Menu:

Chronologie d'une catastrophe

1er juillet

  • Japon : l'Etat gère la décontamination dans les zones évacuées autour de la centrale de Fukushima. Par contre, ce sont les municipalités qui gèrent la décontamination dans les zones non évacuées (où la radioactivité est censée ne pas dépasser 20 mSv par an). Le gouvernement a demandé à TEPCO de rembourser les frais engagés. Si la direction de TEPCO l'a accepté pour les zones évacuées, elle refusait jusqu'à maintenant de rembourser les communes en zone non évacuée. TEPCO vient d'annoncer que la firme voulait bien prendre en charge 60 % des frais soit pour le moment 314 millions d'euros sur une facture totale de 555 millions d'euros. En zone évacuée, TEPCO a déjà remboursé à l'Etat 938 millions d'euros. Un remboursement tout théorique puisque TEPCO bénéficie d'importants prêts de l'Etat pour ne pas faire faillite.
  • Japon : n'arrivant pas à convaincre l'autorité de sûreté, la NRA d' autoriser le démarrage de deux réacteurs de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (arrêtés depuis un précédent tremblement de terre en 2007 !), TEPCO a demandé une inspection de la part de l'AIEA, agence de l'ONU chargée de faire la promotion du nucléaire, espérant ainsi faire pression sur les autorités japonaises. L'inspection par douze experts de l'AIEA va durer un mois… alors que la NRA travaille sur le dossier depuis des années. Cela montre le niveau de sérieux de l'AIEA.
  • Japon : l'AIEA publie un nouveau bilan de l'accident de Tchernobyl. Le coût de l'accident est estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars… Greenpeace qui a compilé les dépenses annoncées par l'Ukraine, la Russie et la Biélorussie (qui ne sont pas les seuls à avoir eu des frais) arrive à un total dépassant 1000 milliards de dollars. Greenpeace a aussi estimé qu'entre 100 000 et 200 000 avortements volontaires ont eu lieu de la part de femmes ayant peur d'avoir un enfant malformé. A ceci s'ajoute le probable décès prématuré des 800 000 "liquidateurs" et au moins 270 000 cancers dans la population civile.
  • Japon : le site japonais Fukushima Diary rend public un document censuré par TEPCO qui montre une mousse débordant du couvercle de l'enceinte du réacteur n° 2 et dont la radioactivité n'a pas pu être mesurée, car elle dépasse la limite des instruments de mesure soit 1,2 Sv/heure.
  • France : la canicule menace le fonctionnement des réacteurs nucléaires, car pour être refroidis, ces réacteurs ont besoin d'eau en quantité. L'eau après avoir refroidi le réacteur ne peut pas être rejetée dans le cours d'eau à plus de 28 °C. Or en 2003, précédente canicule, cette température a été atteinte en plusieurs endroits : en amont de la centrale de Golfech et en amont de la centrale du Tricastin. EDF indique que la seule climatisation pendant la canicule consomme l'équivalent de la production de 3 réacteurs nucléaires.

 

2 juillet

  • Europe : la plainte de l'Autriche contre les subventions à l'EPR qu'EDF veut construire en Grande-Bretagne est officialisée. Elle est déposée conjointement par une dizaine de collectivités locales autrichiennes et allemandes et par des fournisseurs d'électricité verte. Elle porte sur une "distorsion majeure" de la concurrence.
  • Ukraine : alors que les pompiers luttent depuis le 29 juin contre des incendies dans la zone interdite, les autorités alertent sur la présence de césium-137 dans l'air à un taux significatif. La Russie propose le prêt d'hélicoptères pour aider à éteindre le feu.
  • Japon : KEPCo a demandé l'autorisation de poursuivre l'exploitation du réacteur n° 3 de la centrale de Mihama qui aura 40 ans en 2016. La NRA a demandé avant toute chose une mise aux normes séismiques, ce que TEPCo refuse de faire estimant que cela coûterait trop cher. La NRA lui fixe une date limite pour communiquer un calendrier des travaux : d'ici la fin août. Faute de quoi, le réacteur n° 3 sera considéré comme définitivement arrêté… comme les réacteurs 1 et 2 déjà trop âgés. Si TEPCO remet son dossier, la NRA donnera son avis dans un délai de 15 mois… donc au-delà de la limite des 40 ans.

 

3 juillet

  • Japon : alors que des réunions ont déjà eu lieu, depuis 13 ans, dans 39 provinces sur 47, concernant la recherche d'un site d'enfouissement des déchets hautement radioactifs, et que personne n'en veut sur son territoire, les autorités de la province de Fukushima refusent même de faire ces réunions estimant que la province a déjà assez à faire avec les "rumeurs néfastes" liées à l'accident de la centrale de Fukushima.
  • Japon : le gouverneur de la province de Fukushima annonce qu'il va faire un voyage en Suisse pour mieux connaître les technologies de pointe dans le domaine des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique. Il espère que sa province sera 100 % renouvelables d'ici 2040. Dans le programme du gouverneur… la visite de la centrale nucléaire de Mühleberg, cette dernière du même type que Fukushima Daï-chi fait l'objet d'une vive contestation en Suisse du fait de son âge et de sa dangerosité.
  • Japon : alors qu'officiellement les écoles ont été les premiers lieux décontaminés, le gouvernement annonce qu'il va profiter des vacances scolaires pour évacuer les sacs de déchets qui depuis l'accident sont le plus souvent restés au fond des cours… ou enterrés sous les cours ! Cinq écoles de la province de Fukushima vont être ainsi nettoyées, ce qui représente quand même 3000 m3 de déchets.
  • Japon : des militants antinucléaires espérantistes effectuent un trajet sur neuf communes partiellement évacuées proches de la centrale de Fukushima où vivent des réfugiés. Dans 6 des 9 lieux contrôlés, les taux de radioactivité sont trop importants. Alors que la limite fixée par le gouvernement est de 0,23 microsievert par heure, à Futaba, cela monte jusqu'à 1,15, à Tomioka jusqu'à 0,52. Un réfugié rencontré qui a fait ses mesures leur annonce que dans sa maison, où officiellement il peut rentrer, il a mesuré 2,2 !

 

4 juillet

  • Japon : TEPCO pompe l'eau de la nappe phréatique en amont de la centrale accidentée pour limiter la contamination lors du passage sous le site. Cette eau, normalement peu contaminée, est ensuite rejetée directement en mer. TEPCO s'est fixé comme limite de ne pas rejeter de l'eau à plus de 1500 Bq/l. Or, les taux de radioactivité de cette eau, qui a recueilli des eaux de pluie qui lessivent les sols autour de la centrale, ne cessent de monter… et un contrôle le 29 juin a indiqué que le seuil de 1500 Bq/l a été atteint. TEPCO continue à rejeter en mer… en diluant cette eau avec de l'eau pompée dans des puits moins contaminés. Rappelons que l'on peut toujours diluer la radioactivité avec de l'eau extérieure (l'océan est grand) : cela permet certes de repasser en dessous des limites par litre, mais ne change rien à la quantité de radioactivité rejetée en mer.
  • Japon : dans la ville de Koriyama, province de Fukushima, ville non évacuée, des parents ont l'idée de faire des mesures de radioactivité à proximité de l'école de leurs enfants. Résultat : en certains endroits, il y a des taches de radioactivité jusqu'à 3,28 mSv/h (alors que la limite d'évacuation a été fixée à 0,23).

 

5 juillet

  • Japon : article dans Médiapart sur les réfugiés que l'on oblige à retourner en zone radioactive : Assis en tailleur sur son tatami, M. Nakano, 67 ans, ouvre son quotidien local à la page qui donne chaque jour, comme si c’était la météo, les taux de radioactivité de chaque hameau situé autour de la centrale dévastée de Fukushima Daiichi. Au feutre rouge, il a dessiné un point devant le taux de son village : 14,11 μSv/h. "C’est très élevé et très dangereux. En plus, c’est une mesure officielle, à laquelle je ne fais pas confiance. Je pense que la radioactivité y est en réalité encore plus forte". Les mesures sont en effet prises au centre du village, là où la décontamination a été la plus poussée. Même ainsi, on est 14 fois au dessus de la limite fixée avant l'accident. Aujourd'hui 40 % des 120 000 réfugiés souffrent de stress post-traumatique. La pression actuelle pour les obliger à retourner en zone radioactive n'y est pas étrangère. Le taux de cancer de la thyroïde chez les jeunes de moins de 18 ans atteint déjà 330 par million contre 1,8 attendus.
  • Japon : un responsable de Greenpeace en visite au Japon raconte qu'ayant rencontré un membre de la direction de TEPCO, celui-ci a reconnu que le calendrier d'un arrêt de la catastrophe en 40 ans était purement spéculatif… et que cela pouvait tout aussi bien durer 2 siècles. (note du claviste : je ne sais pas si je pourrais vous raconter cela jusqu'au bout !)
  • Japon : après deux mois d'essais pour congeler le sous-sol dans une conduite souterraine, TEPCO annonce n'y être toujours pas arrivé.

 

6 juillet

  • Japon : TEPCO publie des statistiques sur l'irradiation des ouvriers sur le site. 43 601 personnes ont travaillé sur le site depuis l'accident, dont 39 115 sous-traitants. En mai 2015, 714 sous-traitants ont reçu en un mois entre 5 et 10 mSv (alors que la limite pour douze mois est de 20 mSv).
  • Japon : le gouvernement annonce la levée de l'ordre d'évacuer pour la commune de Naraha (7400 habitants), pour le 5 septembre 2015. Les travaux de décontamination y sont officiellement terminés depuis mars 2014, mais les autorités doivent faire face aux réticences des anciens habitants qui demandent le respect de la limite de 1 mSv par an, contre 20 mSv annoncés aujourd'hui. Les habitants demandent l'évacuation des boues du barrage de la commune qui alimente les maisons en eau potable : ces boues présentent un taux de radioactivité de plusieurs dizaines de milliers de becquerels par kilos. Les autorités répondent que ces boues ne passent pas dans les conduites d'alimentation. Depuis le 6 avril 2015, il est déjà possible de venir dormir sur place, mais pour le moment, seuls 688 habitants ont fait un voyage sur place.

 

7 juillet

  • Japon : la compagnie Kyushu Electric décide de forcer la main aux autorités en annonçant le début du chargement du réacteur n° 1 de Sendai. Elle annonce espérer remettre le réacteur en fonctionnement dès le mois d'août. Il faut 4 jours pour faire ce chargement de 157 assemblages. Pour le moment, l'autorité de sûreté, la NRA a bien donné son feu vert pour ce réacteur et pour quatre autres, mais ce ne sont pas les seuls feux verts à obtenir : il manque l'aval des autorités locales qui sont très réticentes.
  • Japon : des associations nationales de femmes (nouvelle association de femmes, parti des Grands-Mères, Femmes en colère, Etudiantes démocrates libérales…) et de nombreuses associations locales de femmes nées après l'accident de Fukushima, lancent une campagne "Je ne suis pas Abe" (Abe est le premier ministre) qui rappelle que la loi doit être l'expression des citoyens et non des dirigeants. Les dirigeants doivent respecter l'opinion de la majorité, laquelle est foncièrement contre la relance du nucléaire. Elles revendiquent une vision spécifique : "Il existe un grand écart dans la prise de conscience politique des hommes et des femmes : alors que les maris sont prisonniers de la vie dans l’entreprise et de la conjoncture, les femmes sentent intuitivement la gravité des évolutions en cours". Les femmes sont très peu présentes au Parlement (38 députées sur 480), mais très actives dans les luttes sociales. Ces associations appellent les femmes à se révolter : "Abe est plus dangereux que la Chine".

 

8 juillet

  • Japon : la route nationale 6 qui passe à côté de la centrale de Fukushima a été rouverte. Elle est toutefois interdite aux motos, vélos et piétons. Les autres véhicules n'ont pas le droit de s'arrêter sur une distance de 14 km. Surprise pour une association en train de passer sur cette route pour y mesurer la radioactivité : la présence d'un policier en faction, sans aucune protection, à un endroit où le compteur indique 7,12 mSv/h.

 

9 juillet

  • Japon : la découverte d'iode-131 dans les boues d'une station d'épuration à Fukushima (jusqu'à 794 Bq/kg sec le 23 mai 2015) pose un instant la question d'une nouvelle fuite radioactive, car la durée de vie de ce radioélément est très courte. Mais après vérification, l'iode n'est pas présent dans d'autres quartiers. Il s'agirait de rejets médicaux mal contrôlés.

 

10 juillet

  • Japon : Chikurin, le laboratoire indépendant d'analyse de la radioactivité, créé grâce au soutien du laboratoire français ACRO, annonce un doublement de ses capacités d'analyses. Il a lancé une campagne de mesure à partir des particules récupérées sur les tissus mis à sécher à l'extérieur.
  • Japon : le réacteur n° 1 de Sendaï est chargé. KEPco attend le feu vert pour démarrer le réacteur.
  • Japon : TEPCO annonce qu'elle ne fera pas appel de sa condamnation à indemniser une famille d'une personne qui s'est suicidée. La direction de TEPCO présentera ses excuses à la veuve le 13 juillet.
  • Japon : selon le quotidien Asahi, des demandes de redémarrage ont été déposées pour 25 des 43 réacteurs restants. Les compagnies électriques estiment que cela leur coûtera 17,5 milliards d'euros pour mettre ces réacteurs au nouveau niveau de sûreté demandé.
  • Japon : selon un rapport rendu public par le site étatsunien Enenews, toutes les analyses portant sur les eaux des fleuves qui se jettent dans le Pacifique, au Japon, présente une contamination plus ou moins élevée au plutonium.
  • Japon : séisme de magnitude 5,8 au nord-est de Fukushima.

 

11 juillet

  • Japon : la ville de Daté comporte trois zones de contamination : zone A : plus de 20 mSv/an ; zone B : entre 5 et 20 mSv/an et zone C, moins de 5 mSv/an. Le maire de Daté, élu en janvier 2014, avait promis une extension de la décontamination de la ville à la zone C où pour le moment seul quelques points chauds ont été nettoyés. Ne voyant rien venir, les habitants de cette zone ont créé une association et agissent en signalant par des drapeaux les zones les plus contaminées.

 

12 juillet

  • Japon : séisme de magnitude 5,7 dans le sud-ouest du pays. Epicentre dans la préfecture d'Oita. Les trois réacteurs arrêtés d'Ikata n'ont pas subi d'anomalie selon la compagnie Shikoku Electric Power.
  • Taïwan : 24 compagnies d'importation sont mises en examen pour avoir modifié des étiquettes sur des produits en provenance du Japon afin de continuer à importer des produits de cinq provinces estimées contaminées par le gouvernement taïwanais. La fraude porte sur 381 produits différents.
  • Japon : les mesures dans un puits situé en amont des réacteurs continuent d'enregistrer des taux records de contamination (jusqu'à 1900 Bq/l). Il s'agit de radioactivité qui ne provient pas des réacteurs, mais du stockage de l'eau contaminée et des eaux de pluie.
  • Japon : après deux mois d'essai, TEPco reconnaît que le mur gelé souterrain en phase de test au pied du réacteur n° 4 n'arrive pas à prendre.

 

13 juillet

  • Japon : l'Institut de recherche maritime a réalisé des prélèvements de sédiments en mer au large de l'ensemble de la côte est du Japon. Sur 32 prélèvements, tous sont contaminés en césium 134 et 137, avec un record à 40 km au sud-est de la centrale de Fukushima. Un seul endroit n'a pas été vérifié : la baie de Tokyo.
  • Japon : selon un calcul réalisé par Sciences et Avenir, les déchets collectés autour de Fukushima représentent déjà un volume de 22 000 piscines olympiques (66 millions de m3).
  • Japon : tous les soirs les actualités à la télévision à Fukushima se terminent par la météo et la radioactivité.

 

14 juillet

  • Japon : l'AIEA a fini son inspection de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, débutée le 29 juin. L'agence de l'ONU note que TEPco a amélioré la défense contre les accidents graves. Cette centrale ne fonctionne plus depuis 2007 lorsqu'un séisme avait dépassé en intensité les limites envisagées pour cette centrale. L'AIEA fera un rapport complet dans un délai de 3 mois et précise que cela ne remplace en rien les contrôles réalisés par l'autorité de sûreté nippone la NRA.
  • Japon : en 1997, TEPco a financé la construction du J-Village, un centre d'entrainement et de formation au football. Celui-ci situé à 20 km de la centrale de Fukushima sert depuis l'accident à héberger les travailleurs présents sur le site. Comme il est prévu de l'utiliser pour les Jeux olympiques de 2020, TEPco annonce le début de la décontamination du site pour le rendre aux organismes sportifs. Les travailleurs devraient bénéficier d'un nouveau site de logement en mars 2017 et le site redeviendrait sportif au plus tard un an après. La fédération japonaise de football est favorable à ce scénario. Le gouvernement espère ainsi montrer que l'on va vers un retour à la normale. Restera à convaincre les footballeurs du monde entier… qui seront sans doute conciliants s'il y a une prime à la clé.

 

15 juillet

  • Japon : malgré 3464 contributions critiques lors d'une consultation publique, l'Agence de régulation nucléaire donne un avis positif pour le redémarrage d'un 5e réacteur : le réacteur n° 3 de la centrale d'Ikata. Parmi les critiques : la centrale est sur une presqu'île et un séisme pourrait rendre impraticable la seule route que pourraient emprunter les 5000 habitants pour évacuer. Certaines autorités locales ont pour le moment refusé de donner leur feu vert. Ce réacteur devrait fonctionner avec du Mox comme c'était le cas pour le réacteur accidenté n° 3 de Fukushima, aujourd'hui le plus difficile à approcher.
  • Japon : la NRA rejette le dossier déposé le 30 juin par Chûgoku Electric pour le redémarrage de la centrale de Shimané, après avoir découvert que des inspections requises n'ont pas eu lieu et que des documents ont été falsifiés pour faire croire le contraire.
  • Japon : un contrôle a permis de détecter des sacs de riz cultivé dans la province de Fukushima présentant un taux de radioactivité de 220 Bq/kg, soit plus du double de la limite fixée par le gouvernement (100 Bq/kg).
  • Vietnam : inauguration d'une usine d'irradiation des aliments qui va notamment traiter les litchis destinés à l'exportation.

 

16 juillet

  • Japon : un typhon passe au large du Japon, provoquant de fortes pluies sur Fukushima. TEPco a découvert que de l'eau de ruissellement a débordé avant de se retrouver dans l'océan. L'eau contient entre 830 et 1100 Bq/l selon les endroits. TEPco se dit incapable d'intervenir pour faire cesser ces écoulements.
  • Japon : TEPco affirme vouloir continuer à essayer de geler le sol, s'appuyant sur des données qui montrent que les températures dans le sol sont négatives à 6 points de contrôle sur 13. L'essai en cours a commencé en avril.
  • Japon : TEPco annonce le début du renouvellement des cuves de stockage d'eau qui ont fui.
  • Japon : un groupe d'experts nommés par le gouvernement valide le plan énergétique… lequel prévoit un nucléaire à 20 à 22 % de la consommation d'électricité… ce qui supposerait de disposer d'une quarantaine de réacteurs nucléaires en fonctionnement… alors que des autorisations n'ont été demandées que pour 25 réacteurs. Un tel plan nécessiterait donc la construction d'une douzaine de réacteurs, ce qui est très peu probable : les financiers ne veulent plus investir dans de nouvelles centrales et l'opinion y est vivement opposée (encore plus fortement qu'au redémarrage des réacteurs actuels).
  • Japon : le ministère de l'Industrie vient de nommer une commission d'experts chargés de déterminer comment assurer le "cycle" du nucléaire dans le futur. Il ne s'agit pas réellement de résoudre la question des déchets, mais d'essayer de justifier le démarrage de l'usine de retraitement qui a déjà 20 ans de retard dans sa construction et le redémarrage du surgénérateur de Monju, démarré en 1994, mais à l'arrêt depuis 1996 suite à un grave incendie de sodium. Le gouvernement essaie en fait de voir comment maintenir l'industrie nucléaire dans un marché qui va se libéraliser… et où il est plus rentable d'investir dans d'autres formes d'énergie. Le "cycle" du nucléaire avec retraitement pour l'extraction du plutonium soi-disant à destination du surgénérateur a surtout comme intérêt de laisser la porte ouverte à une utilisation militaire.
  • Japon-Philippines : dans le cadre de négociations sur les échanges commerciaux, la délégation japonaise demande que cesse le refus des produits alimentaires en provenance de la province de Fukushima.
  • France : selon le rapport 2014 de l'IRSN, il y a eu 73 départs de feu dans les réacteurs nucléaires français l'année dernière.

 

17 juillet

  • Suisse : arrêt du réacteur Beznau 1 suite à la découverte de microfissures dans la cuve. Cette découverte fait suite aux examens engagés après l'arrêt des réacteurs Doel 3 et Tihange 2 en Belgique. Les opposants demandent un arrêt définitif : il s'agit du plus vieux réacteur au monde en fonctionnement (1969).
  • Japon : Le groupe d’experts mandaté par l’Agence de Régulation Nucléaire, la NRA, avait conclu que la faille sismique S1 qui passe sous le réacteur n° 1 de la centrale de Shika, dans la province d’Ishikawa, pourrait être active. La compagnie électrique Hokuriku Electric Power Company avait fait appel. Une nouvelle équipe a étudié le dossier et arrive à la même conclusion. Ils ont de plus détecté une autre faille S6 qui passe sous les tuyaux de prise d'eau de mer des réacteurs 1 et 2 et qui pourrait être aussi active. Une demande de redémarrage est en cours d'instruction pour le réacteur n° 2 qui a commencé à fonctionner en 2006.
  • Japon : dix séismes de magnitude supérieure à 4 ont eu lieu avec le même épicentre, au sud de Tokyo entre le 15 et le 17 juillet. Une île de cendres de 2 km sur 4 km est apparue pendant plusieurs jours.

 

19 juillet

  • Japon : le gouvernement publie une nouvelle carte de la contamination qui montre une baisse lente de la radioactivité. Celle-ci a baissé rapidement dans les premiers mois du fait de la durée de vie très courte de certains radio-éléments comme l'iode131, puis cela va de moins en moins vite au fur et à mesure qu'il ne reste que des éléments à durée de vie de plus en plus longue. Dans un entretien au Fukushima Minpo, un représentant de l'Agence de reconstruction déclare que les niveaux ont maintenant suffisamment baissé pour que cessent les débats sur la nécessité d'une extension de la zone d'évacuation. Un aveu qu'il aurait donc fallu évacuer avant ?
  • Japon : le lessivage des sols par les fortes pluies des jours précédents a fait monter les taux de radioactivité dans tous les points de contrôle. De nombreux records de contamination sont battus dont ceux en strontium dans l'eau de mer : cela monte jusqu'à 1500 Bq/l alors que TEPco s'était engagé à ne pas dépasser 5 Bq/l.
  • Japon : le gouvernement met en place un service d'enquête sur les causes de décès qui peut être saisi pour tous les décès à partir d'un fœtus de plus de 4 mois.

 

20 juillet

  • Japon : officiellement, les usines de traitement de l'eau permettent de retirer des radioéléments par filtration. C'est plus ou moins efficace. Mais la radioactivité ne disparaît par pour autant. Elle reste bloquée dans ce qui s'appelle des "tours d'absorption" (des filtres géants). Il faut régulièrement les changer. Fin janvier 2015, il y en avait 1621 stockés sur le site. Ils constituent des déchets hautement radioactifs.
  • Japon : nouvelle estimation des rejets radioactifs par un laboratoire de l'université de Fukushima. Cela augmente sans cesse, car l'accident n'est pas terminé. On en serait au 25 avril 2015 à 3,5 millions de milliards de becquerels de césium-137 écoulés en mer. Presque la totalité de cette pollution marine provient des écoulements d'eau sur le site et dans les réacteurs. Le panache radioactif qui s'échappe encore étant marginal (moins de 0,01 % des émissions de césium) par rapport à cette eau contaminée. L'étude montre également qu'en mer, le césium se déplace de 3 à 7 km par jour vers l'est… soit entre 1000 et 2000 km par an.
  • Japon : selon les résultats des radiographies des réacteurs accidentés, dans le réacteur n° 1, tout le cœur en fusion du réacteur est sorti de son enceinte et reposerait au fond du réacteur. Dans les réacteurs n° 2 et 3, une partie du combustible serait encore dans la première enceinte. Dans le cas du réacteur n° 1, les matières en fusion sont totalement recouvertes par l'eau. Ce qui n'est pas le cas des matières radioactives encore dans la première enceinte dans les réacteurs n° 2 et 3.
  • Japon : des contrôles de radioactivité dans la région peu habitée d'Aizu, à l'ouest de la province de Fukushima, montrent une augmentation de la radioactivité. Interrogation : s'agit-il d'une contamination par des rejets de la centrale ou de stockage clandestin de déchets apportés par des entreprises de décontamination ?

 

21 juillet

  • Japon : Greenpeace écrit au gouvernement pour lui demander de reporter la date de retour des populations dans les territoires évacués et soi-disant décontaminés. Greenpeace s'appuie sur une campagne de mesures dans les communes concernées qui montre qu'en de nombreux endroits, on est au-dessus des limites fixées par le gouvernement (lesquelles sont déjà 20 fois les limites fixées avant l'accident). Greenpeace parle de "prisons à ciel ouvert", car la décontamination n'a été réalisée que jusqu'à 20 m des maisons et des voies de circulation. Au-delà, la contamination peut dépasser 50 mSv/an. L'association soulève aussi la question de la recontamination par les eaux de pluie alors que les montagnes qui dominent sont fortement contaminées et non nettoyables. Quelle sera la contamination de l'eau au robinet ? 120 000 personnes pourraient être obligées de retourner vivre dans ces zones dangereuses du fait de l'arrêt des aides qui leur sont versées. Greenpeace critique aussi la décision de vouloir rouvrir le J-Village au foot après décontamination alors qu'il coûterait moins cher de construire un nouveau centre d'entraînement loin des terres contaminées.
  • Japon : des campagnes de mesures dans la ville de Fukushima, à 60 km de la centrale accidentée, ont montré que dans le quartier de Watari, il y a de nombreux endroits où l'on dépasse les 20 mSv/an. Les autorités ont toujours refusé de procéder à une évacuation. 3107 habitants de ce quartier (20 % de la population) ont déposé une demande d'indemnisation : ils demandent 100 000 yens (720 euros) par mois depuis l'accident, le double pour les six premiers mois. 90 % habitants d'un autre quartier contaminé, Ônami, ont également déjà fait cette démarche. Avant de demander de l'argent, ils devraient demander la décontamination des lieux !
  • Japon : séisme de magnitude 5,0 au large de Fukushima.

 

23 juillet

  • Japon : TEPco publie une étude sur les affaissements des réacteurs après le séisme de 2011. Le réacteur n° 1 s'est enfoncé de 73 cm, le réacteur n° 2 de 72 cm et les réacteurs 3 et 4 de 71 cm. Ces affaissements ne se sont pas faits tout à fait verticalement d'où une certaine inclinaison. TEPco n'a pas donné de chiffres sur cette inclinaison.

 

26 juillet

  • Etats-Unis : un bébé malformé dont l'un des parents était marin sur le porte-avion USS-Reagan vient de mourir. C'est le troisième décès officiel lié au passage du navire dans le panache radioactif de la centrale de Fukushima.
  • Japon : des habitants de Fukushima qui effectuent leurs propres mesures de radioactivité dénoncent des taux de 20 microSv/h (soit 175 milliSv/an ! alors que l'évacuation est en principe au-delà de 20 milliSv/an) dans un parc de la ville ouvert au public.

 

27 juillet

  • Japon : TEPco annonce qu'avec une grue télécommandée, il va être tenté la récupération du pont roulant du réacteur n° 3 (20 tonnes) qui est tombée dans la piscine et empêche de la décharger.

 

28 juillet

  • Japon : l'Etat verse 6,9 milliards d'euros supplémentaires à TEPco pour alimenter la caisse de dédommagement des victimes.
  • Japon : le gouvernement annonce la mise en place d'un nouveau service rapide d'information en cas d'éruption volcanique.
  • Japon : TEPco commence le démontage de la toiture provisoire fixée sur le réacteur n° 1. Selon l'entreprise, l'ensemble des poussières et déchets situés sur le sommet du réacteur a été neutralisé par enrobage dans des résines et le toit n'a plus d'utilité.

 

29 juillet

  • Japon : TEPco est poursuivi en justice pour le suicide d'un homme de 102 ans qui a refusé d'être évacué au moment de l'accident de Fukushima.

 

30 juillet

  • Japon : mystère des finances ! TEPco annonce un bénéfice au premier trimestre 2015 en hausse de 307 % par rapport au premier trimestre 2014.
  • France-Japon : le site www.journaldujapon.com présente une rétrospective des films récents qui traitent de la question de l'accident nucléaire de Fukushima : des fictions comme The land of Hope de Sion Sono, Au revoir l'été de Koji Fukada, Voyage à Tokyo de Yoji Yamada ou des documentaires comme Nuclear nation et Radioactive d'Atsushi Funahashi, Friends after 3.11 de Shunji Iwai, The Horses of Fukushima et Fukushima : Memories of the lost landscape de Yoju Matsubayashi, Campaign2 de Kazuhiro Soda, des dessins animés comme Blossom de Yutaka Yamamoto, etc.
  • Japon : le Conseil sur la Radioactivité du gouvernement valide un projet de loi prévoyant que la limite d'exposition des travailleurs en cas d'urgence est relevée de 100 à 250 mSv. Cela sera effectif à partir d'avril 2016. Ainsi, ce qui avait été annoncé comme provisoire en mars 2011 devient la nouvelle norme.

 

31 juillet

  • Japon : KEPco annonce son intention de remettre en route le réacteur n° 1 de la centrale de Sendaï le 10 août prochain. Le réacteur n° 2 lui devrait redémarrer mi-octobre.
  • Japon : les premières inculpations concernant l'accident de Fukushima sont annoncées le même jour que le redémarrage du nucléaire. Ce n'est pas un hasard. Tsunehisa Katsumata, 75 ans, qui était président de la compagnie Tokyo Electric Power (TEPCO) au moment de l’accident, ainsi que les vice-présidents Sakae Muto, 65 ans, et Ichiro Takeguro, 69 ans, sont mis en accusation pour négligence professionnelle.
  • Japon : en juillet 2015, 37 séismes ont dépassé une magnitude de 4,5.  


  > Suite (août 2015)