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Chronologie d'une catastrophe

1er juillet

  • Japon : comme le pays n'est pas encore assez pollué, le ministère de l'Environnement donne son feu vert pour l'utilisation des déchets radioactifs de moins de 8000 Bq/kg en sous-couche des routes… ceci quelques jours après la remise d'un rapport d'expert fort critique sur le sujet (voir au 27 juin). Cela pourrait permettre de cacher jusqu'à 22 millions de m3 de déchets. Rappelons qu'en France, les sous-couches des routes ont servi pendant des années à entreposer les déchets des incinérateurs, très toxiques, avant que l'on ne se rende compte que ces produits toxiques migrent dans les nappes phréatiques.
  • France : l'avant-projet de la programmation pluriannuelle de l'énergie est publié. Il annonce une baisse de production du nucléaire entre 2019 et 2023 entre 2 et 15 %. 2 %, c'est moins que l'arrêt des réacteurs de Fessenheim. 15 % cela correspondrait à une dizaine de réacteurs. Des chiffres contestés par les associations, car cela ne correspondrait à la loi de transition énergétique (50 % de nucléaire en 2025) qu'en cas de forte hausse de la consommation d'électricité, ce que ne prédisent pas les modèles énergétiques disponibles (au pire un maintien de la consommation, au mieux, une baisse de cette consommation). En refaisant les calculs, Greenpeace estime qu'à consommation électrique constante, il faut fermer entre 23 et 25 réacteurs d'ici 2025… ce qui est très réaliste vu l'âge des réacteurs.

 

2 juillet

  • Japon : plus de cinq ans après l'accident, TEPCO n'arrive toujours pas à empêcher l'eau d'entrer dans les réacteurs, ce qui oblige à maintenir le pompage et le stockage. TEPCO a mis en place des pompages en amont du site pour faire baisser le niveau des nappes phréatiques, mais cela ne suffit pas. TEPCO a essayé de geler le sol (70 000 m3) entre la mer et la centrale, mais cela ne fonctionne pas correctement (12 % du sol ne gèle pas du fait de la chaleur intense dégagée par les réactions nucléaires). Pire, cela semble avoir provoqué un afflux d'eau salée dans les sous-sols, eau salée qui corrode les installations encore plus vite que l'eau douce. Résultat : depuis cinq ans, le volume des pompages d'eau reste sensiblement le même. Le quotidien Maïnichi se fait l'écho des doutes de l'autorité de régulation nucléaire sur les expériences de TEPCO.

 

4 juillet

  • Pacifique : une étude publiée par une équipe de recherche en radiochimie environnementale de l'Université Edith Cowan (Perth, Australie) montre une baisse rapide de la pollution radioactive dans l'Océan pacifique… à l'exception de la proximité de la centrale de Fukushima où fonds marins, poissons et plantes restent fortement contaminés.

 

5 juillet

  • Japon : un des arguments utilisés pour justifier du redémarrage des centrales n'est pas la production d'électricité, mais les retombées économiques locales. Le maire d'Imari, commune de 57 000 habitants à moins de 30 km de la centrale de Genkaï, explique dans une conférence de presse qu'il craignait la montée du chômage après l'arrêt de la centrale… mais il constate aujourd'hui qu'il n'en est rien et indique qu'il ne voit donc pas d’intérêt à redémarrer la centrale.

 

7 juillet

  • Japon : TEPCO confirme les informations publiées le 2 juillet dernier par le Maïnichi : il faut toujours pomper 400 m3 d'eau contaminée par jour. Il y a déjà plus de 1000 cuves pleines sur le site. Suite à des fuites, TEPCO devait remplacer les cuves les plus anciennes qui ont atteint leur limite d'âge (5 ans). Mais TEPCO n'a pas le personnel nécessaire et a demandé à l'autorité de sûreté nucléaire, une dérogation pour continuer avec ses cuves anciennes. Selon le quotidien Maïnichi, la NRA vient de donne son accord. Une nouvelle dégradation des conditions de sûreté sur le site, pour peu qu'il en reste !

 

8 juillet

  • Japon : selon TEPCO, il y a entre 9000 et 10 000 personnes qui travaillent sur le site de la centrale accidentée de Fukushima et cela ne suffit pas à faire face à toutes les urgences. TEPCO espère maintenant convaincre les premiers sous-traitants de revenir, car cela fait maintenant plus de 5 ans qu'ils sont partis et cela remet les doses reçues en théorie à zéro selon la législation (bien sûr, ce n'est pas vrai dans la réalité !).

 

9 juillet

  • Japon : c'est le 3e anniversaire de l'entrée en vigueur des nouvelles normes de sûreté, présentée alors comme les plus exigeantes au monde. Sur les 54 réacteurs d'avant la catastrophe, des demandes de redémarrages ont été déposées pour 26 réacteurs de 16 centrales. Théoriquement, ces 26 réacteurs se doivent de répondre aux nouvelles normes pour pouvoir redémarrer… mais de nombreuses dérogations sont négociées. Seuls 7 réacteurs seraient à ces nouvelles normes.
  • Japon : un sondage réalisé par le Maïnichi donne les résultats suivants : 16 % des Japonais sont pour la poursuite du nucléaire, 50 % estiment qu'il faudra l'arrêter, mais que ce n'est pas possible dans l'immédiat, 31 % jugent que c'est possible tout de suite.

 

10 juillet

  • Japon : le gouvernement nationaliste d'Abe sort renforcé des élections législatives et sénatoriales. Il dispose d'une majorité des deux tiers au Sénat qui lui permet de relancer le débat sur une modification de la Constitution, notamment concernant l'interdiction d'avoir une armée. Cela relance aussi le débat sur la possible possession de la bombe atomique… alors que tout est prêt pour extraire du plutonium du combustible usé des centrales nucléaires. Toutefois, cette victoire n'est pas totale : dans la province de Kagoshima, le gouverneur Yichiro Ito qui avait donné son feu vert pour la remise en route des deux réacteurs de Sendai, les deux seuls en fonctionnement actuellement, a été battu par le candidat antinucléaire Satoshi Mitazono (56,77 % des voix). Dans la province de Fukushima, le candidat d'opposition a battu le gouverneur sortant de la majorité, avec comme promesse de fermer définitivement la centrale de Fukushima Daï-ni, voisine de la centrale accidentée de Fukushima Daï-Chi, à l'arrêt depuis l'accident de 2011.

 

12 juillet

  • Japon : le gouvernement lève l'interdiction d'évacuation pour la commune de Minamisoma, à 25 km au nord de la centrale accidentée. Cela concerne en théorie 10 800 personnes pour 3487 habitations. C'est la huitième commune de la province de Fukushima où le retour est autorisé. Cela s'accompagne de la réouverture de l'hôpital et d'un centre commercial. Pas sûr que cela suffise à inciter les gens à revenir.
  • Japon : troisième jugement concernant le démarrage des réacteurs 3 et 4 de la centrale de Takahama. Le résultat est le même qu'en première instance en mars 2016 et en appel en juin 2016 : les juges estiment une nouvelle fois ne pas avoir les moyens de vérifier si la sûreté est garantie, notamment en cas de tsunami ou d'évacuation des populations.

 

13 juillet

  • Japon : un tribunal de Tokyo a rejeté la plainte déposée en janvier 2014 par 3800 plaignants de 32 pays (dont les Etats-Unis, l'Allemagne, la Corée…), recours collectif pour demander l'inculpation des fabricants des réacteurs de la centrale accidentée de Fukushima, à savoir General Electric (Etats-Unis), Toshiba et Hitachi (Japon). Les plaignants contestaient entre autres la prolongation de la durée de vie des réacteurs qui avaient près de 40 ans. Le tribunal doit maintenant examiner un autre recours collectif contre TEPco pour "rejets d'éléments massifs dans l'atmosphère". Comme le souligne un des avocats : si les tribunaux continuent à n'inculper personne pour un accident de cette importance, cela ridiculisera la justice japonaise.
  • France-Grande-Bretagne : alors qu'EDF essaie d'imposer son projet d'EPR à Hinkley Point en Grande-Bretagne, Le Parisien révèle que le gouvernement britannique a mis comme condition de lancement du projet… le bon fonctionnement de l'EPR de Flamanville. Ce dernier devait fonctionner théoriquement en 2012. Ce n'est toujours pas le cas, sa construction étant à l'arrêt dans l'attente d'une décision de l'Autorité de sûreté nucléaire qui n'interviendra sans doute pas avant les élections présidentielles de 2017.


14 juillet

  • Japon : à peine élu, le nouveau gouverneur de la province où se situe Sendai a fait une demande au gouvernement pour arrêter provisoirement les deux seuls réacteurs en fonctionnement. Il demande que soient approfondies les études sur les failles séismiques à proximité de réacteurs et une révision des plans d'urgence d'évacuation. Les actions de Kyushu Electric, l'exploitant de la centrale, ont baissé de 7 %. Le calendrier prévoit que les deux réacteurs seront arrêtés d'ici octobre et décembre 2016 pour révision. Cela devrait être l'occasion pour le nouveau gouverneur de trouver des moyens pour empêcher leur redémarrage.
  • Monde : l'Iran annonce son entrée dans le groupe des pays qui financent le projet ITER en construction en France à Cadarache dans les Bouches-du-Rhône.

 

15 juillet

  • Japon : Un groupe d'experts qui suit le chantier de démantèlement de la centrale accidentée de Fukushima propose d'étudier la construction d'un sarcophage comme pour Tchernobyl. Cela supposerait d'arriver à faire un caisson étanche… ce qui peut laisser sceptique quand on sait que depuis cinq ans des fuites d'eau n'ont jamais pu être colmatées. Cette hypothèse a provoqué la colère des élus locaux qui y voient un renoncement à stopper les réactions nucléaires et donc la validation que les zones évacuées le seront définitivement… contrairement aux engagements de TEPco et du gouvernement. Le gouvernement a répondu en écartant cette idée de sarcophage, disant que la priorité reste l'arrêt des réactions nucléaires et le retrait du combustible fondu.

 

17 juillet

  • Japon : séisme de magnitude 5 à 40 km au nord de Tokyo. La centrale nucléaire de Tokaï, à l'arrêt, au sud de Tokyo, a fait l'objet de vérifications, car elle était proche de l'épicentre. Selon TEPco, il n'y aurait pas de conséquences sur le site de Fukushima.
  • Japon : le gouvernement annonce que les terrains classés "retour difficile" (337 km2 où habitaient 24 000 personnes sur 7 communes) resteront interdits au moins jusqu'en 2021. Un questionnaire indique que 10 % seulement des personnes évacuées espèrent encore revenir habiter dans cette zone. D'ici cinq ans, ce sera sans doute moins. Pour qu'un retour soit possible, il faudrait que, dans ces zones, l'exposition à la radioactivité descende en dessous de 20 mSv/an alors qu'aujourd'hui elle dépasse 50 mSv/an. En 2021, le Césium-137 n'aura perdu que 20 % de sa radioactivité, donc il faudrait pouvoir faire une décontamination importante, ce qui sera difficile, car ces territoires sont les plus exposés au renouvellement de la pollution par les émissions actuelles de la centrale accidentée. Quant à revenir à un taux d'avant l'accident (moins de 1 mSv/an), ce n'est pas pour les années à venir !

 

18 juillet

  • Japon : la découverte d'une fuite du liquide de refroidissement sur le réacteur n° 3 de la centrale d'Ikata reporte le projet de redémarrage initialement fixé au 26 juillet. L'exploitant annonce la reprise du processus de redémarrage pour août. A noter qu'après cinq ans d'arrêt, il est probable que ce genre d'incident se multiplie dans les centrales que l'on essaierait de redémarrer.

 

20 juillet

  • Japon : Tepco annonce que le programme de gel du sous-sol est un échec : il ne permet pas de limiter les infiltrations d'eau dans les réacteurs accidentés. Tepco annonce qu'il continue à pomper actuellement 321 m3 par jour contre 400 m3 au début de l'accident.
  • Japon : l'autorité de sûreté nucléaire, la NRA, demande à Tepco de mettre en place un chantier pour pomper les 60 000 m3 d'eau très radioactive qui se trouvent actuellement dans les sous-sols des réacteurs accidentés. En effet, en cas de nouveau tsunami, cette eau pourrait s'écouler en mer provoquant une grave pollution radioactive. Tepco devrait pour cela mettre en place un nouveau parc de cuves de stockage et/ou une nouvelle chaîne de traitement des eaux, mais, confrontée à un manque de personnel, l’entreprise ne semble pas en mesure d'augmenter le volume des chantiers en cours.
  • Japon : le nouveau gouverneur de Kagoshima ne peut pas imposer un arrêt des réacteurs de Sendai. Par contre, il peut exiger de mener des inspections et demander des garanties supplémentaires suite à des constatations. Satoshi Mitazono, le gouverneur nouvellement élu, a annoncé vouloir demander des inspections sur la question des failles. Il a également annoncé vouloir lancer une vérification du plan d'urgence étendu de 10 à 30 km. Selon des opposants à la centrale, de nombreux ponts pourraient s'effondrer en cas de séisme, bloquant les procédures d'évacuation.

 

21 juillet

  • Japon : Greenpeace a fait une campagne de mesure des sédiments marins autour de la centrale de Fukushima. Sans surprise, c'est dans les estuaires des fleuves de la région que la contamination est la plus élevée : jusqu'à 28 000 Bq/kg de césium dans l'estuaire de la Niida. Dans les estuaires, l'échantillon le moins contaminé est à 309 Bq/kg. Plus au large, les prélèvements donnent des contaminations entre 6,5 et 144 Bq/kg. Greenpeace a également fait des mesures dans le lac Biwa, situé dans le Kansaï, loin de la centrale de Fukushima. Du césium a été trouvé dans deux des quatre échantillons, mais l'analyse montre qu'il s'agit d'une contamination plus ancienne que l'accident de 2011.
  • Japon : polémique autour des calculs du risque séismique. Kunihiko Shimazaki, sismologue et commissaire de l’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) jusqu’en septembre 2014, conteste les méthodes utilisées par la NRA pour valider les calculs du risque séismique. Selon lui, différentes méthodes donnent des estimations fort différentes, avec une marge d'erreur très importante. Si l'on tient compte de ces marges d'erreur, il faut revoir les règles de sûreté, notamment pour la centrale d'Ôï où selon les méthodes les estimations varient du simple au triple.
  • Japon : un golf situé à 115 km de la centrale de Fukushima a vu sa fréquentation baisser en 2011. Les gérants de ce golf ont estimé que cela était dû d'une part à la peur de la contamination radioactive, mais aussi au climat de méfiance qui n'incitait pas aux loisirs. Ils ont attaqué Tepco en justice pour demander une indemnisation et le tribunal leur a donné raison : Tepco devra leur verser 170 000 euros.

 

22 juillet

  • Japon : le gouvernement donne son feu vert pour le déclassement de 7,7 tonnes de déchets radioactifs qui sont passés sous les 8000 Bq/kg pour être recyclés. La commune de Chiba a indiqué que pour le moment ces déchets resteraient dans la déchetterie où ils sont stockés. La commune estime ainsi ne plus avoir de déchets nucléaires sur son territoire. Rappelons que le seuil avant l'accident était de 100 Bq/kg.
  • Japon : un quotidien rapporte de nombreuses défaillances de travailleurs sur la centrale de Fukushima : pour se protéger de la radioactivité, il faut porter des tenues qui, en période chaude, s'avèrent insupportables. Plusieurs ouvriers ont dû être hospitalisés suite à des évanouissements.

 

23 juillet

  • Japon : l'IRSN, Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire, publie un rapport sur les microbilles de césium radioactif qui sont retombées sur Tokyo entre le 14 et le 16 mars 2011. Ces microbilles se sont constituées au contact du césium avec d'autres matériaux sans qu'il soit pour le moment possible de savoir lequel (peut-être le béton de l'enceinte ?) Si dans la version publique, l'IRSN ne se pose pas de questions sur les conséquences possibles sur la santé, dans sa version professionnelle, elle s'alarme sur l'impact que peut avoir l'incorporation de ce césium dans les poumons.

 

24 juillet

  • Japon : alors que Shikoku Electric s’apprête à redémarrer le réacteur n° 3 de sa centrale d’Ikata dans la province d’Ehimé, il apparaît, selon le quotidien Maïnichi, que 4 des 7 abris d’urgence situés dans un rayon de 30 km sont vulnérables aux glissements de terrain. Ces abris sont des structures médicales destinées aux personnes qui ne peuvent pas évacuer rapidement, comme les personnes malades ou les personnes âgées.
  • Japon : de la viande de sanglier a été retirée de la vente après un contrôle du Ministère de la Santé : la radioactivité était trop importante dans 22 des 33 échantillons mesurés (avec un maximum de 960 Bq/kg alors que la limite de consommation est fixée à 100 Bq/kg).

 

27 juillet

  • Japon : séisme de magnitude 5,3 dans la province d'Ibaraki, au nord de Tokyo. L’épicentre est à seulement 4,7 km au large de la centrale de Tokai, à l'arrêt.

 

28 juillet

  • Europe : Le European Nuclear Energy Forum, doit se réunir à Bratislava en octobre 2016. Le thème est la gestion d'un accident nucléaire de l'importance de Fukushima en Europe. Un document préparatoire est rendu public et montre que l'accident serait tout aussi ingérable qu'au Japon. Si l'ensemble des plans d'urgence ont été revus en 2014 conformément aux nouvelles directives européennes, ils ne seront pas pour autant efficaces et faciles à mettre en œuvre. Les conséquences pour les personnes déplacées seraient aussi néfastes que lors de l'accident de Fukushima notamment pour les personnes fragiles.
  • Japon : Tepco annonce la mise au point d'une application pour téléphone qui permet de retranscrire sur une carte les mesures de radioactivité. Les opposants rappellent que cela fait cinq ans que l'application Safecast propose le même service.
  • France : Gérard Magnin, administrateur d'EDF, démissionne pour marquer son désaccord sur le maintien du projet d'EPR d'Hinkley Point, en Grande-Bretagne. Dans sa lettre de démission, Gérard Magnin indique que cette orientation en faveur du nucléaire est contradictoire avec la stratégie en faveur de la transition énergétique. C'est la deuxième démission à haut niveau après celle de Thomas Piquemal, directeur financier, le 6 mars 2016.
  • France : EDF (qui appartient à plus de 85 % à l'Etat) vend 49 % de son capital au sein de RTE, Réseau de transport d'électricité, qui gère les 105 000 km de lignes à haute tension en France. C'est la Caisse des dépôts (qui appartient à l'Etat) qui a racheté ces parts pour 8,5 milliards d'euros, permettant ainsi de limiter les pertes d'EDF. La veille, l'Etat avait déjà dû injecter 900 millions dans Eramet, filiale d'Areva, société d'exploitation du nickel en Nouvelle-Calédonie et de manganèse au Gabon. Ceci pour renflouer Areva. Dans un cas comme dans l'autre, c'est le contribuable qui paie.

 

29 juillet

  • Japon : Selon les études par muons des réacteurs, Tepco pense que le cœur du réacteur n° 2, contrairement à celui du réacteur n° 1, est encore dans sa cuve.
  • Japon : Tepco annonce ses résultats financiers trimestriels. Le bénéfice est en baisse de 37 %. Depuis l'ouverture du marché de l'électricité au printemps dernier, la compagnie a perdu 762 500 clients sur 29 millions. Les coûts de gestion de la centrale de Fukushima sont en hausse. La centrale de Kashiwazaki-Kariwa arrêtée depuis un autre séisme en 2007 ne redémarrera pas de sitôt. Tepco annonce vouloir se lancer sur le marché du gaz qui sera ouvert à la concurrence, courant 2017. Tepco a déjà dépensé 8,8 milliards d'euros pour la gestion des réacteurs accidentés, 53 milliards pour les indemnisations, 22 milliards pour la décontamination des sols. Seuls les frais de chantiers sont assurés par Tepco, le reste fait l'objet d'un prêt sans intérêt de l'Etat.

 

31 juillet

  • Japon : selon les statistiques du gouvernement, 15 500 personnes travaillent à la décontamination des sols (contre 7700 actuellement sur le site de la centrale). Un travail d'autant plus gigantesque que les autorités continuent à brûler une partie des sacs de déchets dans des incinérateurs… qui rejettent une nouvelle fois la radioactivité. Ces sacs étant stockés sur place, la plupart se trouvent en bordure du littoral et pourraient être emportés en mer en cas de nouveau tsunami. Des usines sont en construction pour couler ces déchets dans du béton.
  • Japon : le quotidien Asahi a interrogé les exploitants de réacteurs nucléaires pour connaître le montant des frais engagés pour renforcer la sûreté des centrales. Il est arrivé au total de 30 milliards d'euros, soit 8,2 milliards de plus qu'il y a un an. Ce n'est pas fini, car la plupart des centrales n'ont pas encore construit le centre de contrôle supplémentaire exigé par les nouvelles normes.

 

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