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Chronologie d'une catastrophe

Juin 2011

1er juin

  • 7h, l'AIEA, Agence internationale de l'énergie atomique, après avoir enquêté au Japon estime dans un rapport préliminaire que cet accident est le pire depuis Tchernobyl, que le risque séismique et de tsunami avaient été sous-évalués. Les dix-huit experts jugent exemplaire l'engagement des travailleurs japonais sur le site. Ils approuvent la démarche de TEPCO pour faire baisser la température des réacteurs. Ils demandent de mettre en place un suivi de l'exposition à la radioactivité des populations. Bref, on gère…
  • 8h, il a neigé sur le département de Fukushima, au-dessus de 1300 m, entre mi-avril et début mai… et les mesures dans la neige indique que celle-ci était radioactive : les analyses rendues publiques ce jour par l'Université de Fukushima donnent, pour 14 localisations différentes, une pollution au césium va de 200 bq/kg à 3000 bq/kg. Cette neige a fondu depuis et les autorités déconseillent de boire de l'eau du robinet.
  • 8h, la tempête tropicale qui a suivi les côtes du Japon du Sud au Nord toute la journée d'hier a provoqué à Fukushima des vents de plus de 100 km/h, soulevant les poussières et dispersant la radioactivité sur une plus grande surface… Ceci risque de se reproduire à chaque coup de vent.
  • 8h, conférence de presse de Bruno Chareyron, directeur de la CRII-Rad à Tokyo. La CRII-Rad conteste la limite d'exposition fixée à 20 mSv/an, estimant que c'est une dose trop élevée, et ceci d'autant plus qu'à la contamination par l'extérieur s'ajoute l'irradiation interne (respiration et alimentation) qui n'est pas prise en compte dans cette limite. Il indique que pour le moment, les mesures indépendantes confirment sensiblement les niveaux donnés officiellement… et qu'en conséquence, il faut continuer à évacuer les populations plus largement. Ainsi la ville de Koriyama, bien que située à 60 km doit être évacuée. Problème : elle compte 300 000 habitants.
  • 8h, un sondage indique que 80 % des Japonais estiment que le gouvernement ment sur la question de Fukushima. Il reste donc 20 % de naïfs !
  • 8h, sortie du livre La vérité sur le nucléaire, le choix interdit de Corinne Lepage, ancienne ministre de l'environnement et avocate.
  • 10h, Ségolène Royal, dans une conférence, trouve la décision allemande "audacieuse" "volontariste" et relance son projet d'une France, première puissance écologique. Revirement spectaculaire pour celle qui au lendemain de l'accident, avait dénoncé "l'indécence" des opposants au nucléaire.
  • 13h, une quinzaine d'organisations genevoises interpellent le Conseil d'Etat et le Grand conseil du canton de Genève pour leur rappeler qu'ils doivent constitutionnellement d'opposer à tout projet nucléaire dans le voisinage… et qu'un projet de stockage de déchets nucléaire est actuellement à l'étude sur le site de Bugey, à 120 km de Genève.
  • 14h, rebondissement en Italie. Alors que le gouvernement avait décidé de ne plus faire le référendum sur le nucléaire prévu les 12 et 13 juin, la Cour de cassation estime que le gouvernement ne peut légalement l'annuler. La gauche et les antinucléaires sont satisfaits, les sondages prédisant un rejet massif d'un retour du nucléaire.
  • 17h, Eric Besson, ministre de l'énergie, annonce la convocation d'une réunion de la filière énergétique pour étudier comment la France va pouvoir faire face… à la fermeture des centrales nucléaires allemandes ! En effet, si la sécheresse se poursuit, de nombreux réacteurs français pourraient être mis à l'arrêt par manque d'eau de refroidissement… et la France risque de ne pas pouvoir importer d'électricité depuis l'Allemagne !
  • 18h, un des deux réacteurs de Civaux est mis à l'arrêt par manque d'eau, le débit de la Vienne étant trop faible pour assurer le refroidissement et les lâchers d'eau à partir des lacs de retenus ne pouvant être maintenu plus longtemps.
  • 20h, nouveau rapport de l'IRSN. La situation est "stable". Autrement dit, la catastrophe se poursuit. La rapport est plein de questions sans réponse. L'une d'entre elles porte sur la solidité des piscines de stockage du combustible, placées en hauteur, en cas de nouveau tremblement de terre.
  • 20h30, le site cyberpresse.ca reprend un sondage paru au Japon : la plupart des Japonais pensent qu'ils surmonteront les conséquences du tremblement de terre et du tsunami du 11 mars 2011, mais 60 % craignent d'avoir été irradiés ou que des proches l'aient été par les rejets de la centrale de Fukushima. 8 % sont pour augmenter l'usage du nucléaire, 44 % souhaite que cette part diminue, 46 % seraient pour le statu quo. 79 % estiment que le gouvernement n'a pas été à la hauteur. 86 % que TEPCO n'a pas été à la hauteur.
  • 21h, huit associations nationales (Greenpeace, WWF, Amis de la Terre, Réseau Action Climat-France, Réseau Action Climat-France, HELIO International et Comité de Liaison Énergies Renouvelables) annonce leur refus de participer à une table-ronde sur l'efficacité énergétique tant que les mesures actées dans le Grenelle de l'Environnement ne seront pas concrétisés et tant que l'on ne pourra aborder la question des modes de production de l'énergie (le nucléaire en particulier).

 

2 juin

  • 8h, le gouvernement japonais annonce un accord avec l'industrie pharmaceutique pour distribuer deux médicaments connus pour favoriser la fixation et l'élimination du plutonium dans le corps. C'est pour le moins étrange quand on sait que la version officielle est que les retombées de plutonium n'ont pas dépassé les zones évacuées.
  • 10h, le gouvernement conservateur de Bulgarie annonce qu'il ne renonce pas à son programme nucléaire : actuellement deux réacteurs fonctionnent mais doivent être fermés en 2017 et 2019. Deux nouveaux réacteurs de technologie russe sont prévus pour les remplacer… Un consortium russe et français (EDF) se propose d'étudier comment prolonger la durée de vie des centrales existantes.
  • 10h, Calin Georgescu, rapporteur spécial des Nations-Unies invite la Pologne a organisé un référendum sur la question de la première centrale nucléaire "au moment où l'Europe s'engage dans la sortie du nucléaire". Le gouvernement français doit apprécier !
  • 11h, Takeshi Tanigawa, professeur d'Université, ancien consultant de TEPCO, s'inquiète publiquement de l'état de fatigue des travailleurs présents sur le site de Fukushima. Il craint que cette fatigue entraîne d'autres accidents. Il dénonce le fait que certains restent pendant dix jours sur le site sans même pouvoir se laver, encore moins rentrer chez soi pour se reposer. Il craint aussi des problèmes psychologiques graves alors que ces travailleurs n'arrivent pas à endiguer l'accident.

 

 

3 juin 

  • 1h, Japon Steel Works a construit la totalité des pièces nécessaires aux 53 réacteurs japonais. C'est la seule usine sidérurgique au monde capable de fabriquer les grands composants en acier forgé — notamment la cuve — nécessaires dans les réacteurs nucléaires de grande puissance. La firme annonce qu'elle cesse son activité dans ce domaine. Le manque de débouchés prévisibles pour le futur l'incite à prendre cette mesure. Cette décision est fondamentale : avec l'arrêt de cette production, il ne sera plus possible de fabriquer des réacteurs de type EPR comme celui en construction à Flamanville ! Les autres aciéries spécialisées dans ce domaine (Areva à Chalon-sur-Saône et une autre en Russie) ne peuvent pas fabriquer les pièces nécessaires aux réacteurs de plus de 1000 MW. Après la fermeture de cette chaîne de fabrication, les capacités de construction de nouveaux réacteurs ne sont plus que de quelques unités par an… et les réacteurs devront être de moindre taille (comme c'est le cas de ceux prévus en Chine). Il n'y aura plus de quoi maintenir le nucléaire seulement au niveau d'aujourd'hui. La tentation va être de faire durer les réacteurs vieillissants d'aujourd'hui… ce qui augmente les risques d'accident.
  • 11h, le gouverneur de la préfecture de Shizuoka demande une contre-expertise sur les analyses de radioactivité concernant le thé. Les annonces sur la contamination du thé menace en effet l'économie de la région qui produit 40 % du thé au Japon. Le Ministère de la Santé lui répond qu'il n'est pas question de remettre les décisions d'interdiction de vente en cause.
  • 12h, alors que les limites d'exposition ont été portées de 20mSv à 250 mSv par an pour les personnes sur le site, des mesures sur deux des ouvriers indiquent qu'ils ont déjà pris entre 210 et 580 mSv pour l'un en externe auxquels se rajoutent 74 en interne ; l'autre entre 200 et 510 en externe et 89 en interne.
  • 15h, manifestation devant la centrale de Civaux dont déjà un réacteur est à l'arrêt. Présence d'Eva Joly et de Yannick Jadot, députés européens. Eva Joly annonce que dans les négociations avec les socialistes, les écologistes demanderont non seulement un plan de sortie du nucléaire, mais la fermeture des réacteurs les plus anciens : Fessenheim, Bugey et Tricastin.
  • 15h, en Allemagne, les Verts estiment que le plan de sortie du nucléaire n'est pas assez ambitieux. Les centrales nucléaires pourraient être fermées plus rapidement, mais surtout, il faut une politique énergétique plus ferme pour pouvoir aussi commencer à fermer les centrales à charbon.
  • 15h, en Belgique, le maire de Gand, informé par Greenpeace du passage d'un train de déchets radioactifs, prend un arrêté pour l'interdire. L'affaire est portée devant les tribunaux car pour la SNCB il n'y a pas d'alternatives. Le 6 juin, le tribunal autorise le transport. La mairie de Gand demande alors à voir l'autorisation pour vérifier si tout est légal. Le tribunal ne lui répond pas…

 

4 juin

  • 8h, TEPCO annonce qu'un robot entré dans le bâtiment réacteur n°1 a filmé et mesuré un jet de vapeur radioactif qui semble sortir de la cuve. La fuite atteint 4000 mSv/heure. Elle interdit de fait toute approche par un humain.
  • 11h, NISA, l'agence de sûreté nucléaire nippone, reconnaît dans une conférence de presse avoir censuré des mesures. Ainsi du Tellurium132 a été détecté à 6 km du réacteur dès le 12 mars 2011, preuve évidente que les explosions n'ont pas été provoquées par des bulles d'hydrogène mais par une fusion du cœur. NISA a reconnu ne pas avoir communiqué des données sur le nuage d'iode radioactif. Lequel a atteint des niveaux très importants dans la deuxième quinzaine de mars… jusqu'à des distances bien supérieures aux zones où les gens ont été invités à rester enfermés chez eux. Le gouvernement a présenté ces excuses pour ses mensonges… soigneusement planifiés. C'est en effet la stratégie adopté au niveau international pour éviter des mouvements de panique : une fois que vous savez que vous êtes contaminés, vous savez que vous pouvez prendre un peu plus de temps pour vous en aller.
  • 22h, TF1 annonce la publication d'un sondage dans le Journal du Dimanche : 77 % des Français sont pour la sortie du nucléaire (+7% en deux mois), dont 15 % le plus rapidement possible (-4%). Seuls 22 % des sondés sont pour la poursuite d'un programme nucléaire. Dans le détail, il y aurait quand même 13 % des électeurs Verts favorables au nucléaire… mais plus intéressant : pour la première fois, les partisans de la sortie du nucléaire sont majoritaires dans tous les partis, y compris l'UMP (55 %). Commentaire de Cécile Duflot, secrétaire nationale d'Europe-Ecologie-Les Verts : "les citoyens évoluent plus vite que leurs dirigeants".

 

5 juin

  • 7h, TEPCO organise une ronde de camions pour amener des citernes sur le site pour y stocker l'eau radioactive, ne disposant plus de place sur le site et la barge située au large étant remplie. Ces nouvelles citernes permettent de stocker 40 000 tonnes supplémentaires.
  • 8h, TEPCO annonce que des morceaux de béton rejetés lors de l'explosion du réacteur n°3 ont été récupéré à proximité avec des taux de contamination allant de 550 à 950 mSv/heure, ce qui signifie qu'un ouvrier ne peut s'en approcher que quelques minutes avant d'atteindre la limite d'exposition annuelle !
  • 15h, environ 2000 personnes manifestent à Barcelone pour la fermeture immédiate des centrales d'Asco et de Vandellos, construites au sud de la Catalogne.

 

 

6 juin

  • 7h, la valeur de Tepco baisse de 28 % à la bourse de Tokyo sur rumeur d'un placement en redressement judiciaire. Tepco, première compagnie d'électricité au Japon, pourrait perdre jusqu'à 7 milliards d'euros en 2011.
  • 10h, selon l'agence de Sûreté nucléaire du Japon, NISA, le total des émissions radioactives, dans l'air à la date du 5 avril (il y a donc deux mois) était de 850 000 terabecquerels et non 630 000 comme annoncé avant. La quantité d'iode et de césium radioactifs présente dans les 105 000 tonnes d'eau stockées dans les sous-sols serait de 720 000 terabecquerels. (le total de la radioactivité relâchée par Tchernobyl est estimé entre 5 et 12 millions de terabecquerels).
  • 18h, le gouvernement allemand présente un vaste plan industriel pour rendre possible la sortie du nucléaire : huit réacteurs nucléaires sont définitivement arrêtés (il en reste donc 9). De nouvelles centrales au gaz (à hauteur de 10 000 MW, ce qui couvre presque la production nucléaire totale) vont être construites, les plus propres possibles. Des prêts bonifiés vont être soutenus par l'Etat pour l'isolation des bâtiments. L'énergie photovoltaïque va être moins subventionnée, les subventions étant orientées vers l'éolien en mer (lequel doit permettre de fermer des centrales au charbon, de manière à réduire les émissions de gaz à effet de serre malgré les nouvelles centrales au gaz).
  • 19h, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) publie un rapport sur les énergies dans le futur. Cette étude prend en compte le ralentissement du nucléaire après Fukushima. Selon l'AIE, c'est le gaz qui devrait devenir dominant dans les années à venir (21 % de l'énergie dans le monde aujourd'hui, 25 % prévisible en 2035). Même si le gaz est le plus propre des énergies fossiles, cette évolution n'est pas compatible avec l'objectif de réduction des gaz à effet de serre.
  • 19h, le titre EDF en Bourse est au plus bas : 26 euros contre 87 euros il y a cinq ans. Le milieu boursier indique ainsi qu'il ne croit plus au choix de l'entreprise en faveur du nucléaire.
  • 21h, EDF annonce le redémarrage du deuxième réacteur de la centrale de Civaux arrêté le 1er juin… malgré un débit en aval de 12,1 m3/s. Le débit a légèrement remonté suite aux orages du week-end. Version EDF : il s'agissait d'un arrêt pour entretien. Version qui ne tient pas : en quatre jours, le réacteur n'a pas pu être totalement arrêté. C'est bien le manque d'eau qui a conduit à cet arrêt.

 

7 juin

  • 8h, conférence d'un groupe de parents de Tokyo qui suite à des analyses réalisées par l'ACRO (laboratoire indépendant français) alerte le gouvernement sur la nécessité de prendre des mesures de protection à Tokyo, les doses mesurées dans les sols sont parfois à un seuil élevé (jusqu'à 2300 bq/kg, soit le tiers des doses trouvées dans les cours d'école de Fukushima ville). Les doses cumulées sur un an prévisibles peuvent alors dépasser les limites autorisées. Des journalistes japonais mettent sur internet une vidéo montrant une personne qui se promène dans les rues de Koto Ward, un quartier de Tokyo avec un compteur Geiger… qui mesure jusqu'à 5,77 msV. Cela confirme ce qu'affirment le groupe des parents ce jour : la contamination à Tokyo en césium est en train de monter.
  • 8h, nouvelles révélations sur les mensonges des autorités japonaises : dans un rapport transmis à l'AIEA, l'agence de Sûreté nucléaire du Japon NISA indique que le cœur des réacteurs 1, 2 et 3 sont entrés en fusion quelques heures seulement après le tremblement de terre et ont percé leurs cuves dès les premiers jours de l'accident. Le gouvernement japonais réagit en annonçant la mise en place d'une nouvelle autorité de contrôle "tout à fait indépendante". Comme pour les accidents nucléaires, il y a donc une échelle d'indépendance !
  • Dans la foulée, TEPCO reconnaît que les données sur les rejets radioactifs sont estimées et qu'elles sont sans doute plus élevées dans la réalité. Des spécialistes estiment également que TEPCO ment en annonçant qu'il espère stabiliser la situation d'ici la fin de l'année.
  • 9h, le gouvernement interdit à TEPCO de reversé à la mer 3000 tonnes d'eau contaminées dans le réacteur voisin de Fukushima-Daini. Cette eau est entré dans le réacteur au moment du tsunami et depuis le réacteur est à l'arrêt.
  • 9h, le Professeur Toshihiro Yamamoto de l’Université de Kyoto, un expert en physique des réacteurs, ne se satisfait des nouvelles explications données par NISA. Selon lui, la présence de Tellurium 132 retrouvé à des distances importantes du site ne peut s'expliquer par les scénarios présentés aujourd'hui.

 

8 juin

  • 1h, un site internet japonais présente le bilan des suicides au Japon : ils sont en hausse de 18 % sur un an de mai 2010 à mai 2011. Il y a une hausse au nord du Japon, mais à peine supérieure à la tendance dans le reste du pays (+39 % quand même dans le département de Fukushima).
  • 8h, présentation dans L'Express, des essais de sûreté nucléaire dans les locaux du CEA sur des réacteurs reproduits à l'échelle 1/700e et 1/5000e. Commentaire d'un ingénieur du secteur automobile auprès du Réseau Sortir du nucléaire : c'est comme si on faisait des crash tests sur des véhicules de 0,8 mm de long !
  • 8h, La Stampa quotidien espagnol, rappelle que l'Espagne est le premier producteur d'électricité éolienne au monde, avec 19 000 éoliennes qui ont produit en 2010 21 % de l'électricité du pays à un prix moyen plus bas qu'en France (0,38 e/kWh contre 0,475 en France). La revue rappelle également que c'est l'Espagne qui vend de l'électricité à la France nucléaire.
  • 13h, le gouvernement publie un bilan de ses échanges dans le domaine de l'énergie : la France a vu sa facture pour les importations énergétiques augmenter de 20 % en 2010 pour atteindre 47,8 milliards d'euros. Le nucléaire n'est-il pas censé nous assurer notre indépendance ?

 

9 juin

  • 5h, le gouvernement japonais révèle avoir trouvé du strontiuml-89 et -90 dans onze communes situées en-dehors des zones évacuées. Le strontium se fixe dans les os et provoque cancer des os et leucémies. Une des communes est à 62 km de la centrale nucléaire ! Le gouvernement confirme la validité des données indépendantes, notamment celles fournies par Greenpeace. Il indique étudier comment élargir la zone d'évacuation.
  • 9h, des scientifiques britanniques s'inquiètent dans The Telegraph des annonces de fusion des cœurs des trois réacteurs. Selon eux, si la matière atomique venait à sortir à l'air libre, les taux de radioactivité pourrait être énormes.
  • 15h, au Parlement européen, les eurodéputés ont vivement protesté contre l'accord entre Etats concernant les stress-tests, estimant qu'ils ne sont pas à la hauteur de ce qu'il faudrait faire. Ils contestent que les résultats ne soient pas contraignants (par exemple si l'on trouve des défauts génériques dans tous les réacteurs français, on ne sera pas obligé de les arrêter le temps de les réparer !), que l'attentat terroriste n'est pas envisagé. Les socialistes, les écologistes, l'extrême-gauche et les libéraux ont sensiblement émis les mêmes critiques. Seuls les conservateurs ne sont pas montés au créneau : c'est l'un des leurs qui a mené les négociations.
  • 14h, 400 élus de la région alsace ont déjà signé un appel demandant la fermeture de la centrale de Fessenheim. Un nombre qui a doublé depuis l'accident japonais.
  • 15h, AREVA annonce que son usine pour traiter les eaux radioactives pourrait fonctionner dès le 15 juin 2011. Installée sur le site de Fukushima, elle "traiterait" 1200 tonnes d'eau par jour. La radioactivité serait "piégée" dans des boues, lesquelles seraient ensuite séchées et stockées dans des blocs de béton. Opération de communication ou réelle efficacité ?
  • 15h, alors que les Italiens doivent voter le 12 et 13 juin pour l'abandon définitif du nucléaire, le Vatican publie un communiqué très diplomatique… mais qui "condamne une technique toute-puissante non maîtrisée".
  • 18h, le conseil national suisse, étudiant les mesures à prendre pour accompagner la sortie du nucléaire ont voté pour l'interdiction du chauffage électrique. Celui-ci devra avoir totalement disparu d'ici 2025.

 

10 juin

  • 5h, le quotidien Daily Yomiuri révèle que malgré les consignes d'évacuation, il resterait au moins 1700 enfants dans la zone comprise entre 20 et 30 km de la centrale.

 

11 juin

  • 0h, le gouvernement japonais donne quelques statistiques : environ 120 000 personnes ont été évacuées soit de la zone interdite (environ 100 000) soit parce que leur maison a été détruite par le tremblement de terre (environ 20 000 hors zone contaminée). 28 000 ont été relogées et 92 000 vivent dans des centres d'évacuation. 49 000 ont retrouvé un emploi. Le gouvernement a également indiqué que ce sont des millions de Japonais qui vont maintenant devoir vivre dans un environnement plus ou moins radioactif.
  • 7h, nouvelle manifestation antinucléaire à Tokyo. Plusieurs milliers de manifestants demandent que le gouvernement continue à fermer les réacteurs encore en fonctionnement et que soit lancé un plan énergétique propre.
  • 14h, le gouvernement britannique annonce la saisie d'une tonnes de champignon en provenance de Bulgarie. Les champignons sont trop radioactifs : jusqu'à 6000 bq/kg (10 fois la limite). Les champignons proviennent de zones touchées par le nuage de Tchernobyl.
  • 15h, une cinquantaine de manifestations se sont tenues en France pour marquer les trois mois de l'accident de Fukushima. A Paris, pour une fois, il y a eu du monde : près de 5000 personnes. L'occasion pour Yves Cochet, député EELV, de rappeler que la sortie du nucléaire constituait un enjeu important pour les négociations avec les socialistes. Martine Aubry a déclaré à l'issu de la manifestation : "Sortir du nucléaire, on peut le faire. Il reste à convaincre l'ensemble du parti socialiste, mais c'est possible". Ils étaient une centaine à Bordeaux, dont Noël Mamère pour demander la fermeture de la centrale du Blayais qui a juste 30 ans ce jour, durée de vie initialement prévue pour la centrale. Une centaine également à Toulouse pour demander la fermeture de la centrale de Golfech. Une centaine de personnes se sont rassemblées devant la centrale de Belleville-sur-Loire (Cher). Une centaine également à Colmar où le jeûne tournant pour la fermeture de Fessenheim a dépassé le 550 jours de jeûnes…
  • 18h, les syndicats dénoncent un courrier de Philippe Druelle, directeur adjoint à la production nucléaire d'EDF daté du 10 mai 2011 qui demande aux exploitants des centrales nucléaires d'accélérer les cadences pendant les périodes d'entretien. Les syndicats dénoncent cette accélération qu augmente le risque d'erreurs et donc le risque d'accident.
  • 18h, annonce d'un accident mortel sur le chantier de l'EPR à Flamanville. Un ouvrier de 32 ans est mort après une chute, le deuxième décès en quelques mois (le premier c'était le 24 janvier 2011) sur un chantier qui s'embourbe et qui compte déjà plus de deux ans de retard. La CGT a porté plainte.
  • 18h, confirmation devant le parlement allemand : les huit réacteurs arrêtés après le 11 mars 2011 sont définitivement arrêtés. Il en reste potentiellement neuf en fonctionnement.

 

12 juin

  • 17h, environ 2000 personnes ont manifesté en Suisse devant la centrale de Müehleberg pour en demander l'arrêt immédiat. Les manifestants venus de Berne, Bienne et Fribourg n'ont pas utilisé de voitures individuelles !
  • 19h, une télévision russe annonce que ses journalistes ont mesuré des taux de radioactive mille fois supérieurs aux limites à 80 km des réacteurs de Fukushima.

 

 

13 juin

  • 0h, TEPCO annonce que d'importantes quantités de strontium ont été mesurées dans les eaux stockées sous les réacteurs 1 et 2. La cause probable est que les cœurs en fusion sont en contact avec l'extérieur. Cette découverte oblige à revoir complètement la procédure envisagée pour le traitement des eaux radioactives. Ce traitement, proposé par Areva, suscite toujours des doutes importants de la part des spécialistes qui voient bien comment on peut condenser la radioactivité, mais pas comment on peut la diminuer.
  • 7h, le secrétariat d'Etat à l'Energie des Etats-Unis estime que la radioactivité relâché par Fukushima a atteint 60 millions de curies, soit plus que l'accident de Tchernobyl (estimé à 50 millions de curies).
  • 14h, TEPCO annonce que six nouveaux "liquidateurs" présentent des taux de contamination trop importants (supérieurs à 250 mSv) et 88 autres approchent les limites. L'inquiétude est qu'il va falloir peu à peu renouveler le personnel… Il y a 2400 personnes qui se relaient actuellement sur le site et seulement 70 000 personnes formées dans le pays pour l'entretien de l'ensemble du parc nucléaire. Et les volontaires ne se bousculent pas !
  • 20h, avec 57 % de participation, le référendum italien sur la question du nucléaire a recueilli 94,3 % des voix contre le nucléaire. C'est la première fois depuis 16 ans que le quorum de 50 % pour un référendum est atteint… et c'est donc une confirmation du référendum de 1987 qui avait déjà demandé la sortie du nucléaire alors que 4 réacteurs étaient en construction dans la péninsule. Nicolas Sarkozy qui avait annoncé avoir vendu 4 EPR à l'Italie, va devoir changer de discours !

 

14 juin

  • 1h, un sondage réalisé pour le quotidien Asahi indique que 75 % des Japonais sont pour une sortie du nucléaire ; 65 % sont prêts à payer leur électricité plus cher si nécessaire pour le développement des énergies renouvelables. La quotidien rappelle que le refus du nucléaire n'est pas récent : en 2008, un précédent sondage indiquait que seuls 36 % des Japonais étaient favorable au développement de cette énergie. Reste que, comme en France, la démocratie ne s'applique pas dans ce pays.
  • 1h, la préfecture de Fukushima annonce avoir commandé 34 000 dosimètres qui seront remis aux enfants de 4 à 15 ans, pour suivre leur niveau de contamination. Ceux-ci devront les porter dans leur cartable en permanence pendant trois mois à partir de septembre.
  • 2h, en pleine nuit au Japon (vers minuit là-bas), les caméras de surveillance de TEPCO montrent des nuages de vapeurs puis une explosion. Les journalistes demandent ce que c'est en constatant que TEPCO ne communique pas sur le sujet. Ce n'est que le lendemain matin que le gouvernement répond enfin à ce qui s'est passé : il semble que suite à une élévation importante de la température dans le réacteur n°4, TEPCO ait provoqué une explosion d'hydrogène… Le réacteur n°4 est normalement à l'arrêt, mais des fuites dans les piscines de stockage du combustible nécessitaient depuis trois mois un constant refroidissement.
  • 6h, des groupes écologistes mettent en garde après avoir mesuré des taux de radioactivité importants dans les filtres à air des voitures à Tokyo.
  • 9h, le cours de l'action d'AREVA a baissé de plus de 20 % depuis le 11 mars 2011, signe de défiance de plus en plus marqué des investisseurs envers le nucléaire.
  • 11h, la chaîne de télévision NHK indique que 22 des 47 départements du Japon ont procédé à une recherche de contamination sur leurs sols… et que 16 (soit un tiers du pays) en ont trouvé. Le taux de radioactivité va décroissant du nord au sud… un sud qui dépasse largement Tokyo pour descendre jusqu'à Osaka.
  • 14h, EDF annonce la fermeture d'ici 2015 de deux des trois tranches de la centrale du Havre. Il s'agit d'une centrale thermique au charbon ! Alors que l'on peut avoir besoin de ces centrales thermiques pour provisoirement remplacer les réacteurs nucléaires en cas de décision politique de sortie du nucléaire, EDF essaie de rendre les choses plus compliquées ! Avec les centrales thermiques actuellement disponible en France, il est possible de stopper du jour au lendemain environ la moitié des réacteurs nucléaires.

 

15 juin

  • 0h, le quotidien Yomiuri Shimbun annonce la probable sortie forcée du nucléaire au Japon d'ici moins d'un an. Selon le journal, 35 réacteurs sur 54 sont à l'arrêt. Sur 49 110 MW de puissance théorique, il n'y a plus que 16 550 MW en activité. Non seulement aucun réacteur n'a redémarré depuis le 11 mars 2011, mais le personnel de haut niveau qui pourrait donner les autorisations pour redémarrer étant entièrement mobilisé sur Fukushima, plus aucune opération de maintenance n'est possible sur les réacteurs qui sont arrêtés seulement pour maintenance. Si cela se poursuit ainsi, le quotidien estime que d'ici un an tous les réacteurs seront arrêtés, faute de vérification de la maintenance.
  • 8h, une de Télérama de ce jour : "Le nucléaire, c'est déjà hier". Avec en illustration des éoliennes en mer.
  • 10h, selon une étude publiée par le gouvernement, les boues des stations d'épuration sont trop radioactives dans au moins 16 des 47 préfectures du pays. Après celle de Fukushima, ce sont les régions au nord de Tokyo, puis Tokyo qui sont le plus touchées.
  • 10h, ouverture de l'enquête publique concernant la construction d'ITER à Cadarache. La consultation publique est ouverte jusqu'au 20 juillet (et prolongeable un mois donc pendant les vacances) et le contestataire devra se plonger dans un dossier de 3500 pages s'il veut pouvoir s'assurer que ses critiques sont pertinentes. Relevons-en quand même quelques unes : rien n'indique que ITER puisse fonctionner un jour ; on ne sait pas qui le paiera car son coût s'est envolé (on en est à 16 milliards… alors que seuls 6 milliards sont trouvés) ; il sera sur la zone la plus séismique de France ; il ne produira de l'énergie que pendant 600 secondes… juste de le temps de vérifier quelques hypothèses avant que l'on passe au prototype suivant.
  • 11h, TEPCO annonce que les plans pour la construction d'un sarcophage pour le réacteur n°1 de Fukushima sont réalisés. Le chantier pourrait commencer dès cet été… si la radioactivité n'est pas trop importante, si le réacteur est maîtrisé. Si… si… si…
  • 16h, deux baleines chassées par les pécheurs japonais ont été déclarées impropres à la consommation : trop radioactives ! Oh pardon : au Japon, on ne tue officiellement des baleines que pour les programmes de recherche scientifiques.
  • 16h, La Recherche publie un sondage sur les Français face à la science. A une question sur la confiance que l'on fait aux scientifiques pour dire la vérité sur les résultats et les conséquences de leurs travaux, le nucléaire et les OGM arrivent en tête de la défiance avec 58 % qui ne font pas confiance aux scientifiques (et seulement 5 % qui leur font totalement confiance). A la question de savoir qui peut le mieux expliquer les enjeux de la recherche, les chercheurs arrivent en tête, le gouvernement en queue (1% tout à fait confiance, 17 % plutôt confiance), juste devant les députés (1% tout à fait confiance, 25 % plutôt confiance).
  • 16h, alors que le 2 juin 2011, les médias français reprenaient une information selon laquelle l'Arabie Saoudite voulait investir massivement dans le nucléaire, le ministre du pétrole, Ali Al-Naimi, en voyage en Pologne, a démenti cette information : il annonce au contraire que c'est dans le solaire que son pays veut investir et qu'il s'intéresse au projet Desertec, projet de centrale solaire géante dans le désert pour le moment envisagée dans le Sahara. Ali Al-Naimi a estimé que d'ici 2020, son seul pays pourrait produire jusqu'à quatre fois la demande mondiale actuelle d'électricité.

 

> Suite (du 16 au 30 juin)