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Chronologie d'une catastrophe

Décembre 2012

 

1er décembre

  • France-Allemagne : Arte programme le film Terre souillée qui suit le devenir d'agriculteurs biologiques originaires de la région de Fukushima. L'un d'entre eux a fait le choix de rester sur place et en partenariat avec une équipe universitaire, multiplie les expériences pour tenter de trouver comment décontaminer les sols… Un autre a choisi de tout reprendre à zéro dans une autre région. Un autre s'est suicidé… 
  • Japon : 154 personnes ont saisi la justice pour demander l'arrêt de la centrale d'Ohi, estimant que la sûreté du site n'est pas garantie. 
  • Japon : la NRA met en doute la validité de l'expertise portant sur les failles passant sous la centrale (à l'arrêt) de Tsuruga et annonce une inspection sur le site le 10 décembre.
  • Japon : Tepco a transmis un dossier sanitaire à l'OMS : 178 travailleurs ont reçu une contamination interne à la thyroïde supérieure à 100 mSv dont 163 dépassent 200 mSv, le pire étant de 11 800 mSv. Des fuites à l'OMS ont permis de connaître ces données que Tepco n'avait jamais rendues publiques au Japon.
  • France : le réacteur n°1 de Flamanville accumule les pannes : le 24 septembre, le redémarrage après entretien est reporté d'un mois suite à la découverte d'une fuite. Le 24 octobre, nouvel essai de démarrage et de nouveau arrêt pour fuite. Le 25 novembre, nouvel arrêt d'urgence suite à une panne de pompe. Le 1er décembre, nouvel arrêt d'urgence pour la panne de la même pompe… le réacteur a 28 ans.


2 décembre

  • Japon : le groupe d'experts mandaté par la NRA pour étudier les failles sous les réacteurs de la centrale d'Ohi indiquent avoir trouvé une déformation récente de la strate passant sous le réacteur n°2.


3 décembre

  • France : EDF annonce que le coût de l'EPR est maintenant estimé à 8,5 milliards d'euros, contre 1,8 milliard annoncés en 1998, 3 milliards en 2003, 6 milliards en 2011. A l'arrivée, le MWh dépasserait 105 €, soit deux fois le prix moyen actuel de l'électricité en France et plus que le MWh éolien terrestre (70 à 80 €) et au même niveau que l'électricité photovoltaïque à grande échelle (100 à 120 €) ! 
  • Japon : Tepco annonce pouvoir commencer à évacuer le combustible des piscines du réacteur n°4 en novembre 2013 (un mois plus tôt) et plus vite : fin prévue en décembre 2014 (un an plus tôt).
  • Japon : Tepco, après enquête interne annonce que 47,9 % des intervenants sur le site de Fukushima n'ont pas un contrat en règle. Il s'agit de sous-traitants envoyés par les agences d'intérim. 
  • Japon : la NRA a publié une carte de la contamination des sédiments : surprise, la radioactivité s'est déplacée vers le sud (donc vers Tokyo) du fait des courants sous-marins.


4 décembre

  • Japon : des déplacés de l'accident de Fukushima protestent contre la loi électorale qui prévoit que l'on doit voter à son ancienne adresse tant que l'on n'a pas deux ans d'ancienneté à la nouvelle. Un problème de plus pour environ 160 000 électeurs ! 
  • Japon : l’actuel premier ministre Yoshihido Noda, du Parti démocrate du Japon (PDJ) et l’opposant Shinzo Abe du Parti libéral-démocrate (PLD) se sont rendus ce jour à Fukushima pour le lancement de la campagne électorale (élections législatives le 16 décembre). Les sondages indiquent que la question du nucléaire arrive en tête de la préoccupation des Japonais.
  • France : Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables, interrogé dans Libération, estime qu'aujourd'hui l'éolien est moins coûteux que le nucléaire… mais que le remplacement de l'un par l'autre ne peut pas se faire rapidement. 
  • Italie-France : l'Enel (EDF italien) annonce son retrait du programme EPR, l'un des derniers secteurs où la société était encore en lien avec le nucléaire. EDF va devoir rembourser 690 millions à l'Enel.
 

5 décembre

  • Japon : la Crii-Rad, en lien avec des laboratoires indépendants japonais, publie un rapport sur les "populations vivant dans des territoires très contaminés". Elle rappelle que selon les mesures officielles du Mext, Ministère de l'énergie et des technologies, les contaminations des sols au seul césium 137 dépassent 30 000 bq/m2 sur une grande partie des préfectures de Fukushima, Tochigi et Gunma et déborde sur les préfectures de Miyagi, Ibaraki et Chiba. Le critère pris en compte par le gouvernement est d'évacuer les personnes soumises à plus de 20 millisieverts par an… mais ce niveau correspond déjà à des risques de cancers 20 fois supérieurs au niveau jugé habituellement "acceptable". Ce niveau "acceptable" de 1 mSv par an correspond déjà à 17 cancers de plus par tranche de 100 000 personnes. Cela signifie que le gouvernement japonais accepte 323 (17 x 19) cancers supplémentaires par tranche de 100 000 personnes. Les trois principales préfectures touchées totalisent plus de 6 millions d'habitants… La Crii-Rad conteste aussi le mode de calcul du gouvernement qui ne prend en compte que l'irradiation externe et ne tient pas compte de la contamination interne, notamment par l'ingestion de nourriture contaminée. La Crii-Rad dénonce aussi l'usage de moyenne : si la ville de Fukushima (60 km de la centrale) ne dépasse pas en moyenne 30 000 bq/m2, des mesures par la Crii-Rad ont permis de localiser des taches dans le quartier de Watari qui atteignent 700 000 bq/m2… soit 30 fois le seuil fixé pour les évacuations. Des mesures faites à l'intérieur d'un restaurant et d'un hôtel montrent des doses extrêmement importantes. La Crii-Rad a mis en évidence des taches importantes aussi bien dans les villes qu'en milieu rural. Elle a également montré l'inefficacité des chantiers de décontamination : dans des jardins où la terre a été enlevée sur une bonne épaisseur, les sols restent contaminés à un niveau élevé (du fait en partie qu'il continue à se déposer du césium en provenance de la centrale). La Crii-Rad rappelle la démarche d'un groupe de juristes appelé Saflan qui, au nom des comités de citoyens, demande en justice le retour à une norme de 1 millisievert d'exposition par an et à l'évacuation des populations situées dans des zones plus exposées. La Crii-Rad soutient la démarche en rappelant que ce qui provoque les maladies, c'est l'accumulation et que cela fait déjà 20 mois que ces personnes vivent en milieu très contaminé.
  • Japon : une commission parlementaire rend un rapport de 600 pages sur les commissions et les financements qu'ont perçu les scientifiques chargés de fixer les normes de radiation dans le pays. Le rapport relève par exemple que Ohtsura Niwa, qui a multiplié les conférences dans le pays pour donner des propos rassurants sur les effets des radiations après l'accident de Fukushima, a tous ses déplacements, hôtels et frais pris en charge par la fédération des compagnies électriques. D'autres experts bénéficient de telles prises en charge… y compris au sein des ministères.
  • Japon : Tepco annonce qu'il va verser une aide aux familles qui partent volontairement : 400 euros par adulte et 800 par enfant. Cela frôle le ridicule !
  • Ukraine : la compagnie d'électricité qui fournit le site de Tchernobyl annonce une restriction de l'alimentation du fait d'un arriéré de plus de 600 000 euros. Greenpeace lance une alerte car la centrale a besoin de beaucoup d'énergie pour refroidir le réacteur accidenté et les déchets stockés sur place. 

 

6 décembre

  • France : Cécile Duflot déclare à propos du surcoût de l'EPR qu'"avec 2 milliards, on pourrait faire des choses plus utiles". Pascal Durand, secrétaire national d'EELV demande l'arrêt des travaux. Jean-Marc Ayrault leur répond qu'on ira "jusqu'au bout". Ce qu'on appelle sans doute du jusquauboutisme !
  • France : Francis Rol-Tanguy, 59 ans, ingénieur général des Ponts et Chaussées, ancien haut fonctionnaire à la SNCF, devient délégué interministériel chargé de la fermeture de la centrale de Fessenheim.
  • Japon : la NRA, autorité de sûreté, répond à la Japan Atomic Energy Agency qui a demandé à pouvoir redémarrer le surgénérateur de Monju : elle demande que soit déjà procédé à l'inspection de 1551 pièces qui n'ont jamais été contrôlées… depuis sa construction entre 1985 et 1994 ! En vingt et un ans, ce réacteur a produit de l'électicité que pendant quelques mois à son démarrage avant d'enchaîner les pannes.  
  • France-Japon : André-Claude Lacoste, pronucléaire, qui vient de prendre sa retraite en France, après une vingtaine d'années à la tête de l'ASN, a été contacté par son équivalent japonais, la NRA pour une mission d'expertise.

 

7 décembre

  • Japon : selon les statistiques officielles, en 2011, les émissions de CO2 ont augmenté de 3,9 % du fait du plus grand usage des centrales thermiques.
  • Japon : à 17h18, heure de Tokyo (9h18 à Paris), un tremblement de terre de magnitude 7,3 se produit au large du Japon, à hauteur de Fukushima, à 20 km de profondeur et est ressenti dans tout le nord du pays. Une réplique de 6,2 a lieu un quart d'heure plus tard, puis 10 autres répliques entre 4,6 et 5,5. Une alerte aux tsunamis a été lancé sur 500 km de côtes. Tepco assure que la centrale accidentée n'a pas souffert des secousses. 
  • Niger : les opposants au gouvernement dénoncent la présence dans le budget 2013 d'une aide d'Areva d'un montant de 34 millions d'euros. La Françafrique dans toute sa splendeur.

 

8 décembre

  • France : la Crii-Rad ayant épuisé en France tous les recours juridiques possibles pour essayer de trouver des responsables à la hausse des maladies de la thyroïde constatée après le passage du nuage de Tchernobyl, se lance dans une procédure au niveau de la Cour européenne de justice.
  • France : rassemblement antinucléaire de soutien aux victimes de Fukushima, place de la Bastille à Paris. Slogan : "Les centrales fuient, les enfants restent".
  • Japon : 16 répliques de plus de 4,7 de magnitude sont enregistrées sur la journée.
  • Japon : au lendemain du tremblement de terre, selon Tepco, la concentration en hydrogène dans le réacteur n°1 de Fukushima est en nette hausse passant de 0,03 % du volume à 0,14 % ce jour.

 

9 décembre

  • Japon : la concentration en hydrogène dans le réacteur n°1 continue à monter : 0,28 % en fin de journée.
  • Japon : témoignage d'une personne travaillant sur le site de Fukushima dans le quotidien Asahi : "beaucoup évitent les contrôles médicaux de peur de se voir interdire de revenir travailler le lendemain […] Dans les zones de forte radioactivité, il n'y a que des sous-traitants. Les employés de Tepco ne viennent que rarement. Les inspecteurs de la sûreté nucléaire jamais". 

 

10 décembre

  • Japon : le ministère de la santé publie des mesures faites sur les animaux sauvages : les sangliers, faisans, ours ou lièvres présentent des niveaux de contamination trop élevés dans de nombreuses régions du nord du pays : jusqu'à 1700 bq/kg sur un sanglier (limite autorisée : 100).

 

11 décembre

  • Japon : après vérification sous la centrale de Tsuruga et la confirmation de l'existence d'une faille active, le président de la nouvelle commission de régulation de l'énergie atomique, NRA, Shunichi Tanaka annonce l'arrêt définitif du réacteur n°2. Celui-ci fonctionnait depuis 1987. Le réacteur n°1 qui a 43 ans devait déjà être fermé suite à la décision de fermeture des réacteurs de plus de 40 ans. Cette décision qui pourrait s'étendre à de nombreux autres réacteurs fait plonger les valeurs boursières des compagnies électriques japonaises à la bourse de Tokyo, proportionnellement à leur implication dans le nucléaire.
  • France-Japon : une délégation d'élus EELV part au Japon pour une tournée de meeting en soutien à la campagne Nuclear Free now qui se tient jusqu'aux élections du 16 décembre. 
  • Japon : une étude réalisée sur 11 000 personnes déplacées après le tsunami et l'accident nucléaire de Fukushima indique que 80 % présentent des problèmes de santé : fatigue, stress et dépression. 58 % se plaignent de soucis financiers liés au déménagement, 49 % angoissent sur ce que sera le futur, 42 % sont inquiets des risques d'irradiation, 62 % se plaignent de l'éclatement des familles et des relations sociales, un quart d'entre eux vivent maintenant avec le mari dans une région pour son travail et le reste de la famille ailleurs. 34 % espèrent un jour pouvoir repartir dans leur maison d'origine alors que 17 % pensent que leur déménagement est définitif, les autres ne se prononçant pas.
 

18 décembre

  • Japon : les groupes antinucléaires révèlent une curieuse opération pendant les élections : selon NHK, la télévision nationale, le 16 décembre, environ 30 % des bureaux de vote ont fermé plus tôt que prévu. Après vérification, ce sont principalement les bureaux de vote de la zone sinistrée de Fukushima et les alentours des autres centres nucléaires qui ont été touchés par cette mesure. Dans la préfecture de Fukushima, les bureaux ont tous fermé de 1h à 4h plus tôt. Les communes ont justifié ces fermetures anticipées par manque de personnel. Le site internet Ryûsaku Tanaka qui a diffusé cette information a demandé à des politiciens le sens de ces fermetures. Statistiquement, les indécis votent plus dans les dernières heures et plus pour les petites listes… De là à imaginer qu'il s'agissait d'éviter d'avoir trop d'élus antinucléaires dans ces régions…

 

19 décembre

  • Japon : la NRA lance une expertise après une suspicion de faille active sous la future usine de retraitement du combustible de Rokkasho. Cet équivalent du centre de retraitement de La Hague, construite à partir de 1993 n'a toujours pas commencé à fonctionner, enchaînant les problèmes techniques. 
  • Japon : le quotidien Mainichi révèle que la préfecture de Fukushima a essayé de bloquer le projet lancé en octobre par une association de collecter les dents de lait des enfants pour faire un suivi de la contamination radioactive. Cette méthode, simple et efficace, utilisée depuis les années 50 avec les essais nucléaires aériens, permet de collecter d'excellentes données statistiques. Les dents concentrent tout particulièrement le strontium-90, un radioélément connu pour provoquer des cancers des os. L'association, malgré le refus des autorités, a passé un accord avec une clinique dentaire qui a déjà récupéré plus de 200 dents de lait qui ont été envoyées aux Etats-Unis pour être analysées.
  • France : alors que le prix de l'hélium s'envole au niveau mondial du fait de sa raréfaction, les constructeurs d'Iter, à Cadarache (Bouches-du-Rhône) annoncent avoir passé un marché avec Air Liquide pour la construction de trois unités de réfrigération de l'éventuel futur réacteur qui en ferait la plus grande concentration d'hélium au monde ! 
  • France : l'IRSN s'est livré à un calcul : un accident de type Tchernobyl à Nogent-sur-Seine coûterait au moins 430 milliards. Les auteurs avertissent qu'il s'agit d'une estimation qui peut énormément varier selon le sens du vent. Dans leur scénario, on n'évacue que 100 000 personnes contre 160 000 à Fukushima et comme au Japon, on laisse vivre ensuite une grande partie de la population dans des zones contaminées.

 

20 décembre

  • Japon : la NRA annonce le report de ses conclusions sur la centrale d'Ohi, les cinq experts mandatés pour l'expertise de la faille présente sous les deux seuls réacteurs en activité du pays, n'étant pas du même avis. 
  • Maroc : présentation d'un plan d'électrification du pays qui comprend le recours à des éoliennes couplées avec des Step, station de transfert d'énergie par pompage : deux barrages dans lesquels on monte ou on turbine de l'eau pour combler les variations de production des éoliennes. Selon le Maroc, ce couplage hydro-éolien permet d'avoir un prix du kWh moins cher qu'avec les projets de capteurs thermiques solaires (projet Desertec). Le Maroc vise à produire 15 % de son électricité ainsi d'ici 2020.

 

21 décembre

  • Suède : le réacteur n°4 de la centrale de Ringhals, près de Göteborg, est arrêté suite à la découverte d'infiltration d'eau de mer dans le réacteur. L'eau de mer corrosive peut rendre un réacteur irréparable.
  • Japon : 36e rassemblement hebdomadaire pour l'abandon du nucléaire devant la résidence du premier ministre (et première manifestation depuis le changement de gouvernement) : un millier de personnes selon la police. D'autres rassemblements hebdomadaires se tiennent devant le siège des compagnies électriques à Osaka et Fukuoka.

 

24 décembre

  • Belgique : le patron de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire, Willy de Roovere, qui part à la retraite à la fin de l'année déclare " "Nous devons vivre avec cela : il y a toujours un risque lié à l’énergie nucléaire. Et nous devons aussi nous demander si le risque est acceptable pour la société. Je pense qu’aujourd’hui il ne l’est plus". Il annonce également que l'affaire des microfissures qui a provoqué l'arrêt de deux réacteurs en Belgique concerne sans doute aussi environ 350 réacteurs dans le monde (sur un peu plus de 400).
  • France : le Canard enchainé annonce qu'une enquête des services de renseignements est en cours pour déterminer les liens qui existent entre certains dirigeants français et la Chine. Il révèle qu'Henri Proglio, le PDG d'EDF, s'est engagé en novembre 2011 à communiquer des procédés sensibles à son homologue chinois. 

 

25 décembre

  • Japon : un rapport du ministère de l'éducation portant sur 700 000 enfants dans tout le pays permet de se rendre compte que le confinement des enfants dans 449 écoles publiques des zones contaminées par la radioactivité a une conséquence inattendue : une montée de l'obésité chez les enfants. Près de deux ans après l'accident, les activités de plein-air sont encore limitées dans 71 écoles. 
  • Japon : un groupe de citoyens a collecté assez de signatures pour demander un référendum au gouvernement de la province de Niigata concernant l'avenir de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa exploitée par Tepco (7 réacteurs à l'arrêt).
  • Japon : la NRA s'inquiète de la présence de 815 tonnes de combustible usé sur les sites de Tsuraga et de Higashidôri, centrales définitivement arrêtées suite à la découverte de failles actives sous les réacteurs. 
  • Chine : c'est seulement maintenant que l'on apprend que le surgénérateur expérimental de 20 MW mis en route à Fangshan, au sud de Pékin, en juillet 2010 serait en panne depuis octobre 2011.
  • Allemagne : pour la quatrième fois de l'année, dans la nuit, pendant plusieurs heures, les éoliennes couvrent plus que les besoins en électricité du pays… provoquant une chute des prix à l'exportation. L'électricité excédentaire est utilisée par les barrages hydrauliques qui pompent alors de l'eau… et revendent ensuite l'électricité aux heures de fortes consommation. 

 

26 décembre

  • Japon : le nouveau gouvernement est nommé. Le ministre de l'environnement qui a la charge du suivi de la catastrophe est Nobuteru Ishihara, le fils aîné de l'ancien gouverneur de Tokyo, très conservateur et nationaliste. Farouche partisan du nucléaire, il a cherché à faire interdire l'utilisation des compteurs Geiger par les citoyens sous prétexte qu'ils n'étaient pas fiables. Il parle d'"hystérie de masse" à propos des manifestations anti-nucléaires. 
  • Japon : Tepco teste un nouveau système de filtration des eaux radioactives en espérant pouvoir ainsi les recycler… mais comme d'habitude, les essais réalisés sur le nouveau matériel ne donnent pas un résultat satisfaisant. En particulier, les nouvelles cuves de stockage ne résistent pas à une chute de plus de trois mètres alors que la sûreté exige une résistance à une chute de six mètres. 

 

27 décembre

  • Japon : le nouveau premier ministre annonce qu'il renonce à l'objectif de sortie du nucléaire et que les réacteurs à l'arrêt seront relancés dès qu'ils seront jugés sûrs.
  • Japon : Tepco demande au gouvernement un financement de 6 milliards d'euros supplémentaires pour venir en aide aux populations déplacées. Au total, Tepco a déjà dépensé avec cette somme, pour 28,5 milliards d'euros, uniquement pour l'aide aux victimes.

 

28 décembre

  • Québec : Gentilly-2, le seul réacteur encore en fonctionnement au Québec, est arrêté définitivement à l'âge de 29 ans.
  • Japon-Etats-Unis : 8 militaires dont une femme présents sur le porte-avion USS Ronald Reagan, pris dans le nuage radioactif après le début de l'accident ont porté plainte contre Tepco après avoir découvert que les données transmises au navire à l'époque étaient mensongères. La femme, enceinte à l'époque, a porté plainte au nom de sa fille aujourd'hui âgée d'un an.
  • Japon : nouvelle visite de la NRA sur le site de la centrale d'Ohi. Malgré le creusement de nouveaux fossés, l'étude géologique ne permet pas de trancher sur le fait que la faille qui passe sous la centrale est active ou non. De nouvelles investigations sont lancées, encore plus profonde, mais sans arrêter les deux seuls réacteurs du pays en fonctionnement. Quatre experts sur cinq pensent que la faille est active, le cinquième que le décalage des couches géologiques n'est dû qu'à un glissement de terrain. 
  • France : Le Monde se fend d'un édito "le nucléaire à l'heure du doute" qui rappelle les déclarations de nombreux hauts responsables, en France et à l'étranger, qui ne croient plus à cette énergie d'une part à cause du risque d'accident, mais aussi à cause de son prix. 

 

29 décembre

  • Japon : le premier ministre visite la centrale accidentée de Fukushima Daï-Chi. Il remercie les ouvriers qui se battent pour essayer d'arrêter l'accident. Il ne dit rien à propos des multiples scandales concernant la sous-traitance. Prudent, il ne visite que les réacteurs 5 et 6 : ceux qui ne sont pas accidentés. Il annonce qu'il se donne trois ans pour mettre en place un plan de relance du nucléaire. Les médias allemands ironisent sur cette dernière annonce en rappelant qu'en 50 ans, seuls trois premiers ministres sont restés au pouvoir aussi longtemps au Japon.
  • Japon : le nouveau ministre de l'industrie annonce une augmentation du budget consacré au démantèlement des réacteurs nucléaires. Tepco bénéficie déjà d'une aide de 8 milliards d'euros pour le démantèlement des réacteurs 1 à 4 de Fukushima… démantèlement qui n'est pas près d'être mis en œuvre. Il faudrait déjà arriver à stopper les réactions nucléaires et évacuer le combustible usé.
  • Japon : l'association des Citoyens contre la dissémination des matériaux radioactifs annonce la libération de Masaki Shimoji. Ce professeur de l'université Hannan avait été arrêté le 9 décembre pour avoir participé à une action de protestation le 17 octobre 2012 dans la gare d'Osaka. Il est accusé de "violation de propriété" (en pénétrant dans une zone non publique de la gare), "violation de la loi sur les services de chemin de fer" (en ayant lu un texte au mégaphone dans la gare) et "obstruction au bon déroulement des affaires" (des gens l'ont écouté !). Masaki Shimoji dénonçait les essais d'incinération de déchets radioactifs, ce qui ne fait que provoquer une contamination de plus en plus large. Avec trois autres militants, il a été ainsi neutralisé le temps de la campagne électorale.

 

30 décembre

  • Japon : pour le réveillon, les personnes déplacées sont autorisées par le gouvernement à rentrer chez elles pour une durée maximale de cinq jours. Elles doivent porter un dosimètre pendant tout leur séjour. Sur 160 000 personnes déplacées de force (et autant qui ont choisi de se déplacer elles-mêmes), il n'y a que 525 personnes qui s'inscrivent pour passer le réveillon en zone contaminée. Suite à cette décision prise depuis Tokyo, deux communes sur les cinq concernées interdisent ces venues en disant que plus rien n'est organisé dans la commune pour assurer la sécurité des personnes. Concrètement, seulement environ 300 personnes ont passé le réveillon chez elles.

 

31 décembre

  • Japon : selon une enquête menée par le média Asahi, 76 % des personnes évacuées (305 réponses) sont d'accord pour que l'on stocke les déchets radioactifs sur leur commune… estimant que de toute manière elles ne rentreront jamais plus chez elles.
  • Japon : le nouveau premier ministre annonce qu'il serait favorable à la construction de nouveaux réacteurs plus sûrs que ceux existants. Le parti Komeito, partenaire du gouvernement, annonce qu'il y est opposé.