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Chronologie d'une catastrophe

1er juillet

  • Japon : le groupe de télécommunications SoftBank annonce le lancement d'une centrale éolienne offshore de 100 MW avec une vingtaine d'éoliennes, au large de la préfecture d'Ibaraki. Ce projet offshore, le plus grand actuellement, doit couvrir les besoins de 60 000 foyers. Le fondateur et patron de SoftBank, Masayoshi Son, est devenu après la catastrophe de Fukushima un militant antinucléaire qui a décidé d'investir dans l'énergie pour aider le Japon à se débarrasser de l'exploitation de l'atome au profit de ressources propres.
  • Japon : TEPCO annonce l'interruption pour deux mois de l'évacuation du combustible nucléaire de la piscine du réacteur n°4 ; officiellement pour la maintenance du matériel nécessaire. 1166 assemblages sur 1331 (88 %) et 22 neufs sur 202 (11 %) ont été déplacés dans la piscine centrale depuis mi-novembre 2013. TEPCO annonce avoir déjà fait 54 voyages et il en resterait 16 à faire. TEPCO dit que cela sera fini avant la fin de l'année.
  • Japon : pendant l'été 2013, une cuve a fui pendant un mois laissant s'échapper 300 m3 d'eau contaminée, contenant notamment 45 000 milliards de becquerels (45 TBq) de strontium. TEPCO annonce avoir fini de gratter la terre sous la cuve et en aval avoir réussi à récupérer 80 % du strontium. Les 20 % manquants (9 TBq quand même) se sont enfoncés dans le sol et iront sans doute rejoindre la mer d'ici quelques temps.
  • Japon : TEPCO publie les statistiques de doses enregistrées par les travailleurs en mai 2014. Il y a 882 nouvelles personnes. La dose la plus importante est de 20,70 mSv et 34 dépassent 10 mSv : tous des sous-traitants.
  • Japon : annonçant une nouvelle interprétation de la Constitution qui précise dans son article 9 que le "Japon renonce à la guerre", le premier ministre Shinzo Abe annonce que le pays peut exercer un droit à l'"autodéfense collective". Selon lui, sans modifier la Constitution, le Japon pourrait venir en renfort d'un allié en cas de "menace pour la sécurité". Deux jours plus tôt, un militant pacifiste s'était immolé à Tokyo pour protester contre cette annonce. 10 000 personnes ont manifesté dans les rues de la capitale avec comme slogan "Pas de guerre", "non au nationalisme". Un sondage indique que 50 % des Japonais désapprouvent l'annonce du premier ministre, 34 % la soutiennent. Certains médias sous-entendent que cette décision nationaliste et les accrochages réguliers avec la Chine pour la propriété de quelques îles servent à masquer les difficultés économiques actuelles du gouvernement, difficultés pour une part liées au coût des conséquences de la catastrophe de Fukushima.
  • Japon : selon un expert du gouvernement, il ne fait aucun doute que du plutonium s'est écoulé en mer.
  • Brésil : la Société française pour l'énergie nucléaire ironise sur les doses de radioactivité reçues par les amateurs du mondial de football au Brésil. Alors que la radioactivité naturelle en France varie de 0,5 mSv/an en région parisienne à 4 mSv/an dans le centre de la Bretagne, la radioactivité sur les lieux des stades brésiliens dépasse par endroit 5 mSv/an. Le record de radioactivité naturelle au Brésil a été mesuré sur la plage de Guarapari (entre Rio et Salvador de Bahia) avec plus de 100 mSv/an soit des doses supérieures à celles justifiant l'évacuation autour de Fukushima (20 mSv/an).
 

2 juillet

  • Japon - Singapour : un accord commercial est signé pour que Singapour ne limite plus les produits alimentaires importés du Japon. Seules dix communes autour de la centrale de Fukushima voit leur production interdite d'exportation, ainsi que les champignons et les poissons de l'ensemble de la province.
  • Japon : alors que la limite pour les rejets en mer de l'eau pompée en amont des réacteurs est fixée à 1500 Bq/l, ce taux monte sans cesse et atteint maintenant 2300 Bq/l. TEPCO continue toutefois les rejets en mélangeant cette eau avec de l'eau de mer moins contaminée pour redescendre en-dessous de la limite.
  • Japon : un rapport du gouvernement est rendu public. Il concerne des contrôles faits entre avril et mai 2014. On y trouve un prélèvement dans un caniveau de la ville de Fukushima qui atteint 87 100 Bq/kg de césium 134 et 137, un autre dans un caniveau dans le quartier d'Edogawa à Tokyo indique 3800 Bq/kg en césium 134 et 137. Des valeurs évidemment anormalement élevées.
 

3 juillet

  • Japon : TEPCO annonce que les réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa ne pourront pas redémarrer cet été... et sans doute pas avant un an du fait des démarches administratives en cours. TEPCO avait annoncé que sans ces réacteurs, il serait obligé d'augmenter le prix de l'électricité, mais le gouvernement, maintenant actionnaire majoritaire, s'y oppose.
  • Japon : interrogé dans un entretien à la télévision publique NHK, un travailleur de Fukushima parle d'un "tueur silencieux" et de la "multiplication des personnes en mauvaise santé".
  • Japon : selon un recensement fait par le site globaljournalist.org au moins 30 mangas (bandes dessinées) ont déjà été publiées pour témoigner des conséquences de l'accident de Fukushima. Il semble que ce milieu de l'édition soit moins soumis à la censure que les grands médias traditionnels. La plus percutante est réalisée par Kazuto Tatsuta, qui a travaillé un temps sur le chantier de la centrale et qui raconte la vie quotidienne des "liquidateurs".
 

4 juillet

  • Japon : une étude publiée dans la revue Science montre que par suite des mouvements provoqués par le séisme du 11 mars 2011, le Mont Fuji, sommet du Japon, se trouve aujourd'hui dans un état de pression important. Alors qu'aucune éruption n'a eu lieu depuis 1707, les chercheurs estiment qu'aujourd'hui, elle serait possible.
  • Japon : la construction de la centrale nucléaire d'Ôma a commencé en 2008. Elle a été arrêtée en mars 2011 puis a repris en octobre 2012. La commune voisine de Hakodaté avait décidé de porter plainte et demande l'arrêt du chantier. La première audience au tribunal a lieu ce jour. La compagnie électrique et l'État ont refusé d'entrer dans le débat sur le danger nucléaire, argumentant sur l'incompétence de la commune à porter plainte.
  • Japon : des habitants de la commune de Nogami, à 8 km des réacteurs accidentés, ont engagé une démarche auprès des tribunaux pour demander une forte indemnisation forfaitaire qui leur permette de se réinstaller définitivement ailleurs. Ils ne croient plus à un possible retour chez eux, d'autant plus que la commune est pressentie pour y stocker les déchets nucléaires du chantier et de la décontamination.
  • Japon : Le toit du Centre de Recherche de Physique Nucléaire de l'Université d'Ôsaka est maintenant couvert de panneaux solaires.
  • Japon : la préfecture de Fukushima annonce que la baignade est autorisée dans les 14 lacs de la province et sur l'ensemble des plages... mais non seulement ne donne aucune mesure de radioactivité, mais en plus elle a retiré de son site internet les analyses de l'an dernier.
 

5 juillet

  • France : à l'appel de la coordination Stop Bugey, des ronds-points ont été occupés jusqu'à 50 km de la centrale, dans l'Ain, l'Isère, le Rhône et la Savoie, pour rappeler aux automobilistes : "Bugey, accident nucléaire, tous contaminés, évacués, ruinés".
  • Japon : la compagnie électrique propriétaire de la centrale de Tôkaï (province d'Iabaraki) vient de déposer un dossier auprès de la NRA pour obtenir l'autorisation de redémarrage du réacteur. C'est de l'acharnement car le réacteur a déjà été classé comme trop vieux et équipé de câbles électriques inflammables impossibles à remplacer. Le même exploitant dispose d'une autre centrale à Tsuruga, située sur une faille sismique, qui ne sera, sans doute, jamais plus exploitée.
  • Japon : le quotidien Asahi révèle que Satoru Tanaka, nouveau membre de la NRA, actuellement professeur en ingénierie nucléaire à l'Université de Tokyo, a touché des fonds de l'industrie nucléaire jusqu'en juin 2014. Il révèle qu'il est également rémunéré comme conseiller de Mitsubishi pour le développement de la filière surgénératrice. Les sommes ne sont pas connues. Il a refusé de répondre aux questions du quotidien. La loi interdit à un membre de la NRA de toucher plus de 500 000 yens par an (3600 €) de la part d'industriels. Le quotidien rappelle que les médias ont déjà dit qu'il avait touché 5 millions de yens de 2006 à 2011 de la part de l'industrie nucléaire et encore 500 000 yens en 2011 de la part de TEPCO. L'ancien gouvernement avait pris comme règle qu'un membre de la NRA ne devait rien avoir touché pendant au moins 3 ans de la part des industriels du nucléaire, mais le nouveau ministre de l'environnement a répondu ne pas vouloir appliquer cette règle.
  • Japon : après un contrôle des sacs de stockage de la terre contaminée raclée sur le sol, il s'avère que de nombreux sacs sont déjà déchirés... car des graines ont germé et sont passées à travers l'emballage. Une inspection va être menée sur 140 000 sacs répartis en 600 aires de stockage. Ces sacs n'ayant été prévus que pour une durée de trois ans, cela n'a rien d'étonnant.
  • Japon : l'eau du robinet à Tokyo présente une radioactivité de 0,00262 Bq/l, celle de la ville de Fukushima est à 0,00276 Bq/l. La NRA qui fait les contrôles affirme que pour le moment, c'est très faible, mais que cela augmente.
 

6 juillet

  • Japon : Mari Takenouchi, journaliste indépendante, mère d'un enfant de 4 ans, en lien avec des associations de mères de Fukushima, lance une pétition internationale pour demander l'évacuation des femmes enceintes et des enfants de la province de Fukushima. Cette journaliste a subi des pressions répétées de la part des autorités pour qu'elle cesse de publier des articles sur internet. Elle a reçu le soutien de Reporters sans frontière.
  • Japon : le gouvernement annonce que les frais de mise aux nouvelles normes des réacteurs nucléaires ont déjà coûté 16 milliards d'euros aux différentes compagnies... Alors que c'est loin d'être fini, on est déjà au double des estimations faites il y a un an.
  • Japon : les produits frais de Fukushima ont du mal à se vendre. Dans les grands magasins, les tomates de cette région se vendent moitié moins cher que les autres.
  • Japon : une panne de refroidissement a lieu dans les piscines du réacteur n°5. TEPCO se veut rassurant en annonçant qu'ils ont 9 jours pour réparer avant que cela ne pose un problème.
  • Japon : dans un parc public de la ville de Fukushima, situé à 52 km des réacteurs accidentés, le taux de radioactivité est mesuré à 2,2 microSv/h soit juste en-dessous de la limite annuelle tolérée de 20 mSv/an. Ou 20 fois la limite autorisée avant l'accident.
  • Japon : nouvelle donnée pour les cancers chez les enfants de la province de Fukushima : on en est à 120 cas diagnostiqués alors que statistiquement, il ne devrait n'y en avoir que 3.
 

7 juillet

  • France : un sondage réalisé pour le compte de l'Association des comités et commissions locales d'information (ANCCLI) posait la question de savoir à quelle distance d'une centrale, il faut habiter pour ne pas craindre un nuage radioactif en cas d'accident. Réponse moyenne : 330 km... une réponse qui monte même à 489 km pour ceux qui habitent à moins de 20 km d'un réacteur. Or, en France métropolitaine, personne n'habite à plus de 200 km d'un réacteur. L'ANCCLI demande que les plans particuliers d'intervention qui sont limités actuellement à 10 km autour des centrales soient étendus à 40 km.
  • Japon : après l'échec du gel d'une galerie souterraine par 17 tuyaux réfrigérant, en avril dernier, la NRA rend un rapport où elle estime que l'actuel chantier qui vise à créer une barrière gelée ne permettra pas de stopper l'écoulement de l'eau à la mer et demande à TEPCO de proposer d'autres solutions d'ici la fin du mois.
 

8 juillet

  • Japon : le sud du pays est touché par le plus violent typhon depuis 15 ans, avec des vents soufflant à 270 km/h, des pluies torrentielles, des vagues de 14 m de haut. La centrale nucléaire de Sendaï au sud du pays, dont le redémarrage est envisagé, est aux premières loges. Cette tempête provoque, de fait, le report de l'annonce de son avis favorable au redémarrage de ces deux réacteurs faite par l'autorité de sûreté nucléaire, NRA. (Nuclear Regulation Authority)
  • Japon : TEPCO annonce que la fuite sur le réacteur n°5 a été réparée et que le refroidissement des piscines a pu reprendre.
  • Japon : un an après la mise en place du nouveau référentiel de sûreté nucléaire, seuls les dossiers de 19 réacteurs sur 48 ont été transmis à la NRA. Cela pourrait signifier que les compagnies électriques ne se font pas d'illusion sur la possibilité d'un redémarrage des 29 autres réacteurs. Dix autres réacteurs ont d'ors et déjà été condamnés dont les 6 de Fukushima Daïchii.
  • Japon : la commune de Kashiwa, cité au nord de Tokyo, a été fortement touchée par les retombées radioactives. La commune a financé le contrôle de 369 personnes. Une contamination interne au césium a été détectée chez 20 d'entre elles dont 11 ont moins de 6 ans. La plus forte contamination est de 16,11 Bq/kg.
  • Japon : une étude de la NRA, datant de juillet 2013 (un an avant), montre que lors de prélèvements réalisés en février 2013, ses analyses montrent un taux de contamination 40 fois plus important que les chiffres communiqués à l'époque par TEPCO. Le rapport n'avait pas été rendu public jusqu'à aujourd'hui et a été révélé par l'agence Reuters.
  • Japon : une institutrice s'inquiète dans une école de la radioactivité dans la nourriture servie à la cantine. Après contrôle, les aliments s'avèrent trop contaminés. Réaction du cuisinier : "Disons que nous n'avons rien vu". L'institutrice a alerté les médias et a retiré sa fille de l'école.
 

9 juillet

  • Israël : deux roquettes tirées depuis la bande de Gaza s'écrasent près du réacteur nucléaire militaire de Dimona, dans le sud du pays.
  • Japon : la NRA demande à TEPCO d'appliquer le référentiel de sûreté concernant la résistance aux séismes et aux tsunamis, non seulement aux réacteurs de la centrale accidentée, mais aussi aux cuves de stockage de l'eau radioactive.
  • Japon : selon le ministère de l'environnement, les sacs remplis par la décontamination des sols et des habitations, représentent un volume de 143 689 tonnes. Cela concerne 12 provinces. Alors que le gouvernement s'est engagé à évacuer ces sacs avant mars 2015, il n'y aucun lieu de stockage trouvé pour l'instant.
 

10 juillet

  • Irak : le gouvernement a averti l'ONU que les insurgés jihadistes s'étaient emparés de 40 kg de matières fissiles présents sur le campus universitaire de Mossoul. Il s'agirait d'uranium faiblement enrichi, ne pouvant servir à une bombe nucléaire classique.
  • Japon : alors que le typhon s'est affaibli en traversant le pays, il arrive sur Fukushima. TEPCO annonce avoir renforcé les câbles qui fixent les grues et avoir vidé les réceptacles sous les cuves pour y retenir l'eau de pluie qui va s'y accumuler.
  • Japon : l'accident nucléaire de Fukushima a fait officiellement déjà 1729 morts liés aux déplacements et mauvaises conditions de relogements... et aucun mort par radiation (négationnisme).
 

11 juillet

  • Chine : annonce de la construction de deux nouvelles centrales nucléaires avec deux réacteurs chacune qui devraient fonctionner vers 2020.
  • Japon : l'organisation syndicale Tokyo Occupational Safety&Health Center a demandé à la NRA d'inclure dans la sûreté nucléaire l'information des travailleurs sur les doses radioactives qu'ils peuvent recevoir et les conséquences que cela peut avoir sur la santé. La NRA a répondu que cette demande était légitime.
  • Japon : pour prouver que tout va bien dans le meilleur des mondes, les restaurants du Parlement mettent au menu du riz de Fukushima.
  • Japon : le moine soto zen Brian Victoria publie une lettre ouverte au gouvernement dans le Japan Times : " En 2006, (...) les chercheurs ont concentré leur étude sur près de 1000 personnes ayant vécu dans trois communes proches de la centrale nucléaire [de Trawsfynydd, au nord du Pays-de-Galles] entre 1996 et 2005. L'incidence des cancers (tous types) chez les femmes de moins de 50 ans était selon le rapport 15 fois supérieure à la moyenne nationale. En outre, les femmes de 50 à 61 ans étaient cinq fois plus touchées par le cancer du sein que les femmes de cette tranche d'âge en général. Globalement, l'étude révélait un risque de cancer (tous types) multiplié par deux par rapport aux taux moyens de cancers en Angleterre et au Pays-de Galles. (...) Par conséquent, chaque fois que le gouvernement japonais donnera l'autorisation de redémarrer un réacteur nucléaire, les habitants vivant dans un rayon de 25 km seront à nouveau soumis à un risque accru de contracter des maladies mortelles".
 

12 juillet

  • Japon : séisme de magnitude 6,8 en face des côtes de Fukushima. Une alerte sur le chantier de la centrale a annoncé le séisme avec seulement 30 secondes d'avance et il a été fortement ressenti sur le site. TEPCO a indiqué qu'aucune nouvelle anomalie n'a été détectée, mais qu'il n'a pas été possible de mesurer l'ampleur du mini-tsunami qui a suivi car l'appareillage détruit en mars 2011 n'a pas été remis en état.
  • Japon : selon le site Fukushima Diary, plusieurs mesures faites par des associations indépendantes dans des lieux publics de Tokyo indiquent une contamination radioactive en césium 134/137 non négligeable. Le record représente 12,7 millisieverts par an soit 12,7 fois la limite fixée avant l'accident.
  • Japon : le site Fukushima Diary publie des photos montrant que les relèvements de certaines digues anti-tsunami sont constitués de simples sacs de sables... qui ne résisteraient pas à une grosse vague.
 

13 juillet

  • Belgique : la télévision publique RTBF annonce que les réacteurs Doel 3 et Tihange 2 pourraient ne plus jamais redémarrer. En effet, une nouvelle série de tests sur la résistance des cuves atteintes de vieillissement avec des milliers de micro-fissures, ne donnent pas des résultats rassurants. Ces réacteurs initialement prévus pour fonctionner jusqu'en 2022, sont à l'arrêt depuis la découverte des micro-fissures en 2012.
  • Japon : selon une étude des universités de Nagoya et de Tokyo, commandée par le ministère de l'éducation, effectuée auprès de 10 000 personnes évacuées, celles-ci se sont éloignées en moyenne de 273 km de la centrale lors du premier mois. En moyenne, l'éloignement s'est fait en 4,9 fois : d'abord réfugiés chez des proches, puis dans des hôtels puis en recherche de logements plus adaptés et plus définitifs. 76 % sont partis avec leur propre voiture, 10 % dans le véhicule d'un proche, les autres par des transports collectifs. Dans 42 %, les familles ont été séparées durant l'évacuation.
  • Japon : le site Fukushima Diary a mis en ligne des photos où l'on voit des plantes qui ont poussé sur des sacs de déchets radioactifs, ceux-ci étant alors percés.
  • Japon : à l'aide d'une caméra suspendue à une grue, TEPCO a pu découvrir en entrant par le haut que sous l'enceinte de confinement, une partie du toit du bâtiment réacteur n°3 s'est effondrée... laissant le cœur radioactif à l'air libre. 40 mois après le début de la catastrophe, on n'en est que là !
  • Japon : le site états-uniens Enenews publie des vidéos de personnes qui témoignent de leur problème de santé autour de Fukushima et qui dénoncent le "sacrifice" imposé par le gouvernement.
  • Japon : dans une émission de radio, le professeur Koide, de l'université de Kyoto, présente le chantier de Fukushima comme "un immense marécage" du fait des énormes quantités d'eau qui sont injectées en permanence pour essayer de refroidir des réacteurs en fusion dont la localisation n'est pas précise. L'idée du mur de glace est bien trop coûteuse pour être généralisée. Un refroidissement par air supposerait de pouvoir monter des installations près des cœurs. Ensevelir le tout sous le béton ne garantirait pas que l'on aille vers un arrêt des réactions nucléaires.
  • Japon : dans un parc public de la ville de Fukushima, une collecte de particules métalliques a été faite avec l'aide du passage d'un aimant : les poussières recueillies présentent un taux de 710 000 Bq/kg de césium 134/137. C'est plus de 7000 fois trop élevé.
 

14 juillet

  • Japon : du riz prélevé en mars 2014 à plus de 20 km de Fukushima présente un taux de contamination supérieur à la limite de commercialisation (100 Bq/kg), dans une zone où pour le moment les contrôles de l'année précédente n'avaient pas indiqué une telle contamination. TEPCO fait l'hypothèse que le nettoyage des débris du réacteur n°3 a pu provoquer des émissions de poussières radioactives qui se seraient déposées dans les rizières.
  • Japon : le gouvernement annonce que 157 foyers (329 personnes) de la commune de Kawauchi sont autorisés à rentrer chez eux suite à la décontamination. Mais cela provoque de vives oppositions des citoyens qui dénoncent le stockage aléatoire des sacs de déchets, la non-décontamination de nombreuses zones, l'absence de contrôle citoyen de la contamination... À l'arrivée seuls 20 foyers se sont déclarés intéressés pour revenir.
  • Japon : 7 hectares de la commune de Shibayama sont ré-ouverts à l'élevage. Le gouvernement a aidé à s'y installer 4 fermiers et 10 bovins. Les champs ont été tondus, grattés et resemés. Cela ne tient évidemment pas compte des rejets quotidiens de la centrale toute proche... qui re-contamine tout au fur et à mesure.
 

15 juillet

  • Japon-Kirghizistan : 70 voitures exportées par Nissan au Kirghizistan ont été bloquées par les douanes après qu'elles aient découvert un taux de radioactivité trop élevé. 132 véhicules avaient également été refoulés en janvier 2014 dans le port russe de Vladivostok. Nissan dispose d'une usine dans la ville de Fukushima où sont assemblés les moteurs. Si les moteurs sont contaminés, les habitants doivent l'être aussi ? On touche là aux limites du négationnisme japonais.
  • Japon : des chercheurs de la Japan Oil, Gas and Metals National Corporation annoncent avoir réussi à remonter, à la surface, de la "glace qui brûle" : des blocs de méthane congelés que l'on trouve en très haute pression au fond des mers, à plus de 7000 m de profondeur ou sous la banquise. Un bloc de glace d'un m3 contiendrait 164 m3 de méthane, une fois revenu à la pression atmosphérique. Des robots sont allés en chercher dans la fosse de Nankai, à 80 km des côtes du pays. Les réserves seraient considérables, de quoi doubler les réserves connues en énergies fossiles ; mais leur exploitation reste extrêmement risquée : en cas de fausse manipulation, le gaz peut exploser et provoquerait alors un gigantesque tsunami. Cette solution technologique serait également une énorme fuite en avant : le méthane étant un puissant gaz à effet de serre. Le Canada, la Russie et la Nouvelle-Zélande mènent également des recherches pour exploiter ces réserves de gaz.
  • France : interrogés sur les projets que doivent soutenir l'Union européenne, 5500 jeunes de 16 à 30 ans issus de l'ensemble des États, ont répondu à un questionnaire dont les résultats sont mis en ligne sur internet ce jour. À noter la demande de l'abandon complet du nucléaire et du passage aux 100 % renouvelables.
  • Japon : TEPCO annonce que la capacité de 830 000 m3 de cuves installées jusqu'à maintenant ne permettra pas de dépasser mars 2015 et lance donc un chantier pour ajouter 100 000 m3 de plus.
  • États-Unis : Enenews met en ligne un entretien télévisé avec un marin qui a été sous le nuage radioactif de Fukushima et qui est maintenant malade : paralysie progressive des jambes et des bras, éruptions cutanées, spasmes, tremblements... Interrogé à l'écran, un médecin répond que tout cela est psychologique.
 

 
> Suite (16-31 juillet 2014)