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Chronologie d'une catastrophe

1er novembre

  • Japon : le réacteur Sendaï 2 a atteint sa pleine puissance.
  • Japon : TEPCO annonce que les taux de strontium dans les eaux souterraines ont fortement augmenté ces derniers temps. Entre le 3 août 2015 et le 1er octobre 2015, dans le puits de contrôle n° 1, on est passé de 2800 Bq/l à 7100 Bq/l, soit une multiplication par 2,5.

 

2 novembre

  • Japon : une ONG, pour protester contre les réticences du gouvernement à le faire, met 60 000 pages de documents en ligne sur internet concernant les commissions d'enquête autour de l'accident de Fukushima.
  • Etats-Unis : des déchets flottants radioactifs contaminés par l'accident de Fukushima sont maintenant régulièrement repêchés le long de la côte ouest du pays. Il s'agit le plus souvent de morceaux de bois de maisons détruites par le séisme et qui ont été contaminés au départ par le nuage radioactif.

 

3 novembre

  • Japon : l'autorité de régulation nucléaire, la NRA a demandé au ministère des Sciences et Technologies de retirer à la Japon Atomic Energy Agency (l'équivalent de notre CEA) la gestion du surgénérateur de Monju et de nommer une autre structure pour assurer la responsabilité du site. Si le ministère ne peut le faire, la NRA demandera sa fermeture définitive. Il est à l'arrêt depuis 1995. Les conditions de sûreté n'ont jamais pu être réunies pour un redémarrage. Ce réacteur a déjà coûté 7,5 milliards d'euros pour 250 jours de fonctionnement. Sa fermeture mettrait un terme à la fable gouvernementale selon laquelle les surgénérateurs pourraient diminuer la quantité de déchets radioactifs. Le lendemain, les médias ont largement repris l'information, rappelant que si les surgénérateurs sont abandonnés, l'usine de Rokkashô (équivalent de l'usine Areva de La Hague) n'a plus d'utilité. Cette usine de "retraitement" n'a jamais eu le feu vert pour démarrer du fait de nombreuses irrégularités régulièrement constatées par la NRA. Les journaux pro-nucléaires reconnaissent le problème concernant la mise en conformité de Monju, mais rejettent la responsabilité sur le ministère.
  • Japon : une fuite sur la station de filtration qui récupère des éléments présents dans l'eau radioactive pompée dans les réacteur de Fukushima laisse écouler 50 litres d'eau… qui contiennent 11,5 millions de becquerels. C'est la fuite la plus importante sur cette installation.

 

4 novembre

  • Japon : dans la province de Chiba, à l'ouest de Fukushima, sur la commune de Kashiwa, où la contamination est élevée, mais où il n'y a pas eu d'évacuation, sur 173 enfants nés entre 1992 et 2011 contrôlés, 112 (soit 65 %) présentent des nodules (formation solide) ou des kystes thyroïdiens (formation liquide). 11 d'entre eux vont subir des examens complémentaires. Kashiwa est à 26 km de Tokyo.
  • Japon : l'ancien ambassadeur du Japon en Suisse, Mitsuhei Murata, dans un entretien au Japan Times, appelle le gouvernement à un "retrait honorable" du projet de jeux olympiques Tokyo 2020, ceci en raison de l'imprévisibilité de la situation à la centrale nucléaire de Fukushima. Mitsuhei Murata estime que le premier ministre a menti au CIO en affirmant que Tokyo n'avait pas été touchée par l'accident. Il rappelle les taux d'iode radioactif qui ont été mesurés récemment dans certains quartiers, preuve que le nuage en provenance de la centrale déverse encore régulièrement de la radioactivité sur la capitale.

 

5 novembre

  • Japon : la compagnie électrique Japan Atomic Power Company (JAPC) dépose un dossier pour demander le redémarrage du réacteur n° 2 de Tsuruga… alors que la NRA a conclu, après l'examen par deux équipes d'experts, qu'une faille active se trouve sous ce réacteur. La compagnie électrique conteste ces expertises.
  • Japon : une délégation des autorités régionales et municipales est venue inspecter le site pour comprendre pourquoi, à chaque grosse pluie, il y a des débordements. Le jour même de la visite, 225 litres d'eau de pluie contaminée a débordé d'un bassin de rétention, montrant que le problème, malgré les propos rassurants de TEPCO, n'est toujours pas résolu.

 

6 novembre

  • Japon : le projet de maison de retraite à Ogawara annoncé le 19 octobre dernier est abandonné, les autorités ne trouvant pas comment il serait possible de gérer le personnel dans une zone aussi radioactive.
  • Japon : la commune d'Okuma, où se trouve une partie de l'installation nucléaire de Fukushima Daï-chi (10 778 habitants avant l'accident), a été totalement évacuée. 62 % de son territoire est classé "retour difficile", c'est dans cette partie que se trouvait, 96 % de la population. Aujourd'hui 23 % des habitants vivent en dehors de la province de Fukushima. Cerise sur le gâteau, la commune a accepté l'installation d'un site de stockage de déchets sur son sol… Résultat : il n'y a eu aucun candidat pour remplacer l'actuel maire de 68 ans. Faute de pouvoir organiser des élections, celui-ci a été reconduit par les autorités.


7 novembre

  • Japon : séisme de magnitude 4,9 dans la préfecture d'Ibaraki, à mi-chemin entre la centrale de Fukushima et Tokyo.

 

8 novembre

  • Japon : TEPCO publie une nouvelle étude sur l'enfoncement du site de Fukushima suite au séisme du 11 mars 2011. Globalement le site s'est enfoncé de 70 cm, mais il y a des écarts significatifs : le réacteur n° 1 est descendu de 71 cm, le réacteur n° 4 de 73 cm. 3 centimètres seulement, mais lorsqu'il s'agit de tuyauteries, cela signifie que nombre d'entre elles ont été tordues ou brisées.

 

9 novembre

  • Japon : TEPCO annonce avoir démonté 12 cuves de stockage d'eau radioactive qui avaient provoqué des fuites. La compagnie va maintenant poursuivre ce chantier, car les cuves utilisées depuis le début de l'accident avaient une durée de vie garantie de seulement cinq ans et doivent donc être progressivement remplacées. On peut s'attendre à de nouvelles fuites lors des transferts d'eau radioactive des anciennes vers les nouvelles cuves.
  • Japon : TEPCO affirme que depuis que la fin du chantier de construction d'un mur le long du littoral, le 26 octobre dernier, la pollution en mer a baissé. Les chiffres montrent une baisse près de la rive, mais ni de l'autre côté du port, ni en pleine mer… ce qui laisse supposer que l'eau contaminée de la nappe phréatique rejoint toujours la mer en contournant le mur, ce qui est assez logique.

 

10 novembre

  • Japon : exercice de crise autour de la centrale d'Ikata dont le réacteur n° 3 pourrait être le prochain à redémarrer. 15 000 personnes rassemblées dans un gymnase ont reçu un comprimé d'iode à manger, puis ont été évacuées par un bateau militaire jusqu'à un ferry de grande dimension. La télévision publique NHK qui suivait l'exercice a interrogé les 18 maires des communes situées sur l'île voisine où les réfugiés devraient se rendre en cas d'accident réel. 12 des 18 maires ont jugé que le plan d'évacuation est certes spectaculaire, mais peu réaliste et 8 pensent qu'ils ne pourraient pas matériellement accueillir les réfugiés si l'accident était lié à un séisme. 13 maires ont demandé plus amples explications. D'autres, si le bateau de l'armée serait présent aussi rapidement en cas d'accident réel.
  • Japon : TEPCO annonce avoir découvert une fuite sur le réacteur n° 2 de Fukushima. Cela représente 7,2 milliards de becquerels.

 

12 novembre

  • Japon : des analyses sur des champignons cueillis dans la province de Fukushima donnent 23 400 Bq/kg (234 fois la limite autorisée).

 

13 novembre

  • Japon : séisme de niveau 6,7 à 7 à 150 km au large de la centrale de Sendaï, centrale dont deux réacteurs sont en fonctionnement. Officiellement sans conséquence sur la centrale. Des tsunamis ont été observés sur des îles du sud, mais limités à 1,5 m de haut.

 

14 novembre

  • Japon : 35 répliques dans la journée du séisme de la veille dont cinq avec des intensités dépassant 4,5, situés à 130-150 km de la centrale de Sendaï.
  • Japon : La NRA exige que le gouvernement trouve un nouvel exploitant pour le surgénérateur de Monju d'ici à mai 2016 (voir le 3 novembre), car la Japan Atomic Energy Agency n'arrive pas à répondre à ses demandes de mises en conformité. Des médias s'étonnent de cette décision, alors que, malgré de nombreuses infractions constatées en amont de l'accident de Fukushima, TEPCO n'a jamais fait l'objet d'une telle mesure. Le gouvernement va avoir du mal à trouver repreneur, car le surgénérateur est en panne depuis 1995 (20 ans !), après seulement quelques mois de fonctionnement. Le surgénérateur a déjà coûté 7,6 milliards d'euros, alors que son coût annoncé au départ était de 0,27 milliards d'euros ! Et cela augmente de 150 millions par an… soit le même montant que ce que le gouvernement accorde aux énergies renouvelables.

 

16 novembre

  • Japon : le gouvernement annonce un nouveau report de son usine de traitement des déchets nucléaires à Rokkasho. L'ouverture est remise à septembre 2018, le temps de refaire les procédures d'inspection et d'apporter des améliorations. Cela retarde d'autant le projet d'usine de production de MOX (qui ne devrait pas voir le jour avant 2019). L'usine copiée sur celle d'Areva à la Hague, est en chantier depuis 1993 et devait démarrer initialement en 2007. 35 ans pour construire une usine ! Bonjour la rouille !
  • Japon : au moment de l'accident de Fukushima, le fait que la salle de commandes est devenue très vite hautement radioactive a empêché d'enrayer l'accident dans un bon délai. Suite à ce constat, la NRA avait donné jusqu'à juillet 2018 pour que les réacteurs qui veulent redémarrer construisent une deuxième salle de contrôle, à 100 m des réacteurs au moins. Cette deuxième salle devra aussi permettre de continuer à gérer un réacteur en cas d'occupation terroriste de la première salle. Mais les exploitants rechignent à engager de tels travaux. Cinq chantiers seulement ont été entrepris sur trois sites. A Sendaï où deux réacteurs ont redémarré, le dossier pour la construction de nouvelles salles de contrôle n'a pas été déposé. La NRA vient donc de modifier sa demande : les entreprises disposeront de cinq ans après la remise en route des réacteurs pour construire ces nouvelles salles. Donc il n'y aura pas d'accident d'ici là !
  • Etats-Unis : du césium 137 a été trouvé dans des agrumes en Floride. Après analyse, il s'avère qu'il est originaire de Fukushima. La Floride se trouve au sud-est, ce qui signifie que ce césium a du survoler les Etats-Unis.

 

17 novembre

  • Belgique : Depuis mars 2014, les réacteurs de Doel 3 et Tihange 2 étaient à l'arrêt après la découverte de fissures dans la cuve des réacteurs. L'AFCN, autorité de sûreté nucléaire belge, autorise le redémarrage des réacteurs estimant qu'Electrabel avait prouvé que les microbulles présentes dans les parois des cuves n'avaient pas d'impact sur la sûreté des réacteurs. Par quel tour de passe-passe sommes-nous passés des fissures à des bulles ? Mystère ! Electrabel affirme que ces microbulles n'évoluent pas dans le temps… Pour rappel, la plus grosse fissure détectée en 2014 faisait 18 cm de long.
  • Japon : Emmanuelle Bodin, Française, présentatrice et traductrice depuis 20 ans à la NHK, radio et télévision publique, a quitté le Japon pour Singapour le 15 mars 2015, suivant les consignes de l'Ambassade de France. Elle a été licenciée une semaine après pour abandon de poste. Elle a fait appel au tribunal qui vient de lui donner raison, estimant qu'il n'y a pas eu de négligence professionnelle. Le tribunal a reconnu un droit de retrait dans les circonstances de l'époque.

 

18 novembre

  • France : EDF "fête" ses dix ans d'introduction en bourse. L'action à 32 € au départ a grimpé jusqu'à 8  € en 2007 avant de redescendre sans cesse pour être aujourd'hui à 15 €. En dix ans, l'action a perdu la moitié de sa valeur.
  • Japon : le quotidien régional "Fukushima Minpo" a publié une enquête sur les indemnisations des communes touchées par la radioactivité. 59 communes ont adressé des demandes financières à TEPCO pour un montant total de 420 millions d'euros. Pour le moment, TEPCO n'a versé que 11,4 % de cette somme. Ces demandes concernent la perte de revenu sur les taxes et le coût du personnel embauché pour la décontamination. Dix communes indiquent être en difficulté du fait de ces retards de prise en charge financière.
  • Japon : des associations demandent pourquoi le ministère du Foncier ne publie plus la qualité de l'eau de la baie de Tokyo depuis maintenant deux mois. Le ministère répond qu'il est en phase de changement de système d'analyse et que les résultats reprendront en janvier 2016.

 

19 novembre

  • Ecosse : la centrale d'Hunderton B présente des fissures dans le cœur en graphite du réacteur. La centrale aurait du être arrêtée en 2011, mais son exploitant a réussi à imposer une poursuite de l'exploitation moyennant des travaux de remises à jour. Preuve en est que cela n'a pas été possible. La centrale mise en route en 1976 est autorisée à fonctionner jusqu'en 2023, malgré cette découverte inquiétante qui selon son exploitant n'a pas de conséquence en matière de sûreté. On se demande alors pourquoi on ne conçoit pas dès le départ des réacteurs fissurés ! Détail : l'exploitant de la centrale est EDF.

 

20 novembre

  • France : le projet de réacteur de fusion ITER en construction à Cadarache (Bouches-du-Rhône) devait initialement coûter 5 milliards. Le chantier a démarré en 2006. Le conseil international du projet annonce maintenant que le budget revu à la hausse à 19 milliards ne suffira pas et que le démarrage initialement prévu pour 2016, déjà reporté à 2019 est maintenant repoussé à 2025.
  • Japon : TEPCO publie ses statistiques sur les conditions de santé des travailleurs. Cela permet d'apprendre que les effectifs sur place continuent de monter doucement. On en est à 11 100 en septembre 2015. Selon TEPCO, toutes ces personnes, dont la plupart sont sous-traitantes, n'ont pas pris de doses excessives de radioactivité.
  • Japon : le ministère de l'environnement annonce la suspension des études en vue de trouver un lieu de stockage dans le sous-sol dans la région de Miyagi. Chaque fois que des géologues sont venus pour faire des repérages, ils ont été bloqués par les habitants. Du fait de l'arrivée de la neige, les prospections ne reprendront qu'au printemps.

 

21 novembre

  • Japon : séisme d'intensité 4,9, épicentre à 12 km de la centrale arrêtée de Tokaï. TEPCO reconnaît que l'on est passé à côté d'une nouvelle catastrophe : six heures plus tôt, une importante opération sur le chantier du réacteur n° 1 a nécessité le passage au-dessus du réacteur d'un système d'aspiration dirigé à distance pour nettoyer le toit du réacteur. Si le tremblement de terre avait eu lieu à ce moment, l'ensemble se serait sans doute effondré sur le réacteur et aurait percé toutes les protections mises en place depuis l'accident.

 

22 novembre

  • France : un responsable d'EDF reconnaît qu'une dizaine de personnes ont été interdites d'entrée sur les sites nucléaires depuis le début de l'année suite à leur "radicalisation religieuse" supposée.
  • France : plus de 200 salariés d'Areva ont porté plainte contre X devant le tribunal de Nanterre pour "délit de fausse information". Ils estiment que la direction d'Areva leur a caché la mauvaise santé de l'entreprise au moment où elle les incitait à prendre des actions. 14 670 salariés avaient alors acheté des parts, dont 11 726 en France. Depuis, la valeur de l'action s'est effondrée.
  • Ukraine-Crimée : deux des quatre lignes à haute tension qui alimentent la Crimée en électricité depuis l'Ukraine, ont été détruites dans des attentats, faisant disjoncter l'ensemble de la région et privant de courant les 1,6 million d'habitants de la presqu'île reprise par la Russie. Seuls les hôpitaux, équipés de groupes électrogènes, ont continué à être alimentés.
  • Japon : augmentation des cas de fasciité nécrosante, une infection rare de la peau et des tissus sous-cutanés qui peut être mortelle et qui est provoquée par le développement de certaines bactéries. Ces dernières ne peuvent se développer que sur des personnes dont l'immunité est affaiblie. Certains médecins font le lien avec l'environnement radioactif. Il y a eu 291 cas sur les huit premiers mois de l'année 2015 contre 273 sur l'ensemble de 2014.
  • Japon : que faire du foin contaminé ? Comme il est très volumineux à conserver et ne peut être incinéré au risque de rediffuser des particules radioactives, certaines municipalités ont trouvé comme réponse de l'offrir à la "ferme de l'espoir", une ferme maintenue dans la zone interdite où M. Yoshizawa, qui a refusé de partir, s'occupe de la survie de 330 vaches.
  • Ukraine : le sabotage des lignes haute tension vers la Crimée a provoqué l'arrêt en urgence de deux centrales thermiques et la baisse de production d'urgence de deux centrales nucléaires du sud du pays. Alors que personne n'a revendiqué le sabotage, les autorités ukrainiennes ont dénoncé un acte extrêmement dangereux qui aurait pu entrainer un accident nucléaire majeur.

23 novembre

  • Japon : une analyse sur des champignons prélevés au même endroit à un an d'intervalle, sur la commune d'Iwaki, montre une augmentation importante de la radioactivité en césium 134/137. Elle atteint 14 290 Bq/kg (142 fois la limite alimentaire). Selon l'équipe de recherche, elle était de 5625 en 2014, de 828 en 2013.

 

24 novembre

  • Japon : TEPCO reçoit une nouvelle aide financière de 654 millions d'euro. C'est le 4e versement. L'Etat lui a déjà avancé 45 milliards d'euros.
  • Japon : l'IRSN valide une étude portant sur les conséquences de la radioactivité sur les oiseaux dans les zones accidentées. L'étude réalisée à Tchernobyl puis à Fukushima indique que le nombre d'oiseaux baisse de 22 % lorsque la dose absorbée augmente de 10 à 100 mSv et de 50 % si l'on atteint 550 mSv. Comme le concluent avec malice les auteurs : les oiseaux n'ayant pas connaissance de l'accident, ce n'est pas le stress qui peut expliquer l'augmentation des maladies, ni le tabac, ni l'alcool…

 

26 novembre

  • Japon : un mois seulement après avoir annoncé la fin de la construction d'un mur en sous-sol pour empêcher l'eau souterraine de rejoindre la mer, TEPCO annonce que ce mur commence à pencher sous la pression de l'eau. Des contreforts en acier sont en cours d'installation et des reprises sont faites pour ralentir sa fissuration. La poussée de l'eau a également déformé le sol en amont et des fissures sont apparues. Comme on peut le voir, tout est sous contrôle.

 

27 novembre

  • Belgique : le réseau Nucléaire-Stop rend publique une pétition signée par 100 000 personnes demandant l'arrêt définitif des réacteurs de Tihange 2 et Doel 3.
  • Japon : la presse japonaise se fait l'écho de négociations entre l'Union européenne et le Japon pour que cesse l'obligation de contrôle de la radioactivité sur les fruits et légumes importés. Dans les faits, ces fruits et légumes ne représentent qu'un tout petit volume… mais la stratégie du gouvernement japonais est d'imposer l'idée que les réticences envers les produits en provenance de la province de Fukushima résultent de "rumeurs néfastes".

 

28 novembre

  • Japon : le réacteur n° 3 de la centrale de Mihama va avoir 40 ans en décembre 2016, donc rien ne sert d'investir pour sa réouverture sauf si l'on envisage la poursuite de son exploitation. Kansaï Electric vient de déposer une demande de dérogation en ce sens. La compagnie demande une prolongation de 20 ans.
  • Japon : la NRA confirme que les failles F3 et F9 qui passent sous la centrale d'Higashidori sont actives. Une autre faille qui passe sous la prise d'eau est encore à l'étude. Mis en service en 2005, arrêté depuis 2011, le réacteur n° 1 pourrait ne jamais redémarrer.
  • Japon : un exercice d'évacuation réalisé à la centrale de Genkaï a échoué : 2900 habitants devaient être évacués par bateau, mais le mauvais temps ne l'a pas permis. Quelques habitants ont été symboliquement évacués par hélicoptère. En cas d'accident réel, il sera difficile de se contenter du symbolique.
  • Japon : TEPCO découvre un trou dans le bâtiment du réacteur n° 3 de Fukushima avec un liquide brun-rouge qui s'écoule. La couleur proviendrait de la rouille. La radioactivité est intense : jusqu'à 1220 mSv/h.

 

29 novembre

  • Japon : TEPCO communique un calendrier pour l'évacuation des barres de combustibles stockées dans la piscine du réacteur n° 2 de Fukushima : ouverture du toit à partir de l'été 2016 pour un accès libre à la piscine en mars 2019 et évacuation des assemblages à partir de 2020. Comme pour les réacteurs 1 et 3, la radioactivité est trop intense pour une intervention humaine, tout devra se faire par robots télécommandés. Pas sûr que le réacteur n° 2 soit sécurisé avant les Jeux olympiques prévus à Tokyo durant l'été 2020. TEPCO prévoit déjà une "importante dispersion radioactive, mais de courte durée" au moment de l'ouverture du toit.
  • Japon : à Kamakura, la municipalité a fait des contrôles dans les cours de récréation de 25 écoles élémentaires, collèges et lycées. Si la radioactivité reste en dessous des limites autorisées dans les bâtiments, elle est en augmentation dans 22 des cours. Dans la cour d'une école élémentaire, la radioactivité a été multipliée par 6 en un an, passant de 26 à 171 Bq/kg.

 

30 novembre

  • Japon : dans le quotidien Asahi, le groupe d'experts qui travaille sur la faille située sous le réacteur n° 1 de la centrale de Shika arrive à la conclusion que la faille est active, ce qui condamne le réacteur. La compagnie dénonce une décision "irrationnelle", mais le quotidien rappelle que lors de la construction du réacteur, en 1993, il y avait déjà eu des doutes sur cette faille et qu'à l'époque les expertises avaient été écartées.
  • Japon : alors que le démarrage de l'usine de traitement des déchets de Rokkashô mura vient de connaître le 23e report de son redémarrage, les compagnies d'électricité actionnaires menacent de se retirer du projet. Des experts proposent la nationalisation de l'usine pour éviter de l'abandonner. Cette usine, équivalente à celle d'Areva à La Hague, est en construction depuis 1993 (soit 22 ans !) L'abandonner signifierait l'abandon de la filière plutonium, ce que le gouvernement actuel ne souhaite pas, toujours en raison de ses velléités de développer un jour l'arme nucléaire.

 

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