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Chronologie d'une catastrophe

Juillet 2011

1er juillet

  • Du cesium retrouvé dans les urines d’enfants de Fukushima à la une du Japan Times et d’autres quotidiens. De petites quantités de cesium ont été analysées dans les urines de 10 enfants de Fukushima confirmant leur exposition aux radiations. L’analyse a été effectuée par le laboratoire français indépendant ACRO. D’après le test, les plus grandes quantités d’isotopes sont 1.13 becquerels de cesium 134 par litre d’urine chez une petite fille de 8 ans pendant et 1.30 becquerels de cesium 137 par litre d’urine chez un petit garçon de 7 ans. Les associations pressent le gouvernement japonais d’effectuer des tests auprès de tous les enfants de Fukushima. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110701a2.html
  • L’Acro dans son communiqué de presse déclare : « ces résultats devraient inciter les autorités japonaises à mesurer systématiquement la contamination interne des habitants qui ont été exposés aux panaches radioactifs et de ceux qui vivent dans les territoires contaminés et qui sont donc vraisemblablement soumis à une contamination chronique. Cela peut se faire sans difficulté technique (par anthropogammamétrie). »
  • Dans le Mainichi, le ministre chargé de l’Education et de la Science Yoshiaki Takagi, lui répond que les taux de radioactivité présents dans l’urine des enfants ne posent aucun risque pour la santé. Le total des expositions au rayonnement interne pour les enfants jusqu'à ce qu'ils atteignent 70 ans serait 7,8 microsieverts de césium radioactif 134 et 8,9 microsieverts de césium 137, contre la dose annuelle admissible de 1 000 microsieverts pour le public, a dit le ministre.Des contrôles de santé seraient nécessaires pour une analyse plus détaillée, mais ce n'est pas quelque chose qui affecte immédiatement la santé des enfants, a dit Takagi.
  • 113 foyers ont été identifiés comme « zones chaudes » Le gouvernement a désigné 113 résidences comme « zones chaudes radioactives » et a recommandé aux personnes vivant dans ces lieux de déménager bien qu’ils ne soient pas situés dans la zone d’évacuation de la centrale de Fukushima. Les quartiers concernés dépasseraient la norme d’exposition aux radiations fixée par le gouvernement à 20 millisieverts annuels. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110701a3.html
  • Le nouveau Président de Tepco et son prédécesseur en visite chez les maires de la préfecture de Fukushima. Le maire d’Iwaki leur a fait part de la colère de ses administrés qui auraient dû recevoir l’information de rester cloitrés à leur domicile suite à la catastrophe ; mais qui ne l’ont jamais reçu. Le maire a remis au président une lettre demandant que Tepco gère la crise aussi rapidement que possible et indemnise correctement les populations concernées. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110701x2.html
  • La barge flottante « Megafloat » entre en action. Cette barge de 136 mètres de long et de 46 mètres de large peut contenir jusqu’à 10 000 tonnes d’eau. 8 000 tonnes d’eau « faiblement radioactives » provenant des réacteurs 5 et 6 vont y être stockées par Tepco, qui avait demandé à l’origine à l’évacuer en mer. http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/nn20110701a3.html

 

2 juillet

  • TEPCO annoncé que les piscines de combustible nucléaire sont refroidies à un niveau stable. Le système de refroidissement, qui a commencé à fonctionner dans le réacteur n° 3 jeudi, a porté la température de la piscine de stockage du combustible nucléaire du réacteur juste au-dessous de 40 degrés Celsius par rapport au niveau précédent de 62 degrés. Comme le refroidissement a progressé plus rapidement que prévu initialement, TEPCO affirme que la température sera probablement stabilisée autour de 30 degrés dans quelques jours. La température de la piscine de combustible usé du réacteur n ° 2 a déjà baissé à ce niveau.
  • TEPCO est préoccupée par de probables difficultés dans l'installation du système de refroidissement du réacteur n ° 4. L’explosion d'hydrogène en mars a endommagé la tuyauterie nécessaire pour le système et les débris laissés entravent les travaux de construction. Il pourrait donc avoir un retard dans son plan d'installation. NHK, le samedi 02 Juillet, 2011 13:22 0900 (JST)
  • De nombreuses villes japonaises veulent conclure des accords de sécurité avec les opérateurs des centrales nucléaires avoisinantes. Dans le Mainichi, suite à la catastrophe de Fukushima, 37 municipalités japonaises ont faire part de leurs démarches de conclure des plans de sureté avec les industriels du nucléaire. Les zones de sureté sont actuellement de 10 km autour des centrales mais la catastrophe a démontré que la radioactivité s’étendait bien plus loin. Les maires veulent donc que ces zones soient revues. Cependant les industriels ne sont pas enthousiastes à l’idée de revoir ces plans car cela va augmenter leurs coûts opérationnels. http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20110702p2a00m0na015000c.html
  • Tepco a communiqué des photos des digues de fortune qu’il a installé autour de la centrale pour prévenir d’un éventuel tsunami de 7-8 mètres. http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20110702p2a00m0na007000c.html
  • Dans un article du Wall Street Journal, Toshiso Kosako, l’ancien conseiller nucléaire du Premier ministre japonais Naoto Kan, a fustigé la gestion gouvernementale de la crise, et prédit de nouvelles révélations sur les menaces de rayonnement auprès du public dans les prochains mois. Dans sa première interview avec les media depuis sa démission en avril en signe de protestation, Toshiso Kosako, l’un des principaux experts du pays sur la sûreté radiologique, a déclaré que le gouvernement de M. Kan a été lent pour tester les dangers de la contamination marine et aussi à gérer les menaces de rayonnement, afin de minimiser les coûts de nettoyage. Il a également déclaré « "Le mécanisme de décision du gouvernement est opaque. Les raisons des décisions ne sont jamais évidentes. Cela ne ressemble pas à une société démocratique. Le Japon ressemble de plus en plus à un pays en développement en Asie orientale." http://online.wsj.com/article/SB10001424052702304450604576419560689685524.html

 

3 juillet

  • TEPCO affirme que le système de refroidissement des réacteurs est désormais entièrement réalisé par recyclage d’eau. La compagnie a déclaré que le système ne nécessite plus l'apport d'eau douce. Auparavant, le système nécessitait 2 à 3 tonnes d'eau fraîche par heure. Le recyclage de l'eau radioactive a repris samedi soir après avoir été suspendu suite à des fuites. Le dispositif de décontamination de l'eau a également dû être arrêté en raison d’erreur humaine. TEPCO a cité un manque de préparation dû à la vitesse de l'installation du système, qui se compose d'appareils japonais et étrangers. NHK, Sunday, July 03, 2011 07:56 +0900 (JST)
  • Près de 80 personnes âgées qui ont été évacuées de maisons de retraites à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima 1 sont décédées dans les trois mois de la catastrophe qui les a forcées à se déplacer, selon un sondage du Yomiuri Shimbun.

 

4 juillet

  • Dans le journal Asahi, Tepco n'a volontairement pas déclaré une possible explosion d'hydrogène.
  • D'après un rapport, 300 millisiverts par heure étaient détectés dans le réacteur 3 le 13 mars, un jour avant l'explosion et un risque d'explosion d'hydrogène était signalé, les combustibles étant à l'air libre. Mais Tepco n'a pas reporté la situation, ni à la NISA l'agence étatique, ni au gouvernement local.
  • Le Mainichi dénonce l'attitude d'Areva qui a profité de la catastrophe pour promouvoir ses réacteurs auprès des politiques américains avec une brochure "Les dossiers Fukushima" où Areva stipulait qu'avec ses réacteurs, jamais cet évènement ne se serait produit.
    http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/national/news/20110704p2a00m0na015000c.html
  • Japan Today annonce qu'environ 45% des enfants de la préfecture de Fukushima sont concernés par une exposition de la glande thyroïde aux radiations. L'enquête a été menée sur 1080 enfants âgés de 0 à 15 à Iwaki, Kawamata et Iitate du 26 au 30 Mars. Pourtant l'agence nucléaire japonaise la NISA a déclaré que cela ne nécessitait pas d'examens complémentaires.
    http://www.japantoday.com/category/national/view/45-of-kids-in-fukushima-survey-had-thyroid-exposure-to-radiation

 

5 juillet

 

6 juillet

  • La ville de Fukushima a affirmé mercredi que ses 300 000 habitants n'étaient pas menacés par les radiations provenant de la centrale nucléaire accidentée, malgré des appels à l'évacuation émanant d'associations locales.
    http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Japon-la-ville-de-Fukushima-affirme-que-ses-habitants-sont-en-securite-_6346-1863459-fils-tous_filDMA.Htm
  • Sur la télévision NHK le gouvernement annonce que le strontium, radioélément très cancérigène va être surveillé attentivement en mer.
    http://www3.nhk.or.jp/daily/english/06_08.html
  • Des résidents qui avaient intenté un procès en 2003 réclamant l'arrêt de la centrale de Hamaoka reviennent au tribunal. Ils citent la forte probabilité d'un accident nucléaire déclenché par le séisme qui, selon les spécialistes, frappera la région du TokaÔ.
  • Les exportations japonaises de produits agricoles, marins et forestiers de mai ont effectué un plongeon de plus de 16% par rapport à l'an dernier, en raison de la crise nucléaire à la centrale de Fukushima annonce NHK.
  • Des parents d'élèves ont adressé une pétition au maire de Tokyo pour prendre des mesures permettant d'assurer la sécurité alimentaire des écoliers de Tokyo déjeunant à l'école.
    Dans leur lettre de doléances, les parents ont demandé de non seulement mettre en place un système de contrôle pour détecter les radiations dans les légumes, poissons, lait et autres denrées alimentaires utilisées dans les cantines scolaires, mais aussi de se procurer ces aliments uniquement à partir de zones limitées.
    http://www3.nhk.or.jp/daily/english/06_35.html

 

7 juillet

  • Le gouvernement japonais est à nouveau sur la sellette après sa décision de soumettre tous les réacteurs nucléaires du pays à des tests de résistance pourtant destinés à rassurer l'opinion publique, indique Reuters. L'annonce soudaine de cette mesure a pris de court les autorités locales. Les tests de résistance menés au Japon seront calqués sur ceux de l'UE, ce qui signifie qu'il faudra près d'un an pour les mener à terme.
    http://www.lexpress.fr/actualites/2/monde/les-tests-de-resistance-nucleaires-sement-la-confusion-au-japon_1010118.html
  • « Fukushima : emblématique de la faillite des élites ». Le Mainichi Daily News annonce la couleur.
  • D’après le Wall Street Journal des ingénieurs de haut niveau appartenant à la firme Tepco savaient depuis des années que « cinq des réacteurs de la centrale avait un défaut de conception qui pouvait se révéler potentiellement dangereux. La société n’a jamais corrigé ces défauts, entraînant la catastrophe que l’on connaît au moment du tremblement de terre ».
  • Tepco annonce que le système de traitement de l’eau radioactive  a fonctionné à environ 76% de sa capacité quotidienne maximale de 1 200 tonnes entre le 29 Juin et le 5 Juillet. Tepco prévoit de relever le taux d'utilisation des capacités de 80% en juillet et 90% en août.
  • Un article dans le journal Asahi raconte la peur des parents de Fukushima qui en plein été ne laissent pas leurs enfants jouer dehors à cause des radiations. Même les habitations sont touchées, un homme de 43 ans qui vit avec ses trois enfants a trouvé des niveaux de rayonnement de plus de 1 microsievert dans les chambres de sa maison.

 

8 juillet

  • Tepco, après avoir échoué à envoyer un robot injecter de l’azote dans le réacteur 3 pour prévenir d’une possible explosion d’hydrogène, a envoyé une équipe de 6 hommes. En 9 minutes de travail, ils ont reçu 5,34 millisievert de rayonnement d’après l’opérateur.
  • La centrale nucléaire de Tokai Daini située dans la préfecture d’Ibaraki ne passe pas les tests de résistance sismique organisés par l’agence de sécurité nucléaire, annonce la chaine NHK http://www3.nhk.or.jp/daily/english/08_01.html
  • Des révélations démontrent que Kyushu Electric Power Co. une entreprise nucléaire a demandé à ses employés et sous-traitants d’envoyer des e-mails lors d’une émission télévisée pour manipuler l'opinion publique, en réclamant la réouverture des centrales fermées. Le maire de Genkai, où se situe une centrale de Kyushu Electric Power Co, a annoncé qu’il revenait sur sa décision de remettre en marche les réacteurs fermés.

 

9 juillet

  • Reuters rapporte que le premier ministre japonais a déclaré devant des cadres du parti qu’ «il faudra trois, cinq, voire dix ans pour parvenir à reprendre le contrôle, et même plusieurs décennies pour remédier aux conséquences de l’accident de Fukushima».
    http://www.20minutes.fr/ledirect/755861/fukushima-nettoyage-pourrait-prendre-annees-selon-premeir-ministre
  • Une feuille de route pour la décontamination de la centrale de Fukushima Daiichi indique que la suppression des barres de combustible nucléaire fondues pourrait commencer dans 10 ans, indique de son côté la chaine NHK.
  • Le Japan Times publie un article sur le combat des mères japonaises qui n’avaient auparavant jamais fait d’activisme politique. Ces mères descendent dans la rue pour exhorter le gouvernement à protéger leurs enfants des rayonnements. Frustrées par le manque d'information donné par le gouvernement, les mères ont formé des groupes sur Facebook, Twitter et des blogs pour partager leurs connaissances et des données sur l'exposition aux radiations. Ces femmes pressent le gouvernement d'abaisser le niveau d’exposition fixé à 20 millisieverts par an pour les enfants scolarisés dans la préfecture de  Fukushima. Leur site web : http://mscr2011.jugem.jp/?eid=4

 

10 juillet

  • NHK annonce que Tepco a une fois de plus suspendu le traitement de l’eau radioactive à cause de fuites dans le système.
  • Dans le journal Mainichi,  un groupe de scientifiques japonais va mener une opération « tournesols » en plantant ces fleurs dans les terres contaminées autour de Fukushima. En effet les fleurs de tournesol ont la capacité d’absorber le cesium et ont été utilisées près de Tchernobyl. Les fleurs ne devront pas être répandues dans l’atmosphère ensuite et devront être traitées comme déchets radioactifs. Une bactérie pourrait être utilisée pour réduire leur volume. http://mainichi.jp/photo/archive/news/2011/07/03/20110704k0000m040044000c.html
  • Un article dans le journal Asahi explique la problématique des combustibles usés pour l’industrie nucléaire qui ne sait pas où les stocker et les garde dans des piscines de refroidissement sur les sites des centrales. La radioactivité de ces combustibles est très forte et lors de catastrophes comme à Fukushima extrêmement dangereuse.
    Par ailleurs pour entreposer plus de combustibles dans les piscines les industriels réduisent l’espace entre les conteneurs et cela génère des dangers supplémentaires. La construction d’installations de stockage est nécessaire mais l’une d’entre elle où Tepco devait stocker 5 000 tonnes de combustibles usés a été stoppée en raison d’un tremblement de terre…

 

> Suite (du 11 au 20 juillet)