Categories: General
      Date: Mar  6, 2018
     Title: Numéro 466 - Avril 2018


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Dossier

Jouer hors des cases

Pas besoin de jouets pour jouer !

L'Association Jouer pour vivre propose aux écoles primaires la Boîte à jouer : un coffre à jouets géant, posé dans les cours de récréation, rempli d’objets recyclés avec lesquels tous les enfants de l’école peuvent jouer librement en même temps.

Ces jeux turbulents qui nous turlupinent…

En 2017, les Rencontres ludiques, qui regroupent des professionnel·les du jeu, ont souhaité approfondir la question du jeu et du risque.

Jouer ensemble, par-delà les barrières sociales

La Maison des jeux de Grenoble, c’est 350 m² d’espace dédié au jeu. Et c’est surtout la conviction que le jeu est une pratique libre et gratuite qui doit se vivre pour le plaisir.

Le jeu entre aliénation et émancipation

Le jeu est vu tour à tour comme une activité participant au développement de la parentalité positive, de la réflexion sur l'écologie et le gaspillage, etc., ou comme une marchandise banale. Peu considéré dans le combat pour l'émancipation, le jeu offre pourtant des passerelles discrètes et de puissants leviers de conscientisation et d'action.

 

Articles

Alimenter les luttes

Depuis quelques temps, des réseaux originaux ont germé à Nantes et à Rennes. Pour ravitailler des luttes sociales et écologiques, des paysans et des paysannes se sont associé·es avec des colporteurs et des colporteuses pour assurer des cantines régulières ou ponctuelles.

Réchauffement climatique, une question de survie

Fin 2017 se tenait à Bonn, en Allemagne, la COP23. Ce dernier sommet pour lutter contre le réchauffement climatique n’a, pas plus que les précédents, été en mesure de prendre des décisions à la hauteur de cet enjeu planétaire. Cependant, cette fois, les prévisions s’avèrent dramatiques : c’est la survie d’une large part de l’humanité qui est en jeu.

"Grande-Synthe, là où tout se joue"

La ville de Grande-Synthe fait figure de laboratoire en termes d’industrialisation, de migration, de pauvreté, mais aussi d’alternatives. À contre courant de plusieurs politiques municipales, la ville de Grande-Synthe soutient des initiatives qui visent à proposer un autre modèle local de société. Entretien avec Béatrice Jaud, qui a fait de cette ville le sujet de son prochain film.

La lutte contre les OGM en plein champ continue

Créés en 2003, les Faucheurs Volontaires essaient par leurs actions depuis 2008 d'alerter sur la poursuite de cultures d' "OGM cachés" en France alors que la société dans son ensemble n'en est pas avertie. Il s'agit de tournesols et de colzas rendus tolérants à un herbicide obtenu par un procédé qui n'est pas celui de la transgenèse mais celui de la mutagenèse.

La LIMAP est lancée !

La LIMAP est en activité depuis janvier 2018 au collège Maurice Utrillo de Limas dans le Rhône : c’est la première AMAP créée par des collégien·nes et leurs enseignant·es en Rhône-Alpes !

"Là où on vit" : se défendre dans les forêts de l’Himalaya

À Sarmoli, dans l’Himalaya en Inde, les forêts villageoises sont des "communs" : elles sont gérées collectivement par des comités élus par les villageois·es tous les cinq ans. Plus qu’un mode de socialisation de la nature, ces forêts sont des espaces de souveraineté locale et d’autonomie politique capables de donner une voix à celles et ceux qui en sont souvent privés.

Les nouveaux riches

Les monnaies sociales et complémentaires se sont multipliées sur tous les continents ces dernières années. Leurs formes varient mais elles partagent l'ambition de relocaliser l'économie et de rompre avec le système financier spéculatif. Pascal Hennequin de l'association Fokus 21 a réalisé une exposition présentant 18 portraits donnant à connaître des personnes qui ont créé ou qui utilisent ces monnaies.

 

Chroniques

Bonnes nouvelles de la Terre :
Pour se protéger des crues, une solution : coopérer avec la nature

Chroniques terriennes :
Les belles paroles ne résolvent rien

Nucléaire, ça boum ! :
Vous avez dit : "dissuasion" ?

En direct de nos colonies :
Complicité de la France dans le génocide des Tutsi : l'heure de vérité ?

 

Brèves

Paix Alternatives Environnement  Femmes, hommes, etc. Nord/Sud Nucléaire Énergies OGM Santé Société Politique Annonces Agenda Courrier Livres Quoi de neuf ?

 

Éditorial

Se réapproprier le jeu

Le jeu est partout et il est multiforme.

On peut jouer seul·e ou à plusieurs. Pendant quelques minutes ou pendant des heures. À tous les âges.

Le jeu peut être sérieux (construire une maison en bâton par exemple demande minutie et patience !) ou provoquer des éclats de rire.

Le jeu peut être un objet de consommation ou un espace de liberté et de gratuité.

Mais tout n’est pas jeu. Le jeu, c’est un espace et un temps donné où l'on peut s’extraire de certaines contraintes de la réalité. C’est un moment crucial où il est socialement possible de faire apparaître des comportements qui normalement ne sont pas autorisés. Jouer peut être un outil d’apprentissage des relations et d'apprentissage de la non-violence (1), car certains jeux et manières d’y jouer favorisent l’écoute, la coopération, la communication, etc.

Mais le jeu peut aussi être un vecteur des rapports de domination entretenus dans notre société, tels que le sexisme ou la course à l'argent. Silence a plusieurs fois dénoncé l’omniprésence de jouets sexistes (2).

Face à cette indétermination du jeu, récupérée par la société marchande, la place du jeu libre et émancipateur est de plus en plus réduite dans notre société. Jouer est un état d’esprit. C’est pourquoi des associations d’éducation populaire ont réinvesti les jeux pour en proposer une pratique renouvelée. Jouer pour se construire ou rire, jouer pour se divertir ou découvrir, jouer selon son désir.

 

Martha Gilson

 

(1) Silence, n°145, "Jeux et coopération" ; Silence, n°401 "Se former à la non-violence".

(2) Sur le thème "jeux et sexisme", voir Silence, n°363, "3 questions à l’association MixCité"", p.2 ;
Silence, n°402 "Ces croyances qui nous dominent".