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Chronologie d'une catastrophe

1er juin

  • Japon : TEPCO estime que la fuite découverte le 28 mai a laissé écouler 15 m3 d'eau radioactive maximum.
  • Japon : le groupe de 14 experts chargé de vérifier le plan gouvernemental valide celui-ci sans surprise. Le nucléaire y figure à hauteur de 20 à 22 % en 2030… ce qui nécessiterait de construire de nouveaux réacteurs. Sachant qu'il faut 7 ans minimum pour construire un réacteur, cela signifie des mises en chantier au lendemain des Jeux olympiques de 2020. D'ici là, les actuels dirigeants seront évidemment à la retraite. Le plan va faire l'objet d'une consultation publique qui se terminera en août.
  • Japon : le pays s'apprêtant à passer un deuxième été sans recours au nucléaire, une nouvelle campagne démarre ce jour pour donner des conseils pour économiser sur la climatisation. Cette campagne dénommée "super cool biz" incite par exemple à aller au travail en chemise légère et sans cravate.

 

2 juin

  • Japon : la compagnie Kyushu annonce un retard d'au moins deux semaines pour le redémarrage de Sendaï 1, du fait du retard pris dans la vérifications des barres de combustible. Le redémarrage est maintenant prévu pour la fin août.
  • Belgique : A la suite d'une plainte de Greenpeace, le tribunal de première instance de Bruxelles, estime que la prolongation de la durée d'exploitation d'une centrale n'est pas contradictoire avec l'engagement de cesser la production d'électricité prévue dans le plan de sortie du nucléaire. "Exploiter" une centrale nucléaire sans produire de l'électricité serait une première ! C'est vrai qu'on peut rejeter la chaleur dans l'air juste pour le plaisir de réchauffer le climat... Le même tribunal a refusé de se prononcer sur le fait que la Belgique ne respecte pas certaines directives européennes.
  • Japon : inauguration d'un centre de repos près de la centrale accidentée, pouvant accueillir 1200 travailleurs et pouvant servir 3000 repas chauds par jour. Jusqu'à maintenant, les travailleurs, qui n'ont pas le temps de faire des aller et retour vers des zones avec hôtel, devaient se contenter de préfabriqués sales et peu confortables et devaient manger froid. Cela reste toutefois insuffisant, car il y a maintenant 7000 personnes qui travaillent sur le site. Pour faire "écolo", TEPCO annonce que la nourriture sera essentiellement locale... Non seulement les travailleurs vivent ainsi 100 % du temps en zone contaminée, mais en plus, ils vont manger de la nourriture polluée !
  • Japon : un rapport remis au gouvernement par des experts du nucléaire annonce que l'enfoncement des cœurs sous les réacteurs peut provoquer la formation de poches d'hydrogène entraînant le risque d'importantes explosions.
  • Japon : pour aider le secteur agricole, le gouvernement annonce le financement d'une "usine de légumes" hors-sol qui fonctionnera sans aucun contact avec l'air extérieur, sur un site situé seulement à 9 km des réacteurs accidentés. Budget : 8,6 millions d'euros. Alors que l'environnement se trouve à un niveau de radioactivité compris entre 20 et 50 mSv/an, le pari est d'arriver à produire des légumes à moins de 100 Bq/kg. TEPCO envisage d'en acheter pour nourrir les travailleurs du site. L'entreprise cherche des débouchés dans les supermarchés.
  • Suède : pour la première fois, la production des éoliennes a dépassé celle du nucléaire. Le pays qui pour le moment a renoncé à sortir du nucléaire compte une dizaine de réacteurs.

 

3 juin

  • Japon : l'inspection de la NRA, autorité de sûreté nucléaire, sur le tuyau percé découvert le 29 mai dernier, a permis d'apprendre que ce tuyau installé en octobre 2013 pour assurer l'écoulement des eaux de pluie a depuis été raccordé à un système de pompage d'eau très radioactive en provenance du réacteur n° 3, alors qu'il n'est pas prévu pour cela. La NRA a aussi découvert qu'il n'avait pas été vérifié une seule fois depuis sa mise en place. La NRA a exprimé son mécontentement.
  • Japon : TEPCO n'arrive pas à remonter son retard dans le traitement des eaux contaminées. L'entreprise annonce qu'au 31 mai 2015, 180 000 m3 d'eaux extrêmement radioactives ont été traités, mais seulement pour le césium et le strontium. TEPCO annonce un nouveau délai de deux mois pour finir le travail. Il y aura alors 620 000 m3 officiellement "traités" (sauf le tritium qui ne peut être retiré). Il faut y ajouter entre 300 et 400 m3 supplémentaires par jour.

 

4 juin

  • Japon : "Les Amis de la Terre" du Japon ont lancé une pétition internationale de soutien aux évacués volontaires, c'est-à-dire aux personnes qui, bien que vivant en dehors des zones évacuées, mais proches d'elles, ont préféré s'éloigner davantage. Celles-ci ont jusqu'ici bénéficié d'un relogement gratuit, ce que le gouvernement remet en cause. Il a annoncé la fin des aides pour 2017. Infos sur le site : www.foejapan.org.
  • Japon : TEPCO publie de nouvelles statistiques sur les travailleurs et les doses reçues. Au premier trimestre 2015, 42 610 personnes sont passées sur le site, alors que quotidiennement seulement 7000 y travaillent. Pourquoi six fois plus de personnes ? Parce qu'elles sont remplacées dès qu'ils atteignent la limite de 20 mSv par an. Il arrive que cette dose soit reçue en quelques jours.
  • Japon : le ministère de l'Environnement publie un rapport sur l'état d'avancement de la décontamination des zones évacuées. Officiellement, la décontamination est terminée dans quatre communes sur 11. Dans deux d'entre elles, l'ordre d'évacuation a été levé. Pour les deux autres, c'est encore à l'étude. Par "décontamination", il faut rappeler que le gouvernement admet des doses annuelles de 20 mSv par an... alors qu'avant l'accident, la limite était de 1 mSv/an. De nombreuses personnes refusent de réintégrer leur logement et demandent une décontamination réelle (en dessous de 1 mSv/an). Et ceci d'autant plus que le gouvernement a fait des calculs très spéciaux pour arriver à calculer le seuil de 20 mSv/an : par exemple, les forêts n'ont pas été décontaminées et restent interdites. 
    Dans 41 communes non évacuées de la province de Fukushima — où le seuil d'exposition est entre 1 et 20 mSv/an — des programmes de décontamination ont été lancés également. Ils ne sont terminés que dans deux communes et ne sont pas commencés dans 3.
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    3 communes sont concernées dans sept autres provinces. Selon le ministère, les travaux de décontamination sont terminés dans 19 d'entre elles et presque terminés dans 29 autres.
    Par décontamination, il faut donc entendre qu'il n'y a plus de "tâche" supérieure à 20 mSv/an dans les zones de vie. Comme le seuil reste élevé, les personnes de ces communes vont devoir vivre en permanence avec un dosimètre accroché à leurs vêtements. Rien n'est dit sur le fait que les dosimètres ne mesurent pas tout (ils sont peu sensibles à la radioactivité qui vous arrive dans le dos si vous le portez sur la poitrine), ni sur le fait que les gens vont devoir apprendre à interpréter les résultats et à modifier leurs comportements en conséquence.
  • Japon : Dans chacune des communes décontaminées, il existe un stockage en plein air des déchets collectés. De gros sacs qui restent sur place faute de lieu de stockage centralisé. Le ministère annonce qu'ils devront être évacués avant la fin de l'année (une zone de 16 km2 est actuellement en préparation près de la centrale et deux zones d'entreposage provisoire ont vu le jour, mais pour le moment 3000 m3 seulement y ont été apportés... sur 22 millions de m3 entassés dans les villages.
  • Japon : le site Fukushima diary montre en vidéo une mesure faite en se déplaçant dans la commune de Minamisoma. Alors que la NRA annonce sur son site une contamination de 0,093 microsievert/heure, la mesure faite devant caméra montre que cela va de 1,1 à 12 microsieverts/heure soit de 12 à 130 fois plus !

 

5 juin

  • Japon : le gouvernement se voit remettre un "Prix Fossile" par le Climate Action Network, (un réseau de 900 ONG présentes dans une centaine de pays]. Cette anti-récompense dénonce les faibles moyens mis en avant par le Japon pour lutter contre le réchauffement climatique et l'absence de volonté pour développer l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Le Japon était le seul pays industrialisé à avoir augmenté la proportion d'énergie fossile dans son mix énergétique entre 1990 et 2010 ! Donc avant l'accident de Fukushima. Ceci est intervenu au moment où le gouvernement annonçait un objectif de réduction de 26 % des gaz à effets de serre d'ici à 2030.

 

6 juin

  • Japon : faire revenir les gens dans des zones qui ne sont que très partiellement décontaminées pose un nouveau problème : ils produisent des déchets qui sont plus ou moins radioactifs ! Notamment, cela relance les stations d'épuration dont les boues concentrent la radioactivité. Ceci fait que le gouvernement va devoir organiser un tri des déchets. Les plus radioactifs [+ de 8000 Bq/kg] devront rejoindre la filière utilisée pour la décontamination des lieux. Le site de Tomioka ouvert en 2013 devrait accueillir ces déchets. Les autorités locales ont demandé et obtenu que le site soit propriété de l'Etat pour que celui-ci en assure la responsabilité. Des indemnisations sont également prévues pour l'usage des routes d'accès. Ce site ne peut accueillir des déchets de plus de 100 000 Bq/kg. Ces derniers devront être conditionnés dans du béton et trouver un lieu de stockage qui reste à déterminer.
  • Japon : le gouvernement annonce vouloir cesser les aides aux activités commerciales touchées par le tsunami, le séisme et l'accident nucléaire, en mars 2016.
    8000 sociétés qui bénéficient de ces aides et n'ont pas pu revenir, car leur site reste contaminé, ne sont pas concernées. Pour elles, le soutien se poursuivra au moins jusqu'en 2018. TEPCO a déjà dépensé 36 milliards d'euros pour ces aides. Cela devrait atteindre au moins 43 milliards. TEPCO paie grâce aux emprunts que lui consent l'Etat.
  • Japon : TEPCO publie de nouvelles mesures sur les émissions gazeuses qui sortent du site. Chaque heure, le nuage radioactif compte 960 000 Bq de césium 134/137 et 2,336 millions de Bq d'autres gaz radioactifs. C'est 2,7 fois plus que les dernières données communiquées en avril 2015. En avril, nous avions déjà une augmentation de 180 % sur un an. Pour le seul réacteur n° 3, la radioactivité émise sous forme gazeuse a été multipliée par 78 en un an. Bien qu'officiellement le réacteur n° 4 soit entièrement vidé, il émet quand même 95 000 Bq/h en césium. TEPCO estime que ces quantités sont faibles ! Ce qui est sûr, c'est que ces gaz radioactifs continuent à contaminer en permanence l'environnement, avec notamment de fortes retombées à chaque pluie. Et ces émissions vont en augmentant, signe que le site n'est absolument pas sous contrôle contrairement à ce qu'essaie de faire croire le gouvernement. Seule note positive : du fait des vents d'ouest dominants, 80 % de la radioactivité retombe dans l'océan Pacifique. Ce qui ne serait pas le cas avec des centrales situées à l'ouest de l'archipel [Sendaï par exemple].
  • Japon : si officiellement personne n'est mort de la radioactivité, il y a eu de nombreux décès provoqués par l'évacuation des populations puis par les conditions de relogement. 1867 décès ont été reconnus comme provoqués par le déplacement de personnes fragiles.

 

7 juin

  • Californie : un concours de robotique pour intervenir en milieu radioactif est remporté par un robot conçu en Corée du Sud. Le nucléaire crée des emplois...
  • France : 1000 personnes marchent autour du site de l'Andra à Bure [Lorraine] pour dénoncer les mensonges sur la question des déchets nucléaires.

 

8 juin

  • France : un rapport de l'IRSN datant de février dernier est rendu public par Médiapart. Celui-ci signale de nouveaux dysfonctionnements sur le chantier de l'EPR, par exemple un mauvais fonctionnement des soupapes de sécurité.
  • France : après l'annonce du rachat des centrales nucléaires d'Areva par EDF pour 2 milliards d'euros, le titre d'EDF plonge à la bourse. Entre le 22 mai et le 8 juin, le titre perd 11 % [et une perte de 25 % en deux ans].
  • Europe : dans l'Union européenne, les plans d'évacuation autour des centrales nucléaires vont d'un périmètre de 1 à 20 km. Ceux de distribution préventive d'iode de 5 à 50 km. Au Japon, après l'accident de Fukushima, les plans d'évacuation prévus sur un diamètre de 30 km n'ont pas suffi : dans le sens du vent, il a fallu évacuer jusqu'à 50 km. Greenpeace a lancé une campagne européenne pour demander que l'ensemble des pays prépare au minimum des scénarios d'évacuation sur 30 km ou mieux de 80 km comme l'a adopté la Suisse.
  • Japon : en principe TEPCO injecte de l'eau dans les réacteurs en fusion de manière à maintenir la réaction nucléaire sous l'eau. Mais l'intérieur des réacteurs est tellement radioactif qu'il n'est pas possible d'aller voir exactement ce qu'il en est. Dans le réacteur n° 1, un robot avait fait des images en 2012. Un autre robot vient de faire des images récemment. TEPCO a découvert que l'eau avait baissé de 35 cm, sans que rien ne permette de le deviner de l'extérieur.

 

9 juin

  • Japon : l'agence de reconstruction a envoyé un questionnaire à 13 000 familles de 12 communes évacuées. 5100 ont répondu. A la question : où souhaiteriez-vous vivre dans 30 à 40 ans, les personnes âgées de plus de 30 ans espèrent majoritairement revenir habiter dans leur commune d'origine. Chez les moins de 30 ans, la majorité pense qu'elle vivra ailleurs.
  • Japon : 362 points de contrôle ont été mis en place en 2011 dans les massifs forestiers. Selon les autorités régionales, le taux de radioactivité au niveau de ces points de contrôle aurait baissé de 57 % depuis l'accident. Dans le détail, l'iode radioactif a disparu rapidement, le césium-134 a une demi-vie de 2 ans, après 4 ans, il en reste logiquement encore 25 %. Le césium-137 a par contre une demi-vie de 30 ans et il en reste donc encore 91 %. Du fait de la persistance de ce dernier, la radioactivité va baisser de plus en plus lentement.

 

10 juin

  • Japon : du fait de l'impossibilité de faire descendre les taux de radioactivité, TEPCO annonce que l'évacuation des combustibles présents dans les réacteurs accidentés 1, 2 et 3, va être reportée d'au moins 3 ans. Pour le réacteur n° 3, c'est reporté de 2015 à fin 2017, pour les réacteurs 1 et 2, de 2017 à 2020 ou 2021. Seule la piscine du réacteur n° 4 a pu être vidée, car le cœur du réacteur était vide au moment de l'accident. Cela signifie concrètement qu'en cas de nouveau séisme important, les piscines où sont stockés ces combustibles peuvent s'effondrer provoquant un nouvel accident majeur avec des relâchements radioactifs qui pourraient être plus importants qu'en 2011, car les piscines sont situées en dehors des enceintes de confinement. L'évacuation du combustible des cœurs en fusion n'est même plus programmée : TEPCO est incapable de prévoir quand la réaction en chaine s'arrêtera (elle dure de manière incontrôlée depuis plus de 4 ans !). Vouloir faire revenir les populations autour du réacteur est donc un risque majeur. Et en 2020, ce sont les Jeux olympiques à Tokyo…
  • Japon : malgré le maintien de la radioactivité à un niveau élevé, les autorités fêtent la réouverture d'un lycée à Hirono, à moins de 25 km de la centrale. 152 enfants y sont inscrits. Les autorités ont dépensé un énorme budget pour communiquer sur cette ouverture, alors que les associations dénoncent le fait qu'il se trouve sur un terrain très radioactif.
  • Japon : les autorités de la province de Fukushima offrent des subventions aux écoles qui acceptent de venir faire des sorties scolaires chez eux. Deux écoles de la région de Tokyo avaient accepté cet argent en 2013, cinq en 2014, dix en 2015. Criminels !

 

11 juin

  • France-Japon : interrogé par le site Actu-environnement, Franck Guarnieri, directeur du centre de recherche sur les risques et les crises de Mines Paris-Tech conclut que la direction de la centrale de Fukushima n'a commis aucune faute lors de l'accident, qu'à l'inverse ils ont fait preuve d'ingéniosité pour essayer de reprendre le contrôle des réacteurs. Dit autrement, cela signifie qu'en cas d'accident, laisser les réacteurs exploser est tout à fait la procédure normale. Que ne ferait-on pour justifier le nucléaire !
  • Japon : après des mois d'hésitations, le gouvernement annonce un objectif de 35 réacteurs nucléaires en fonctionnement en 2030. Sachant qu'une demande de redémarrage n'a été déposée que pour une vingtaine de réacteurs (potentiellement 23 pourraient encore fonctionner en 2030), cela signifierait le lancement d'une douzaine de chantiers pour de nouveaux réacteurs ! Et ceci d'ici 2020, vu le temps de construction. Pas très réaliste !

 

12 juin

  • Japon : le ministère de l'Environnement bloque les procédures de démarrage d'un chantier pour une centrale au charbon, ceci pour respecter les engagements (peu contraignants) du Japon sur les gaz à effet de serre.
  • Japon : TEPCO explique le report des chantiers pour récupérer le combustible stocké dans les piscines des réacteurs 1, 2 et 3 par l'abandon du projet initial : pour pouvoir approcher, TEPCO envisageait de noyer les réacteurs sous l'eau, mais l'état de délabrement des enceintes ne le permet pas. Les ingénieurs cherchent d'autres solutions, car tout ne peut pas être fait par des robots. Il y a urgence, car les piscines des réacteurs 1 et 3 ont plus souffert que celle du réacteur n° 4, elle totalement évacuée.
  • Japon : alors que les piscines des réacteurs 1, 2 et 3 peuvent toujours s'effondrer après un autre séisme important, le gouvernement maintient son plan qui prévoit le retour de 54 800 habitants d'ici deux ans.

 

15 juin

  • Japon : Dominique Leglu, directrice de la rédaction de Sciences & Avenir, fait un voyage sur le site de Fukushima avec 14 autres journalistes de 10 pays. Le directeur de la centrale leur présente le nouveau planning pour le démantèlement du réacteur n° 3 : l'évacuation du combustible des piscines de stockage va prendre énormément de retard, car presque tout doit être fait avec des engins télécommandés. Il reconnaît également "Nous n'avons aucune connaissance du lieu où se trouvent exactement les cœurs fondus et dans quel état ils sont". Les journalistes ont dû s'exposer, avec des tenues de protection, à un taux de 290 microSv/h. Ils ne sont restés que quatre heures sur place, ce qui n'est pas le cas des travailleurs. Et le directeur de demander aux journalistes de soutenir ceux qui font le travail sur le site. En une seule visite, les journalistes ont dépassé 1 millisievert, limite d'exposition annuelle en France.
  • Japon : 7128 habitants de Tochigi ont déposé une demande d'indemnisations de la part de TEPCO. 2266 familles de trois autres communes situées à une centaine de kilomètres de la centrale, dans le nord de la province de Fukushima, ont aussi engagé une procédure pour des indemnisations : bien que non évacués, ils ont subi des retombées radioactives. Ils demandent de l'argent, mais également des excuses de la compagnie et un suivi médical sur le long terme. Ceci s'ajoute à d'autres actions de groupe dont la plus importante est pour le moment celle de Namié avec 15 000 personnes.
  • Japon : les autorités de la province de Fukushima annoncent l'arrêt des logements gratuits pour les "déplacés volontaires" au 31 mars 2017. Une aide au retour et une aide au logement seront mises en place. Sans doute pour qu'ils deviennent des "irradiés volontaires". Cela concerne environ 5000 personnes… car la plupart des "déplacés volontaires" (20 000 au moins) ont choisi de s'éloigner plus loin, en dehors de la province de Fukushima.
  • Japon : Japan Nuclear Fuel annonce un 22e report du démarrage de l'usine de retraitement construite sur le modèle de l'usine Areva de La Hague. La NRA aurait demandé de revoir les plans d'évacuation et de refaire les études concernant les risques séismiques jugées insuffisantes. L'usine, qui n'a jamais fonctionné, a déjà englouti 16 milliards d'euros.
  • Grande-Bretagne : alors qu'EDF attend une signature définitive du gouvernement pour soutenir son projet d'EPR à Hinkley Point, le Financial Times annonce que plusieurs hauts fonctionnaires sont intervenus pour mettre le dossier de côté. Alors que le feu vert était attendu pour fin 2014, la déroute des chantiers des actuels EPR en France, Finlande et Chine, semble avoir provoqué une saine méfiance au sein des autorités britanniques.

 

16 juin

  • Japon : une étude portant sur 881 enfants de Minami-Sôma, âgés de 6 à 15 ans en 2012, au moment des contrôles, indique une exposition totale (contamination interne + irradiation externe) allant de 0,25 à 3,49 mSv/an. 80 % des enfants ont reçu une dose inférieure à 1 mSv/an, la limite en temps normal. 3 enfants présentent une contamination interne dépassant les limites. La commune de Minami-Sôma est située entre 10 et 40 km de la centrale de Fukushima.
  • Japon : selon un rapport du ministère de l'Éducation nationale, 15 % des écoles de la province de Fukushima (2053 bâtiments) ne répondent pas aux normes séismiques. Depuis 4 ans, les frais d'investissements ont été donnés en priorité pour la décontamination des écoles et 310 devraient être rénovés.
  • Japon : Chûbu Electric dépose une demande de redémarrage pour le réacteur n° 3 de la centrale de Hamaoka. Une demande a déjà été faite pour le réacteur n° 4. Les réacteurs 1 et 2 sont définitivement arrêtés depuis 2009. Le réacteur n° 5 a été envahi par l'eau de mer en mars 2011 et ne pourra sans doute jamais redémarrer. Les réacteurs 3 et 4 ont été arrêtés en mai 2011 sur ordre du premier ministre de l'époque évoquant la présence d'une importante faille sous le site.

 

17 juin

  • Japon : les sacs utilisés pour la décontamination des sols ne résistent pas à la germination des plantes. Sur 580 sites de stockage de ces sacs inspectés par le Ministère de l'Environnement, 78 présentent des sacs ou la couverture plastique n'est plus étanche et 113 sites ont un sol instable.
  • Japon : la société chargée de négocier l'achat de terrain pour ouvrir des sites de stockage des déchets radioactifs, JESCO, a été victime d'une attaque informatique.
  • Japon : le gouvernement annonce la levée de l'ordre d'évacuation de la commune de Nahara pour mi-août 2015. Cette commune est à moins de 20 km de la centrale accidentée. 7400 habitants (2700 familles) pouvaient déjà revenir dormir chez eux depuis le 6 avril 2015. Concrètement moins de 10 % ont demandé à "bénéficier" de cette possibilité. Ce serait la première commune entièrement évacuée où l'interdiction de vivre serait levée.
  • Japon : le Blog de Fukushima explique que la décision du gouvernement de cesser au plus vite les aides aux personnes déplacées s'explique par la volonté de faire croire que tout est normal en vue des Jeux olympiques de 2020. "le gouvernement a choisi de sacrifier sa population sur l'autel du sport". Les Amis de la Terre ont lancé une pétition internationale pour demander au gouvernement de maintenir le soutien au logement des personnes évacuées.

 

18 juin

  • Etats-Unis : publication par l'Université de Stanford d'un plan de transition énergétique qui prévoit 80 % renouvelable en 2030 et 100 % en 2050 avec un scénario pour chacun des 50 Etats. Présentation : http://thesolutionsproject.org/
  • Canada : publication gouvernementale montrant que le nuage radioactif de Fukushima est toujours discernable de l'autre côté du Pacifique.
  • France : 118 personnes évacuées quelques heures du réacteur n° 4 de la centrale du Blayais (Gironde) suite à une augmentation de la radioactivité trop importante.
  • Ukraine : inauguration d'un site de stockage de déchets radioactifs… dans la zone interdite de Tchernobyl. Le lieu de stockage "provisoire" sera géré à distance avec des robots, car le site est trop radioactif pour y faire travailler des humains.
  • Belgique : le parlement (droite et nationalistes) vote la prolongation de dix ans des réacteurs de Doel 1 et 2 qui, selon le plan de sortie du nucléaire, devaient fermer cette année.
  • Japon : le maire de Futaba, commune où se trouve la centrale de Fukushima, avait prévu de démonter les portiques à l'entrée de la commune vantant le nucléaire. Mais l'artiste qui les a réalisés est intervenu pour protester. Ayant recueilli 6500 signatures de soutien, il demande le maintien des portiques comme mémoire des erreurs du passé. La mairie a accepté son recours.
  • Japon : un document interne de TEPCO, datant du 10 septembre 2008, est rendu public par les médias. Il s'avère qu'à cette époque la compagnie avait déjà conscience que la centrale de Fukushima pouvait être submergée par un tsunami. Alors que le risque de vague était estimé à 15,7 m de haut, l'ordre a été donné de ne pas prendre en compte cette étude "car il y avait des différences d'opinion entre les experts".

 

19 juin

  • France : l'IRSN publie un rapport sur les leçons de Fukushima : la perte totale de la salle de commande n'avait pas été assez anticipée. Les Japonais ont décidé de doubler ces salles dans un bâtiment éloigné des réacteurs, ce qui n'est pas le cas en France. La panne de la salle de commande a provoqué de problèmes de coordination entre la centrale et ce qui se passait autour (action des pompiers, évacuation des populations) ; les plans de secours sont prévus pour réagir à un seul réacteur accidenté, alors que Fukushima a prouvé qu'il pouvait y en avoir 3 simultanément. Qui envoyer sur un terrain potentiellement radioactif ? A Fukushima, ce sont d'abord les employés les plus âgés qui sont allés en zone dangereuse, mais cela n'a pas suffi et maintenant les intervenants ont tous les âges. Pour rappel, plus on est jeune, plus on est sensible à la radioactivité. Enfin, l'IRSN dénonce les interventions des politiques, dont le premier ministre, à l'origine de dysfonctionnement. Le nucléaire ne serait donc pas compatible avec la démocratie ?

 

20 juin

  • Japon : TEPCO publie un point sur la contamination de l'eau. Fin mai, l'eau en amont des réacteurs est polluée par le tritium (jusqu'à 190 Bq/l), ce qui signifie qu'il y a des infiltrations de la radioactivité en amont. Au pied des cuves, du fait des fuites, le taux est très élevé (jusqu'à 24 000 Bq/l pour le seuil tritium). Au pied des réacteurs, les valeurs sont toujours en hausse (jusqu'à 660 000 Bq/l en bêta total, mesure de l'ensemble des radionucléides). Dans l'eau de mer à l'intérieur du port, on est à 270 Bq/l de tritium et en mer, on a jusqu'à 1200 Bq/l en bêta total. Rappelons que TEPCO n'est pas autorisé à faire des rejets en mer au-dessus de 5 Bq/l en bêta total. Officiellement, TEPCO ne fait pas de rejet volontaire en mer : la seule contamination par l'écoulement des fuites suffit à largement dépasser les limites autorisées. L'ACRO, association indépendante qui suit de près la catastrophe met en doute la valeur des données de TEPCO, car pour le seul strontium (1000 Bq/l), on dépasse déjà la radioactivité bêta annoncée pour l'ensemble !
  • Japon : fuite dans une cuve d'une vingtaine de litres d'eau très contaminée (24 000 Bq/l). Une alarme a bien fonctionné permettant de stopper la fuite rapidement.

 

21 juin

  • Japon : en étudiant les failles situées sous le réacteur de Takahama, des géologues ont découvert une accumulation de sables à 500 m de la côte, prouvant qu'un ancien tsunami a submergé les lieux. En cherchant dans l'histoire du pays, il pourrait s'agir d'un séisme qui a eu lieu en 1586 en baie de Wakasa, laquelle abrite aujourd'hui plusieurs centrales nucléaires. Rappelons que la NRA avait validé le dossier de redémarrage de la centrale de Takahama, mais qu'un tribunal avait bloqué le dossier estimant que certaines expertises ne sont pas correctement réalisées. Le tribunal marque un point. La NRA a demandé à Kansaï electric de reprendre leur dossier.

 

22 juin

  • Japon : selon les statistiques officielles, au 1er avril 2015, il y avait 23 498 enfants et jeunes de moins de 18 ans évacués suite à l'accident de Fukushima. 12 006 sont encore dans la province, 11 492 en dehors. 1375 enfants ont regagné leur logement depuis le 1er octobre 2014. Sachant que la pollution s'étend bien au-delà de la seule province de Fukushima, la présence des enfants évacués si près de la centrale était déjà un scandale. Les faire revenir est criminel.
  • Japon : après une nouvelle fuite, TEPCO a fait inspecter les tuyaux qui relient les cuves aux différents lieux. Sur 159 tuyaux contrôlés, 139 posent problème. TEPCO annonce le remplacement de tous les tuyaux par des modèles plus résistants et un développement plus rationnel pour éviter des longueurs inutiles.
  • France-Etats-Unis : traduction sur le site Netoyens.org d'un article paru sur le site Dissident Voice. Le journaliste Robert Hunziker y rappelle que dans le métro de Tokyo, peu après l'accident, des taux de 919 000 Bq/m2 de césium ont été mesurés, beaucoup plus que le seuil retenu en Ukraine pour l'évacuation de la zone interdite de Tchernobyl (500 000 Bq/m2). Il rappelle aussi que les piscines de trois réacteurs en fusion ne peuvent pas être vidées du fait d'une trop forte radioactivité… et qu'elles peuvent tomber en cas de fort séisme. Ce qui entrainerait "l'enfer sur le Japon".

 

23 juin

  • France : l'ASN, autorité de sûreté nucléaire, demande à EDF de réviser son dossier de demande de mise en service de l'EPR. Ce document de 40 000 pages va ensuite être étudié, mais cela prendra encore un an.
  • Belgique : l'association flamande des journalistes a décidé de soutenir l'action en justice d'un journaliste qui depuis des mois demande à avoir accès aux contrats qui lient le gouvernement et Electrabel à propos du nucléaire. La ministre de l'Énergie avait répondu que le document est classé confidentiel et que seuls les députés peuvent y avoir un accès restreint (ils peuvent le lire, mais non prendre de notes). Un premier juge a demandé à voir le document pour juger si la confidentialité est justifiée, mais cela lui a été également refusé. Les journalistes estiment qu'à un moment où il est discuté de la prolongation de la durée de vie des réacteurs, la loi sur la publicité de l'administration doit s'appliquer.
  • Japon : le ministre de la reconstruction a rencontré les gouverneurs des trois provinces les plus touchées par le séisme et le tsunami. Le nouveau plan de financement pour la reconstruction se monte à 47 milliards d'euros. Chacune des provinces prend à sa charge 160 millions seulement.
  • Japon : un poisson pêché dans le port de la centrale le 17 juin présente un taux de césium 560 fois trop important pour la consommation.

 

24 juin

  • France : après avoir évacué 118 personnes le 18 juin, ce sont, cette fois-ci, 125 personnes qui sont évacuées à la suite du déclenchement d'une alerte dans le réacteur n° 4 de la centrale du Blayais (Gironde), pourtant à l'arrêt depuis un an pour révision décennale. Cette fois-ci EDF annonce que 11 salariés ont été légèrement contaminés.
  • Japon : TEPCO obtient le report d'un remboursement de prêt de 2 milliards d'euros pour l'année à venir. Les dettes de TEPCO auprès des banques sont de 9,4 milliards. Elles arrivent à échéance dans les deux prochaines années.
  • Japon : TEPCO reçoit une nouvelle aide à l'Etat pour financer le dédommagement aux victimes. Cette 41e aide est de 1,15 milliard d'euros. Le total emprunté par TEPCO à l'Etat pour ces indemnités se monte maintenant à plus de 37 milliards d'euros. TEPCO a fait une nouvelle demande pour une aide de 6,9 milliards d'euros.

 

26 juin

  • Japon : comme chaque année, lors des assemblées générales des compagnies électriques, des actionnaires ont déposé des motions demandant l'arrêt du nucléaire. A l'assemblée générale de TEPCO, c'est l'ancien maire de Futaba, commune où se trouve la centrale de Fukushima, qui a déposé une motion. Le directeur de TEPCO lui a répondu que le nucléaire permet d'avoir un approvisionnement stable et bon marché. Stable ? Depuis deux ans, il est stable au niveau zéro. Et bon marché… TEPCO doit maintenant environ 50 milliards d'euros à l'Etat et aux banques. La motion a été rejetée. Lors de l'AG de la compagnie Kyûshû, une motion a demandé le remplacement du président, celui-ci les entrainant dans la voie d'une reprise du nucléaire qui coûte cher et fait perdre des bénéfices aux actionnaires. La motion a été également rejetée. Les villes d'Osaka et de Kyoto, actionnaires de Kansaï Electric, ont déposé une motion pour l'arrêt définitif des réacteurs de la compagnie. Elle a été rejetée.
  • Japon : la reconstruction de la ville de Tôhoku (6500 habitants avant le tsunami) va être engagée sur 5 ans pour un coût total de 46 milliards d'euros. Au total, le coût de la reconstruction de ce qu'à détruit le tsunami devrait atteindre 232 milliards d'euros.
  • Etats-Unis : La NASA alerte sur le passage d'un nuage de polonium sur le sud-ouest du pays. Le polonium peut provenir d'éruptions volcaniques, mais il s'agit plus sûrement d'un nuage en provenance de Fukushima. Le polonium est mesurable jusqu'au Mississippi, au centre du pays.
  • Vatican : suite à la visite de prêtres de la région de Fukushima et de l'archevêque de Tokyo, le Pape François prend position contre le nucléaire "civil" comparant les centrales nucléaires à la tour de Babel

 

27 juin

  • Allemagne : fermeture définitive de la centrale de Grafenrheinfeld. Le réacteur de 1345 MW avait 34 ans. L'électricien E.ON avance comme cause le manque de rentabilité financière : trop de frais d'entretien dans un réacteur vieillissant (il n'y a qu'en France que les réacteurs fonctionneraient de mieux en mieux avec l'âge !)
  • Japon : une mesure de la radioactivité dans les cuves du réacteur n° 1 indique une multiplication par 16 depuis mars 2015. Elle atteignait 21,3 millions de Bq/l contre 1,28 le 17 mars dernier.

 

28 juin

  • Japon : le gouvernement lève l'interdiction de faire de l'agriculture dans les zones évacuées où l'exposition externe est comprise entre 20 et 50 mSv/an avant décontamination et moins de 20 mSv/an après décontamination. Il s'agit de faire croire que l'on peut cultiver des produits alimentaires dans les zones décontaminées et d'inciter les gens à rentrer pour reprendre leur travail d'avant l'accident. Cela concerne 3000 hectares de terres agricoles. Même si les aliments produits sont en principe contrôlés avant leur mise sur le marché, cette mesure ouvre la porte à la diffusion de la contamination et expose les paysans à des taux importants de radioactivité, car contrairement aux personnes âgées qui sont revenues (et sortent peu de chez elles), eux travaillent toute la journée en extérieur.

 

29 juin

  • Europe : l'Autriche porte officiellement plainte contre les aides à l'EPR britannique.
  • Ukraine : alors qu'un nouvel incendie s'est déclaré dans la zone interdite de Tchernobyl, détruisant 130 hectares de forêt, le gouvernement rappelle que la zone reste interdite, à l'exception de ceux qui travaillent à la construction d'un nouveau sarcophage, car la radioactivité dans la zone interdite reste sensiblement au même niveau depuis 30 ans. (Comprendre que les émanations radioactives du réacteur accidenté se poursuivent et compensent la désintégration naturelle des particules.)
  • Japon : selon le Ministère de l'Industrie, entre juillet 2012 et juin 2015, il a été installé pour 18 757 MW de capacité dans les énergies renouvelables et les demandes de permis déjà examinées se montent à 78 840 MW. Ces derniers projets devraient être opérationnels d'ici 2020, pour un total qui approchera donc alors les 100 000 MW. Même si du fait de l'intermittence de la production, il faut plus de puissance dans les renouvelables, cela devrait approcher sensiblement de ce que produisait le nucléaire avant l'accident de Fukushima.

  • Océan pacifique : l'AIEA, agence pronucléaire de l'ONU, annonce la mise en place d'une étude de simulation pour prévoir l'évolution de la contamination de l'eau du Pacifique nord par l'accident de Fukushima, suite à des demandes faites par les Etats-Unis.

 

30 juin

  • France : la canicule provoque des pannes dans des transformateurs à l'usine marémotrice de la Rance et à la centrale de Cordemais, près de Nantes. 800 000 foyers sont privés d'électricité pendant une douzaine d'heures.
  • France : Engie (ex Gaz de France-Suez) annonce qu'il devient leader dans le solaire en France en rachetant Solairedirect. Le communiqué de presse indique que "le solaire photovoltaïque [permet d'obtenir un mégawattheure] de 60 à 90 dollars soit moins cher que l'éolien maritime ou le nucléaire de nouvelle génération".
  • Belgique : EDF menace d'attaquer en justice la ministre de l'Energie belge Marie-Christine Marghem, si celle-ci communique aux journalistes les clauses confidentielles liées à la prolongation du réacteur Tihange 1. La ministre doit répondre à un procès intenté par des journalistes qui lui demandent de respecter la loi sur la transparence des documents administratifs ainsi qu'à celles des parlementaires Verts. EDF a une longue habitude de la transparence !
  • Japon : TEPCO veut envoyer un robot filmer l'intérieur du réacteur n° 2. Pour cela, il faut que des humains positionnent le robot à l'entrée d'un tuyau qui permet l'accès. Mais la découverte d'un taux de radioactivité de 1,2 Sv/h pose de gros problèmes d'approche pour des humains. TEPCO étudie comment faire baisser la radioactivité à l'entrée du tuyau.
  • Japon : TEPCO annonce avoir réussi à neutraliser une conduite souterraine sous le réacteur n° 2. 4500 m3 d'eau ont été pompés. L'obturation de cette conduite devrait ralentir les écoulements d'eau vers la mer. TEPCO cherche à faire de même avec d'autres passages souterrains… après avoir échoué à stopper les écoulements par le gel.
  • Japon : Kiichi Isozaki, 67 ans, originaire de Namié, commune entièrement évacuée suite à l’accident nucléaire, s’est suicidé le 23 juillet 2011. Un tribunal vient de juger que l'accident nucléaire était pour au moins 60 % responsable de ce suicide et TEPCO va devoir payer une indemnité de près de 200 000 euros à la famille. La veuve a demandé aussi des excuses. C'est la deuxième fois que TEPCO est condamné pour un suicide. Il y a encore 67 suicides liés à l'évacuation qui font l'objet de poursuites judiciaires.
  • Monde : en 2014, pour la première fois depuis l'accident de Fukushima, la production d'électricité d'origine nucléaire est de nouveau en hausse… mais très légère : de 2,02 à 2,04 milliards de MWh.  


 

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