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Chronologie d'une catastrophe

Septembre 2013

 

2 septembre

  • Japon : Shunichi Tanaka, le président de l'Autorité de régulation du nucléaire (NRA), qualifie la situation à la centrale de "particulièrement grave".
  • Japon : un sondage indique que 91 % des Japonais souhaitent que le gouvernement se substitue à TEPCO pour la gestion de l'accident. Il faudrait leur expliquer que cela ne change rien : toutes les compétences de l'industrie nucléaire sont déjà mobilisées et rien ne peut arrêter la catastrophe en cours.
  • France : article dans Le Monde sur la situation à Fukushima. Titre : Tepco, de la dissimulation à l'"incompétence". Article dans Le Point, titre : les silences coupables de TEPCO. Selon Le Monde, "L'arrêt des réacteurs nucléaires a obligé à augmenter la production d'électricité des centrales thermiques, ce qui a fait bondir la facture des combustibles fossiles". Avant la catastrophe, 92 % de l'énergie finale consommée au Japon était d'origine fossile, le nucléaire ne représentant que les autres 8 %. Donc c'est seulement 8 % maximum de la facture énergétique qui a augmenté… et en fait beaucoup moins puisque la consommation d'électricité a baissé.
  • Japon : le réacteur n°3 d'Ohi, relancé le 1er juillet 2012, est arrêté pour maintenance… pour une durée indéterminée. Il reste un seul réacteur en route, le n°4 d'Ohi qui stoppera le 15 septembre.
  • Etats-Unis : EDF met en route une centrale de 143 MW en Californie. Une centrale photovoltaïque bien sûr avec 1,1 million de panneaux, la 8e plus grande au monde.
  • Japon : une tornade passe entre Tokyo et Fukushima faisant 60 blessés et détruisant plus ou moins gravement plusieurs centaines de maisons.
  • Japon : 156 communes se trouvant à moins de 30 km d'un réacteur devaient fournir des plans d'évacuation en cas d'accident. Cette demande remonte à plus d'un an. Mais certaines communes n'y arrivent pas : comment évacuer des personnes dépendantes ? Comment rejoindre une zone sûre si on doit traverser d'autres communes en cours d'évacuation ? Comment gérer le suivi administratif lorsque l'on franchit des limites de région ? Devant l'échec à réaliser ces plans, le gouvernement annonce la mise en place de comités, région par région, chargés de mettre en place ces plans. En France, pas de problème, nos plans Orsec-Rad ont tout prévu. Du moins c'est ce qu'affirment nos dirigeants qui, sans doute, ne les ont jamais lus. Ils sont confidentiels défense.
  • Japon : TEPCO annonce que la hausse de radioactivité mesurée sur certaines cuves indique sans doute une forte corrosion de l'intérieur. TEPCO va donc vider ces cuves et les remplacer progressivement.
  • Japon : le quotidien Maïnichi a enquêté sur les fuites d'eau. Selon des témoignages recueillis sur place, la mauvaise gestion du stockage provient de la déconnection entre les ouvriers et les ingénieurs. Ces derniers travaillent à Tokyo la plupart du temps pour ne pas être trop soumis aux radiations.
  • Japon : alors que TEPCO a refusé de répondre, plusieurs médias rendent publique le nom de l'entreprise qui fournit les cuves. Cette compagnie refuse toutefois de répondre sur la résistance à la corrosion, aux séismes…
  • Japon : le gouvernement n'arrivant pas à trouver de communes acceptant un centre de stockage des déchets radioactifs annonce chercher maintenant des communes pour un stockage provisoire des déchets… mais aucune commune ne se porte volontaire. Les élus locaux pensent que le provisoire se transformera en définitif en l'absence de meilleure solution.

 

3 septembre

  • Etats-Unis : après avoir été touchée par le nuage radioactif, dans les semaines qui ont suivi l'accident, la côte ouest des Etats-Unis s'attend à être atteinte par la radioactivité déversée en mer au cours de l'année 2014. C'est le résultat d'une étude réalisée par des chercheurs de l'OMS. Tout le Pacifique Nord sera alors contaminé, à de faibles doses. L'étude estime que le Pacifique Sud, du fait des courants marins, devrait être très peu concerné.
  • Japon : TEPCO annonce une hausse importante de la contamination béta totale dans certains puits de contrôle. Dans le puits 1-3, il est ainsi passé de 6000 bq/l à 360 000 bq/l entre le 29 août et le 2 septembre. Pas d'explication.
  • Japon : le gouvernement annonce qu'il espère que le mur de glace entre les réacteurs et la mer sera en place … en mars 2015 ! C'est l'aveu que les fuites en mer dureront au moins jusque là, soit 4 ans après le début de l'accident. Et beaucoup de scientifiques doutent de la faisabilité d'un tel mur.
  • Japon : des habitants de Fukushima portent plainte contre TEPCO pour les rejets d'eau radioactive en mer.

 

4 septembre

  • Japon : le gouvernement annonce une extension du programme de gel des sous-sols pour empêcher l'eau de passer. Un ingénieur américain répondant à une demande du Wall street journal explique que cette mesure est utilisée pour se protéger de l'eau de manière transitoire par exemple lors de la construction d'un tunnel… et que cela coûte, pour 300 m de long, 1 million de dollars pour construire et ensuite 15 000 $ par semaine. Le projet au Japon porte sur une longueur de 8 km, sur 27 mètres de haut, et devrait se maintenir pendant des dizaines d'années. L'ingénieur consulté estime que cela ne fonctionnera pas. Le gouvernement annonce également la mise en place d'un mur en acier devant la centrale pour empêcher le flux et le reflux de l'eau de mer sous la centrale.
  • Japon : selon le quotidien canadien La Presse, TEPCO reconnaîtrait que l'on est passé de 300 à 1000 m3 d'eau radioactive par jour qui s'écoule en mer. Cela signifierait que TEPCO n'arrive plus à rien pomper dans le sous-sol.
  • Japon : TEPCO précise son calendrier pour le démantèlement des réacteurs. La première étape, qui devrait durer au moins deux ans, consistera à évacuer les barres de combustibles irradiés des piscines de stockage, là où c'est possible, en commençant par le réacteur n°4. Les autres étapes s'étalent sur 40 ans… Selon ce scénario, l'arrêt total des réacteurs en fusion et donc l'arrêt de l'envoi de tonnes d'eau pour les refroidir pourrait encore durer 10 ans ! Comme il s'agit évidemment d'un scénario idéal, on peut logiquement penser que cela durera bien plus longtemps !
  • Japon : TEPCO annonce que le nombre de personnes chargées de surveiller les cuves passe de 9 personnes à 96 personnes. Jusqu'alors, une équipe de 2 personnes faisait le tour des 930 cuves pleines en 3 heures, l'opération se renouvelant plusieurs fois dans la journée. Vu les distances à parcourir, cela laisse peu de temps pour se rendre compte de l'état de chaque cuve. TEPCO reconnaît que les jours de pluie, la situation est confuse : difficile de savoir si la radioactivité mesurée provient d'une fuite ou de la pluie elle-même car évidemment celle-ci se charge des gaz et poussières provenant du site.
  • Japon : Google met en ligne un site permettant de se déplacer virtuellement dans la zone évacuée de Fukushima (www.miraikioku.com)
  • Japon : le quotidien Asahi critique sévèrement le gouvernement, dénonçant des mesures destinées à faire croire qu'il maîtrise la situation. Mais le journal rappelle que de nombreux scientifiques ne croient pas aux deux mesures phares annoncées : la construction d'un mur de glace et des usines de nettoyage de l'eau radioactive. Pour le quotidien comme pour d'autres médias, ces annonces ne sont faites que pour rassurer dans le cadre de la candidature de Tokyo pour les Jeux olympiques de 2020.
  • Japon : la région de Tokyo met en ligne, en anglais, les mesures de radioactivité dans la région pour rassurer les visiteurs étrangers et le Comité international olympique. Evidemment, le site ne précise pas que ces données sont contestées par les associations qui font des mesures indépendantes.

 

5 septembre

  • Japon : une inspection avec une caméra dans les sous-sols des réacteurs permet de découvrir une importante fuite le long d'un passage de câbles. Le son enregistré est celui d'une cascade. TEPCO estime que 400 000 tonnes d'eau sont présentes dans les sous-sols (ce qui équivaut à ce qui est injecté pendant environ 1 an).
  • Japon : séisme de magnitude 6,5 à 400 km au large de Fukushima. Une tornade traverse également le pays provoquant d'importantes chutes de pluie.
  • France : des parents de Rennes s'étonnent que le rectorat leur demande l'autorisation de distribuer des pastilles d'iode à leurs enfants "au cas où…". Il s'avère que le gouvernement a décidé de mettre en place des stocks d'iode disponible sur tout le territoire. L'iode doit être consommé 48 h avant le passage d'un nuage radioactif pour se protéger de l'iode radioactif qui se fixe dans la thyroïde. C'est donc efficace — uniquement pour l'iode — seulement si vous habitez assez loin d'un accident nucléaire.
  • Japon : une grue installée au-dessus du réacteur n°3 pour enlever les déchets s'est effondrée pendant la nuit sans que personne ne s'en rende compte avant l'arrivée d'une nouvelle équipe d'ouvriers le matin. Si cela n'a pas de conséquences graves, cela montre l'état de la désorganisation sur le site et l'incompétence totale de TEPCO.
  • Japon : après avoir creusé à 7 m de profondeur à proximité de la cuve qui a fui, TEPCO en conclut que la nappe phréatique a été atteinte.

 

6 septembre

  • Etats-Unis : certains médias se font l'écho de la présence d'iode 131 dans les pluies en provenance de l'ouest (donc en provenance du Japon).
  • Corée du Sud : le gouvernement réactive l'interdiction d'importer du poisson du Japon s'il n'est pas prouvé qu'il ne provient pas de la région de Fukushima et de sept autres régions voisines. 5000 tonnes de produits de la mer ont été importés du Japon en 2013.
  • France : le budget de l'IRSN, institut veillant à la sûreté nucléaire, est annoncé en baisse de 10 %. Il avait déjà été baissé en 2013, mais avec en parallèle une augmentation de la contribution des entreprises travaillant pour le nucléaire. Il n'en est rien cette fois-ci. On brade donc les contrôles de sûreté.
  • Japon : TEPCO annonce que les cuves vont toutes être équipées d'une sonde qui déclenchera l'alarme en cas de baisse de niveau de l'eau. Cela devrait être en place d'ici la fin novembre 2013.

 

 

7 septembre

  • Japon : le Comité d'organisation des jeux olympiques choisit Tokyo pour les jeux de 2020. C'est prendre le risque de devoir les annuler au dernier moment si la contamination radioactive de la capitale reste au niveau actuel. Toute la périphérie nord est largement touchée, la baie de Tokyo voit sa radioactivité augmenter sans cesse du fait du déversement des eaux radioactives apportées par les fleuves, la nourriture ne peut être contrôlée correctement et tout le monde mange de la nourriture plus ou moins radioactive. Autre préoccupation : les JO vont nécessiter d'importants besoins de main-d'œuvre et il en manque déjà pour la reconstruction des zones détruites par le tsunami et les séismes de mars 2011 sans parler des tentatives de décontamination autour des réacteurs accidentés.
  • Japon : selon un sondage, 60 % des Japonais sont contre la remise en route de réacteurs nucléaires alors que doit s'arrêter le seul en fonctionnement.
  • Japon : plusieurs laboratoires indépendants se regroupent pour alimenter une base de données en ligne sur internet donnant des mesures de contamination au sol, dans l'air et dans les aliments.

 

8 septembre

  • Japon : annonce dans plusieurs quotidiens de recrutement "d'inspecteurs" par TEPCO. "Niveau d'éducation requis : aucun, expérience professionnelle requise : aucune". Pour un salaire d'environ 2000 euros par mois, il s'agit de patrouiller au milieu des cuves d'eau radioactive, environ 3 heures par jour, pour surveiller les fuites. Il n'est pas précisé "forte exposition à la radioactivité".

 

9 septembre

  • Japon : selon le quotidien Maïnichi, le nombre officiel de morts par stress du fait de l'accident de Fukushima atteint 1539 à la fin août 2013.
  • Japon : le tribunal de Tokyo a décidé de ne pas donner suite à une plainte d'habitants de la préfecture de Fukushima qui souhaitaient engager des poursuites pour "négligence criminelle" contre TEPCO et l'Etat. Le tribunal ne nie pas les négligences professionnelles, mais estime qu'il n'y a pas de preuve qu'elles soient liées à l'importance de la catastrophe.
  • Japon : le gouvernement et TEPCO annoncent un plan de remplacement de 300 cuves d'ici octobre. Il va encore falloir pomper… Et dans ce cas, pourquoi équiper les cuves actuelles de jauges (voir annonce du 6 septembre) si elles sont destinées à la casse ? On peut aussi s'interroger sur le devenir de ces cuves qui, une fois vidées, vont constituer des déchets hautement radioactifs.

 

10 septembre

  • Japon : TEPCO annonce avoir passé contrat avec Lake H. Barret, retraité du Département de l'énergie des Etats-Unis, spécialiste des questions d'eau contaminée, actif au moment de l'accident de Three-Mile Island (29 mars 1979).
  • Japon : le gouvernement annonce que le plan initial de décontamination de 11 des 33 communes évacuées, dont l'achèvement était prévu en mars 2014, ne sera pas tenu pour au moins 7 communes. Le gouvernement met cela sur le manque de réactivité des habitants à remplir les papiers administratifs… mais la réalité est que les méthodes actuelles de décontaminations ne sont pas efficaces : personnel insuffisant, moyens techniques peu probants, impossibilité de stocker les éléments radioactifs récupérés… et pluie et vent qui ramènent sans cesse de la radioactivité.
  • Japon : les médias crient au scandale en découvrant le discours que le premier ministre, Shinzo Abé, a tenu devant le Comité international olympique : "A propos de l'accident de Fukushima, laissez-moi vous rassurer : la situation est sous contrôle. Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais aucun dégât à Tokyo. Aucun problème de santé n'a été enregistré jusqu'à présent et il n'y en aura pas à l'avenir (…) L'eau contaminée est parfaitement confinée dans la baie artificielle de la centrale". Les médias (Asahi, Maïnichi, Japan Times…) rappellent que TEPCO avait annoncé il y a peu qu'au moins 10 000 milliards de becquerels de strontium et 20 000 milliards de becquerels de césium 137 ont rejoint la mer. Le 7 août dernier, il avait relevé que les cours d'eau déversaient d'importantes quantités de radioactivité dans la baie de Tokyo, cours d'eau qui traverse avant la capitale.

 

 

11 septembre

  • Japon : selon la chaîne de télévision NHK, il y a encore 290 000 personnes qui n'ont pu rentrer chez elles, 30 mois après le début de la catastrophe… dont 84 000 viennent de la zone interdite. Sur ces dernières, 52 277 ont quitté définitivement la région de Fukushima. Selon l'enquête de la chaîne de télévision, il faut y ajouter au moins 49 000 départs volontaires, souvent des femmes et des enfants, avec le mari qui reste sur place faute de trouver du travail ailleurs.
  • Japon : Les hôpitaux de la région de Fukushima se plaignent du manque de personnel : malgré de nombreuses tentatives d'embauche, ils doivent faire face à un important renouvellement du fait des démissions rapides. Les médecins savent mesurer la radioactivité.
  • Japon : interrogé sur les déclarations du premier ministre, le président de la NRA répond lors d'une conférence de presse : "Savoir si la situation est sous contrôle ou non est une appréciation personnelle, cela varie d'un individu à l'autre". Il précise aussi que "Le plus effrayant qui pourrait arriver à la centrale ce serait un séisme ou un tsunami qui défasse le travail déjà fait".
  • Japon : dans l'hebdomadaire La Vie, Bruno Chareyron de la CRII-Rad explique que de nombreuses personnes vivent avec un niveau de radioactivité trop élevé. Il cite une étude du CNRS réalisée à Fukushima (400 000 habitants) qui montre des taux de radioactivité 10 à 20 fois trop élevés. L'article cite aussi le Dr Matsui, médecin japonais, de passage à Paris, qui dénonce les méthodes de contrôle : avec les balises, on ne détecte que l'irradiation externe et pas l'irradiation interne (provoquée par l'alimentation, la boisson et la respiration) et donc tout est sous-estimé. Et de rappeler que le nuage radioactif a bien atteint Tokyo.
  • France : François Hollande avait promis de faire redescendre la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75 à 50 % d'ici à 2025. Un rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix technologiques et scientifiques, toujours très pronucléaire, estime cet objectif "dangereux" en cas de retard dans la progression des capacités de stockage de l'énergie ou de diminution de la consommation dans l'immobilier. Seul point positif de ce rapport : la condamnation explicite de la poursuite de l'installation de chauffage électrique dans le logement neuf qui retarde d'autant les économies d'énergie possibles. Le même jour, le ministre de l'écologie annonce le report de la loi sur la transition énergétique au printemps 2014.
  • Monde : selon une étude publiée par l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (Suisse), le pic d'extraction de l'uranium pourrait être atteint dès 2015 avec un maximum à 58 000 tonnes par an. Au-delà, malgré la baisse de la demande, du fait de l'arrêt de réacteurs nucléaires, les prix de l'uranium pourraient monter très rapidement.

 

12 septembre

  • Japon : le gouvernement s'offusque officiellement auprès de la France de dessins parus la veille dans Le Canard enchaîné, dessins de Cabu et Mougey qui ironisent sur les futurs jeux olympiques : Cabu a dessiné deux "sumo" faméliques avec plusieurs jambes et bras s'affrontant devant les ruines de Fukushima ; Mougey,  deux personnes en tenue de protection devant une piscine annonçant : on va peut-être autoriser les tenues de protection.
  • Japon : le gouvernement annonce que plus de cent candidatures ont été déposées pour l'ouverture du marché à l'électricité à partir de 2016. Il s'agit pour la plupart de petites entreprises qui misent sur les énergies renouvelables. Les dix électriciens actuels vont sans doute freiner ces initiatives et disposent pour cela d'un outil puissant : ils sont les propriétaires des réseaux électriques.
  • Japon : début du procès contre des responsables du camp antinucléaire installé depuis le 11 septembre 2011 devant le ministère de l'économie. Toru Fuchigami et Taichi Masakiyo, deux animateurs de la "place des tentes" sont accusés d'occupation illégale de l'espace public. L'Etat réclame 22000 yens (167 euros) par jour d'occupation. Ce à quoi les antinucléaires ont répondu que TEPCO occupe lui aussi la place avec son air contaminé depuis 30 mois.
  • Japon : la NRA annonce avoir mis en consultation jusqu'en décembre 2013 les nouvelles normes concernant les usines de production du combustible nucléaire.
  • Chine : le gouvernement publie les statistiques concernant l'électricité en 2012. Les 17 réacteurs nucléaires ont fourni 4800 milliards de kWh… soit 2 % de la production totale. Le gouvernement reconnaît que cette énergie restera sans doute marginale : il y a bien 28 réacteurs en construction, mais cela devrait fortement se ralentir du fait de l'impact sur le public de l'accident de Fukushima.
  • Corée du Nord : la Russie fait part de son inquiétude après avoir découvert que la Corée du Nord envisage de redémarrer un réacteur militaire de 5 MW situé à Yongbyon qui date des années 1950.

 

13 septembre

  • Japon : Lake Barrett, venu des Etats-Unis, estime qu'il est possible de décontaminer l'eau en capturant chimiquement les particules radioactives, avant de la rejeter en mer. C'est déjà ce qui est essayé dans différentes machines avec le problème que l'eau est très radioactive et que les installations sont rapidement mises hors-services. Si TEPCO stocke depuis le début, c'est dans l'attente que la radioactivité de l'eau baisse avec le temps… mais cela est lent. En fait TEPCO espère que les organisations internationales lui autorisent de rejeter l'eau en mer jusqu'à un certain niveau de contamination (et non comme maintenant jusqu'à une certaine quantité de radioactivité qui est largement dépassée) : il suffirait alors de mélanger eau contaminée et eau de mer en amont pour arriver à suffisamment diluer la radioactivité et rester en-dessous de cette norme. En respectant les normes actuelles (22 TBq/an en tritium), l'ACRO a calculé qu'il faudrait au moins 38 ans pour laisser écouler en mer les stocks déjà présents sur place.
  • Japon : interrogé devant un groupe parlementaire d'opposition, un dirigeant de TEPCO avoue que "le problème de l'eau contaminée dépasse toutes nos prévisions" et "tout n'est pas sous contrôle" contrairement à ce qu'avance le premier ministre Shinzo Abe.
  • Japon : TEPCO annonce que dans un puits de contrôle près de la cuve qui a laissé échapper 300 m3 d'eau contaminée, on est passé de 4200 bq/l le 10 septembre à 29 000 le 11, puis 64 000 le 12, puis 97000 le 13 septembre… TEPCO dit ne pas avoir d'explication.
  • Japon : TEPCO avait annoncé le 24 août avoir pompé l'eau sous le réacteur n°2. 210 tonnes d'eau très radioactive. Elle l'a stocké dans le bâtiment turbine, faute de mieux. TEPCO annonce maintenant que l'eau remonte de 8 cm/jour sous le réacteur n°2… que TEPCO arrose pour le refroidir. Les shadoks sont éternels.
  • Japon : selon une enquête du quotidien Maïnichi, 80 % des personnes déplacées par la triple catastrophe (séisme, tsunami et nucléaire : plus de 300 000) ne veulent plus revenir. 

 

14 septembre

  • Japon : Près de 10 000 personnes manifestent à Tokyo pour demander que les réacteurs, tous à l'arrêt à partir du 15 septembre, le restent.
  • Japon : la NRA publie de nouvelles données sur la contamination, corrigeant les données fournies par TEPCO, qui, sans surprise, sont toutes sous-estimées. 

 

15 septembre

  • Japon : le gouverneur de la province d'Ehimé demande l'interdiction de survol des sites nucléaires par l'armée américaine, rappelant que le 25 juin 1988, un hélicoptère s'était écrasé à moins d'un kilomètre de la centrale d'Ikata, sur son territoire. Il fait cette demande suite au crash d'un autre hélicoptère des Etats-Unis, le 9 août dernier, sur l'Ile d'Okinawa. Il serait temps de s'en inquiéter car une chute d'avion sur un réacteur, n'importe où dans le monde, pourrait provoquer une catastrophe de l'importance de Fukushima ou Tchernobyl. Selon les autorités, il y aurait eu déjà survol d'un réacteur nucléaire à 7 reprises depuis 2007.
  • Japon : la NRA rappelle que les réacteurs doivent désormais être équipés d'une seconde salle de contrôle excentrée qui doit pouvoir résister aux séismes et aux chutes d'avion. Les réacteurs existants ont 5 ans pour appliquer cette nouvelle norme.
  • Japon : la NRA annonce la réalisation d'une carte de la contamination sous-marine en augmentant ses points de mesure de 200 actuellement à 600 000 points. Un navire spécialement équipé va permettre d'augmenter ainsi le nombre de mesures.
  • Japon : le pays est une nouvelle fois sans aucun réacteur nucléaire en fonctionnement et ne s'en porte pas plus mal. Cela avait déjà été le cas entre mai et juillet 2012. Personne n'est en mesure de dire quand des réacteurs vont redémarrer. Il faut l'aval de la NRA, autorité de sûreté nucléaire, mais celle-ci n'arrive pas à fixer de démarche précise car elle est tiraillée entre des courants divers : pronucléaires qui veulent passer outre les mises aux normes et ceux plus prudents qui exigent que ces nouvelles normes soient en vigueur… ce qui implique pour les électriciens des mois voir des années de chantier. 

 

16 septembre

  • Japon : les câbles de fibre optique qui permettent la surveillance à distance du surgénérateur Monju ont été coupés par un éboulement de terre lié au passage du typhon. Il faudra une semaine pour réparer. L'éboulement a aussi provoqué l'impossibilité d'accéder au réacteur pendant une douzaine d'heures. Heureusement à l'arrêt, le réacteur contient quand même 1700 tonnes de sodium et 1200 kg de plutonium nécessitant une surveillance de tous les instants.
  • Brésil : le gouvernement annonce une remise en cause de son programme nucléaire. Les quatre réacteurs en projet pourraient être remplacés par des éoliennes. Le nucléaire ne produit actuellement que moins d'1% de l'électricité du pays.
  • Japon : sur le site de Fukushima, les digues au sol, de 30 cm de haut, pour retenir les eaux provenant de fuites, ont été submergées par les pluies accompagnant le typhon : l'eau a coulé directement en mer pendant environ 4 heures. Dans la zone de la cuve qui fuit où le sol est très contaminé, TEPCO affirme avoir réussi à collecter l'eau de pluie. 
  • Japon : le typhon Man-yi, avec vents allant jusqu'à 160 km/h touche Kyoto (260 000 personnes évacuées) Tokyo (500 vols annulés) puis Fukushima. TEPCO dit avoir pris ses dispositions : arrimage des grues et des échafaudages… La firme affirme que les fortes pluies obligent à ouvrir certaines vannes des zones de rétention, pour éviter une inondation supplémentaire. Selon TEPCO, l'eau qui a rejoint la mer restait en-dessous des normes de radioactivité autorisées. Des observateurs rappellent que TEPCO était en train de pomper sous les cuves qui fuient une eau fortement chargée en strontium et césium. Communiqué officiel du gouvernement : le typhon "n’a pas particulièrement endommagé la centrale détruite mais a encore compliqué la gestion des eaux contaminées du site".

 

17 septembre

  • Japon : le gouvernement de droite se rend à l'évidence. Le ministre du commerce et de l'industrie annonce que "Nous allons conserver la technologie et le personnel de l'énergie nucléaire (...), mais nous aimerions envisager les moyens de réduire notre dépendance à l'énergie nucléaire".
  • Japon : selon TEPCO, ce sont 1170 tonnes d'eau qui ont coulé en mer pendant les fortes pluies du typhon et cela correspond à 8,85 millions de becquerels.
  • Japon : Eisuke Mastui, directeur de l'institut de recherche en médecine environnementale de Gifu, lance une nouvelle fois l'alerte : la piscine du réacteur n°4 n'est toujours pas sécurisée et peu toujours s'effondrer en cas de trop fort séisme ou typhon. La libération du combustible irradié contenu provoquerait une catastrophe qui contaminerait alors bien au-delà du Japon. Il demande de remettre le seuil d'exposition des populations à son niveau initial (1 mSv/an contre 20 actuellement) et de prendre les mesures en conséquence : évacuer ceux qui sont exposés à plus de 1 mSv/an … soit au moins 8 millions de personnes, actuellement sacrifiées.

 

18 septembre

  • Suisse : selon une enquête de l'Office fédéral de l'énergie, 57 % des Suisses sont pour l'abandon du nucléaire (41 % pour continuer), 82 % pensent qu'il n'y a pas de solution pour la gestion des déchets, 95 % que l'on ne peut déléguer ce problème aux générations futures.
  • Japon : pour le 14e mois consécutif, la balance commerciale du pays est déficitaire. C'est principalement dû à la baisse de la valeur du yen. Le fait que Fukushima ait déjà coûté (soutien à TEPCO, aux victimes, à la décontamination) plus de 60 milliards d'euros n'est sans doute pas pour rien dans cette baisse de la monnaie.
  • Japon : nouveau scandale après les révélations faites par deux députés de l'ancien gouvernement. Ceux-ci ont expliqué qu'un accord avait été passé en mai 2011 entre TEPCO et le gouvernement pour ne pas donner la priorité à la gestion des eaux contaminées, car cela était alors jugé trop coûteux et risquait de provoquer la faillite de TEPCO. Et deux ans plus tard, ce manque d'investissement a comme conséquence les fuites à répétition dans des contenants qui ne sont pas prévus pour cela et la contamination de la mer.
  • Japon : TEPCO présente des résultats d'analyse sur l'eau avant et après le passage dans la nouvelle usine censée la décontaminer. Selon l'analyse qu'en fait l'ACRO, laboratoire indépendant de Caen (www.acro.eu.org), ces résultats sont peu fiables car la proportion entre les isotopes, dans un processus chimique, devrait rester constante, ce qui n'est pas le cas ; les doses à la sortie restent importantes ; tous les isotopes ne sont pas contrôlés avec le risque que, par exemple, on laisse cette eau s'écouler en mer parce que pauvre en césium… mais toujours riche en strontium. Pour s'assurer qu'elle est propre, il faut vérifier l'ensemble des émissions radioactives, ce qui n'est pas le cas.
  • Japon : contrairement à ce qu'affirme le premier ministre, la contamination dépasse le port de la centrale : des mesures sur des poissons pêchés au large ces derniers jours, montrent toujours une importante pollution.
  • Japon : nouvelles révélations sur les erreurs de conception du site de Fukushima : pour mettre les réacteurs au plus près de la mer, le bord de mer initialement à 30 m au-dessus des vagues, avait été abaissé à 10 m seulement, avec ensuite des fondations qui descendaient jusqu'au niveau de la mer. Comme le sol sous les réacteurs est fait de roche concassée, la mer s'y infiltre en permanence et avant l'accident, il fallait déjà pomper en continu de 850 à 1200 m3 d'eau par jour pour maintenir le niveau de la nappe plus bas que la base des réacteurs. Combien d'autres réacteurs au Japon et dans le monde, présentent le même défaut ?
  • Japon : selon TEPCO, on en était, le 10 septembre dernier, à 435 000 m3 d'eau radioactive stockée soit 137 000 m3 de plus en un an (soit 375 m3 de plus par jour).
  • Japon : plusieurs centaines de tonnes de copeaux de bois vendus en sacs pour faire des chemins ont été saisis par les autorités après avoir découvert qu'ils présentent un taux de césium moyen de 3000 Bq/kg.

 

19 septembre

  • Tunisie : Noura Laroussi, directrice générale de l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie annonce l'abandon du projet de réacteur de 600 MW initialement prévu pour 2020.
  • Japon : le premier ministre, en visite sur le site, demande à TEPCO de prendre des mesures pour fermer complètement les réacteurs 5 et 6 intacts et libérer le maximum de personnel pour gérer au mieux les problèmes d'eau radioactive. Il demande un calendrier pour le règlement des fuites d'eau radioactive. TEPCO répond que le suivi du démantèlement de ces deux réacteurs, non accidentés, devrait coûter au moins 7,7 milliards d'euros (soit sensiblement autant que leur prix de construction).
  • Japon : nouveau séisme près de Fukushima; magnitude 5,8, épicentre à 50 km des réacteurs accidentés, quelques heures après le passage du premier ministre.
  • Japon : la NRA publie des résultats de la contamination des sédiments dans la baie de Tokyo. Cela monte lentement avec jusqu'à 192 Bq par kilo de matière sèche pour le seul césium.
  • Japon : TEPCO publie des photos du démantèlement de la cuve qui fuit.

 

20 septembre

  • Japon : le ministre de l'industrie veut que le stockage des déchets radioactifs soit en profondeur, mais réversible pour limiter les oppositions de la population. Mais le conseil scientifique du Japon, rattaché au premier ministre, déconseille l'enfouissement du fait des risques sismiques et volcaniques.
  • Japon : réactions négatives après la visite du premier ministre à la centrale, de la part des élus locaux, des pêcheurs et des réfugiés qui contestent évidemment "la situation sous contrôle".
  • Japon : dix compagnies électriques annoncent un partenariat pour construire une usine de géothermie de 270 MW dans la province de Fukushima.
  • Japon : selon TEPCO, la contamination en tritium de l'eau en sous-sol près des cuves commence à baisser rapidement, ce qui signifie que la hausse observée provenait bien de la fuite importante d'une cuve.

 

21 septembre

  • Japon : le Ministre de la santé annonce que les problèmes de santé sont en hausse au sein des travailleurs du site nucléaire de Fukushima. Notamment, 284 d'entre eux, sur 6700 contrôlés en 2012, présentent des taux anormaux de globules blancs dans le sang.
  • Japon : le parti au pouvoir annonce une proposition de loi visant à prolonger de 3 à 10 ans les réclamations d'indemnisation car on approche des trois ans et de très nombreux dossiers sont en cours de constitution et plus de 10 000 personnes évacuées n'ont encore pas transmis de demande.
  • Japon : TEPCO annonce avoir déjà dépensé plus de 70 milliards d'euros pour l'accident : 30 milliards pour les indemnisations, 40 milliards pour la décontamination. Et ce n'est qu'un début. Pour comparaison, l'ensemble du programme nucléaire japonais (50 réacteurs) a coûté entre 250 et 300 milliards d'euros.
  • Japon : la NRA rejette le dossier de demande de redémarrage des réacteurs 3 et 4 de la centrale de Genkaï (Saga), car les groupes électrogènes de secours et le tableau de commande sont à un niveau jugé trop bas en cas d'inondation. La compagnie annonce qu'elle va construire de nouvelles installations.

 

22 septembre

  • Chine : 952 tonnes de métaux ont été bloqués à leur entrée dans le pays. Ces métaux qui viennent du Japon présentent une radioactivité deux fois supérieure à la limite. Ce n'est pas la première fois que cela arrive.

 

24 septembre

  • Japon : alors que TEPCO annonçait que le niveau de tritium dans la nappe phréatique était en baisse suite à l'intervention sur la cuve défectueuse, les nouvelles mesures repartent à la hausse : 70 000 Bq/l le 19 septembre, 130 000 Bq/l le 23 septembre, 150 000 Bq/l ce jour. Une nouvelle fuite ?
  • Japon : 13 communes situées en dehors de la province de Fukushima protestent auprès de gouvernement après avoir découvert que les indemnités ne concerneront que 33 communes, toutes dans la province de Fukushima. Les élus protestent notamment sur le fait que cela signifie qu'il n'y a aura pas de suivi médical financé alors que les taux de radioactivité dans ces communes sont quand même élevés. Selon les mesures des associations, il y a une centaine de communes, dans 8 provinces, où les débuts de dose dépassent l'ancienne limite de 1 mSv/an dont ces 13 communes.
  • Japon : TEPCO reçoit une nouvelle aide de 5,4 milliards d'euros.

 

25 septembre

  • Japon-Canada : en voyage au Canada, le premier ministre japonais négocie un accord pour la livraison de gaz de schiste.
  • Japon : l'Agence pour les ressources naturelles et l'énergie lance un appel d'offre international pour trouver des idées pour résoudre la crise de l'eau contaminée. Les réponses doivent lui parvenir avant le 23 octobre 2013. 
  • Japon-Russie : Rosatom, opérateur du nucléaire russe, annonce que TEPCO a refusé son aide.
  • Japon : pour la première fois depuis l'accident, la commune de Hirono, à moins de 30 km du réacteur, annonce qu'elle va moissonner 110 hectares de rizières, les tests réalisés en 2012 montrant une contamination en césium inférieure à 100 Bq/kg. La commune garantit le contrôle de la production… Reste à trouver qui aura envie d'acheter une telle récolte. 
  • Japon : après 3 mois d'arrêt, 21 chalutiers ont repris la mer depuis le port de Matsukawaura à Sôma pour une pêche dite de test à plus 50 km de la centrale et à 150 m de profondeur. Les 16 espèces marines pêchées ont toutes fait l'objet d'un contrôle de la radioactivité. 3 sur 472 présentaient des taux de radioactivité trop forts pour être commercialisés (plus de 100 Bq/kg). L'ACRO qui a regardé ces résultats s'étonne du faible contrôle sur le strontium : seules 42 mesures ont été faites. 
  • Japon : TEPCO a trouvé les fissures cause de la fuite de la cuve qui a perdu 300 m3. La firme a aussi compris pourquoi la flèche d'une grue s'est effondrée sur le réacteur n°3. Ce serait quand même bien si les ingénieurs pouvaient éviter les accidents au lieu de seulement les comprendre !

 

26 septembre

  • Monde : l'AIEA (ONU) et la NRA (Japon) vont créer un site internet pour expliquer l'accident de Fukushima. 
  • Japon : un logiciel mis au point à partir de 2004 dit TIPEEZ (protection des sites nucléaires contre les séismes et les tsunami) bénéficie d'une nouvelle version qui intègre les données collectées autour de l'accident de Fukushima. Ce logiciel est censé aider à évacuer les personnes efficacement en cas de nouvel accident. Dans l'affolement, personne n'avait pensé à s'en servir lors de l'accident de Fukushima… et il s'avère très théorique face aux difficultés liées aux personnes à mobilité réduite. 
  • Japon : la NRA refuse le dossier de demande de redémarrage de la centrale de Tomari. La compagnie électrique devait présenter un dossier sur les 39 volcans présents dans un rayon de 160 km : le rapport n'est qu'une compilation des études universitaires précédentes et la NRA demande de nouvelles études pour approfondir différentes questions. 
  • Japon : TEPCO annonce la mise en route de l'usine de traitement des eaux contaminées ALPS censées pouvoir retirer 62 radioéléments de l'eau. Outre le fait que cela fait plus d'un an que cette annonce est régulièrement faite, on risque d'avoir seulement une eau moins radioactive… et des déchets liquides beaucoup plus radioactifs à gérer et stocker sur place. Ce n'est pas sûr que cela soit un progrès : on peut en effet piéger des éléments par réaction chimique, mais pas détruire la radioactivité. 
  • Japon : après une nouvelle rencontre avec TEPCO, le gouverneur de Niigata donne son accord à ce que TEPCO soumette son dossier de sûreté à la NRA pour les réacteurs 6 et 7 de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa. Il a posé comme condition, qu'en cas d'accident, TEPCO ne puisse pas ventiler ses réacteurs sans l'accord du gouverneur. Problème : sans ventilation, en cas de formation d'hydrogène, on va très vite à l'explosion en cas d'accident. 
  • Japon : TEPCO annonce la mise en place d'une nouvelle barrière autour du port de la centrale pour limiter la contamination en mer. Cette barrière est d'une efficacité limitée : avec les marées, l'eau passe régulièrement dans les deux sens. 
  • Japon : TEPCO annonce que le retrait du combustible des piscines du réacteur n°4 devrait commencer mi-novembre "si tout va bien" (drôle d'expression pour le lieu !). Le retrait devrait ensuite prendre environ un an. Il y a 1331 assemblages de combustibles usés et 202 neufs à sortir puis à reconditionner ailleurs. 
  • Paris : deux vidéastes présentent une vidéo de Paris vidé de ses habitants, montrant ce que pourrait être la capitale après un accident nucléaire.

 

27 septembre

  • Japon : les mesures dans le puits E1 situé près de la cuve qui fuyait présentent toujours des taux de tritium en hausse, ce qui laisse supposer l'existence d'autres fuites non détectées. En cherchant, TEPCO découvre un taux très élevé dans un autre puits de mesure situé plus à l'est des réacteurs : 400 000 Bq/l. 
  • Japon : interrogé par une commission parlementaire, le directeur de TEPCO parle maintenant de 400 m3 d'eau contaminée par jour qui rejoignent la mer… contre 300 m3 annoncé pendant l'été 2013. 
  • Japon : quelques milliers de personnes manifestent comme tous les vendredis soirs, cette fois plus précisément contre l'idée de redémarrer la centrale de Kashiwazaki-Kariwa. Comment pourrait-on autoriser TEPCO à faire fonctionner des réacteurs alors qu'il a été incapable de le faire à Fukushima ? 

 

28 septembre

  • Japon : TEPCO annonce avoir réparé une barrière sous-marine à proximité des réacteurs 5 et 6 non accidentés. 
  • Japon : l'exploitant de la centrale de Hamaoka annonce que le chantier pour rehausser la digue de 18 m à 22 m de haut sera terminé en septembre 2015. 
  • Japon : TEPCO annonce avoir renégocié ces échéances de prêts auprès de 28 institutions financières. Cela concerne 2,1 milliards d'euros et TEPCO annonce vouloir emprunter 2,3 milliards d'euros supplémentaires. 
  • Japon : TEPCO annonce que l'usine de traitement des eaux est en panne après avoir traité moins de 100 m3 d'eau contaminée. 

 

29 septembre

  • Japon : le gouvernement annonce qu'il n'y aura pas de restriction d'électricité cet hiver, même si aucun réacteur nucléaire ne fonctionne. Preuve qu'il n'est pas besoin de les redémarrer.
  • Japon : Junichiro Koizumi, ancien premier ministre conservateur de 2001 à 2006, prend position contre le redémarrage des réacteurs nucléaires. 

 

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