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Chronologie d'une catastrophe

Avril 2013

 

2 avril

  • Japon : nouvelle hausse du prix de l'électricité décidé pour le mois de mai 2013 : entre 9,75% et 6,23% selon les compagnies électriques. Depuis deux ans, les hausses successives font qu'aujourd'hui l'électricité est très chère, près de 3 fois plus qu'en Corée du Sud. 

 

3 avril

  • Japon : à 15h55 (heure locale), sur le site de la centrale accidentée, une alarme de détection de radioactivité se déclenche, provoquant l'ordre d'enfiler des tenues de protection intégrale pour le personnel. L'alerte est levée à 20h10 après avoir découvert que la balise à l'origine de l'alerte est défectueuse.
  • France : le ministère de l'environnement met sur son site internet une étude qui compare les émissions de CO2 des différentes filières de production de l'électricité, et prenant prétexte que le nucléaire en émet moins et que le réchauffement climatique provoque des morts, en conclut que le nucléaire permet d'économiser de nombreuses vies. 
  • Japon : le gouvernement adopte une réforme qui permet de mettre en concurrence les producteurs d'énergie au niveau régional. Concrètement, le réseau électrique reste sous contrôle de l'Etat, mais cela change au niveau de la production : collectivités publiques, petits producteurs pourront produire leur énergie, ce qui devrait indirectement favoriser le développement des énergies renouvelables. Ceci sera effectif en plusieurs étapes entre 2015 et 2020.
  • Japon : début des travaux sur le site de Fukushima pour la construction d'une barrière souterraine censée empêcher par la suite les écoulements d'eau contaminée vers la mer. 

 

4 avril

  • Japon : l'autorité de sûreté, la NRA, annonce commencer à étudier le risque volcanique quand un volcan se trouve à moins de 160 km d'un réacteur nucléaire (risque de projection de rochers, écoulement de laves…). Aucun réacteur japonais n'est à plus de 160 km d'un volcan.
  • Japon : TEPCO fait des tests sur une nouvelle usine de traitement de l'eau contaminée. Evidemment, cela tombe en panne, les instruments deviennent vite radioactifs… Tout cela est de la gesticulation car concrètement, on ne peut pas supprimer de la radioactivité : il faut attendre que les produits se désintègrent, ce qui peut prendre, selon les isotopes, de quelques minutes à quelques millions d'années. 
  • Japon : un article paru dans le journal Gendai fait état d'une étude du ministère de la santé réalisée dans trois préfectures à des distances différentes de Fukushima (Aomori, Yamanashi et Nagasaki) portant sur une étude la thyroïde sur 4365 enfants de 3 à 18 ans. La proportion de nodules (moins de 5 mm) et de kystes (moins de 20 mm) y atteint respectivement par préfecture 57,6%, 69,4% et 42,5%. Par comparaison, dans la préfecture de Fukushima, c'était 35,3% en 2011, 43,6% en 2012. Les autorités en ont conclu qu'il n'y avait pas de différences significatives et donc que les habitants de la région de Fukushima ne sont pas plus malades que les autres. Mais des scientifiques comme Katsuma Yagasaki, de l'université de Ryukyu, ont protesté : pour eux, la conclusion est erronée. Ces chiffres signifient en fait que les populations éloignées de Fukushima ont aussi des problèmes de thyroïde, et ceux-ci sont d'autant plus développés qu'aucune mesure de protection n'a été prise car les autorités locales se croyaient trop loin de la centrale nucléaire. Le professeur Ken Sasaki de l'Université des sciences de Rikkyo abonde dans le même sens : pour lui l'irradiation en iode a été massive : "À Tôkyô, la radioactivité a dangereusement augmenté. Quelques jours après l’accident, il y avait 0,8 μSv. Les quatre jours suivants, la radioactivité a baissé chaque jour de 0,1μSv. Comme l’iode a une demi-vie de 8 jours, il a pu bien s’imbiber". Pour eux, il faut s'attendre, dans les cinq ans à venir, à une explosion des cancers de la thyroïde dans une bonne partie du pays.

 

5 avril

  • Japon : à 14h27 (heure locale), nouvelle panne électrique qui prive d'alimentation la piscine de stockage du combustible du réacteur n°3. La panne est réparée à 17h20.
  • Japon : les autorités régionales de Fukushima annoncent le remplacement de certaines balises de détection de la radioactivité. Les mesures des nouvelles balises indiquent alors des valeurs presque deux fois moindres qu'avant. En allant voir sur place la raison de cette variation, des journalistes découvrent que les balises ont été déplacées pour être mises dans des zones précautionneusement nettoyées. Interrogés, les autorités déclarent que les changements d'emplacement ont été faits pour les rendre plus accessibles au public. 
  • Belgique : Greenpeace attaque l'Etat belge en procès pour négligence du devoir de protection des populations en estimant que rien n'est vraiment prévu en cas d'accident nucléaire grave.
  • Suisse : le gouvernement reconnaît qu'il n'a pas été provisionné assez d'argent pour assurer le démantèlement et le stockage des déchets radioactifs après la sortie du nucléaire. Selon le PS Suisse, il manquerait environ 7 milliards de FS (5,7 milliards d'euros) sur 11,5 (9,5 M€).
  • Japon : TEPCO annonce avoir commencé à enlever des éléments combustibles usés de la piscine centrale (37 assemblages sur 6377) pour faire de la place aux éléments qui seront enlevés de la piscine du réacteur n°4, pas avant novembre 2013. Les assemblages retirés sont ceux dont la radioactivité a suffisamment baissé pour que l'on puisse les conditionner et les stocker ensuite à sec.
  • Japon : le quotidien Maïnichi dénonce les conditions de travail du personnel affecté à la décontamination : ils doivent vivre à trois dans des bungalow de 12,5 m2, les crédits pour les repas sont de 0,80 € pour le petit déjeuner, 1,60 € pour le dîner.  Un homme de 59 ans accepte de parler de son salaire : 15 700 yens en théorie par jour (125 €) : 5700 de salaire (45 €) et 10 000 de prime de risque (80 €) mais avec retenue pour le logement de 3700 yens (30 €) et 1000 yens (8 €) de nourriture. Son contrat d'embauche ne comporte pas de salaire. Il travaille en sous-traitance et sa prime de risque est détournée en partie par les entreprises intermédiaires. 

 

6 avril

  • Japon : TEPCO annonce avoir découvert des fuites sur deux réservoirs d'eau radioactive dès le 3 avril. Ces réservoirs n°2 et n°3 sont des trous dans le sol, avec seulement des films plastique posés au fond pour empêcher l'infiltration de l'eau. 120 tonnes d'eau se seraient écoulées dans le sol (estimation d'après la baisse du niveau du liquide). TEPCO annonce vouloir transvaser 13 000 tonnes du réservoir n°2 dans de nouveaux réservoirs. Cela devrait prendre au moins cinq jours. Pour le 3, la fuite est recherchée.
  • Japon : selon TEPCO, c'est en posant des plaques de protection contre les rats qu'un court-circuit a été provoqué dans un placard électrique, provoquant la panne de la veille. 
  • Japon : le gouvernement de la province de Fukushima inaugure une usine de traitement des boues radioactives : il y en a 68 000 tonnes dans la province. Dans les faits, l'usine n'est qu'une étuve qui évapore l'eau contenue dans les boues et en baisse le poids et le volume de 20%… mais ne change strictement rien à la quantité de radioactivité. Cela consomme de l'énergie pour un résultat qui n'a guère d'intérêt si ce n'est de faire croire que l'on fait quelque chose.

 

8 avril

  • Japon : selon TEPCO, la fuite dans le réservoir n°3 est trouvée en partie haute. Il faut enlever 2000 tonnes pour faire descendre le niveau de l'eau plus bas que la fuite. 
  • Japon : selon une étude dans la région de Fukushima, le taux de pieds plats chez les enfants de 3 à 5 ans a été multiplié par deux depuis l'accident. Mis en cause : le manque d'activité.
  • Etats-Unis : dans le New York Times, l'ancien président de la commission de régulation nucléaire, Gregory B. Jaczko, affirme qu'aujourd'hui l'ensemble des 104 réacteurs du pays présentent des défauts de sûreté qui ne sont pas réparables et qu'il est temps de les remplacer par des centrales aux technologies plus modernes. "Continuer à mettre des pansement sur des pansements ne va pas résoudre le problème". Alors que la plupart des réacteurs ont plus de 40 ans, il estime que l'autorisation de fonctionnement qui a été donnée pour aller jusqu'à 60 ans n'est sans doute pas tenable. Pour éviter la fusion des cœurs en cas d'accidents comme à Fukushima, il suggère d'envisager de faire des réacteurs plus petits qui s'arrêteraient automatiquement en cas de perte de contrôle. Exactement le contraire de ce que fait la France avec l'EPR ! 

 

9 avril

  • Japon : le réservoir d'eau radioactive n°1 s'avère à son tour défectueux et TEPCO craint maintenant que les sept grands bassins soient défectueux. Le pompage du réservoir n°2 est interrompu car le transfert se faisait vers le n°1. La situation devient catastrophique car il n'y a rien de prévu pour stocker l'eau rapidement ailleurs… et pendant ce temps, les eaux contaminent les sols. Ce type de réservoirs avait été creusé dans le sol par souci d'économie. Une nouvelle fois, cela s'avère maintenant un mauvais choix. Pannes d'électricité à répétition, fuites d'eau, manque de personnel, on n'ose pas imaginer ce qui se passerait en cas de nouveau séisme d'importance.
  • Iran : tremblement de terre de magnitude 6,3 à 16h22 heure locale, près de la centrale nucléaire de Bouchehr. Selon le gouvernement, il y a 20 morts, 650 blessés dans la région, mais pas de dégâts dans la centrale.
  • Japon : le gouvernement annonce qu'il ne renouvellera pas sa campagne en faveur des économies d'électricité, les compagnies ayant maintenant des capacités de production suffisantes pour couvrir les besoins. 

 

10 avril

  • Japon : faute de mieux, TEPCO reprend les pompages du réservoir 2 (qui fuit beaucoup) vers le 1 (qui fuit moins). TEPCO essaie aussi de récupérer l'eau qui est passée sous les réservoirs. Et pendant ce temps, l'eau qui arrive des réacteurs est déversée dans le réservoir n°6 (qui peut-être fuit). Les experts ne sont pas d'accord entre eux sur les quantités de radioactivité qui sont passées dans le sol, ni sur leur destination (sol, nappe phréatique, mer). Les Japonais connaissent-ils la série des Shadocks ? 
  • Japon :: un robot envoyé dans une salle d'accès au réacteur n°1 (et donc pas dans le réacteur lui-même) mesure un taux record de radioactivité : 2,1 sieverts par heure. 
  • Japon : le gouvernement demande à TEPCO de renoncer aux réservoirs de surface et d'installer en quantité des cuves métalliques de stockage (ce qui coûte plus cher, mais fuit moins). 

 

11 avril

  • Japon : un suivi médical sur 33 000 personnes de la région de Fukushima entre octobre 2011 et novembre 2012 indique que le césium 134 et 137 n'est détectable que dans 1% des individus sondés. Les conclusions de l'étude restent prudentes : il faut continuer à surveiller l'alimentation pour éviter que la contamination interne s'accentue. On peut en effet s'attendre à une disparition progressive du césium 134 dont la durée de vie est brève, mais à une accumulation du césium 137 dont la demi-vie est de 30 ans. 

 

12 avril

  • Japon : du fait de la remise en route des deux réacteurs d'Ohi, la part du nucléaire dans la production d'électricité aura été de 3,9% pour l'année fiscale (avril 2012- mars 2013).
  • Japon : le gouvernement autorise la reprise de la culture des rizières de la commune de Hirono après des essais montrant que l'on restait en-dessous des limites légales de contamination. Problème : sur 5200 habitants, seuls 500 acceptent de revenir. 

 

13 avril

  • Japon : à 5h33 (heure locale) important séisme de magnitude 6,3 à seulement 100 km de la centrale d'Ohi où se trouvent les deux seuls réacteurs du pays en fonctionnement. Au moins 24 personnes sont blessées dans la région de Kobé et d'Osaka. Un employé de l'aéroport d'Osaka a envoyé un courriel à 87 autres aéroports, pensant qu'il s'agissait de l'explosion d'un missile nord-coréen…

 

14 avril

  • Japon : à 22h25 (heure locale), séisme de magnitude 5,2 à proximité de la centrale accidentée de Fukushima-Daïïchi. 
  • Japon : TEPCO annonce du retard dans le transvasement de l'eau radioactive des réservoirs qui fuient (les 2 et 3) vers celui qui fuit moins (le 1) et vers ceux qui ne fuiraient peut-être pas (le 5 et le 6). Le retard est en partie dû à des fuites… dans les tuyaux entre les réservoirs, mais aussi au fait qu'aucune déchirure n'a été clairement trouvée dans les films plastiques présentant des fuites. Fuites au prochain numéro…

 

16 avril

  • France : départ d'un convoi de Cherbourg pour le Japon avec vingt assemblages de Mox (mélange uranium-plutonium). Ces combustibles ont été commandés par la centrale de Takahama (province de Fukui) avant le 11 mars 2011. Greenpeace dénonce un coup de force de la France qui incite ainsi le Japon a redémarrer ses réacteurs. L'électricien Kansai Electric, propriétaire de la centrale, donne raison à Greenpeace, indiquant que cette livraison avait lieu à la demande de la France, le redémarrage du réacteur étant incertain et le stockage de ce genre de combustible présentant un certain danger. Plus de 800 militaires ont été déployés entre l'usine Areva de La Hague et le port de Cherbourg, par crainte des manifestants.
  • France : rapport de l'ASN, autorité de sûreté nucléaire : les incidents dans les centrales nucléaires françaises sont en hausse de 10% en 2012 par rapport à 2011.
  • Japon : Greenpeace interroge le gouvernement : que se passe-t-il si la Corée du Nord tire un missile sur le convoi chargé de Mox ? 
  • Japon : TEPCO présente son action à une délégation des CLI, Comités locaux d'information, du Nord-Contentin : 17 milliards d'euros d'indemnisations ont déjà été versés à 1,5 millions de personnes (soit un peu plus de 10 000 euros par personne).

 

16 avril

  • France : Denis Baupin, député EELV, vice-président de l'Assemblée nationale, dans un communiqué s'inquiète du rapport de l'ASN : on est à 20 % d'arrêt des réacteurs, loin des objectifs fixés à 15 % par Henri Proglio, le PDG d'EDF et surtout, au cours des trois premiers mois de 2013, on a déjà autant d'incidents qu'en 2012.

 

17 avril

  • Japon : TEPCO annonce que l'ensemble de l'eau radioactive présente dans les réservoirs creusés dans le sol va être pompé pour être mis dans des citernes et mettre ainsi fin aux fuites actuelles. L'opération devrait être achevée d'ici fin mai, début juin. 
  • Japon : nouveau séisme à 17h57, heure locale, magnitude 6,2, épicentre près de Tokyo suivi d'une trentaine de répliques dans la soirée. A 21h03, nouveau séisme de magnitude 5,8, épicentre tout près de la centrale de Fukushima, sans incidence sur celle-ci d'après TEPCO.

 

18 avril

  • Japon : l'Etat verse 1,7 milliards de plus à TEPCO. C'est le quinzième apport financier.
  • Japon : annonce d'un déficit commercial record (2,7 milliards d'euros) de mars 2012 à mars 2013. Ceci d'une part du fait de l'augmentation de la facture énergétique et d'autre part de la dévaluation du yen sur le marché international (-20 % par rapport au dollar et -25 % par rapport à l'euro au cours des six derniers mois). Un accident nucléaire, cela déstabilise toute l'économie. 
  • France : auditionné dans le cadre du débat sur la transition énergétique, Henri Proglio, PDG d'EDF, estime que la mise aux nouvelles normes "post-Fukushima" des 58 réacteurs français va coûter 55 milliards d'euros. Parallèlement, le maintien du réseau électrique va nécessiter entre 100 et 120 milliards d'investissements d'ici 10 ans. Interpellé par la représentante des Amis de la Terre sur le coût d'un accident nucléaire grave en France, il a répondu : "Je ne polémiquerai pas sur le coût d’un accident nucléaire c’est de l’ordre de l’irrationnel". C'est la polémique, le coût ou l'accident qui est irrationnel ?

 

19 avril

  • Japon : nouvelle inspection de la centrale en activité d'Ohi par la NRA. Résultats attendus en juin. KEPCO, propriétaire affirme que les deux réacteurs de la centrale sont aux nouvelles normes… La NRA a déjà répondu que ce n'est pas le cas au moins pour la salle de réunion où se gèrerait un accident, salle construite trop près des réacteurs.
  • Japon-Russie : séisme de magnitude 7,2 à la limite nord du Japon, près des îles Kouriles russes. 

 

20 avril

  • Japon : le quotidien Asahi dénonce la présence d'ouvriers sur le site de la centrale de Fukushima sans dosimètre. TEPCO reconnaît que 14 personnes seraient concernées.
  • France : auditionné dans le cadre des entretiens pour la transition énergétique, Pierre Franck Chevet, président de l'ASN affirme que l'accident de Fukushima est classé au niveau 6… alors que le site de l'ASN qui reprend les infos officielles annonce pourtant le chiffre juste : niveau 7. 


21 avril

  • Japon : séisme de magnitude 6,1 à 12h22 heure locale, en mer, suivi de différentes répliques. Puis séisme à 19h27 heure locale de magnitude 4,2 à proximité de la centrale de Fukushima. Aucune conséquence selon TEPCO. 

 

22 avril

  • Japon : le refroidissement de la piscine du réacteur n°2 doit être interrompu pendant plus de 5 heures, le temps d'enlever deux cadavres de souris coincés dans un placard électrique.
  • Japon : l'AIEA publie un rapport remis aux autorités japonaises. Alors que l'AFP n'en reprend que des propos rassurants, la presse japonaise, elle y relève que "l'eau accumulée constitue un gros problème" et que "le temps de démantèlement d'une installation si complexe en moins de 30 à 40 ans n'est pas garanti". Vous allez donc devoir lire cette rubrique pendant encore plus de 40 ans !  
  • Japon : le quotidien Asahi a fait mesurer la radioactivité des boues collectées dans les piscines scolaires en activité. Alors qu'en surface les piscines ne présentent qu'un très faible taux de radioactivité, les boues, elles, la concentrent énormément : des piscines de la commune de Fukushima et de Minami-Sôma présentent des taux de contamination de 8000 à 100 000 bq/kg, ce qui en fait des déchets radioactifs. Ces mesures ont été faites dans les piscines qui n'avaient pas encore été vidées depuis le 11 mars 2011. Or 63 des 70 piscines concernées dans la région ont été vidées et les boues jetées sans que personne ne pense avant à vérifier la teneur radioactive de ces boues. 

24 avril

  • Japon : les Etats-Unis font pression sur le gouvernement japonais pour ne pas démarrer l'usine de "retraitement" du combustible de Rokkashô-mura, qui permettrait l'extraction du plutonium. L'usine en question devait démarrer initialement en 2008, mais n'a jamais réussi à fonctionner depuis. Le plutonium extrait du combustible usé des réacteurs nucléaires n'a en effet aucun débouché… sauf à imaginer que le Japon veuille se doter de l'arme atomique. En effet, pour le moment, un seul réacteur était autorisé à utiliser du plutonium intégré dans du combustible Mox : le réacteur n°3 de Fukushima. Les Etats-Unis estiment que si le Japon démarre cette usine, cela amoindri les négociations internationales demandant à la Corée du Nord et à l'Iran de renoncer à leur programme nucléaire. Pour ceux qui croient qu'ils existe une différence entre nucléaire civil et militaire…
  • Japon : en 2011, 15 000 tonnes de riz ont été retirées de la consommation car présentant un taux de contamination supérieur à la limite de 100 bq/kg. En 2012, seulement 2000 tonnes ont été retirées de la vente. L'écart est énorme et ne peut s'expliquer par la seule baisse de la radioactivité. Le plus probable est qu'il y a eu moins de contrôles et donc plus de riz contaminé qui a échappé aux contrôles.
  • Japon : la NRA dénonce l'insuffisance des stations de mesure de la radioactivité mises en place dans les zones contaminées : 160 des 389 balises ne sont pas équipées de générateur de secours, ce qui fait qu'elles ne fonctionnent pas en cas de coupure de courant. Or en cas d'accident, la première chose qui se passe, c'est que le courant est coupé ! Comme on le voit, dans le domaine du nucléaire, on a tout prévu !

 

25 avril

  • Japon : la NRA annonce qu'elle n'autorise pas la poursuite des tests de l'usine de Rokkashô-mura tant que de nouvelles normes n'ont pas été élaborées… ce qui ne sera pas le cas avant au moins décembre 2013. 
  • Turquie : la presse annonce qu'un accord serait imminent entre le gouvernement et un consortium d'entreprises dont Mitsubishi et Areva pour la construction de quatre réacteurs pour un montant total de 15,4 milliards. Mitsubishi et Areva sont deux des acteurs présents sur la centrale de Fukushima. Pour ces firmes, l'accident leur a permis d'améliorer leurs connaissances et donc de proposer des réacteurs plus sûrs ! 
  • Japon : TEPCO annonce de nouvelles coupures dans le refroidissement des réacteurs (33 heures pour le réacteur n°1, 9 heures pour la piscine du réacteur n°4) ceci afin de mettre en place des grillages contre les rongeurs sur les circuits électriques.

 

26 avril

  • Japon : inauguration d'une "usine à légumes" à seulement 20 km de la centrale de Fukushima. Tout est hors-sol sur 2500 m2 et en lumière artificielle. Cela doit permettre de produire des légumes garantis sans aucune trace de césium. Coût énergétique non précisé.
  • Japon : TEPCO a réalisé 22 sondages autour des réservoirs d'eau radioactive qui fuient. Sur 22 sondages, 13 présentent une contamination qui indique une fuite des réservoirs.

 

29 avril

  • Japon : TEPCO annonce avoir transvasé 4600 m3 du réservoir n°1 vers des cuves en surface, faisant baisser le niveau dans le réservoir en-dessous du niveau de fuite.

 

30 avril

  • Ukraine : selon un comptage de l'Association Ukrainienne des Survivants de Tchernobyl, sur 44 000 personnes évacuées de la ville de Pripiat vers la capitale Kiev, le 27 avril 1986, il ne reste qu'environ 19000 survivants aujourd'hui… ce qui signifie un taux de mortalité double de la normale. 
  • Japon : une étude portant sur la contamination de l'ayu (Plecoglossus altivelis), un poisson d'eau douce mangé pour sa chair savoureuse, montre que la contamination au césium, entre mai et septembre 2011, s'est répandue bien au-delà des cartes officielles de contamination, les poissons ayant refusé de rester confinés au même endroit. On en a trouvé jusqu'à 400 km à l'ouest de la centrale.
  • Japon : TEPCO publie les doses de radiation reçues officiellement par les personnes présentes sur le site au premier trimestre 2013. On en est à 27 000 personnes qui sont passées sur le site et ce sont les sous-traitants qui sont, sans surprise, les plus contaminés.

 

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