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Chronologie d'une catastrophe

1er décembre

  • Belgique : suite à l'explosion d'un transformateur, le réacteur Tihange 3 s'arrête automatiquement. Le réacteur a redémarré dans la journée du 2 décembre. Il y a donc eu 4 réacteurs sur 6 à l'arrêt en Belgique pendant 24h, sans aucun problème sur l'alimentation électrique alors que la consommation était proche de son maximum. Preuve qu'il est possible de s'en passer.
  • Corée : trois associations environnementales ont fait des contrôles sur des produits issus de la mer. Même si les taux sont bas, du césium radioactif a été détecté dans 13% des lieus jaunes, 7% des algues et des maquereaux, 3% des cabillauds. Chose plus étonnante : aucun des produits ne provenait du Japon, les importations depuis l'île étant interdites depuis l'accident de Fukushima. 46 venaient de Russie, 5 de Norvège, 10 des Etats-Unis. Les associations demandent une amélioration des contrôles.
  • Japon : premier jour de la campagne électorale des législatives. Selon un sondage du quotidien Asahi, seuls 15 % citent le nucléaire comme un critère de choix pour voter. C'est évidemment l'économie qui domine. Le parti au pouvoir (parti libéral, centre-droit) devrait être reconduit, malgré son échec dans le domaine économique alors que 90 % de ses candidats sont pronucléaires. L'opposition est antinucléaire dans des proportions similaires.
  • Japon : selon le quotidien Maïnichi, si les compagnies électriques ont cessé leurs dons directs au parti au pouvoir, cela passe maintenant par leurs filiales qui ont versé 218 000 euros au parti libéral depuis l'accident.

2 décembre

  • Japon : Dave Klein, ancien président de la Commission de régulation nucléaire des Etats-Unis, a été embauché par TEPCO pour conseiller la compagnie dans l'amélioration de sa culture de sûreté. Dans un entretien avec Reuters, il dit que les progrès sont plus lents que ce qu'il espérait… sous-entendant clairement que TEPCO n'est pas un modèle en matière de sûreté nucléaire. De quoi rassurer les Japonais !
  • Japon : Le Dr Keith Baverstock, physicien finlandais, a tenu le 20 novembre 2014 au Foreign Correspondents’ Club of Japan, une conférence dans laquelle il a expliqué que les rapports de l'UNSCEAR sur les conséquences des accidents nucléaires ne valent pas grand-chose, car cet organisme de l'ONU est financé par les pays qui font la promotion du nucléaire. Il dénonce notamment celui sur les conséquences environnementales de l'accident de Fukushima et demande la dissolution de cet organisme. Les extraits repris le jour même par l'agence de presse Kyodo News font l'impasse sur les critiques émises envers l'ONU.

 

3 décembre

  • Ukraine : un incident dans un circuit électrique du réacteur n° 3 de la centrale de Zaporija est annoncé directement par le gouvernement qui affirme qu'il n'y a aucun danger au niveau de la radioactivité. De nombreux médias s'interrogent : si c'est aussi anodin, pourquoi l'annonce en est-elle faite par le ministre de l'Energie ?

 

4 décembre

  • Belgique : du fait de la densité de population, un accident de type Fukushima à la centrale de Doel pourrait coûter un prix astronomique. Il y a dix fois plus de personnes qui habitent dans un rayon de 20 km qu'autour de Fukushima. Selon une étude publiée ce jour par Greenpeace, cela pourrait atteindre 1400 milliards d'euros. Le port d'Anvers serait inutilisable pendant des années, gênant considérablement l'économie du pays.
  • Kazakhstan : visite de François Hollande. Celui-ci vient pour négocier l'approvisionnement en uranium : 38 % de la production mondiale provient de ce pays.
  • Japon : TEPCO annonce avoir refermé la couverture au-dessus du réacteur n° 1 sans préciser pourquoi et affirme que les ouvertures faites auparavant n'ont pas modifié significativement la quantité de radioactivité relâchée.
  • Japon : inauguration de l'Institut de radioactivité environnementale à l'université de Fukushima. Les 13 chercheurs qui y sont affectés, dont 9 étrangers, sont chargés d'étudier les conséquences de la pollution radioactive dans l'environnement.
  • Japon : un rapport réalisé pour le gouvernement révèle que des particules de plutonium provenant du MOX présent dans le réacteur n° 3 ont été retrouvées à plus de 100 km du réacteur, ce qui contredit les affirmations précédentes : le plutonium étant un atome lourd, il retombe sur de courtes distances. Cela pose un problème pour les populations qui vivent dans ce large rayon, le plutonium étant l'un des éléments les plus cancérigènes qui soient.

 

5 décembre

  • Japon : séisme de magnitude 5,0 dont l'épicentre est à seulement 5 km de la centrale d'Ohi. Cette centrale avait été la seule autorisée à redémarrer en 2012 avant son arrêt pour maintenance en 2013. La centrale de Takahama est à 30 km. Le réacteur surgénérateur de Monju est à 40 km. La centrale de Tsuruga à 41 km.
  • Japon : publication d'un rapport sur les émissions de gaz à effet de serre en 2013. Elles sont en hausse de 1,6 % par rapport à l'année précédente et de 10,6 % de plus qu'en 1990, date du début des calculs. Le gouvernement explique cette hausse par l'arrêt du nucléaire. Selon lui, redémarrer les réacteurs permettrait une baisse de 9,4 %… calcul effectué comme si tous les réacteurs allaient redémarrer. Les opposants accusent le gouvernement de ne plus rien faire pour économiser l'énergie afin de justifier le retour du nucléaire.
  • Japon : alors que les expropriations ne sont pas encore réalisées, le gouvernement lance un appel d'offres pour la construction de deux centres de stockage des déchets dans la province de Fukushima. Non seulement, il n'est pas encore propriétaire des terrains, mais en plus, il n'a pas soumis à enquête le plan de transport pour les déchets. Il annonce quand même vouloir commencer à déplacer les déchets en janvier prochain.
  • Japon : nouvelles plaintes de 9 personnes contre le redémarrage des réacteurs de Takahama et Oi devant le tribunal de Fukui. Ce dernier avait demandé l'arrêt d'Oi en mai dernier et l'exploitant a fait appel.
  • Belgique : publication d'un rapport sur le sabotage de la centrale de Doel 4 le 5 août 2014. Une vanne a été ouverte laissant s'échapper 65 000 litres de graissage en 37 minutes provoquant de graves dégâts dans les turbines. Les réparations sont estimées à 30 millions d'euros. Les syndicats demandent à connaître les résultats précis de l'enquête, mais "le secret de l'instruction" leur est opposé.

 

6 décembre

  • Japon : réouverture de l'autoroute entre Namié et Minami-Sôma qui passe en zone évacuée. Trois panneaux seulement donnent le débit de dose. En 18,4 km, un chauffeur qui passe à 70 km/h reçoit 0,06 microsievert.
  • Japon : une étude a été faite sur les thyroïdes de 23 enfants opérés suite à un cancer. Les résultats indiquent une évolution génétique différente de chez les victimes de Tchernobyl, ce qui selon les auteurs signifierait que les cas découverts ne sont pas dus à l'accident nucléaire, mais à un meilleur dépistage.
  • Japon : la NRA annonce vouloir mettre en place un système de contrôle des personnes qui entrent dans les centrales nucléaires. Le Japon est le seul pays nucléarisé où il n'est pas encore mis en place.
  • Japon : selon des scientifiques japonais, les taux de strontium dans le réacteur n° 2 sont 500 000 fois trop élevés et la pollution autour du réacteur monte sans cesse.
  • Japon : nouvel échec de TEPCO pour cimenter une conduite souterraine sous le réacteur n° 2. Le bouchon n'a tenu que 2 heures et demie. Un temps suffisant toutefois pour constater qu'en amont, la température de l'eau a grimpé de 8 °C, ce qui est la preuve que le cœur du réacteur chauffe toujours les eaux qui passent à proximité.
  • Ukraine : l'incident annoncé par le gouvernement à la centrale de Zaporija, le 3 décembre, ne serait peut-être pas accidentel. L'hypothèse d'un sabotage par des proRusses est évoquée dans les médias du pays, ce qui expliquerait l'annonce faite au plus haut niveau. Mais il peut aussi s'agir de l'inverse : une action du gouvernement pour bénéficier d'une aide accrue des Etats-Unis et de l'Union européenne.

 

7 décembre

  • Japon : les compagnies électriques font tout pour freiner le développement des énergies renouvelables. Prétextant de la variabilité de la production, elles affirment ne pas pouvoir dépasser un certain niveau de connexion sur leur réseau. Ainsi, Kyûshû Electric ne pourrait accepter que 8 GWhe dans sa zone, alors qu’elle a reçu des demandes pour 18 GWhe environ. Pour Tôhoku Electric, c’est entre 5 et 6 GWhe contre 12 GWhe demandés.

 

8 décembre

  • Suisse : après des mois de débats, le Conseil national fédéral suisse (le parlement) confirme la décision de sortie du nucléaire : interdiction de construire de nouveaux réacteurs et limite maximale à 60 ans de fonctionnement pour les réacteurs existants soit une sortie effective au plus tard en 2031. Les élus Verts avaient proposé une limite à 45 ans (et donc fermeture du dernier réacteur… en 2016), mais cela a été rejeté par 120 voix contre 71. Rappelons que les réacteurs ont été construits dans les années 70-80 avec une durée initiale de vie prévue de 25 à 30 ans. 

9 décembre

  • Japon : Toshiba qui avait 39 réacteurs nucléaires en projet au Japon en 2011, annonce l'abandon de l'ensemble de ces projets.


10 décembre

  • Japon : entrée en vigueur de la loi du secret. Des documents peuvent être classés secrets pendant 60 ans avec possible prolongation sans règle claire, ce qui laisse la porte ouverte à tous les abus. Le premier ministre a annoncé que si cette loi devait entraver le travail des journalistes, il démissionnerait…
  • Japon : la BD controversée publiée dans un manga, où l'on voyait des gens dont le nez saignait est reprise en livre… mais avec une sérieuse modification : le journaliste qui saignait du nez se dit rassuré après avoir consulté un médecin qui lui a affirmé que cela n'avait pas de rapport avec les radiations.
  • Japon : pour le moment,  la limite de dose pour les travailleurs du nucléaire est fixée à 100 mSv par an. Sur le site de Fukushima, une dérogation a été mise en place depuis mars 2011 : la dose limite annuelle a été montée à 250 mSv. La NRA propose que l'on puisse retenir cette valeur comme limite en cas d'urgence, dans tous les réacteurs nucléaires… sous condition de demander l'accord des travailleurs concernés.
  • Japon : une alerte est déclenchée après un contrôle dans une station d'épuration à Saïtama (1,2 million d'habitants, dans la banlieue nord de Tokyo) : la radioactivité en césium-137 au niveau du sol atteint 190 Bq/kg. Après vérification, c'est également le cas dans 3 des 5 stations de la ville. Cette pollution ne peut venir que de liquides contaminés (il est possible que cela soit la concentration de l'urine des habitants).


11 décembre

  • Japon : vers une stabilisation des émissions radioactives dans l'eau ? Alors que depuis des mois, TEPCO annonçait jour après jour des records de contamination, la compagnie annonce que les mesures sont en légère baisse dans tous les puits de contrôle.
  • Japon : l'Agence japonaise de météorologie relève du niveau 1 (normal) au niveau 2 (ne pas approcher du cratère) le niveau d'alerte du volcan Azumayama, du fait de la détection d'une activité souterraine en hausse. 160 petits séismes ont été détectés récemment au niveau du volcan. Ce volcan se trouve à 80 km de la centrale de Fukushima. Eruptions volcaniques et séismes sont deux expressions d'un même phénomène : les pressions entre plaques tectoniques souterraines.
  • Japon : la NRA, autorité de sûreté, renonce à classer la pollution radioactive de Fukushima selon l'échelle internationale INES. Pourtant si l'on prend cette échelle en référence, on a eu 3 fois le niveau 7 en mars 2011 (c'est le maximum) et depuis, nous sommes toujours en permanence au moins au niveau 5 (accident entraînant un risque hors du site) du fait de l'exposition continue de millions de personnes à la radioactivité. Celle-ci se renouvelle en permanence et un panache radioactif sort toujours des trois réacteurs accidentés.

 

12 décembre

  • Japon-Corée du Sud : une délégation de Corée du Sud va venir visiter les huit régions du Japon qui subissent des restrictions agricoles pour étudier une possible levée des interdictions des produits de ces régions.
  • Japon : alors que des médias français annoncent le redémarrage prochain de deux nouveaux réacteurs au Japon, les réacteurs 3 et 4 de Takahama, il est bon de rappeler que l'on en est seulement au traitement du dossier par la NRA. En cas d'avis positif de l'autorité de sûreté, il va ensuite y avoir une enquête publique d'un mois. Si avis favorable il y a, cela validera l'acceptation des travaux à faire pour se mettre aux nouvelles normes et donc lancera un chantier qui durera ensuite des mois et ce n'est qu'après réception et contrôle de ces travaux que le feu vert sera donné… Rappelons que pour les réacteurs de Sendaï où cette première étape a été validée en juillet 2014, le redémarrage n'est toujours pas à l'ordre du jour. Ceux qui veulent s'amuser, peuvent taper "redémarrage du parc nucléaire" + "Japon" pour se rendre compte du nombre de fois où nos médias nationaux ont titré dans ce sens. C'est sans doute cela l'objectivité de la presse !
  • Japon : le gouvernement veut construire des incinérateurs chargés de brûler des déchets nucléaires collectés. Des habitants de communes citées ont demandé à connaître les lieux d'implantation des incinérateurs. Le gouvernement ayant refusé de répondre, cela s'est terminé devant les tribunaux. Le tribunal d'Osaka vient de rendre son avis en donnant raison aux habitants. Le tribunal estime que le gouvernement ne peut évoquer la loi du secret, car cette liste a été établie avant la promulgation de la loi.
  • Japon : le ministère de l'Économie fait suite aux demandes des compagnies d'électricité qui ne veulent plus accepter de nouveaux fournisseurs en énergies renouvelables. Pour limiter le nombre d'installations, le ministère prévoit d'étendre aux plus petites (moins de 500 kWh par heure) les règles des plus grosses : à savoir qu'une compagnie peut refuser l'achat d'électricité renouvelable 30 jours par an. Serait aussi modifié le délai pour avertir le producteur : cela descendrait à seulement 24 h. Le ministère estime que cela ne remet pas en cause la volonté de vouloir passer de 10 à 20 % d'électricité d'origine renouvelable.
  • Japon : les manifestants qui se retrouvent tous les vendredis depuis deux ans et neuf mois devant la résidence du premier ministre, demandent aux candidats aux élections législatives d'indiquer clairement leur position sur le nucléaire.


13 décembre

  • Japon : en visite sur le site de Fukushima pour la troisième fois en deux ans, le président de la NRA, Shunichi Tanaka, estime qu'il n'y a pas d'autres solutions que de rejeter l'eau contaminée en mer, après décontamination partielle. Il demande aux autorités de préparer l'opinion publique à cette "solution". Il n'a rien dit sur les déchets radioactifs dont on parle moins, mais qui s'accumulent aussi sur le site.
  • Japon : un séminaire médical s'est tenu à New York, en novembre 2013, sur les pathologies thyroïdiques des enfants. Dans le compte-rendu de séminaire qui vient d'être publié, le pédiatre Marek Niedziela, qui exerce à Poznan (Pologne) explique son inquiétude à propos de la découverte de cancers de la thyroïde chez des enfants de Fukushima, seulement deux ans après l'accident… alors qu'il avait fallu 4 ans autour de Tchernobyl. Il en conclut que la situation sanitaire est pire au Japon qu'en Ukraine.

 

14 décembre

  • Japon : élections législatives. Le parti libéral démocrate au pouvoir, remporte la victoire : il est toujours majoritaire avec 326 députés (+31 sièges) sur 475. Mais ce résultat masque un autre phénomène : l'effondrement de la participation. Le taux d'abstention atteint en effet 47,6 %; soit une augmentation de 7 %. C'est un nouveau record après déjà une forte progression de l'abstention en 2012. Avec le PLD, le seul autre parti à progresser nettement est le Parti communiste (de 8 à 21 députés), l'un des rares à avoir une position clairement contre le nucléaire. Les médias parlent d'une population dépolitisée… mais elle est peut-être, comme en beaucoup d'autres pays, simplement dégoûtée : Shinzo Abe, premier ministre, a fait la campagne en évitant soigneusement de parler du nucléaire.
  • Grande-Bretagne : quatre réacteurs d'EDF ont été arrêtés au mois d'août dernier suite à la découverte de fissures dans la chaudière de l'un d'eux. EDF annonce ce jour que les investigations se poursuivent et qu'il ne sera pas possible de redémarrer les réacteurs avant le début de l'année prochaine au mieux. Les réacteurs vieillissent… et certaines parties ne sont pas réparables.

 

15 décembre

  • Japon : depuis 2009, la population est en baisse dans le pays. Le gouvernement multiplie les aides pour essayer de pousser les couples à avoir des enfants. Alors que le taux de natalité était monté de 1,26 en 2005 à 1,39 en 2010, il est reparti à la baisse depuis l'accident de Fukushima pour atteindre son plus bas niveau en 2013 : 1,13 enfant par femme. 

  • Japon : début de l'évacuation de maisons détruites par le séisme et le tsunami en mars 2011 sur la commune de Tomioka, en zone évacuée. Selon le Ministère de l'Environnement, il y a 34 000 tonnes de déchets à conditionner.

  • Japon : Kurion annonce que TEPCO vient de lui commander une unité supplémentaire de son usine de "traitement" des eaux radioactives.

  • Etats-Unis : Le site Enenews brise un tabou dans le pays en mettant en ligne une vidéo montrant un cimetière de bébés à proximité du site nucléaire militaire de Hanford, le site sans doute le plus pollué de la planète. Des mères témoignent de bébés nés malformés, cancéreux et décédant rapidement.

  • Japon : 43 journalistes indépendants japonais, avec le soutien de Reporters sans frontières, lancent un recours en justice pour contester la constitutionnalité de la nouvelle loi sur le secret. Ils dénoncent deux risques : celui de ne plus pouvoir enquêter sur les suites de la catastrophe de Fukushima, ni sur les affaires de corruption au sein du gouvernement.

 

16 décembre

  • Japon : alors que se négocient les lieux des futures implantations pour les Jeux olympiques de 2020, la ville de Fukushima a fait savoir qu'elle souhaite accueillir certaines épreuves. Il s'agit de montrer que la région se remet de l'accident… Rappelons-nous qu'au moment de l'attribution des Jeux à Tokyo, en septembre 2013, deux dessins de Cabu et Mougey dans le Canard enchaîné avaient provoqué la colère des autorités japonaises. On y voyait, pour Cabu, deux sumos tout maigres se battre avec trois bras, et pour Mougey, deux arbitres en tenues de protection au bord d'une piscine d'un des réacteurs se demandant si l’on allait autoriser une tenue de protection pour les épreuves de natation. On peut aussi suggérer la course à pied pour fuir le nuage radioactif qui continue à s'échapper depuis maintenant près de 4 ans. 

  • Japon : le ministère de l'Industrie reconnaît qu'il y a un problème concernant les demandes de raccordement des installations photovoltaïques : seulement 58 % des demandes faites en 2014 ont été acceptées. Le ministère parle des difficultés qu'a le réseau à absorber cette production, mais n'envisage pas d'étudier comment modifier le réseau électrique. En ralentissant le développement des énergies renouvelables, on justifie le nucléaire.

  • Japon : J-Power dépose sa demande d'autorisation pour redémarrer la construction du réacteur de Ôma, dans la province d'Aomori, réacteur prévu pour fonctionner avec du MOX, mélange uranium-plutonium. C'est le 21e dossier déposé à la NRA depuis la mise en place du nouveau référentiel de sûreté en juillet 2013.

 

17 décembre

  • France : Greenpeace remet au gouvernement un rapport réalisé par des experts britanniques montrant différents scénarios terroristes possibles avec un simple drone. Greenpeace rappelle que les mesures de sécurité prises après l'accident de Fukushima dans les réacteurs européens ne prennent en compte que des problèmes naturels : inondations, séismes… et pas les menaces technologiques, drones, mais aussi attaques informatiques.

  • Japon : alors que des experts coréens étaient en visite sur le site, TEPCO découvre une fuite au niveau de la station de nettoyage de l'eau ALPS. Six mètres cubes d'eau contaminée se sont répandus sur le sol. TEPCO affirme que l'eau n'a pas eu le temps de pénétrer sous terre... TEPCO indique que la radioactivité totale de la fuite est de 720 000 Bq. Les experts coréens ont terminé leur visite sans être mis au courant de ce nouvel incident. 

  • Japon : plusieurs compagnies électriques ne possèdent pas de réacteurs nucléaires. Certaines ont même fait le choix du 100 % renouvelables. Ces compagnies protestent contre l'idée du gouvernement d'inclure dans le prix de l'électricité le prix du démantèlement des réacteurs. Elles demandent que ce soit les propriétaires des centrales qui paient. 

  • Japon : la ville de Futaba (7500 habitants avant l'accident), entièrement désertée, nécessiterait l'évacuation de 5500 tonnes de déchets radioactifs selon le Ministère de l'Environnement. Les travaux de décontamination commencent. La ville est classée en zone de "retour possible". Toutefois, la commune étant directement à côté de la centrale accidentée qui continue à relâcher de la radioactivité, on ne voit pas comment ils parviendront à une décontamination réelle.

  • Japon : la NRA valide la demande de redémarrage des réacteurs 3 et 4 de la centrale de Takahama en disant que le minimum de sûreté est atteint et en demandant à Kepco de poursuivre ses efforts pour aller plus loin. Notamment, il est prévu que les salles de commande de secours soient celles des réacteurs 1 et 2, les plus anciens… ce qui ne peut qu'être provisoire. Kepco est en train de construire de nouveaux bâtiments aux nouvelles normes. Cette étape signifie que le public a maintenant un mois pour s'exprimer, via internet, sur ce possible redémarrage. La compagnie devra ensuite attendre les consignes précises de la NRA, pour effectuer les travaux demandés… et seulement ensuite pourra envisager un redémarrage. Dans les points encore à discuter, il y a les plans d'évacuation : les provinces voisines de Shiga et Kyoto sont maintenant concernées par la zone des 30 km et n'ont pas encore mis en place de plan d'évacuation. Donc, contrairement à ce qu'annoncent les médias nationaux français, le redémarrage n'est pas encore tout à fait pour demain.

  • Europe : l'Autriche demande à l’Union européenne que le plan d'aide à l'investissement ne comporte pas d'aide pour le nucléaire. L'Autriche vise en particulier le projet d'EPR qu'EDF veut implanter en Grande-Bretagne. Non seulement EDF a obtenu des tarifs garantis (pour le cas où un jour ces réacteurs produiraient à un niveau plus du double du prix du marché), mais en plus le gouvernement britannique demande une aide à l'Europe pour EDF ! 

 

18 décembre

  • Belgique : le gouvernement soumet à l'autorité de sûreté sa demande de voir prolonger jusqu'en 2025 le fonctionnement des réacteurs Doel 1 et Doel 2 (1000 MW à eux deux) dont l'arrêt était prévu en 2015. Les associations protestent en demandant de respecter les engagements de sortie du nucléaire, en dénonçant un gouvernement qui n'a pas pris les mesures nécessaires pour ne plus avoir besoin de cette source de production et en faisant remarquer que cette demande arrive au moment où le sabotage de la centrale de Doel 4 n'a pas trouvé d'explication.

  • Japon : TEPCO annonce que la compagnie finit l'année avec du bénéfice et qu'elle ne va donc pas augmenter le prix de l'électricité. Il s'agit d'une pure opération de communication, car dans ses bilans, TEPCO ne compte pas le remboursement des dizaines de milliards déboursés par l'Etat. 

  • Japon : selon TEPCO, 166 000 dossiers d'indemnisation de personnes évacuées sont en cours de traitement. Il y a 400 personnes dont on n'a pas retrouvé de trace, 750 autres n'ont pas encore correctement rempli les dossiers administratifs et 3713 évacués n'ont pas demandé à recevoir d'indemnités.

 

19 décembre

  • Japon : 344 personnes évacuées de la commune de Minami-Sôma, portent plainte pour demander une hausse de leurs indemnités. 

  • Taïwan : le gouvernement annonce le maintien de l'interdiction d'importation de produits alimentaires en provenance des cinq provinces japonaises le plus touchées par la radioactivité. Il annonce aussi le maintien du contrôle sur les matières premières importées (papiers, métaux, plastiques…).

  • Belgique : redémarrage du réacteur Doel 4 qui avait été mystérieusement saboté le 5 août dernier. 

 

20 décembre

  • Japon : séisme de magnitude 5,9 à 45 km au large de la centrale accidentée de Fukushima Daïchi et 46 km de la centrale à l'arrêt de Fukushima Daïni. Selon TEPCO, aucun dégât n'a été constaté sur le site.

  • Japon : TEPCO annonce avoir fini de vider la piscine du réacteur n° 4, piscine qui était dangereusement instable (1533 assemblages de combustibles, 1331 usés et 202 neufs). Il aura quand même 3 ans et 9 mois pour stabiliser la situation pour un seul réacteur. Les piscines des réacteurs 1, 2 et 3 sont toujours menaçantes et TEPCO a commencé à essayer de mettre en place un procédé pour vider celle du réacteur n° 3. Les hauts niveaux de radioactivité compliquent la tâche : le cœur du réacteur n° 4 était à l'arrêt au moment du séisme du 11 mars 2011 et n'est pas entré en fusion, ce qui n'est pas le cas dans les réacteurs 1, 2 et 3.

  • Corée : des hackers de Corée du Nord ont publié les plans d'une centrale nucléaire du sud, annonçant avoir la possibilité d'y provoquer un accident si celle-ci n'est pas arrêtée. Les spécialistes sud-coréens avouent être incapables de savoir si cette menace peut être mise à exécution. Selon ces spécialistes, pour le moment, la seule attaque avérée dans ce domaine concerne une attaque des Etats-Unis contre l'Iran : en provoquant une accélération des centrifugeuses utilisées pour enrichir l'uranium, les informaticiens nord-américains ont réussi à provoquer une panne des machines.

  • Japon : 26 740 personnes de 9880 foyers de six communes évacuées sont autorisées à rentrer chez elles pour y passer les fêtes. Joyeuses fêtes ! 

 

21 décembre

  • Japon : outre la zone d'évacuation proche de la centrale, 152 "points chauds" à l'extérieur de ce périmètre ont été progressivement identifiés jusqu'en septembre 2011. Cela s'est fait maison par maison. Le gouvernement annonce que ces "points chauds" ont tous été décontaminés et que les personnes peuvent rentrer chez elles. Mais cela ne signifie pas un retour à la normale, car avant la limite d'exposition était de 1 mSv par an… et maintenant vingt fois plus ! Le gouvernement annonce la fin des indemnisations pour ces personnes d'ici mars 2015, mais des familles refusent de rentrer et demandent une vraie décontamination sous le du seuil d'avant l'accident.

  • Corée du Sud : dans une commune proche de la centrale nucléaire de Kori, sur 3000 habitants, 66 développent un cancer de la thyroïde, ce qui est bien supérieur à la moyenne normale (4 pour 3000). Dans la région proche, on compte 301 cas de cancers de la thyroïde. Ces malades et d'autres habitants locaux, 1336 personnes au total, ont décidé d'intenter un procès à l'électricien KHNP Korea Hydro ans Nuclear Power. Une des femmes, atteinte d'un cancer, a dit aux médias s'être posé la question du lien avec le nucléaire seulement après avoir entendu parler de cas de cancers autour de Fukushima. Officiellement, la centrale de Kori fonctionne normalement…

 

22 décembre

  • Corée du Sud : des pirates ont réussi à pénétrer sur les ordinateurs de la compagnie d'électricité KHNP qui gère les 23 réacteurs du pays. Ils ont rendu publics les plans d'une des centrales sur internet, ce qui pose la question de la sûreté des réacteurs dans un autre domaine.

  • Japon : devant l'opposition des collectivités locales a accueillir un centre de stockage définitif des déchets nucléaires, centre qui doit prendre le relais avant trente ans des sites en cours de réalisation près de Fukushima, le gouvernement lance une nouvelle idée : que le stockage soit réversible pour une éventuelle reprise des conditionnements en cas de soucis ultérieurs.  

  • Japon : l'exploitant sur surgénérateur Monju, à l'arrêt depuis une panne en 1995 (20 ans !), vient de remettre à la NRA un nouveau dossier où il explique les mesures prises pour revenir à des conditions correctes de sûreté. La NRA n'envisage pas pour le moment de rouvrir ce dossier. 

  • Japon : le gouvernement cherche à acheter les élus locaux. Alors que de nombreux conseils municipaux prennent position contre le redémarrage des réacteurs, le gouvernement annonce une modification des aides financières : celles-ci qui sont déjà modulées en fonction de la production électrique seraient également plus élevées les années de redémarrage. Bref, une prime de corruption légale.

 

23 décembre

  • Japon : alors que le gouvernement a autorisé le retour des populations dans plusieurs communes voisines du réacteur de Fukushima, la NRA se rend soudain compte qu'il n'y a pas de plan d'évacuation dans un rayon de 30 km en cas de nouvel accident grave dans les réacteurs accidentés. Elle lance donc le processus pour mettre en place ce plan d'évacuation.

 

24 décembre

  • Japon : 7 réacteurs ont dépassé 40 ans et devraient donc être définitivement arrêtés… sauf demande de dérogation. Pour le moment, une dérogation a été demandée pour les réacteurs 1 et 2 de Takahama. Le gouvernement annonce que les autres ont jusqu'à fin juin 2015 pour faire une demande similaire, sinon ils seront considérés comme définitivement arrêtés. 

  • Japon : 4 nouveaux jeunes ont été détectés avec un cancer de la thyroïde lors du deuxième contrôle portant sur 385 000 enfants de la province de Fukushima ayant de 0 à 17 ans au moment de l'accident. Actuellement, on en est à 107 cas détectés dont 84 ont subi une opération chirurgicale. L'annonce a été faite sur un site internet en anglais avant l'annonce officielle.

 

25 décembre

  • Japon : l'Etat-Père Noël a encore dû prêter 530 millions d'euros à TEPCO. C'est le 35e versement depuis l'accident.

  • Japon : la commune de Nasu a alerté l'inspection du travail en ayant vu un ouvrier qui semblait bien jeune sur un chantier de décontamination. Il s'agissait d'un lycéen qui avait déjà travaillait 36 jours pour une entreprise sous-traitante… alors que l'emploi de mineurs est interdit en zone radioactive.

 

26 décembre

  • Japon : nouveau séisme de magnitude 5,5 avec le même épicentre que celui de 5,9 du 20 décembre 2014. TEPCO ne communique pas. Il faut dire que les deux tiers des salariés du site sont actuellement en vacances. Que se passerait-il en cas de défaillance majeure ?

  • Japon : un tribunal de Shizuoka a arrêté les poursuites engagées contre les dirigeants de TEPCO et de Toyota par la veuve d'un ouvrier mort sur le site. Celui-ci travaillait pour une entreprise sous-traitante… d'une entreprise elle-même sous-traitante de Toyota, laquelle travaillait pour TEPCO. Les juges estiment que l'on ne peut établir de relations de responsabilité entre les différents niveaux de sous-traitance. La veuve et des associations qui la soutiennent ont annoncé leur désir de faire appel. 

  • Japon : le gouvernement rend libre la publication de 127 nouveaux témoignages sur les 772 entendus par la commission d'enquête parlementaire. Cela en fait 202 publiés. Ils ne sont toutefois pas complets : au nom du secret, des passages ont été coupés. Un cadre supérieur explique qu'ils ont reçu la consigne de ne pas parler de "fusion" des cœurs jusqu'en mai 2011… alors que tout le monde au sein de TEPCO savait ce qu'il en était. 

  • Japon : nouvelle rencontre entre TEPCO et la NRA sur les écoulements d'eau sous les réacteurs. TEPCO continue à bétonner toutes les ouvertures qu'elle trouve, mais cela ne suffit pas. Après avoir pompé 2500 m3 dans un puits de contrôle récemment, TEPCO a constaté que l'eau avait baissé dans ce puits, mais également dans un puits voisin… signe que tout n'est pas étanche. TEPCO a proposé de tout boucher en aveugle avec du béton, mais la NRA a refusé cette solution. La NRA veut que l'on puisse contrôler les écoulements et non les ignorer. 

  • Japon : nouvelle campagne de pêche autour de Fukushima par TEPCO : les poissons pêchés au-delà de 20 km ont tous des taux de contamination inférieurs aux limites fixées (100 Bq/kg), ce qui n'est pas le cas des poissons pêchés plus près (jusqu'à 2640 Bq/kg).

 

27 décembre

  • Japon : jusqu'alors, les entreprises des onze communes évacuées autour de la centrale de Fukushima touchaient des indemnités. Officiellement, cette aide va s'arrêter fin février 2015, trois ans après l'accident. Seules seront maintenues les aides aux entreprises victimes de "rumeurs néfastes" sur leurs productions. Officiellement, les aides ne concerneraient donc plus que l'agriculture, la foresterie et la pêche. La Chambre de commerce et d'industrie de la province de Fukushima a protesté contre cette annonce. Le gouvernement a alors annoncé la prolongation des aides un an de plus… mais la Chambre a fait savoir qu'elle doutait que la situation soit revenue à la normale en février 2016. Jusqu'à maintenant, TEPCO et le gouvernement ont versé 12 milliards d'euros d'aide aux entreprises.

  • France : des chercheurs japonais s'étonnent de lire sur les sites français du CNRS et de l'Ecole centrale de Paris que les travaux de recherche sont classés comme "sensibles" dans la province de Fukushima.

 

28 décembre

  • Japon : selon une étude réalisée par la Japan Atomic Energy Agency (l'équivalent du CEA), 75 % des rejets radioactifs de la centrale de Fukushima ont été relâchés entre le 4e et le 14e jour après le début de l'accident.

 

29 décembre

  • Etats-Unis : fermeture définitive de la seule centrale nucléaire de l'Etat du Vermont après 42 ans de fonctionnement. Il reste 99 réacteurs en fonctionnement aux Etats-Unis dont la majorité a plus de 40 ans.

  • Japon : un psychanalyste de l'Université de Fukushima publie une étude sur la dépression qui touche 24 % des femmes de la province contre un taux moyen de 15 % pour le Japon. Il montre qu'il y a un lien direct entre angoisses, dépressions et stress et situation sanitaire des enfants. Il note également que de nombreuses familles font venir leur nourriture de l'extérieur de la province, que les enfants sont interdits de jeux à l'extérieur… alors que d'autres familles ne prennent pas de précautions. Il constate que peu à peu les gens ne parlent plus de la radioactivité, ce qui n'aide pas au niveau psychologique. Le psychanalyste propose de mettre en place des lieux d'écoute et la possibilité de rencontrer des "spécialistes de la radioactivité", tout en notant que cela ne peut marcher que si les personnes ont confiance en ces spécialistes.

  • Etats-Unis – Japon : selon une étude des services océanographiques du Canada et des Etats-Unis, la contamination radioactive marine des côtes Pacifique des Etats-Unis provoquée par les relâchements en mer de la centrale de Fukushima devrait atteindre son maximum en 2015-2016 avec 3 à 5 Bq/m3 puis cela devrait redescendre pour revenir à un niveau normal (moins de 1 Bq/m3) vers 2021. Ce niveau de contamination serait trop faible pour avoir des conséquences sur l'environnement.

 

30 décembre

  • Japon : le Yomiuri, journal officiel du lobby nucléaire, réclame la mise en chantier de nouveaux réacteurs nucléaires pour maintenir le savoir-faire et attirer des jeunes. (Ce sont les arguments qui ont été utilisés en France pour lancer le chantier de l'EPR alors que nous n'en avons nul besoin).

 

31 décembre

  • Japon : selon la NRA, la pollution du riz à une vingtaine de kilomètres de la centrale en août 2013 n'est pas liée aux poussières dégagées lors de l'ouverture du toit du réacteur n° 3. La NRA estime que c'est trop loin pour être crédible. L'IRSN (Institut français) qui s'est penché sur l'étude n'en tire pas les mêmes conclusions et estime au contraire que c'est possible. Alors que TEPCO avait commencé à ouvrir le toit du réacteur n° 1 pour y enlever les débris qui empêchent le vidage de la piscine, les révélations au sujet de cette pollution ont obligé la firme à suspendre les opérations et le toit a été refermé. Le quotidien Asahi qui a eu entre les mains une partie du dossier explique que TEPCO n'a pas utilisé correctement les résines qui auraient dû fixer les poussières. Pour faire des économies, TEPCO aurait trop dilué le produit le rendant inefficace. Alors que pour le réacteur n° 4, la dilution normale a été respectée (par dix), pour le réacteur n° 3, la dilution a été trop importante (par 100) et les projections trop irrégulières. Des alarmes ont retenti pour signaler des taux anormalement élevés de radioactivité a deux reprises en juin et août 2013 et TEPCO n'est revenu à la procédure normale qu'en octobre 2013. Les mauvaises pratiques ont duré presque un an. TEPCO s'est fait gronder par la NRA sans toutefois aucune sanction. Comme d'habitude…

 

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