirait un recours minimal au nucléaire. Environ 11000 personnes ont manifesté pendant 48 heures devant le siège du gouvernement à Tokyo. Kenzaburo Oe, prix Nobel de littérature et plusieurs autres personnalités ont été reçus par le gouvernement à qui a été remis une pétition signée par plus de sept millions de personnes demandant l'arrêt définitif du nucléaire. Les opposants rappellent que les réacteurs d'Ohi sont tout autant vulnérables à un tsunami ou à un séisme qu'avant le 11 mars 2011 puisque aucune modification n'a été faite. Ils rappellent aussi que ces réacteurs ont été fortement critiqués car ils sont situés sur une faille sismique qui passe entre les réacteurs 2 et 3 ! Satoshi Kamata, journaliste célèbre au Japon, écrit au gouvernement un texte intitulé : "le Japon attend Nagasaki après Hiroshima" sous-entendant que l'on est en train de prendre le risque d'avoir un nouvel accident. Il clame ainsi "Que cesse un pouvoir qui privilégie l'économie au détriment de la sécurité de ses citoyens".
  • Japon : selon la chaîne de télévision NHK, un très haut niveau de radioactivité a été détecté par Tepco sur le réacteur n°2 de Fukushima. Un robot introduit au 5e étage, à environ 4,5 mètres au-dessus du cœur du réacteur a en effet mesuré un taux de 880 millisieverts par heure. Tepco estime que c'est provoqué par des écoulements de matières radioactives en dehors de l'enceinte de confinement.
  • Monde : une pétition internationale de soutien est lancée pour protester contre le redémarrage des réacteurs au Japon alors que ceux de Fukushima ne sont toujours pas arrêtés. (http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/communiques/affiche.php?aff=880)
  • Japon  : alors que la communauté bouddhiste ne s'était jamais prononcée sur la question du nucléaire, ses prêtres prennent publiquement position contre le recours à cette énergie.

 

17 juin

  • Allemagne : selon le Süddeutsche Zeitung, RWE, deuxième électricien du pays, envisage d'arrêter ses activités nucléaires non seulement dans le pays, mais également à l'étranger (elle est présente notamment en Grande-Bretagne), estimant que cette technologie n'a plus d'avenir.
  • Japon : l'éditorial du Japon Times titre "Le regrettable forcing pour redémarrer les réacteurs" et rappelle une nouvelle fois que les réacteurs n'ont fait l'objet d'aucune mise aux nouvelles normes de l'après-Fukushima.
  • Japon : à 22h32 (heure française), fort séisme de magnitude 6,4 sur la côte est du pays, au niveau de Sendai, donc légèrement au nord de Fukushima.
  • Japon : 73 maires envoient une lettre ouverte au premier ministre pour protester contre le redémarrage de réacteurs alors que la situation n'est toujours pas stabilisée à Fukushima et que l'urgence est de reloger les personnes évacuées. Plusieurs préfets (équivalent de nos présidents de région) protestent également.
  • Japon : 1300 personnes évacuées de la zone interdite de Fukushima portent plainte contre Tepco et les autorités de sûreté pour "crime". 33 personnes sont nommément impliquées par la plainte.

 

18 juin

  • Japon : la société Japan Nuclear Fuel annonce la reprise des tests de vitrification des déchets sur le site de Rokkasho. Cette usine fournie par Areva devait initialement fonctionner… en 2007 ! Malheureusement, les essais de fonctionnement ont toujours jusqu'à maintenant donné de mauvais résultats. Le lobby essaie donc de relancer la machine.
  • Japon : selon la chaîne de télévision TVNZ plus de 70 % des Japonais pensent qu'il est possible de passer l'été sans redémarrer de réacteurs, uniquement en étant économe sur ses consommation d'énergie et en limitant la climatisation.
  • Japon : alerte météo : un typhon arrive sur la côte est par le sud. Les vents sont prévus à 260 km/h.
  • Japon : contre-feu du gouvernement qui annonce un ambitieux programme en faveur des énergies renouvelables, avec des prix d'achat subventionnés généreux pour l'électricité en provenance du solaire et de l'éolien (le double de ce qui se pratique en Allemagne). Le gouvernement espère ainsi provoquer une montée en puissance des renouvelables de 2000 MW en un an.

 

19 juin

  • Japon : plusieurs ministres ont présenté leurs excuses publiquement après que le gouvernement des Etats-Unis ait annoncé qu'il ne comprenait pas pourquoi les cartes fournies par leurs scientifiques portant sur le nuage radioactif de Fukushima n'ont pas été rendues publiques au moment de l'accident. Le ministère des sciences a expliqué le  blocage en affirmant qu'il n'était pas possible de s'assurer de la fiabilité des données. C'est sans doute pour la même raison que le gouvernement japonais ne transmet pas les études américaines qui estiment qu'il faut augmenter la zone d'évacuation ou qu'il faut considérer Tokyo comme une zone contaminée.
  • Grande-Bretagne : L'Autorité de démantèlement nucléaire britannique annonce l'arrêt de l'usine de retraitement Thorp à Sellafield en 2018, l'équivalent de l'usine Areva de La Hague. Cela confirme l'abandon de la possibilité d'y extraire du plutonium pour fabriquer du combustible Mox (mélange uranium-plutonium). La France reste donc le seul pays au monde à miser sur cette technologie très polluante.
  • Japon : Le typhon Guchol – le 5e de l'année – a touché le sud du Japon avec des vents à 240km/h remontant ensuite le long des côtes en s'affaiblissant : seulement 120 km/h au niveau de Fukushima. Record de précipitations dans le sud du pays.

 

 

20 juin

  • Japon : Toshiba veut utiliser les zones contaminées autour de Fukushima pour y installer une centrale solaire de 100 MW. Le site choisi est sur la commune évacuée de Minami Soma, à 25 km du réacteur. Le coût du projet est de 300 millions d'euros et la production électrique pourrait commencer en 2014.
  • Allemagne : malgré l'arrêt de la moitié de ses réacteurs nucléaires, le pays reste largement exportateur : 8,2 milliards de kWh pour le premier trimestre 2012. Cela signifie que sur la production des 9 réacteurs encore en activité, 4 n'ont servi qu'à l'exportation.

 

21 juin

  • Suède : un chien découvre des explosifs placés sous un camion qui circulait à l'intérieur du site de la centrale de Ringhals. Les autorités ont signalé que ce n'est pas la première fois qu'une telle tentative a lieu : depuis 2005, plusieurs fois des explosifs ont ainsi été trouvés.
  • Normandie : tourisme antinucléaire. Un paquebot de l'association Peace Boat — 900 voyageurs — est arrivé au port du Havre. Un bus de militants écologistes japonais a ensuite été en visite sur les sites de Penly et Paluel pour y rencontrer les antinucléaires locaux.

 

22 juin

  • Japon : mobilisation antinucléaire à Tokyo : plus de 30 000 personnes essaient de manifester devant la résidence du Premier ministre. Des personnalités présentes dans la foule expliquent notamment que l'Agence de sûreté nucléaire qui a donné son feu vert à la compagnie d'électricité Kansai Electric, gérante des réacteurs de Ohi, va être dissoute dans les semaines à venir à la suite de révélations sur sa corruption par le lobby nucléaire… ce qui laisse planer le doute sur la validité des rapports faits sur la sûreté à Ohi. Comme à chaque manifestation la police gêne au maximum les manifestants : ceux-ci n'ont le droit d'occuper que la moitié de la largeur du trottoir et n'ont pas le droit de bloquer la chaussée… donc cela fait une file interminable de manifestants, certains fort loin du lieu de manifestation. Face à cela des groupes proches de l'extrême-droite ont appelé à une manifestation pro-nucléaire. Là, pas de difficulté pour compter le nombre de manifestants : 12 selon les médias.

 

23 juin

  • Japon : The Japon Times annonce que 8 des 20 principaux dirigeants de TEPCO qui ont été "démissionnés" après l'accident de Fukushima, se sont trouvé des situations enviables dans d'autres compagnies. Ceci ne devrait pas les exempter de passer en procès un jour. Dans son éditorial, il dénonce la collusion entre les dirigeants des compagnies électriques et les autorités "indépendantes" chargées de les surveiller.

 

25 juin

  • Japon : selon l'agence de presse Chine nouvelle, pour la première fois depuis l'accident de Fukushima des fruits de mer pêchés dans la région ont été commercialisés par une coopérative de pêcheurs. Les fruits de mer ont été ébouillantés (ce qui ne change strictement rien à la radioactivité !) et ont trouvé preneurs en étant vendus 40 % moins cher que le prix du marché.
  • Etats-Unis : L'autorité de sûreté nucléaire vient d'autoriser l'augmentation de puissance de deux réacteurs de Turkey Point de 15 %… alors que les cuves de ces réacteurs prévues pour résister 30 ans ont déjà 39 et 40 ans ! 

 

26 juin

  • Japon : deux séismologues de renom, Katsuhiko Ishibashi, sismologue à l'université de Kobé et Mitsuhisa Watanabe, professeur de géomorphologie à l'université de Tokyo donnent une conférence de presse commune : ils dénoncent les modes de calcul des autorités de sûreté nucléaire, ironisent sur leur indépendance… et prédisent qu'un prochain tremblement de terre peut toujours mettre à mal la centrale d'Ohi. Rappelons que ces mêmes sismologues avaient donné une conférence de presse en 2007, après un tremblement de terre qui avait provoqué l'arrêt définitif de plusieurs réacteurs nucléaires… et qu'ils avaient annoncé alors un scénario très proche de ce qui s'est passé à Fukushima.
 

27 juin

  • Japon : TEPCO annonce des niveaux records de radiation dans le réacteur n°1. Jusqu'à 10 SV/h mesuré par un robot : dix fois plus que ce qui a été mesuré dans les réacteurs 2 et 3. Un humain y recevrait sa dose annuelle en 20 secondes ! Ce niveau record indique que le cœur du réacteur est de plus en plus à l'air libre. Il indique également qu'il sera extrêmement difficile de stopper la réaction nucléaire, car seuls des robots peuvent approcher le lieu. 
  • Japon : l'Etat investit 10 milliards d'euros dans le capital de TEPCO et devient ainsi le principal actionnaire de l'entreprise (50,11 %) en sérieuse difficulté.
  • Inde : vive polémique dans le pays après que le gouvernement ait annoncé le recours à des psychiatres pour faire changer d'avis une population pour le moment très largement antinucléaire. L'ancien chef d'Etat-major de la marine, l’amiral L. Ramdas, n'a pu s'empêcher d'ironiser dans la presse en se demandant si les psychiatres ne devraient pas plutôt aider les membres du gouvernement qui ne semblent pas comprendre pourquoi on peut être contre le nucléaire.

 

28 juin

  • France : le Réseau Sortir du nucléaire rend publics des documents confidentiels de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, transmis à l'association de manière anonyme, qui font état de défauts génériques sur les centrales de Paluel (Seine-Maritime), Flamanville (Manche) et Saint-Alban (Isère). Les piscines des huit réacteurs concernés ne sont pas aux normes pour résister à un séisme. Cette anomalie avait été au départ trouvée sur les piscines de la centrale de Cattenom (Nord).
  • France : l'ASN, autorité de sûreté nucléaire, publie la liste de mise aux normes des réacteurs français après Fukushima. Les travaux exigés sont estimés à 10 milliards d'euros. L'ASN précise que ces mesures sont provisoires, Fukushima n'ayant pas encore donné tous les "enseignements" que l'on peut en tirer.
  • Japon : un groupe de parlementaires opposés au nucléaire publie un classement des centrales nucléaires du pays en fonction des risques d'accident. Ce groupe estime que 24 réacteurs doivent être définitivement fermés du fait de leur proximité avec des failles. Les réacteurs 1 et 2 de la centrale d'Ohi arrivent en tête du fait de son emplacement sur une faille séismique très active. Ils sont suivis par les réacteurs 3 et 4 de la même centrale. Ce sont les réacteurs 3 et 4 qui sont pourtant en voie d'être redémarrés.
  • Japon : la préfecture de Fukushima indique que 9779 personnes ont quitté la région pour les mois d'avril et mai 2012. Depuis l'accident, on approcherait les 200 000 départs volontaires soit environ 10 % de la population. 

 

29 juin

  • Japon : dès le matin, plusieurs dizaines de milliers de manifestants antinucléaires (entre 15 000 selon la police et 60 000 selon les organisateurs) manifestent autour de la résidence du premier Ministre. Alors que jusqu'à maintenant les manifestations se tenaient sagement sur les trottoirs, cette fois, les manifestants ont désobéi aux policiers pour envahir les rues. La manifestation grossit alors toute la journée et le soir, ce sont entre 150 000 et 200 000 personnes qui bloquent le quartier. C'est la plus grosse manifestation antinucléaire jamais organisée au Japon.

 

30 juin

  • Japon : Le journal de Tokyo rapporte une étude médicale portant sur 2022 enfants de 0 à 7 ans vivant dans la préfecture de Fukushima. Sur cet échantillon, 141 présentent une contamination au césium dans leur urine. Trois enfants dépassent 10 bq/kg : les trois ont des parents qui ont continué à consommer des produits de leur potager après l'accident.
  • Japon : TEPCO annonce que le système de refroidissement de la piscine de combustible du réacteur n°1 de Fukushima est tombé en panne. C'est la deuxième panne de ce genre. Ces pannes nécessitent des réparations d'urgence car la température dans les piscines peut augmenter très rapidement.
  • France : le CEA et Bouygues annonce un accord pour la construction d'un nouveau réacteur Astrid à Marcoule (Gard). Il s'agit d'un surgénérateur expérimental de 600 MW fonctionnant au plutonium et au sodium. Le groupe parlementaire EELV dénonce une provocation et annonce qu'il ne votera pas la confiance au gouvernement si ce projet est maintenu. Il demande que les 650 millions du contrat soient réinvestis dans la maîtrise de l'énergie et les énergies renouvelables. 
 
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