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Numéro 462 - Décembre 2017 / Parution le 16 novembre

Les nouveaux visages de l’habitat participatif

Mais aussi : Mon école en paille, La parole fraternelle de Patrick Chamoiseau, Zéro déchet : puis-je amener mon propre contenant chez mon commerçant ?, Retour à la Chanvrière du Bélon, Semer des lettres, récolter l’échange, Aux enfants, Pour une poignée de degrés…  [en savoir plus…]

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Numéro 378 - Avril 2010


Apprendre sans école

Numéro épuisé : téléchargement en PDF ici.

 

Apprendre sans école

Apprendre sans école ? (de Jean-Pierre Lepri)
J'ai décidé d'instruire mes enfants à la maison (de Catherine Dumonteil-Kremer)
Le compagnonnage dans le réseau REPAS (de Mimmo Pucciarelli)
Les réseaux d'échanges réciproques de savoirs : comment çà marche ? (de Claire Héber-Suffrin)

 

Vivre sans capitalisme

Enric Duran, robin des banques… et décroissant (Entretien par Guillaume Gamblin et Pascal Martin)

Biodiversité

Des sols en danger de mort (Entretien avec Gérard Ducerf par Marie-Pierre Najman)

Villes en transition

La relocalisation de l'alimentation n'est pas chose facile ! (de Michel Bernard)

Reportage en B.D.

Toulon en rade (de Red!)

Inde

Recherche de basse technologie (Entretien avec V. K. Desai par Eva Cantavenera)

Nord-Sud

Que fait l'armée française en Afrique ? (Entretien avec Raphaël Granvaud)

Nourriture

Slow-Food : un arrière-goût… d'incohérence ? (de Christophe Goby)

Non-prolifération nucléaire

Inspections citoyennes

 

Brèves

alternatives
du vert dans les oreilles
la clementerie
agri-bio
femmes
énergie
nucléaire
société
bidoche
climat
environnement
agenda
annonces
courrier
livres

 

Editorial

A l'école de la Skholè…

Ce n’est pas parce que l’on est enseigné/formé que l’on apprend(1). Or, ce qui compte, c’est bien, pour ma survie comme pour ma vie, d’apprendre la vie et d’(ap)prendre ma place dans la vie. Ap-prendre, c’est "prendre avec" moi. C’est, physiologiquement et intellectuellement,"saisir","faire corps" avec un obstacle, de telle sorte qu’il disparaisse pour moi. C’est ainsi que j’ai appris, que j’apprends, que j’apprendrai.

L’école et les établissements/institutions d’enseignement ou de formation peuvent m’y aider. Je peux y apprendre ce dont j’ai besoin, mais aussi ne pas l’apprendre, apprendre autre chose, l’apprendre mal, et y perdre mon temps et mon énergie(2). Je peux tout aussi bien apprendre ce dont j’ai besoin sans écoles – tout comme ne pas l’apprendre, apprendre autre chose, l’apprendre mal, mais en y perdant, sans doute, moins de temps et moins d’énergie.

La "skholè" (d’où vient le mot "école"(3)) des Grecs désignait le "temps libre", libre pour penser à comment bien vivre et à comment agir pour cela. Cette "skholè" existe encore et partout, hors des écoles — mais, paradoxalement, plus difficilement et plus rarement dans les écoles.

"Retrouvons-nous" un moment à la "skholè", dans le dossier de ce numéro de Silence. Dans cet espace-temps, nous n’irons pas à l’école, nous irons à la "skholè".

Jean-Pierre Lepri


1. "Moins on est enseigné, plus on apprend, car être enseigné, c’est recevoir des informations, et apprendre, c’est aller les chercher." (Roger Cousinet, Pédagogie de l'apprentissage, Presses universitaires de France, 1959)
2. "Les enfants doivent être à l'école ; ils apprennent à l'école ; l'école est le seul endroit où ils puissent apprendre; trois postulats que l’on ne met pas en doute et qui méritent que l'on s'y attarde." (Ivan Illich, Une société sans école, Seuil, 1971)
3. Via le latin "scola". Pour Bourdieu, la skholè est un "temps libre et libéré des urgences du monde qui rend possible un rapport libre et libéré à ces urgences, et au monde." (Méditations pascaliennes, Seuil, 1997)